samedi 17 novembre 2018

Mon univers de lectrice


Bonjour, au début de l'année j'ai vu la blogueuse Mypianocanta faire un article ABC et depuis ce temps, j'ai le goût d'en faire un, mais je ne prenais pas le temps de le faire. Et c'est donc en ce mois de novembre que je le fais. Je parle rarement de moi, de mon univers, donc vous pourrez peut-être mieux me découvrir à travers cette liste ABC reliée à l'univers de la lecture! 

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A comme amour
Parce que oui, la lecture, c'est un plaisir, une activité que j'aime, que j'apprécie, que j'adore! 
B comme blog
Depuis quelques années, j'ai découvert les blogs et ai créé le mien qui a subi quelques restructurations depuis ses débuts. D'ailleurs, c'est surtout parce que j'ai réalisé, également grâce à My', dernièrement que ça allait être mon bloganniversaire aujourd'hui. Oui, 7 ans, déjà. Merci à vous! 
C comme coup de poing
Okay, c'est triché, mais c'est une expression et j'adore ces livres coup de poing qui nous donnent des claques, qui viennent nous chercher au fond de nous. On vibre d'émotions à leur contact. Et je réalise qu'il me faut de plus en plus ce coup de poing pour avoir un coup de coeur. D'ailleurs, c'est un des ces livres coup de poing qui est chroniqué aujourd'hui sur le blog.
D comme discussion
J'aime lorsque je peux discuter de la lecture sur les différents forums et blogs. J'aime aussi voir différents points de vue et être confronté dans mes perceptions. J'aime aussi lire vos commentaires, et n'hésitez jamais à me signaler quand ça bug pour en laisser. - il faut d'ailleurs que je contacte blogger puisqu'on me l'a mentionné récemment, et comme j'ai créé le blog dans un but d'échange, c'est plate de ne pas avoir vos commentaires pour discuter avec vous.
E comme écriture
C'est un rêve que je caresse depuis que je suis jeune. Même si ma première idée de roman a avorté après plusieurs heures de travail et de rédaction, je crois avoir trouvé récemment, grâce à un concours, mon idée que j'espère vraiment concrétiser. Les idées de base sont là, ça se tient, il ne reste plus qu'à faire tout le travail de recherche, préciser mes personnages et rédiger dans un nouveau format, avant toutes les phases de correction! 
F comme forum
C'est grâce à eux que j'ai découvert les notions de PAL et de wish qui ne cessent d'enfler! Je ne pourrai jamais tout découvrir, à mon plus grand regret. Et c'est aussi grâce à eux que je vous ai découverts, chers copinautes! 
G comme graphisme
Oui, depuis que je suis graphiste, je fais de plus en plus attention aux couvertures des différentes éditions, aux petits détails de mise en page. Et j'en profite pour faire une petite parenthèse, lorsque vous créez des logos, bannières pour vos blogs, assurez-vous de posséder les droits d'utilisation et de diffusion de tous les éléments et ayez une bonne lisibilité. Même si je n'ai pas la science infuse là-dessus - je vois même des erreurs dans mes récents logos - ce sont des choses que je remarque de plus en plus, un peu comme les fautes de syntaxe chez les autres. 
H comme honte
Parce que j'ai parfois eu honte du temps que je passe à lire, mais c'est tellement un loisir enrichissant que j'essaie de passer outre cela et de ne plus avoir honte, peu importe ce que je lis.
I comme imagination
J'aime bien être emmenée dans l'imagination des autres.
J comme jeunesse
Je considère que ce n'est pas parce que c'est jeunesse que ça ne convient pas aux adultes. Une bonne histoire demeurera une bonne histoire peu importe la classification dans laquelle elle sera catégorisée, parfois un peu aléatoirement quand on lit un livre qui ne se retrouve pas avec lesdites caractéristiques. 
K comme kyrielle
Je procrastine pour chroniquer et me retrouve donc avec une kyrielle de chroniques à rédiger fréquemment. C'est pour cette raison que je ne chronique plus tout ce que je lis, question de m'enlever une pression que je trouve inutile. 
L comme livre
Bien oui, je cherchais un mot et ça devait être parce que c'était tellement simple que ça m'a pris quelques secondes pour qu'il me vienne à l'esprit. Les livres m'attirent comme un aimant avec tous leurs univers, toutes leurs connaissances, et j'adore la diversité qu'on peut trouver en eux. 
M comme manie
Dans mon cas, la lecture vient aussi avec quelques manies telles que lire dans le bain, et aussi corner les pages. Mais c'est pour retrouver les belles citations, les beaux passages! 
N comme nombre 
J'ai de la difficulté avec ceux qui limitent le nombre de pages et qui considèrent que des pages de BD, album, roman graphique, poésie, ce n'est pas assez fourni quand il y a des illustrations. Oui, ça m'enrage! Même si je ne suis pas censée chialer là-dessus, depuis le début de l'année, je note le nombre de pages que je lis et par curiosité, je notais aussi le nombre de pages de l'édition en ayant le moins, et celle en ayant le plus. Et même si ma feuille n'est pas complétée, je vois avec 87 lectures une différence de plus de 5000 pages. Considérant que j'ai une quinzaine de BDs là-dedans, et que donc, le nombre de planches ne changent pas, je trouve ça assez conséquent pour un peu plus de 50 livres. Et parlant de BD, ça me ramène aussi aux laissés pour compte, car je trouve ça déplorable, car après tout, y'a des pépites partout et je trouve intéressant la diversité, la découverte des différents genres et formats. Ne vous cantonnez pas!
O comme oubli ou organisation
Je voyais poindre le O et j'avais pensé à oubli, car il arrive qu'on oublie les livres aussitôt qu'on a refermés leur dernière page, même si on a passé un bon moment. Et pendant que j'écrivais le N, ma feuille non complétée m'a fait penser à tout le côté organisation que j'ai maintenant concernant mes lectures et aussi au fait que je ne suis pas la meilleure organisatrice pour rameuter du monde. Ce n'est pas plus grave qu'il faut. La lecture, il faut la prendre comme plaisir
P comme policier
Les intrigues policières ont été parmi mes premières amours de lectrices avec toutes leurs intrigues, le plaisir que j'avais à démasquer les coupables. Étrangement, il y en a peu dans ma PAL, peut-être parce que ce ne sont pas les livres qui me marquent le plus à long terme. Mais je continue à prendre plaisir à repérer les indices. 
Q comme ... Québec
J'avais trouvé un autre mot, mais le seul qui me revient à l'esprit, c'est quintessence et je doute fort que c'était ce mot. Donc, je prends la facilité pour moi, et ceux qui ne le savent pas encore ou qui ne l'aurait pas retenu, vous êtes sur un blog québécois. Et oui, la littérature québécoise est excellente. Si je ne vous convainc pas avec les articles publiés ce mois-ci, regardez celles des autres participants à Québec en novembre, j'y ai déjà repéré 5 titres, et ce dans la première semaine puisque cette semaine, le temps m'a manqué pour aller voir tous les billets.
R comme rythme
Je lis environ 50 pages par heure, et je lis environ 1 h par jour, autant que possible, et plus la fin de semaine quand je peux. 
S comme saga
C'est incroyable comment on peut en entamer sans s'en rendre compte. Cet été, je me suis rendue compte que j'avais plus de 120 séries en cours sur livraddict, et il en manque certainement.
T comme temps
Parce qu'on manque toujours de temps pour pouvoir tout faire, et la lecture n'échappe pas à ce fait. Et le blog n'échappe pas à ce manque de temps puisque ce dernier est réparti ailleurs, comme j'essaie toujours de me convaincre pour lâcher-prise face au fait qu'on a que 24 h dans une journée.
U comme unanime
J'aimerais bien rejoindre l'unanimité lorsque tous semblent enthousiastes, crient à l'excellence, mais j'ai tendance dans ces cas-là à me retrouver de l'autre côté ou à tout le moins à être beaucoup moins enthousiasme. Peut-être qu'inconsciemment je me fais des attentes énormes sur tous les points et que ça entraîne un peu de déception.
V comme variété
Vous l'avez vu plus haut, j'aime la diversité des genres. J'aime donc aussi la variété des styles, des univers, des thèmes abordés. Je considère que tous peuvent y trouver leur compte, il suffit juste de trouver quelle variété de fictions, de documentaires ou autres trouvent son écho en vous.
W comme web
Indirectement, le temps que je prends à flâner sur celui-ci, c'est du temps que je ne prends pas pour lire et avancer dans mes projets. Au moins, il a le bon côté de permettre une meilleure accessibilité à des connaissances, même s'il faut en prendre et en laisser. 
X comme xylophone
Il me reste plus qu'à trouver un lien avec la lecture! Je me souviens avoir appris à lire des partitions pour en jouer. 
Y comme yeux
J'aimerais bien lire davantage bien des fois, mais je sens la fatigue et mes yeux ont tendance à se fermer même si j'adore ma lecture. 
Z comme zen! 
Lire est une activité qui détend. Sérieusement, zen, c'est l'attitude que j'essaie d'avoir quand je réalise le nombre de défis auxquels je suis inscrite. Vous ne pensiez tout de même pas que je n'allais pas mentionner ce mot dans mon univers de lectrice. Que voulez-vous, les défis, ça permet de la diversité,  et c'est surtout cela que j'aime dans la lecture, même si je dois être réaliste et que je n'arriverai jamais au bout de ma wish puisqu'elle ne cesse d'augmenter en plus. 

