Voilà une nouvelle que j'avais écrit en 2011, et dont je viens de terminer la nouvelle version.
Il était une fois un saumon. Celui-ci subissait
la colère de la déesse. Luttant contre le courant, il devait prouver à Acionna
qu’il méritait sa place en son lit. Le poisson devait renaître en son for avant
que le temps de la pêche ne revienne. Il était indispensable pour lui d’établir
qu’il était le plus fort et qu’il ne tomberait pas dans le piège…
…
Ça y est, je devais déposer ma plume. Je
souffrais déjà du syndrome de la page blanche que vit tout écrivain. Je ne suis
pas un de ceux que vous connaissez. Cette panne d’inspiration était un
obstacle. Cela débutait mal, malgré toute ma volonté. Je voulais vous conter
pourquoi je suis en prison pour meurtre avec une belle métaphore. Mais
qu’importe! Au diable l’allégorie et la mythologie! L’histoire vous sera narrée
en toute simplicité. Le résultat sera le même. Je me sens toujours comme un
saumon pris au piège. Non coupable, je veux vous raconter les événements pour
obtenir ma délivrance, pour que vous compreniez vous aussi ce qui s’est passé.
Il y a plus de deux ans, je déambulais
dans les rues de mon quartier pour regagner mon foyer. Le soleil resplendissait
sur la neige qui ne fondait pas sous la chaleur printanière. J’entendais la
rivière sortir de son lit et gronder. Je grondais moi aussi de fureur. J’étais
rempli de frustrations face à ma vie et j’avais besoin d’un nouveau départ, d’un
nouveau printemps pour m’en libérer. J’étais sur le point d’exploser et de
causer des dommages autour de moi. Pour me tempérer, je vagabondais dans mon
secteur, et c’est là que j’aperçus la voiture, une Civic blanche, dans l’allée.
J’étais intrigué, car j’avais cru comprendre que l’emménagement était pour plus
tard. Ne voyant pas la propriétaire de la Civic, je rentrai chez moi.
Le lendemain, je retournai marcher, car
je ressentais encore le besoin de me libérer des tensions conjugales qui
s’accumulaient de jour en jour. J’avais aperçu au loin la nouvelle locataire,
la propriétaire de la Civic. Celle-ci avait le plus joli des corps que j’eusse
aperçus pendant ma brève vie : un corps à la Jennifer Lopez, un corps à
faire rêver! Il avait juste ce qu’il fallait de formes pour que mon cœur se
mette à palpiter. J’étais attiré vers ce corps duquel se dégageait une telle
grâce, une telle fraîcheur. Je n’étais pas qu’intrigué, j’étais aussi subjugué,
voire ensorcelé. Elle m’avait envoûtée plus qu’elle ne le laissait présager,
comme la suite des évènements allait me le démontrer, malencontreusement.