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samedi 2 février 2019

La vie continue... mais pas la tienne.

[V]ivre 
Auteur : Sophie Laroche
Couverture: Noa Younse
Édition: Éditions De Montagne, 2012, 176 pages
Jeunesse, littérature contemporaine, littérature française

Présentation: On suit les pensées de Félix qui parle à Nathan, son meilleur ami mort dans un accident dans lequel il a été impliqué
+ : émotions
- : autres
Thèmes: alcool au volant, deuil



Mon avis
Et oui, encore un autre Tabou où on pleure! Cette fois, je m'y attendais... Je me revois encore vers la fin du secondaire, et j'ai même revu l'absence que ça créait de regarder un banc. J'étais dans une cohorte après lui, même je peux bien m'imaginer que le passage suivant aurait pu se dérouler pour mes amis qui se trouvaient dans le même groupe.
[...] et, soudain, mon regard qui se pose sur ta chaise vide, au premier rang. Ta saloperie de chaise vide ! La bouffée de chagrin horrifié qui me brûle le visage doit se voir. Sur un simple signe de tête de Madame Forestier, Tom se lève, attrape la table. Étienne prend la chaise et le suit. Ils déposent les meubles au fond de la classe, hésitent un instant et sortent finalement, leur lourd fardeau à bout de bras. 
Bien sûr, le récit est totalement différent des événements qui ont parsemé ma vie. Ici, Félix a été impliqué dans l'accident et c'est son meilleur ami, Nathan, qui est mort parmi les 4 personnes à bord, et un autre ami se trouve dans le coma. Il parle donc à Nathan, essaie de lui en donner du sens, et comme la vie continue, de se relever, même s'il considère que parler à un mort pourrait l'amener à l'hôpital psychiatrique. En lui "parlant", il fait de l'humour noir, se rend compte des différentes expressions qui parsèment son univers et qui lui sont inappropriées dans ce contexte, et relie ça avec les euphémismes qu'il apprenait dans son cours de français.
J'arrête mon humour noir. Il faut que j'arrête! Si je continue sur cette voie, je vais devenir fou. Il faut que je respire de nouveau. J'essaie, mais je n'y arrive pas.
Ce livre nous montre donc que, à l'adolescence, il arrive qu'on veuille repousser les limites pour s'intégrer, faire «bien» et que Quelquefois, faire « bien » fait très mal. On voit aussi comment Félix en vient à s'impliquer dans Educ-Alcool, tout comme on voit Noah, la famille, et la petite amie vivent leur deuil de différentes façons, ainsi que les préjugés qui sont portés par l'entourage parfois. Aussi, même si je ne l'ai pas remarqué pendant ma lecture, lorsque je cherchais un défaut pour mon moins, j'ai trouvé que les autres étaient plutôt évacués, car j'ai trouvé cela centré sur Félix, mais je comprends très bien ce choix de narrateur au je dans l'histoire. 
Bref, une lecture que j'ai appréciée et qui est remplie d'émotions. Donc, n'hésitez pas à lire un extrait pour le découvrir. 

Quelques citations
Elle me sourit. Et la vie m'apprend alors que les sourires peuvent être bien plus tristes que les larmes. 
Des gestes qui n'ont l'air de rien, mais qui tuent. 
Les mots sont les mêmes, mais la voix est devenue plus coupante qu'une lame de sabre patiemment aiguisée. 
La vie continue... mais pas la tienne. Je peux te parler à longueur de journée, ça n'y changera rien.
Ma mère s'inquiète pour moi. Quand je pleurais sans arrêt, les premiers jours, elle voulait que j'aille voir notre médecin de famille. Le docteur Lemasson n'a pas de pilule miracle qui assèchent les yeux par magie! je lui ai répliqué. Maintenant que je ne pleure plus, elle trouve que je refoule trop mes émotions, que je ne parle pas assez… faudrait savoir ce qu'elle veut ! Il n'y a qu'à toi que j'ai envie de parler, mais je ne peux pas lui dire que je discute avec un mort, sinon ce n'est pas chez le docteur Lemasson qu'elle m'embarquera, mais à l'hôpital psychiatrique.
Depuis que tu es mort (mort mort mort  excuse-moi, il faut encore que je le répète pour que ça rentre, que ça ait du sens), c'est comme si moi aussi, j'étais éteint. Que la vie était partie, et pas seulement chez moi, chez Noah aussi, chez Zach bien entendu, dans ta famille, pour Lili-Rose. Nous ne vivons pas, nous ne survivons pas non plus. Nous sommes là, mais plus entièrement.
Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
Défi-lecture: #89
Challenge personnel : #13
Multi-défis : #



samedi 26 mai 2018

« Enfin, si on peut appeler ça faire l’amour. »

Comme un coup de poignard par Ariane Charland
Contemporaine, littérature québécoise
Éditions de Mortagne, collection Tabou, 2016, 314 pages
Couverture:
+ :     -:    Thèmes: sexualité, adolescence, troubles
Présentation: Jeanne a des douleurs lors des relations sexuelles.

Encore une fois, la collection Tabou traite d'un sujet difficile et rend bien l'histoire pour les adolescents, tout comme pour les adultes.

On suit en alternance Jeanne et Luka qui trip l'un sur l'autre. Hors, Jeanne a des douleurs lors des relations sexuelles, qu'on appelle_____, et se met des barrières par peur du jugement des autres, par peur de la réaction de Luka qu'elle ne peut coucher avec lui.

On suit donc les deux adolescents, avec chacun leur tourment, leurs craintes, la progression de leurs relations. On ressent leurs émotions et on peut aisément s'identifier aux personnages, que ce soit les principaux ou les secondaires, voire les tertiaires. La part de romance est loin d'être niaise, et axe plutôt sur les angoisses, et la psychologie des craintes.

Vu la thématique, c'est difficile de commenter. Mais, j'ai apprécier l'alternance des points de vue, les personnages, le récit et l'écriture.

Quelques citations
La première pensée qui me vient, c’est qu’elle ne doit pas découvrir où j’ai passé la nuit. Je me sens coupable même si je ne le devrais pas. Ce n’est pas comme si elle s’était montrée intéressée à moi. 
– Je n’ai jamais fait ça, coucher avec un gars qui n’était pas mon chum.
– Déniaise, Jeanne ! Tout le monde le fait.
Tout le monde le fait. C’est vrai. Tout le monde le fait, sauf moi. J’observe encore Luka qui parle à la cliente. Peut-être que, si je n’étais pas moi… Peut-être que, si je n’étais pas défectueuse… Juste à le regarder, j’ai mal. Pas vraiment mal, mais… C’est difficile à décrire. Je m’imagine au lit avec lui et je sais que j’aurais mal. Je sais que je ne pourrais pas. Je sais que je devrais lui dire d’arrêter et je sais qu’il serait déçu, qu’il ne comprendrait pas, parce que, justement, tout le monde le fait.
Parce que je participe à quelques challenges

lundi 30 avril 2018

Question d'influence

Au-delà des apparences par Isabelle Boisvert
Littérature contemporaine, littérature jeunesse, littérature québécoise
Éditions de Mortagne, collection Tabou, 2014, 255 pages
Couverture:
+ :  progression    -: début   Thèmes: intimidation, amitié, influence
Présentation: «Tous les autres considèrent Stéphanie comme une nerd, une rejet, mais pour moi, c'est la fille la plus parfaite de l'école. Toutefois, quand on est un sportif populaire, on n'a pas le droit d'aimer ce genre de personnes»

Un titre de la collection Tabou sur l'intimidation avec une nerd rejet, ça n'avait pas le choix d'atterrir dans ma PAL.

Je vous rassure, j'ai eu la chance d'être bien entourée au secondaire ou peut-être que le fait que je me tenais avec des filles plus âgées a-t-il atténuées le côté nerd.

Quant à ce qui concerne la lecture, j'ai été déstabilisé au début. Comme le 3/4 du temps d'un titre qui se trouve dans ma PAL, je ne relis pas le résumé avant de débuter, et là, en plus, j'avais en tête que je prenais [i]Comme un coup de poignard[/i]. Mais je me suis vite rendue compte que le narrateur était un jeune homme, et que j'étais donc dans un autre titre. Dans les premières pages, j'ai eu de la difficulté à m'adapter au style du narrateur.

Mais comme l'histoire m'intéressait, j'ai poursuivi. Et sans que ce soit le style que j'ai préféré dans la collection, j'ai bien aimé au final.
J'ai surtout aimé l'entrecroisement qu'il y avait avec le passé et le présent, et les réflexions de l'adolescent sur ce passé justement.
Ça nous fait voir que souvent malheureusement, certains ne réagissent pas face aux actes dont ils sont témoins, afin de ne simplement pas perdre leur statut, leur influence, pour rester dans la gang.

J'ai aimé comment l'adolescent est appelé à découvrir certains traits chez les autres, avec ses réflexions, même si un événement précipite un peu plus sa découverte des rejetés où il développe des amitiés. Arrivera-t-il à faire changer la mentalité de toute l'école? La direction trouvera-t-elle enfin des solutions à l'intimidation? Pour cela, il vous faudra le lire.

Au final, j'ai donc apprécié cette histoire.


Quelques citations
Je crois avoir le droit de faire ce que je veux sans toujours avoir peur d’être jugé par les autres. Et puis, cette façon de se moquer de tout le monde pour un rien me tombe de plus en plus sur les nerfs. Je les ai imités trop longtemps à mon goût et je dois reprendre le contrôle de ma vie.

Parce que je participe à quelques challenges


mardi 7 novembre 2017

Piège du rêve


Dïana Bélice
Fille à vendre
Contemporaine, Jeunesse, littérature québécoise
Éditions de Montagne, collection Tabou, 270 pages, 2013
Couverture de:

+: réalisme, poignant

-: ? (ça fait trop longtemps)

Thèmes: adolescence, prostitution, drogues, gang de rue

Résumé:Leïla est une jeune fille de quinze ans. Avec de grands rêves. Avec des espoirs. Avec des envies de liberté. Mais par-dessus tout, elle souhaite trouver l'amour, le vrai. Bref, Leïla est comme toutes les autres filles de son âge.
Du jour au lendemain, elle voit son quotidien paisible s’écrouler. Bouleversée par les agissements de Patrick, son chum, incapable de supporter les moqueries et la cruauté de ses camarades d’école, Leïla prend la fuite. À l’abri de ce qui la fait souffrir, loin de la maison et de sa famille qui ne la comprend pas, elle rencontre le beau Jonathan. Un gars vraiment cool, qui lui fait réaliser que ses rêves, même les plus fous, sont à sa portée.
Pendant plusieurs semaines, Leïla mène la grande vie. Il n’y a plus d’interdits. Grâce à Jonathan, elle se sent comme une adulte, en plein contrôle de sa vie. Les amis du jeune homme – qui le surnomment Young Gun – l’ont acceptée comme si elle était des leurs. Pour une fois, elle se sent à sa place. Appréciée, désirée. Son beau prince l’initie à tous les plaisirs. Mais la fête finit par mal tourner. La vie rêvée se transforme en cauchemar et le réveil est brutal. Sauvage. Inhumain.
L'exploitation sexuelle des jeunes filles par les gangs de rue est un sujet tabou parmi tous les tabous… C’est toutefois le sort que connaissent bien des adolescentes au Québec. Sans voile ni censure, Leïla raconte son histoire en espérant qu'elle permettra à d’autres, comme elle, d’ouvrir les yeux et de tout faire pour s’en sortir. Et éviter les pièges.

lundi 26 décembre 2016

Coup de poing de la vie



Elisabeth Tremblay
Tu vivras pour moi
Jeunesse, Drame, Littérature québécoise
Éditions de Mortagne, Collection Tabou, 241 pages, 2013
Photographie en couverture:

+: émotions

-: mon souvenir est trop loin

Thèmes: maladie, cancer, deuil, amour

Résumé:Alexandra a quatorze ans quand la fatigue et les ecchymoses font leur apparition. C'est à l'hôpital que le diagnostic tome : leucémie. A partir de ce jour, la vie de l'adolescente sera à jamais chamboulée... Pendant ses trente mois de chimio, elle fera la connaissance de Guillaume, un garçon en rechute d'un cancer des os. Guillaume illumine l'univers d'Alex, assombri par la maladie. Très vite, ils deviendront proches. Très proches. Jusqu'à tomber amoureux l'un de l'autre. Mais pendant qu'Alex avance vers la rémission avec espoir, les mauvaises nouvelles s'accumulent pour Guillaume... Certains traitements ne donnent pas le résultat escompté et d'anciennes douleurs refont surface, présage d'un avenir incertain. Impossible alors de ne pas envisager toutes les possibilités, même la pire. Celle qu'Alexandra redoute le plus au monde... Comment garder espoir quand les statistiques sont contre nous ? Cruel, le destin a permis la rencontre de ces deux âmes sœurs pour ensuite s'acharner à les séparer. L'amour est fort et résiste à bien des épreuves, mais peut-il surmonter la mort ?

Le trouble révolté


Emmanuel Lauzon
La rage de vivre
Jeunesse, Contemporaine, Littérature québécoise
Éditions de Mortagne, Collection Tabou, 239 pages
Photographie en couverture: iStockphoto - Adamkaz

+: gars

-: gars

Thèmes: TDAH, différence, difficulté, adolescence, isolement

Résumé:À l’âge de huit ans, on m’a diagnostiqué un Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité ; TDAH, pour les intimes. Qu’est-ce que ça fait dans la vie, un « déficitaire de l’attention » ? Eh bien, ça conteste l’autorité, c’est irritable, ça s’impatiente rapidement, ça parle tout le temps, ça coupe la parole, ça argumente, c’est incapable de tenir en place plus de cinq minutes, ça dérange les professeurs et les autres élèves en classe, ça se fait du souci pour n’importe quoi et ça échoue souvent à l’école. Bref, ça fait chier tout le monde. J’ai donc grandi avec une perception négative de moi-même. Pendant une bonne partie de ma vie, j’ai eu l’impression que tout ce que j’étais capable de faire, c’était me planter et déranger les gens autour de moi. J’en voulais à mes professeurs, à mes parents et à mes intervenants de n’avoir su me faire que des reproches, de m’avoir fait sentir coupable pour des comportements que je ne contrôlais pas. En vieillissant, un sentiment qui m’a toujours habité a commencé à prendre de l’ampleur. Ce sentiment, c’est la rage. La rage de vivre.

Membres, bienvenue!