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J'espère que vous avez apprécié me découvrir davantage dans ce billet. Bien sûr, certaines lettres avaient mijoté dans ma tête depuis le temps tels que C comme chronique, E comme échange, A comme adaptation, D comme design, C comme challenges, mais c'était tellement mieux à mon avis, c comme coup de poing dans mon cas, ou voir même L comme liste alors que je ne retrouvais pas le mot pour L quand j'ai écrit pour cette lettre, et c'est après-coup que ça me revient. Et vous, votre univers ressemble à quoi? 

«briser ma famille»

Camille de Patrick Isabelle (2015)
Jeunesse, littérature québécoise
Leméac, 2015, 318 pages
Couverture: re_bekka/Shutterstock
+ : coup de poing
- : changement
Thèmes: violence conjugale
Présentation: Camille a disparu et, à travers sa recherche, on suit son parcours de l'été, sa fuite avec sa mère d'un père violent.

Ayant vu ce nom à quelques reprises dans Québec en septembre/novembre, si je ne m'abuse, lorsque j'ai lancé le swap Au-delà des océans pour l'Eldorado, je me rappelais avoir repéré un titre de cet auteur Eux l'an dernier, mais j'ai appris que c'était un peu dans le cadre d'une saga et je ne voulais pas en entamer de nouvelles. Du coup, j'ai regardé pour trouver un autre titre de l'auteur à mettre dans ma wish et c'est le résumé de Camille qui me parlait le plus. Et c'est avec plaisir que zazacaribou me l'a offert. Certains diront que c'est jeunesse et ne s'y intéresseront donc pas, mais je considère qu'il ferait l'une des plus graves erreurs à mon avis. Vous venez donc sans doute de déduire que j'ai adoré cette lecture que je prenais puisque Québec en novembre, bien qu'on était au début octobre, se mettait bien en branle. Je ne pouvais le lâcher, tellement j'étais prise dans l'histoire.

Dès le début, Camille a disparu et on sent l'inquiétude, la tension de la situation dans un style combien saisissant avec ce cousin, cet oncle entre autres qui l'ont cherché à différents endroits. Et la police cherche elle aussi, ce qui nous montre la gravité, l'urgence. Et l'auteur nous ramène en arrière dans le temps et on alternera ainsi jusqu'au dénouement final. Et on apprend rapidement que dans sa famille, la violence conjugale était bien présente au point où Camille répète à quelques fois, de mémoire, dans les premiers chapitres Et je prie. Faites qu'il meure, que je dis. Et quand on sait qu'elle a disparu, nous n'avons pas le choix de se questionner si cela en est la cause.

