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mardi 28 avril 2020

Ne viens pas me dire après que je ne t’ai pas prévenue.

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Pablo, je t'aime Escobar, je te hais 
Auteur : Virginia Vallejo
Édition: J'ai Lu - 2018 - 603 p. - traduction de Romain Magras
Original: Amando a Pablo, Odiando a Escobar (Random House Mondadori, 2007)
Couverture: Portrait de Pablo Escobar par Eric Vandeville/Famma Rapho et portrait de Virginia Vallejo par Hernán Diaz
Témoignage, biographie, littérature colombienne

Présentation: Virginia raconte son histoire avec Pablo Escobar
+ : style
- : égo
Thèmes: drogue, enlèvement, amour



Pourquoi ce livre
Parce que je voulais en apprendre sur Escobar.

Mon avis
J'ai été mitigée par cette lecture, puisque même si c'était bien écrit, j'ai l'impression que ma soif de connaissance n'a pas été assouvie. En plus, j'ai regardé le premier commentaire que j'avais marqué sur mon suivi, et je disais, qu'avec ce qu'elle écrit, je n'arrive pas à comprendre comment elle est tombée amoureuse... on a l'impression qu'elle se rend compte de ce qui se passe, mais paraît très innocente pour une journaliste de renom. Oui, c'est le sentiment que j'ai, surtout qu'elle se faisait souvent dire
Ne viens pas me dire après que je ne t’ai pas prévenue.
et que rien ne laisse présager dans son écrit qu'elle se faisait jouer dans la tête, manipuler par Pablo, ce qui semble la rendre encore plus innocente. Et je n'ai pas eu l'impression que cela s'est réellement amélioré au fil de ma lecture, comme peu le montrer ce passage. 
Une partie de l’adoration que je lui voue s’évanouit ce soir avec le récit de cette histoire horrible, qui meurtrit comme un poignard dans le cœur toutes les femmes qui ont une tant soit peu de sensibilité. Je me dis que Dieu fait très bien les choses, car je maintenant contente de savoir de quels actes de courage en règle générale et de monstruosité, exceptionnellement, cet homme est capable. En silence, je me demande si, un jour, toute cette veine cruelle ne pourrait pas s’abattre aussi sur moi; mais je me dis que c’est impossible, car je suis tout l’opposé de cette pauvre fille et ce n’est pas pour rien qu’il m’appelle sa «douce panthère».
Cependant, il y a eu certaines réflexions qui montraient qu'elle réfléchissait à tous ces crimes, à toute cette fureur, à toute ces propensions à la vengeance des différentes personnes, qu'elles soient politiques ou non.
Mais avant de mourir, il tient à anéantir ceux de Cali et tous ceux qui se mettront en travers de sa route et, qu’à partir de maintenant les choses ne régleront plus en faisant parler la poudre, mais la dynamite, même si des justes doivent payer pour des pécheurs. Debout à côté de lui, et regardant également dans le vide, je l’écoute avec effroi, le visage baigné de larmes, et je me demande pourquoi cet homme si incroyablement riche porte une haine si énorme dans son cœur, ce besoin de tous nous punir, cette férocité, tout ce désespoir; pourquoi jamais il ne trouve le repos, et si toute cette rage contenue qui ne demande qu’à exploser comme un volcan ne traduit au fond rien d’autre que l’incapacité de changer une société dirigée par d’autres personnes presque aussi impitoyables et aussi peu scrupuleuses que lui. 
pour Pablo Escobar, il était le premier et le dernier, le pire et le plus important de l’interminable liste des ennemis qu’il s’est faits tout au long d’une vie qu’il a choisi de placer sous le signe de la haine et de ne vouer qu’à exercer les formes de vengeance les plus implacables.
Ah, mon Dieu, quelle horreur! Je crois que tu vas faire éclater la troisième guerre mondiale, Pablo! 
Bref, j'ai eu l'impression de ne pas réellement pouvoir en apprendre sur les différentes relations, dans lesquelles je me perdais et ne comprenais pas comment tout s'orchestrait, mais surtout parce que cela semblait être relégué à l'arrière-plan de la vérité, de l'ego de Virginia qui indirectement, dans l'attente de son diamant, prenait le pan de son amoureux dans ce sens:
Ce que Pablo veut me montrer, c’est que, lorsque l’argent rentre à la pelle, toutes, toutes les méchancetés possibles peuvent être réalisées, à condition, évidemment, qu’elles soient bien préparées. 
Bref, j'en ressors donc mitigée car j'ai l'impression de ne pas avoir appris comme je le voulais, surtout parce que c'était voilé par l'ego de Virginia. Mais vous pouvez vous le procurer si vous voulez vous faire votre propre avis. 

Quelques citations
La joie a contaminé tout l’endroit et ce qui s’apparente à un air de fête semble maintenant flotter sur tout ce cadre. L’horreur de ma première impression a petit à petit laissé place à d’autres émotions et à des raisonnements différents. Le sens de la dignité qu’ont ces êtres humains, leur courage, leur noblesse, leur aptitude à rêver restée intacte dans un espace qui conduirait n’importe lequel d’entre nous vers les plus hautes cimes du désespoir et de la déchéance, ont fini par transformer ma compassion en admiration. Quelque part sur ce sentier poussiéreux, que je retrouverai peut-être à un autre moment, ailleurs, une infinie tendresse à l’égard de tous ces gens vient soudain frapper aux portes de ma conscience et inonde tout mon esprit. Je n’ai plus rien à faire ni de la fétidité ni de l’horreur de cette décharge, ni de la façon dont Pablo ramasse ces tonnes d’argent; tout ce qui m’importe, ce sont les mille et un tours de magie qu’il opère cette manne. Sa présence à mes côtés efface comme par enchantement le souvenir de tous les hommes que j’ai aimés jusque-là, il n’y a plus que lui qui existe, il est mon présent et mon passé et mon futur et mon tout à lui tout seul.  
Quand ma fureur retombe, je repense à ces quatre magnats de l’establishment: à leur intelligence très au-dessus de la moyenne, à leur cœur de pierre, à leur incapacité d’éprouver la moindre compassion, à leur légendaire propension à la vengeance. Puis, avec un sourire sorti du fin fond de mon cœur, je me rappelle aussi leurs dons de charmeurs de serpents, leur rire, leurs faiblesses, leurs aversions, leurs secrets, leurs leçons… toute cette capacité de travail, cette passion, cette ambition, cette acuité… leur pouvoir de séduction, leurs présidents… 
Parce que je participe à quelques challenges

La cerise sur le gâteau
Tour du monde: Colombie
 

mercredi 6 novembre 2019

Faut jamais laisser un diagnostic pleuvoir

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Les petites victoires 
Auteur : Yvon Roy
Édition: Rue de Sèvres - 2017 - 162 p.
Bande-dessinée, témoignage, littérature québécoise

Présentation: Un père tente des approches différentes avec son fils autiste
+ : différences
- : focus
Thèmes: autisme, famille, adaptation



Pourquoi ce livre
Parce que la thématique de l'autisme m'intéresse.

Anecdote
Après ma lecture, j'ai voulu valider que l'auteur était québécois, et je n'ai donc pu que voir certains gros désaccords sur ces gestes, et ce dont je me souviens de cette polémique va teinter mon avis.

Mon avis
Tout d'abord, j'ai grandement apprécié ma lecture, même si j'ai trouvé que cela paraissait facile. Je comprends que tout ne pouvait pas être dit, mais je crois que d'avoir semblé évacuer les problèmes rencontrés a un peu nui et a sans doute indirectement alimenté la polémique que M. Roy n'agissait pas pour l'intérêt de son enfant, amenant l'idée qu'il n'allait qu'à l'encontre des avis professionnels.

Cependant, rien dans ma lecture ne m'a fait dire que toutes les actions des intervenants étaient à jeter. Quand je lis
« Les diagnostics, c'est des bestioles taciturnes qui détestent plaisanter... Faut jamais laisser un diagnostic pleuvoir sur son pré. », 
je me dis que le père tente par tous les moyens d'outiller son fils à se trouver un avenir, cet avenir dont les spécialistes ne lui en diagnostiquent aucun! Et pourtant, même s'il tente des approches différentes, on le voit discuter avec les spécialistes, et se concerter avec leurs techniques. Il y a aussi une prise de conscience des limites, car même si certaines actions pouvaient mettre Olivier hors de sa zone de confort, je n'ai rien vu où il y avait un total irrespect, surtout que tout ce qu'il y avait d'inconfortable m'a semblé permettre à Olivier de bien évoluer!
À la dernière case, on est loin du bébé malheureux que le père remarque un peu tard! Surtout qu'à cette dernière case, Olivier paraît très bien comprendre ce qui l'entoure! Bref, ces outils supplémentaires m'ont paru avoir porté fruit.

Et même si j'ai mentionné (c'est ici que je me dis Karine:) j'attends ton avis sur cette chronique, et que je me dis aussi, il me semble qu'elle l'avait chroniqué!) que les problèmes semblaient trop facilement évacués, il n'empêche qu'on en perçoit tout de même. Tout comme nous percevons la détresse, en particulier dans une planche:
Je voulais te dire que tu es le petit garçon le plus fantastique du monde... Mais les mots restent pris dans ma gorge comme des oursins...
J'étais pourtant certains d'avoir fait mon deuil...
On a beau proclamer haut et fort qu'on n'espère rien de particulier, il y a souvent une partie de soi qui espère tout, et plus encore.
Mais comment je fais moi? Je sais faire les dessins, créer des meubles, je sais faire pousser les légumes, je sais même faire les enfants, mais les deuils?
Comme l'auteur le dit, il sait dessiner. Les émotions sont bien retransmises par ce dessin qui a un style en subtilité, sans flafla, un style qui m'a plu.

J'ai quelques connaissances en psychopédagogie, mais ne suis pas experte en autisme, et l'histoire m'a plu, une histoire d'amour et de volonté à offrir le meilleur. N'hésitez pas à vous faire votre propre idée dessus. Maintenant que je repense au titre, je me dis que les difficultés/doutes ont peut-être été majoritairement ellipsés pour laisser encore plus de place à ces Petites victoires.

Quelques instants après avoir rédigé la chronique et fouillé le web!
Ah, je remarque que c'est surtout grâce à Enna l'an dernier que j'avais repéré le titre, et j'ai pu revoir la planche marquante coup de cœur de l'effondrement. Eh oui, Karine:) aussi l'avait commenté en disant (ce qui répond un peu à ce que je voulais savoir)
Je déteste les généralités quand on parle des enfants et des traitements
Cela rappelle aussi que chacun est unique et a ses propres besoins.

Parce que je participe à quelques challenges

Défi-lecture: #
 Multi-défis : #
 


 Chronique rédigée pour


mardi 21 novembre 2017

La déconfiture de l'humanité: «Où était Dieu dans la réponse du monde?»


Roméo Dallaire
J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda
Historique, témoignage, littérature québécoise
Libre-Expression, 647 pages, 2003
Couverture de: France Lafond

+: 

-: 

Thèmes: génocide, Rwanda, ONU

Présentation:Quand le général Roméo Dallaire a été appelé à assurer le commandement de la Force internationale de maintien de la paix des Nations unies au Rwanda, il croyait être dépêché en Afrique pour aider deux belligérants à trouver un terrain d'entente. Une fois au Rwanda, il découvrit une tout autre réalité. Pris entre une guerre civile sanglante et un génocide impitoyable, le général et ses hommes -- une petite troupe –- furent bientôt abandonnés, sans aucune ressource, par leurs patries respectives. Pour lutter contre la vague de tueries qui ravageaient ce pays, ils ne purent compter que sur leur propre générosité et sur leur courage personnel. En moins de cent jours, la guerre au Rwanda allait faire plus de 800 000 morts et au-delà de 3 millions de blessés et de réfugiés. C'est avec le poids de cette tragédie que le général Dallaire est rentré chez lui, au Canada, en septembre 1994, brisé et désillusionné. Il lui faudra sept ans avant de pouvoir commencer à écrire sur ce sujet. Dans J'ai serré la main du diable, il raconte l'enfer qu'il a vécu au Rwanda et il n’hésite pas à reconstituer les terribles événements auxquels la communauté internationale a tourné le dos. Son témoignage est un compte rendu sans concession de la faillite de l'humanité à mettre un terme à un génocide pourtant maintes fois dénoncé.
Comment survivre ? se demandent tous ces personnages, aux prises avec les situations inextricables des âges de la vie, le cycle des illusions perdues et des rêves oubliés.

Membres, bienvenue!