vendredi 5 octobre 2018

«Parce que l'horreur sur Terre est réelle et quotidienne.»

La nostalgie de l'ange d'Alice Sebold ( The Lovely Bones, 2002)
Drame, littérature américaine
J'ai lu, 2009, 347 pages
Couverture: V.Boissacq Photonica
Traduction: Edith Soonckindt

+ :idée
- : distance
Thèmes:deuil, assassinat
Présentation: Susie est assassinée, et de son paradis, regarde comment les membres de sa famille vivent le deuil.

Ayant vu le début du film, je me promettais depuis longtemps de lire ce titre puisque l'idée m'avait accrochée. Puisque je préfère lire avant de voir les adaptations, je n'ai toujours pas vu le film, et je dois dire que j'ai été déçue par cette histoire, alors que je crois que ça avait beaucoup de potentiel.

Bien que le point de vue que l'histoire nous soit racontée par un ange est intéressant, je trouve qu'ici cela a créé trop de distance envers le lecteur puisque je ne trouvais pas que cet angle nous transmette les émotions. Susie me semblait plus décrire ce qui se passait et je ne ressentais donc pas d'émotions face aux différents personnages. Pourtant, dans les derniers chapitres, on la sent passer, mais ce n'est pas suffisant pour rehausser le tout. Peut-être l'auteure, vu la thématique, se tenait-elle également à distance et écrivait pour tenter de comprendre, je l'ignore, mais en tant que lectrice, il me manque cette dose d'émotions pour ce livre-là.
De plus, j'aurais aimé que Susie nous parle davantage de ce que fait son assassin après un certain événement, car après tout, c'est un tueur en série, et hormis un passage (un paragraphe si je ne me trompe pas), on a aucune idée de ce qu'il fait de ces journées après cette révélation, puisqu'il s'écoule environ 10 ans. Donc, j'avais l'impression que l'élément déclencheur était évacué.
Cependant, j'ai aimé la construction de l'intrigue. Dès le début, nous savons qui est l'assassin, comment cela s'est passé, mais les personnages non. On les voit donc tenter de découvrir ce qu'il en est, et j'ai aimé voir comment la psychologie de chacun était construite puisque chacun vit différemment son deuil, et aimé voir comment chacun se reconstruit ou non dans celui-ci.
Bref, même si je ressors déçue de cette lecture, je verrai le film à l'occasion puisque je crois que la distance que j'ai senti ici passerait probablement mieux à l'écran avec, je l'espère, le jeu des acteurs.


Quelques citations
Avec un sentiment de totale vulnérabilité, un sentiment que je n'avais pas éprouvé dans la mort — la vulnérabilité qui est celle de la vie même, la pitoyable et sombre grandeur de la condition humaine, qui n'est que tâtonnements, bras tendus vers la lumière, une vaste navigation dans l'inconnu.
Après tant d'années, j'aime toujours regarder les âmes flotter et tourbillonner en masse, chacune jetant sa clameur dans les airs. [.......] Je les sentis avant de les voir, tièdes petites  étincelles le long de mes bras. Et puis, les voilà, lucioles s'allumant et se déployant en hurlements et en tourbillons au moment d'abandonner leur chair humaine. 
Chaque fois que je racontais mon histoire, je perdais quelque chose, une toute petite goutte de douleur. Ce jour-là, je sus que je voulais raconter l'histoire de ma famille. Parce que l'horreur sur Terre est réelle et quotidienne. C'est comme une fleur ou le soleil; rien ne peut l'empêcher d'être.
Mais pour ma mère, ce qui importait alors, c'était qu'en parlant elle s'était identifiée à l'élément faible. Cette révélation l'avait ébranlée. Qu'avait-elle pensé toutes ces années, sinon le contraire?
Parce que je participe à quelques challenges
 

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