Et on comprend rapidement que Camille et sa mère sont parties pour l'Acadie au début de l'été, fuyant le père de Camille. Et par ces retours dans l'histoire à travers la recherche de Camille, l'auteur nous décrit avec justesse une triste réalité. On voit l'ambivalence de Camille entre l'amour qu'elle porte à sa mère et sa haine que cette dernière lui fasse vivre ce cercle vicieux en pardonnant grâce à diverses excuses. Aussi, on sent bien l'angoisse de la peur d'être retrouvées par le père.

Cependant, j'ai un peu regretté qu'il y ait eu un peu de facilité sur l'évolution d'un certain personnage, puisqu'en refermant le livre, je n'ai pas compris ce qui l'avait porté à changer, alors que ça pourrait donner une lueur d'espoir, et je regrette donc de ne pas avoir de clé. Il y a peut-être aussi certaines relations du passé que j'aurais aimé voir étoffer les raisons des conflits, mais c'est plus parce que je suis pointilleuse que je le signale plus que parce que ça m'a grandement déplu.

Donc, dans un style fluide, qui transmet grandement les émotions, la réalité nous est contée comme si on était présent. On voit le pattern dans lequel est plongé la mère. Et dans ce cas-ci, Camille est une victime collatérale de la violence conjugale, victime à son tour des violences de son père. Bref, première découverte de l'auteur, et c'est une réussite totale, une histoire coup de poing qui nous atteint droit au coeur. Dans cette lecture que j'ai adorée, on ne peut que, à l'instar de Camille, pleurer de rage, incapable de faire autrement face à cette réalité qu'on déteste.

Merci donc à zazacaribou de me l'avoir fait découvrir. P.S. Elle aussi a adoré.

Quelques citations
Il aurait aimé pouvoir se retrouver face à lui, lui parler. Essayer de comprendre ce qui peut bien pousser un homme à faire subir tout cela à la femme qu'il aime. Pire. À une petite fille sans défense. 
Il joue les séducteurs. Je connais ce visage-là, je l'ai aperçu souvent. C'est celui qui promet, qui fait espérer. Celui qui fonctionne. 
Il ne sait pas aimer, mon père. Je ne crois même pas qu'il sache ce que c'est l'amour. On ne frappe pas les gens qu'on aime. On ne les retient pas prisonniers de la peur, de la pauvreté. 
J'ai la certitude maintenant que, peu importe où nous irons, il ne nous laissera jamais vivre en paix.
[...]Je me sens légère et en sécurité.
Tant que je ne pense à rien.
Le reste est trop déprimant. 
Je dois être forte. Au-dessus de tout ça. Je dois continuer de me le répéter. Il faut que je me défasse du pouvoir qu'il a sur moi. Il faut que maman reprenne vite confiance en elle avant qu'il ne soit trop tard. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour retourner en arrière. Reculer n'est pas une option. Mais en avançant, je dois faire preuve de délicatesse. Je ne peux pas non plus briser ma famille. Si je parle... s'ils comprennent, ils me sépareront d'elle. Et ça, ce n'est pas possible.  
— Veux-tu savoir combien de fois j'ai vu la police débarquer chez nous? Combien de fois j'ai vu ma mère refuser de porter plainte, inventer des excuses, des histoires qui ont pas d'allure? Pis après coup, mon père qui pleure pis qui s'en veut, qui jure qu'y recommencera pas, pis ma mère, elle, qui le prend dans ses bras, qui comprend. Combien de fois elle m'a suppliée de rien dire!
Je crie. Je n'arrête pas de crier. Plus je parle et plus les mots sortent en gros bouillons de ma bouche, de plus en plus fort. Mathis recule, comme apeuré par ma soudaine violence, mais je ne suis pas capable de me contenir. Et plus je crie, plus j'enrage et mes yeux pleurent. Personne ici ne peut m'entendre. Juste lui. Lui et ses commentaires niaiseux.
[...] Ce n'est pas de sa faute. [Mathis] ne devrait pas voir ça. Je frappe ma tête contre la paroi du bateau, j'ai envie d'avoir mal ailleurs, que mon crâne se fissure, qu'il arrête de penser. Mathis m'arrête et se penche sur moi, me force à me laisser prendre dans ses bras. Je résiste, hystérique. Puis je me laisse aller à son étreinte et je continue de pleurer de rage, incapable de faire autrement. Il me murmure que ça va bien aller, de ne pas m'en faire. 
Anedocte
Même en recherchant les citations et les reportant ici, je pleure de rage.

Parce que je participe à quelques challenges


mercredi 14 novembre 2018

« ne semble pas concevoir l'existence d'un mode de vie paysan »

Faire campagne: joie et désillusion du renouveau agricole au Québec par Bourdillon et Cezard
Bande-dessinée reportage, roman graphique, littérature québécoise
Atelier 10 et La Pastèque, 2018, 473 pages (Titre original, année)
Couverture: Affiche par Busnach

+ :recherche
- :distinction graphique
Thèmes:gestion de l'offre, agriculture
Présentation: résumé succint

J'ai lu cette bédéreportage en août et je rédige ma chronique début octobre. Je dois avouer que je ne sais pas par où commencer pour ce type de récit, surtout qu'en plus, je ne connais pas grand chose à cette gestion de l'offre. Cependant, je peux dire que j'ai apprécié cette découverte.

J'ai trouvé que le journaliste avait fait un excellent travail de recherche, en allant voir différents côtés de la médaille qu'il nous présente à l'aide d'un graphisme qui m'a plu sans que je l'adore puisque je devais parfois chercher des éléments distinctifs pour reconnaître certains acteurs de la situation.
J'ai aimé voir les faits et les préoccupations qui nous sont vulgarisés dans un langage que tous peuvent comprendre, et non dans un langage de terme judiciaire qui tourne en rond comme il est rédigé dans certaines études. J'ai aussi aimé voir les préoccupations des petits producteurs qui se sentent impuissants face aux multinationales et qui montrent les manques du système afin de seulement pouvoir améliorer leur production dans leur région: par exemple, il n'y a qu'un seul abattoir pour une certaine catégorie de production — désolée pour ma mémoire défaillante — pour tout le territoire québécois, ce qui est un non-sens quand on pense à l'étendue de celui-ci.
Donc, puisque je viens de "région éloignée", dur de demeurer indifférente face à cette lecture, surtout quand on voit que pour changer les choses, certains acteurs décideraient que ce serait des producteurs de certaines régions (étrangement en périphérie de Montréal...) pour les droits demandés au lieu de tous les producteurs  — désolée pour la confusion dans ce passage, je ne sais plus trop quelle était la demande, j'ai retenu que c'était les régions périphériques — qui, pour la majorité croisée ici ne voudraient que produire, en respectant des normes, pour mieux aider leurs concitoyens et cela de façon responsable.
J'ai donc aimé en apprendre sur le système québécois pour mieux le comprendre, et ainsi saisir toute la portée des enjeux, ce qui m'enrageait à quelques niveaux. J'ai aussi apprécié que le journaliste aille du côté du Nouveau-Brunswick pour voir la différence.
Bref, une lecture que j'ai bien apprécié puisqu'elle a été instructive.

Quelques citations
Ces dix producteurs seront répartis dans les cinq régions administratives identifiées par les ÉVQ, à raison de deux par région, qui seront tirés au sort.
[...]Mais nous on est trois![...]
L'UPA, qui ne cesse de présenter l'image d'une ferme familiale québécoise à défendre contre les assauts des méchants Américains, ne semble pas concevoir l'existence d'un mode de vie paysan basé sur une relation proche entre le producteur et ses animaux, et non pas régi par une bureaucratie tentaculaire et des normes étouffant l'artisanat.
Le nombre de poulets hors quota est déterminé en fonction des besoins et des demandes du marché de chacune des provinces. Le seuil est déterminé et voté par la Fédération des éleveurs de volailles du Québec.
Ça n'a pas d'allure, le Québec a le régime le plus restrictif au Canada. Pourquoi est-ce que l'Albertain a le droit de vendre du lait directement au consommateur, et pas le Québécois? On est pas tous Canadiens?
Parce que je participe à quelques challenges



Chronique rédigée pour 

 qui s'est transformé en 

mardi 13 novembre 2018

Le vernis de l'enfance s'étiolait

La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie (2010 aux éditions XYZ)
Contemporaine, littérature québécoise
Bibliothèque québécoise, 2012, 236 pages
Couverture: Galina Barskaya - iStockphoto

Présentation: Hélène a comme héros Lady Oscar et vit sa vie de préadolescente à travers son voisinage et ses petits boulots où elle se vieillit.
+ : légèreté
- : départ
Thèmes: voisinage, préadolescence

Anecdote
Repéré l'an dernier grâce à quelques participations, je le lis cette année, et j'apprends que les titres de l'auteure sont également édités sous d'autres titres en France, même si pour certaines éditions françaises, ils ont conservé le titre original. 
Mon avis
J'ai eu un peu de difficulté à embarquer dans l'histoire, dans le premier chapitre, puisque je ne réussissais pas à m'attacher à Hélène qui voulait s'appeler Joe et expliquait plus, à mon avis, pourquoi elle voulait se faire appeler ainsi, et je trouvais donc qu'il ne se passait rien. Mais j'ai poursuivi, surtout parce que je me rappelais que plusieurs l'avaient apprécié l'an dernier.
Et bien qu'il ne se passe pas de rebondissements qui nous tiennent scotchée au récit, «il finit toujours par se passer quelque chose, même quand on ne fait rien», et l'auteure raconte avec légèreté la vie de cette pré-adolescente dans les années 80, avec une belle façon d'intégrer les liens entre voisins. Aussi,  «les malheurs se tiennent toujours en groupe pour se sentir plus forts» sont là pour faire évoluer Hélène au sortir de l'enfance, et la faire évoluer dans sa relation avec le vieux, les questions qu'elle lui pose, sa façon de le remercier suite à un événement. Aussi, malgré le désir de mourir du vieux Roger et le fait que «Toutes les éternités ont une fin», on sent la vie, le respect, le bonheur dans ce livre dans un style que j'ai trouvé bien agréable et dont plusieurs passages portaient à réfléchir sur le sens de la vie.
Parfois, je trouvais que les mots étaient trop recherchés pour des mots dans la bouche d'une enfant (abstractions humanoïdes par exemple), mais on réalise à quelques endroits dans le texte, que c'est une Hélène plus vieille qui nous parle.
Bref, malgré mes réticences au départ, j'ai bien apprécié découvrir enfin cette auteure avec ce récit emplit de tendresse et j'avais noté Autopsie d'une femme plate également l'an dernier, et je l'ai renoué cette année. Donc, je devrais relire cette auteure. Reste à trouver un trou où le caser puisqu'on a de la bonne littérature au Québec. Pardon, je me suis trompée, de l'excellente littérature! Oui, j'en profite, mais que voulez-vous, il n'y a pas que Martin Matte qui est condamné à l'excellence! 


Quelques citations
Son désir de mourir, moi, je le comprenais parfaitement: il s'ennuyait, ses enfants le délaissaient et il était désormais trop vieux et trop pauvre pour espérer quoi que ce soit d'autre que ces petites misères de journées passées à boire de la bière chaude bon marché devant un immeuble en ruine où des bipèdes obèses lui tambourinaient le caillou. Je comprenais ça parce que j'étais à l'âge où la mort n'avait encore aucune prise sur moi. Je n'allais jamais mourir, moi, je n'avais même pas dix ans. Et, à cet âge-là, on accepte d'emblée que les vieux doivent mourir, ça semble même l'ordre des choses. Après, le temps coule et ça se complique parce que ça se met à nous concerner. C'est là qu'on a besoin de concepts philosophiques dérangeants, comme celui de l'absurdité, ou d'abstractions humanoïdes réconfortantes qui ont le dos large, comme le sont la plupart des dieux. 
Le vernis de l'enfance s'étiolait doucement, craquait de partout, me laissant voir, derrière sa lumière aveuglante, les filaments de ténèbres qu'elle s'applique tant à cacher. 
Il ne fallait tout de même pas s'abaisser à imiter les manières de cette vile aristocratie qui s'arrogeait tous les droits sous prétexte d'être bien née.
Il laissait toujours de longs silences, entre deux phrases, ce qui donnait souvent à penser qu'il avait terminé alors qu'il laissait plutôt à ses mots le temps de se poser dans l'esprit de son interlocuteur et de se transformer en intervention pertinente. Ce n'était pas plus long, selon lui; on échangeait seulement moins d'informations superflues qui freinaient inutilement l'acte de communication. Moi, j'avais l'habitude; je prenais tout mon temps avant de le relancer. Mais les gens s'empressaient généralement de remplir ls trous avec des vétilles qui faisaient souvent regretter le silence. 
Ça manquait cruellement de ce charme auquel les dessins animés m'avaient habituée dans les moments tragiques.  
Moi, ça ne m'a jamais fait rire. Mais c'était facile pour moi de n'être pas méchante: je n'étais pas malheureuse. 
Parce que je participe à quelques challenges




lundi 12 novembre 2018

Un mauvais jeu

Le jeu par Martin Girard et Mylène Chollet (2018)
Drame, thriller, télévision québécoise
Avec Laurence Lebœuf, Éric Bruneau et plusieurs autres
Présentation Marianne s'emporte lors d'une entrevue dans le cadre de son jeu vidéo, et s'emporte envers les trolls qui n'ont pas de vie, et on embarque dans l'univers des conséquences de sa déclaration, dans un univers de cyberintimidation, et au-delà.

Mon avis
Voilà, je n'ai pas lu de roman québécois publié cette année, excepté un roman graphique prévu pour plus tard. Du coup, pour participer à la journée 2018 de Québec en novembre, j'ai décidé de plutôt vous parler d'une émission de la rentrée télévisuelle de cet automne puisque, si je ne me trompe pas, on peut parler culture québécoise.
Pour ma part, j'aime bien cette émission qui montre jusqu'où nos paroles faites sous le coup de l'émotion peuvent mener dans un univers où plusieurs se cachent derrière un écran pour faire leur justice. Et bien sûr, les auteurs n'ont pas oublié que les impacts de l'intimidation ne sont pas que sur le web, comme nous le montre, entre autres, l'intimidation qu'a subi la nièce de Marianne. De plus, on passe de l'intimidation faite par nos proches, nos connaissances et les étrangers.
J'aime aussi le parallèle qui se fait avec le jeu Pokémon Go, où le jeu amène son lot de victimes. Et j'aime bien que les auteurs tentent, à mon avis, de montrer que certaines gens jugent un jeu sur leurs mauvais participants, alors qu'on se rend compte que ces mauvais usagers ont également ces comportements hors du jeu. Pour ma part, j'y vois des gens qui se cachent sous une excuse du jeu, à l'instar de se cacher derrière un écran, plutôt que de prendre vraiment leur responsabilité. Parce qu'après tout, certains ont le comportement à l'extérieur du jeu.
Bien que je trouve le design et l'animation des jeux vidéo loin d'être au point puisque le design semble plus vieux que Mario Bross et que les transitions ne me semblent pas réussies, j'aime bien l'ambiance qu'il y a dans l'intrigue. Les passages où Marianne se retrouvent seule me crispent toujours, aidée par une musique bien à point pour cette ambiance.
J'ai de la difficulté à croire en le personnage du patron Alexis incarné par Maxime Gaudette, comme si une part de crédibilité lui manquait, mais je n'arrive pas à mettre le doigt sur la raison qui cause cela puisque le jeu me semble représenter le caractère du personnage. Par contre, pour Julien, ça doit être parce qu'on voit trop Éric Bruneau partout que j'ai une barrière psychologique pour bien le voir en gentil hipster. Pour Laurence Leboeuf qui incarne Marianne, j'aime bien voir son angoisse, mais je la trouve parfois trop sereine dans certaines situations: était-ce par le metteur en scène qui voulait donc amplifier le contraste avec les scènes angoissantes.
Bref, c'est une série que j'aime bien pour la réflexion qu'elle suscite sur l'intimidation, la portée que celle-ci, la part de responsabilité, les intrigues qui s'entrecroisent et l'ambiance angoissante de la série.


Parce que je participe à quelques challenges


vendredi 9 novembre 2018

«tout l'édifice reposait sur un mensonge»

Mauvaise foi par Marie Laberge
Policier, littérature québécoise
Québec Amérique, 2013, 301 pages
Couverture: Marie Laberge

+ : révélations
- : séparation
Thèmes:secrets de famille, foi
Présentation: Un homme fait réouvrir une enquête pour clamer son innocence.

Depuis quelques temps dans ma PAL, ce n'est que récemment que j'ai pris le temps de l'en sortir. Je dois avouer que dès le départ, des choses me plaisaient, d'autres moins.

J'étais bien contente de retrouver la plume de Marie Laberge, fluide comme à son habitude. Mais je dois avouer qu'ici, on avait des coupures étranges entre les scènes puisque parfois, les retours de paragraphe montrant un changement de scène se trouvaient entre la question et sa réponse. Ce n'est qu'un des exemples qui me viennent en tête. Erreur de mise en page puisque sans cela c'est fluide?
Je ne me suis pas attachée aux personnages sur lesquels on enquête, mais j'ai aimé la construction de l'intrigue, la façon dont sont apportées certaines révélations, mais surtout la façon dont les enquêteurs, après bien des révélations, se demandent qui est de mauvaise foi, qui leur ment et qui leur cache encore des informations dans tous ces secrets, entre autres de famille. J'ai aussi apprécié la façon qu'ils pensent aux impacts de certaines révélations, si jamais ils les rendaient publiques pour davantage s'en servir.
Bref, c'est donc une lecture en demi-teinte qui me reste, mais lorsque j'étais plongée dedans, malgré les "mauvaises cassures" de scène, j'avais hâte de le reprendre.

Quelques citations
Rien dans cette affaire n'est une condamnation de la foi. Il y a des hommes, et c'est tout. Des hommes et leur appétit de pouvoir. [...] La manipulation n'est pas un fait religieux, c'est une tendance humaine qui n'épargne pas les religieux. [...] Et c'est pareil partout, quelle que soit la religion: on prêche l'amour, la charité, la tolérance, et on écrase le plus petit dans l'espoir d'être quelqu'un. Et de se croire sauvé. [...] Mais le seul dieu de ces personnes, c'est le pouvoir. L'envie, l'appétit de pouvoir et l'orgueil.
Celui qui pardonne, qui efface, laisse le danger en place.
Parce que je participe à quelques challenges


Chronique rédigée pour 

jeudi 8 novembre 2018

Il n'est pas facile de se débarrasser du passé, n'est-ce pas?

La Tristesse du Samouraï de Víctor del Arból (La tristeza del Samourái, 2011)
Thriller historique, littérature espagnole
Actes Sud, 2012, 351 pages
Couverture: Marion Peck, Edward 1907-1985
Traduction: Claude Breton
Présentation: «Trois générations marquées au fer rouge par une femme infidèle. L'incartade a transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel.»
+ : densité
- : repère
Thèmes: complot, famille, franquisme



Mon avis:
Dur dur de chroniquer ce titre. L'histoire est tellement dense que c'est dur d'en faire un résumé. C'est pourquoi je vous ai mis la présentation trouvée sur le site d'Actes Sud pour ce titre. Cependant, malgré ma difficulté à le résumer, je peux vous affirmer que j'ai apprécié ma lecture.
Dès le départ, on se trouve intrigué par l'histoire puisque dans le prologue, on se situe à la fin. Donc, on se demande ce qui a mené à cette situation, surtout que nous faisons un grand bond dans le passé. On aura une alternance entre le passé (1941) et le présent du récit (1981) en terre espagnole, dans un style dense, mais d'une densité sans complexité. Il faut donc être attentif aux différents événements pour se faire une idée de comment tout cela s'orchestrera.
Bien que parfois nous faisons nos propres liens, l'auteur ne nous le confirme pas tout de suite, mais sans trop nous faire languir. Il dévoile donc ses éléments qui en viennent à soulever d'autres questions. Mais des questions, il m'en demeure en refermant le livre, car je ne suis pas certaine d'avoir bien tout saisi le côté historique puisque je ne connais pas l'histoire espagnole, et donc, je ne peux bien démêler le vrai du faux sur ce point, manquant de repères.
J'ai donc apprécié ce titre pour la densité du style, et les intrigues qui s'entrecroisent et leur lien avec le passé.

Quelques citations
D'où les barreaux. Pour éviter les tentations. Même si pour elle cette précaution n'était pas nécessaire. Pour se suicider, il faut un certain courage. Quand la vie n'est plus un choix, il ne faut pas laisser le hasard vous arracher le dernier acte digne qui vous reste. Elle avait appris cela [...]
L'habitude, la peur des aléas d'une vie sans horizons clairs, les problèmes financiers, et surtout l'obligation de reconnaître son échec, pesaient lourd. Elle attendait peut-être un miracle, elle espérait que l'homme dont elle était tombée amoureuse reviendrait. 
Il était stupide de feindre qu'il ne savait rien. Non, il n'était qu'un petit instituteur, pas un politique, et il ne s'intéressait à aucun drapeau, hormis celui de sa propre liberté ou de celle de son fils. Mais pouvait-il se défiler, prêcher les principes de liberté, de culture et de justice, et d'un autre côté se mettre la tête dans un trou comme une autruche?  
Il n'est pas facile de se débarrasser du passé, n'est-ce pas? 
Je n'attends pas qu'un autre change ce que j'ai décide de changer.
Je déteste les gens qui se déclarent esclaves des circonstances, comme si elles étaient immuables. 
Parce que je participe à quelques challenges

Challenge Snakes & Ladders


mercredi 7 novembre 2018

Mais je m'accroche.

Ces mains sont faites pour aimer de Pascale Wilhelm
Contemporaine, littérature québécoise
Libre Expression, 2014, 165 pages
Couverture: Chantal Boyer

Présentation: Après une année où elle a tenté de se reconstruire, Julia se fait la promesse que la prochaine année sera belle.
Thèmes: deuil, suicide, reconstruction
+ : reconstruction
- :autres

Mon avis
Que dire de ce livre, je ne sais trop, ce que je sais c'est que je l'ai apprécié et ai passé un bon moment.

J'avais découvert le style avec Où vont les guêpes quand il fait froid?, un style que j'avais apprécié et que je voulais retrouver en entamant cette lecture, et encore une fois, j'ai apprécié ce style qui coule aisément.
J'ai aimé voir ses questionnements, l'impact que cela a sur ses autres relations, comment Julia essaie de retrouver l'espoir, de croire que les autres ne lui referont pas ce coup.
On la voit rencontrer certains personnages, s'embarquer dans certaines relations, dans le but de s'accrocher et de tenir sa promesse. À travers celles-ci, une pour qu'elle puisse se venger sans qu'on sache exactement de quoi il retourne lorsqu'elle s'y embarque.
Cependant, j'ai trouvé que ses autres étaient un peu trop absents, que c'était un peu trop focalisé sur le Je de Julia, puisqu'on ne peut vraiment s'attacher à ces autres personnages. Mais je crois comprendre que c'est un choix qui a été fait en vue de focaliser sur la reconstruction de Julia.
J'ai donc apprécié cette seconde lecture de cette auteure.

Quelques citations
J'y ai pensé, le cœur serré. Je resterai hantée par cette possibilité, pour mon amant, comme pour tous les autres. La moindre tristesse, une absence prolongée, un coup de fil que l'on ne retourne pas, tout me ramènera à cette vision. 
J'entrevoyais l'échec. Lamentable. La honte, toujours. Un peu plus et je demanderais pardon. 
 Alors je porte en moi cette vision que je ne souhaite à personne. Elle ne nous élève pas. Ne nous rapproche en rien du ciel et de ses saints.
Parce que je participe à quelques challenges


mardi 6 novembre 2018

la dernière grande aventure humaine

Chronique de la dérive douce de Dany Laferrière (VLB, 1994)
Contemporaine, autobiographie, littérature québécoise
Boréal, 2012, 209 pages
Couverture: Brett Amory, Waiting n° 79
+ : rythme
- : quotidien
Thèmes: exil, pauvreté, immigration
Présentation: Dany Laferrière arrive dans la métropole montréalaise au milieu des années 1970.

Anedocte
Il semblerait que ce ne soit pas l'année de Dany Laferrière pour les participations à Québec en novembre.

Mon avis
Vous venez de le comprendre, j'ai lu ce titre pour Québec en novembre pendant le week-end, dans le but de joindre la LC sur l'auteur. Il s'est lu rapidement, mais j'ignore quoi en dire exactement. J'ai apprécié le lire, mais je ne crois pas que ce livre me restera longtemps en mémoire.
Dès le départ, j'ai été plongé dans le style de Dany Laferrière. C'est disposé sous forme de poème et ça nous entraîne donc rapidement dans l'histoire de son arrivée au Québec, à Montréal en été 1976.
On le voit donc regarder cette société riche d'un oeil nouveau, mais qui réalise rapidement que la pauvreté, les grandes questions sont les mêmes malgré la différence de pays. On le voit se chercher un emploi, se chercher dans ses relations, essayer de se définir à nouveau avec certaines pensées sur son passé, la différence de cette nouvelle société. On suit donc ses pensées à travers l'évolution de son quotidien.
Bien que je l'ai lu rapidement, il est arrivé un moment - probablement vers le trois quarts - où je me demandais pourquoi je le lisais bien que j'appréciais ma lecture, car je me rendais déjà compte qu'il ne devrait pas m'en rester grand chose dans un mois. On verra si ce sera le cas, mais je sais déjà que ce sera probablement parce qu'il s'agissait d'un quotidien simple.
C'est donc un livre court, qui se lit rapidement, et qu'on lit pour sa simplicité, mais une simplicité qui trouve le mot juste et décrit la réalité avec un bon rythme, ce qui nous donne le goût de poursuivre.

Quelques citations
Je ne suis pas déçu
mais perplexe du fait
qu'on soit obligé
de se lever si tôt
pour simplement
gagner sa vie.
Je pensais que
la pauvreté était
une des conséquences
de la dictature,
et qu'ici on était passé
à une autre étape. 
Il faut avoir traversé
l'enfer de l'hiver
pour connaître
la fièvre du printemps. 
On ment en Haïti
pour survivre,
et ça je peux le comprendre,
mais qu'on ne nous demande pas
de mentir ici aussi.  
Chacun muré dans son univers. J'ai quitté
une capitale de bavards invétérés pour tomber
dans une ville de modus du silence où les gens
préfèrent regarder la télévision plutôt
que de s'adresser à leur voisin. La distance
qui les sépare semble parfois infranchissable
et cela se reflète dans cette agitation pour esquiver
le regard de l'autre. 
Quelques flocons dansent
dans l'air
avant de se déposer
doucement
sur le toit des maisons
et des voitures.
Comme sur nos paupières. 
Quitter son pays pour aller vivre
dans un autre pays
dans cette condition d'infériorité,
c'est-à-dire sans filet
et sans pouvoir retourner
au pays natal,
me paraît la dernière grande
aventure humaine. 

Parce que je participe à quelques challenges
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lundi 5 novembre 2018

l'impérieux besoin de désirer.

Eldorado de Laurent Gaudé (Actes Sud, 2006)
Littérature contemporaine, littérature française
J'ai Lu, 2010, 220 pages
Couverture:  Ian Berry (Magnum)
+ : parcours
- :  «élément déclencheur»
Thèmes: clandestin
Présentation: Un garde-côte, qui repousse les clandestins, rencontre une clandestine qui lui raconte son histoire. Il se questionne sur son Eldorado. Parallèlement, deux frères soudanais partent.

Après avoir été mitigé sur Le soleil des Scorta à deux reprises pour des raisons qui me sont propres, je me disais qu'il fallait que je tente un autre titre de l'auteur puisque, depuis le temps, je sais que unchocolatdansmonroman recommande souvent des thématiques qui viennent me rejoindre. Du coup, pour redonner une chance à Laurent Gaudé, je me suis penché sur les résumés et c'est donc Eldorado qui s'est ajouté à ma PAL.

Déjà, la thématique des migrants clandestins a su trouver plus d'écho en moi, surtout que cette thématique est toujours d'actualité.

J'ai apprécié que le commandant Piracci soit un garde-côte qui intercepte les clandestins. Lorsqu'il rencontre une jeune mère qui lui conte son histoire, on ne revient pas que de telles machinations puissent exister. Et cette rencontre fera réfléchir le commandant sur le but de son travail, le renvoi de ces immigrants illégaux, couplé avec d'autres demandes qui se feront par la suite. J'ai regretté par contre que cette jeune mère soit rapidement oublié.

En parallèle, on suit le départ de Jamal et de son frère Soleiman pour se diriger vers l'Europe, vers leur nouvelle vie rêvée. Par leur périple, on voit l'espoir et l'espoir déçu. On réalise une parcelle de ce à quoi sont confrontés ces migrants clandestins à travers l'argent qu'ils déboursent pour les passeurs, la solidarité entre ces migrants qui ont  chacun leur histoire, mais aussi certains actes que sont prêts à commettre certains pour se rendre à destination, ce qui ne peut qu'inconditionnellement les changer.

J'ai aimé la construction en alternance, comment celle-ci se rejoint sans qu'on s'en rende compte. J'ai aimé la réflexion que ce livre apporte sur la migration. Car, qui sommes-nous pour décider du sort des migrants, pour ériger des frontières? J'avais déjà apprécié l'écriture, mais ici la thématique me rejoint davantage et c'est pour cela que j'ai davantage apprécié.

Quelques citations
Je l'ai suivi avec empressement. C'est ce qu'il voulait. Que je n'aie pas le temps de regarder une dernière fois les amis, d'imaginer quels derniers mots je pourrais leur dire pour qu'ils comprennent ma douleur de les quitter. Que je n'aie pas le temps de flancher. 
Elle lui avait offert cela, peut-être, la gifle des pauvres, l'impérieux besoin de désirer.
Pour dire qu'ils avaient tout fait pour les trouver et pour s'excuser  de n'y être pas parvenus. 
Celui qui saigne et qui va être laissé là, comme mort, avec pour seule richesse sa rage et sa douleur.  
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Challenge Snakes & Ladders



dimanche 4 novembre 2018

«Un roulis d'indécisions»

Nous étions le sel de la mer par Roxanne Bouchard
Littérature contemporaine, littérature québécoise
VLB, 2014, 351 pages
Couverture: Rogé, Voilier (2003)

+ : description
- : tics
Thèmes:mer, adoption
Présentation: Catherine va retrouver sa mère adoptive en Gaspésie après une rupture.

Première lecture de cette auteure, et sans que ce soit la lecture où j'ai le plus apprécié l'intrigue, j'ai globalement apprécié ma lecture.
Je crois que la force de ce récit réside dans le style d'écriture où ressort l'amour de la mer. J'ai bien aimé le parallèle qu'il y a avec l'eau, la mer, dans les descriptions, dans les émotions.
J'ai vraiment détesté les tics de langage qui parsèment les dialogues. Okay, on peut en user, mais là je trouvais qu'il y avait un usage de ceux-ci à outrance, et j'avais donc l'impression que l'auteure se moquait du parler gaspésien, ce qui m'a fortement tapé sur les nerfs par son abus.
J'ai cependant aimé comment l'intrigue était construite avec ce meurtre qui nous fait découvrir les révélations sur la morte au fil des pages, le fait que les policiers demeurent en arrière-plan pour se concentrer sur l'héroïne qui allait retrouver sa mère.
Bref, j'ai donc apprécié ma découverte de cette auteure, surtout pour les tumultes et les profondeurs de la vie qui ressortaient dans certains passages.

Quelques citations
Va falloir comprendre que la mer, c'est tout ça: la vague qui t'amène au large et te ramène. Un roulis d'indécisions, mais tu restes là, hypnotisé et captif. Jusqu'au jour où elle te choisit... J'imagine que c'est ça, la passion... Un vague de fond qui t'amène plus loin que tu pensais et qui te rejette sur le sable dur, comme un vieux con.
Arrêtez de chercher et comprenez que la vie est une chance! 
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Challenge Snakes & Ladders

Chronique rédigée pour 

samedi 3 novembre 2018

«conscience des réalités et des injustices de l'existence»

Pour les sans-voix, tome 1: La jeunesse en feu par Micheline Duff
Drame, sociologique, littérature québécoise
Québec Amérique, 2011, 345 pages
Couverture: Photocase
+ :émotions
- :rien ne me vient intuitivement
Thèmes:maltraitance, enfance, relation mère-fille
Présentation: Une policière doit enquêter sur un bébé secoué et vit des conflits avec son adolescente.

Il y a quelques années, j'avais demandé ce titre en cadeau, mais, ignorant qu'il faisait partie d'une saga, j'avais reçu le second tome que j'avais mis de côté jusqu'au moment de rencontrer l'auteure qui me disait que je pouvais les lire dans le désordre. J'avais donc débuté par le tome 2: Paysages éclatés. 

Or, en juillet, j'ai participé au challenge suite de sagas et je me suis donc procurer La jeunesse en feu dans ce cadre. Et j'ai grandement apprécié ma lecture. Bien que le sujet du bébé secoué était difficile, j'ai apprécié que l'auteure l'aborde du point de vue d'une policière en civil. De plus, la policière devait aussi faire des suivis sur d'autres événements de "travail social". J'ai donc aimé cette façon d'aborder les évènements, sans que l'on tombe dans le patho: le récit demeure un drame, des drames qui s'entrecroisent.
J'ai aussi aimé voir les questionnements de la narratrice sur les réactions qui ont mené au bébé secoué, puisqu'elle est aux prises avec son adolescente et qu'elle vit des conflits avec celle-ci, entre autres sur la question de gangs de rue. La policière ne peut s'empêcher de faire des parallèles entre ses réactions lorsqu'elle est en colère contre sa fille et ce sur quoi elle pense qui a mené au bébé secoué.
De plus, j'apprécie la plume de l'auteure. J'ai donc grandement apprécié cette lecture et ne peut que vous conseillez de découvrir cette saga.

Quelques citations
Je lui jette un coup d'œil inquiet. Parfois, la profession de mère m'apparaît encore plus difficile que celle de policière. Quant au bonheur, avouons-le, on a beau le vouloir très fort, il ne s'avère jamais parfait. 
[Elle] sera alors loin de mon esprit, dans les recoins de l'oubli, et avec elle, tous les enfants mal aimés du monde entier. Les négligés, les agressés, les abusés, les battus, les abandonnés, tous ceux-là qui n'ont d'autre voix que celle des larmes. Et moi, même si je me prétends sensible à leur sort, je les oublierai, je ferai fi de leur existence. Moi, la bénie du destin, je les repousserai du revers de la main en pensant qu'ils possèdent tout de même d'autres voix, celle des travailleurs sociaux et celle des avocats et des juges,[...]
[...]j'avais dû me rendre à l'évidence: les policiers ne disposent pas de tous les pouvoirs. