dimanche 25 mars 2018

« Oui, la terre retremblera. »

Le soleil des Scorta par Laurent Gaudé
Littérature contemporaine, littérature française
Actes Sud (J'ai Lu), 2004, 249 pages
+ :  plume    -: attachement/projection   Thèmes: pauvreté, fratrie, malédiction
Présentation: Une famille méprisée essaie de se sortir de la malédiction de pauvreté.

J'avais déjà lu ce livre il y a environ un an et demi, et même si je n'avais pas détesté, je n'avais pas adoré non plus. J'ai décidé de redonner une seconde chance pour tenter de comprendre ce qui m'avait déplu et de l'apprécier davantage.

Lorsque j'ai recommencé cette lecture, je dois dire que j'ai embarqué plus dans l'histoire que dans mon souvenir de ma première lecture. Cependant, j'ai l'impression que plus j'avançais, plus mon intérêt diminuait. J'ai tout de même poursuivi pour essayer de voir ce qui me déplaisait dans l'écriture.

Une fan m'avait dit que parfois on reprochait à l'auteur un style trop lyrique. J'ai essayé de me demander si c'était cela qui ne me convenait pas pour me rendre compte que j'appréciais bien la plume, et que ce côté lyrique ne me déplaisait pas. Il faut d'ailleurs que je le retrouve, sans sentir qu'il est forcé, généralement pour apprécier mes lectures.

Donc, j'ai poursuivi, essayant d'apprécier l'histoire à sa juste valeur. Oui, c'est bien écrit, oui, les événements se succèdent et s'enchaînent facilement pour un plaisir de lecture. Mais il me manquait un élément, et ce n'est qu'après grande réflexion que j'ai réussi à trouver ce dont il s'agit.

On a des descriptions, mais je n'arrivais pas à me projeter sur cette terre aride. Pourtant, plusieurs passages la mettaient en valeur. Aussi, en allant survoler certaines critiques, j'ai réalisé que je n'avais pas réussi à m'attacher aux différents personnages, qui pourtant vivent des situations qui nous permettraient de le faire. Je n'ai donc pas su, au moment de mes lectures, me projeter dans cet univers. Et en pensant aux lectures qui m'ont le plus plu dernièrement, j'ai réalisé que j'aime bien me reconnaître dans les personnages, au moins un peu, et je crois que le fait que je n'ai pas su me projeter dans ce monde, ne m'a pas permis de m'y reconnaître.

Vous comprendrez donc que je n'ai pas été la plus enthousiasmée par cette lecture. Pas parce que c'est mauvais, mais parce qu'ici, l'histoire n'a pas su résonner, n'a pas su trouver son écho en moi au moment des lectures de ce titre. Mais comme j'ai pu reconnaître la qualité de la plume de Laurent Gaudé, je le relirai, mais avec un autre titre!

Quelques citations
Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce que l’on possède. Ou l’agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaie de faire au mieux. Il n’y a rien à faire d’autre que d’essayer.
Il n'y a qu'au dernier jour de sa vie que l'on peut dire si on a été heureux, dit-il. Avant cela, il faut tenter de mener sa barque du mieux qu'on peut. Suis ton chemin, Elia. C'est tout.

Parce que je participe à quelques challenges





mardi 20 mars 2018

Sot de s'enfermer dans une armoire

Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique par C.S. Lewis
Fantasy, jeunesse, littérature irlandaise (britannique)
intégrale de Gallimard, 2010, 868 pages
The Chronicles of Narnia : The Lion, the Witch and the Wardrobe (1950)
+ :  Aslan    -: répétition   Thèmes: magie, hiver, enfant
Présentation: Lucy découvre l'univers de Narnia au fond d'une armoire.

Cherchant un titre pour relancer le challenge La face cachée des Disney, c'est sur celui-ci que le choix s'est porté pour lancer des lectures communes sur les deux premiers tomes publiés.

Puisque j'ai lancé quelques questions pour la lecture commune, je ferai ma chronique en répondant à mes questions.

Qu'avez-vous pensé du style, de la forme?
Je dois avouer, qu'ayant lu le topic relié à l'intégrale sur livraddict, j'avais peur que le style soit trop jeunesse et que cela me freine dans ma lecture. Cependant, ce fut avec joie que je découvris que ce n'était pas le cas. J'ai trouvé le style fluide, malgré des répétitions sur quelques passages. Bien sûr, c'est jeunesse, mais la construction du récit interpelle le lecteur.
Qu'avez-vous pensé du fond, de l'intrigue, des personnages?
Au niveau de l'intrigue, je n'ai pas eu de surprise, mais c'est parce que le souvenir du film était un peu trop présent à mon esprit. J'ai par contre aimé l'univers créé, même si j'ai trouvé que les personnages étaient traités un peu à la surface sans aller au fond de la psychologie que ceux-ci pourraient avoir. Seront-ils développés plus en profondeur dans les prochains tomes, c'est à voir. Mais comme ce tome est le premier à avoir été publié, je trouve tout de même qu'on met les bases de l'univers et des personnages.
Avez-vous remarqué des ressemblances avec l'univers de Tolkien?
J'avais posé cette question puisque j'avais cru lire que Lewis avait été influencé par son ami Tolkien. Peut-être cela sera plus vrai dans les prochains tomes, car, même si j'ai lu Bilbo, j'ai trouvé qu'ici on retrouvait certaines créatures fantastiques, mais quelles étaient reléguées au fin fond de l'histoire au point qu'on aurait pu changer ces créatures sans que ça change l'histoire. Mais je connais très peu Tolkien, ce qui ne me rend pas la plus crédible pour jauger des ressemblances.
Qu'est-ce qui vous a plu/déplu/surpris/marqué?
J'ai bien aimé l'histoire globalement. Et j'ai hâte de retrouver les personnages dans d'autres péripéties. J'ai aimé l'évolution du personnage d'Edmund ainsi que le personnage d'Aslan. Comme dit précédemment, je trouve que certains personnages ont été traités en surface et je crois que c'est cela qui m'a le plus déplu. J'ai été surprise par le fait que l'auteur interpelle fréquemment le lecteur, de façon que je dirais un peu indirecte, afin de faire passer quelques moralités. Je crois que ce qui m'a le plus marqué dans l'histoire est la psychologie d'Edmund, personnage utilisé par Lewis pour faire passer sa morale selon moi de vérité.
Votre comparaison avec le film (il n'est pas obligatoire de voir le film)
Je ne l'ai pas revu au moment d'écrire ces lignes, mais le récit m'a semblé assez fidèle à ce dont je me souviens.

Bref, c'est donc un tome dont j'ai apprécié la lecture et j'ai hâte de vous retrouver pour la prochaine LC en mai.

Quelques citations
-Qu'est-ce que cela change ? dit le professeur.
-Eh bien, monsieur, si les choses sont réelles, elles ne disparaissent pas.
-Le croyez-vous vraiment ? demanda le professeur, et Peter ne sut pas quoi répondre
Elle ne la ferma pas complètement, car elle savait que c'était vraiment très sot de s'enfermer dans une armoire, même si ce n'était pas une armoire magique. 
Les chroniques des autres participants à la LC
À venir, n'hésitez pas à mettre la vôtre en commentaire en attendant! 
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samedi 10 mars 2018

«Mais pourquoi faut-il vivre dans un pays où le temps ne peut pas faire son travail?»

L'orangeraie par Larry Tremblay
Littérature contemporaine - littérature québécoise (canadienne)
Alto, 2016, 146 pages (Première édition:2013)
+ :  style    -: père   Thèmes: guerre, attentat, famille

Présentation: Un père doit choisir quel jumeau agira en martyr.

J'ai pris ce livre dans ma PAL puisque je voulais lire quelque chose de court. Et ce n'est pas parce que c'est court, que ce titre ne marque pas. Je l'ai dévoré, et m'en suis voulu de ne pas me l'être procurée bien avant. J'ai adoré et c'est une première incursion dans l'univers de Larry Tremblay que je redécouvrirai.

Dès la première page, on se fait transporter dans un pays où la guerre a lieu, avec un bombardement qui a tué les grands-parents. L'univers est donc directement posé avec des mots simples, et on découvre la famille des jumeaux.

Rapidement, se présente un homme qui vient voir les enfants, et on comprend rapidement que le père sera confronté au choix de présenter un de ses jumeaux de 9 ans en tant que martyr. Je ne vous en dirai pas plus sur la trame de l'histoire, afin que vous puissiez la découvrir dans son intégralité.

Mais je peux vous dire que j'ai apprécié l'histoire, la révolte qui s'empare de certains personnages, et ça sans que l'auteur tourne cela à la dérision. C'est un récit qui nous fait prendre conscience qu'on ne peut juger des situations que nous n'avons pas vécu, des agissements de gens qui peuvent avoir été victimes des fourberies de certains et qui peuvent avoir voulu duper les gens également. Et aussi sur comment certains réussissent à vivre avec la honte d'avoir vécu de telles situations.

J'ai aussi trouvé que nous nous attachions aux personnages, même si ceux-ci commettront des actes cruels, impensables dans notre réalité quotidienne. Et lorsque je cherchais ce qui m'avait le moins plu au début de cette critique pour tenter de trouver un défaut, j'ai réalisé que je trouvais que le personnage du père, pourtant crucial, ne m'avait pas paru tant défini, comparativement aux jumeaux et à la mère. Cela ne m'a pas empêché de dévoré ce récit. De plus, les mots de Larry Tremblay sont simples, fluides et, dans leur beauté, font ressortir la cruauté de la situation.

Vous comprenez donc que j'ai adoré et que je ne peux que vous conseiller de découvrir ce titre si ce n'est déjà fait. Ce livre fait partie de ces titres à lire, et relire.

Quelques citations
Les choses ne font jamais leur temps, les vivants sont toujours plus lents que les morts. Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C’est la haine qui tient leur os en place. Sans la haine, ils s’écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever.
Ton père dit que c'est un homme qui voit l'avenir. Un homme important qui nous protège de nos ennemis. Tous le respectent, personne n'oserait lui désobéir. Ton père le craint. Moi, dès que je l'ai vu, je l'ai trouvé arrogant. Ton père n'aurait pas dû accepter qu'il passe le seuil de notre maison. Qui lui a donné le droit d'entrer chez les gens et de leur enlever leurs enfants?
Le parfum qui montait de la terre le rassurait, lui permettait de croire que l'avenir avait encore un sens.
Non, tu n'as pas besoin d'avoir une raison ou d'avoir tout simplement raison pour faire ce que tu crois devoir faire. Ne cherche pas ailleurs ce qui se trouve déjà en toi. Qui suis-je, moi, pour réfléchir à ta place? 
Il se posait lui-même la question du mal. Il était trop facile d'accuser ceux qui commettaient des crimes de guerre d'être des assassins ou des bêtes féroces. Surtout quand celui qui les jugeait vivait loin des circonstances ayant provoqué ces conflits dont l'origine se perdait dans le tourbillon de l'histoire. Qu'aurait-il fait, lui, dans de pareilles conditions?

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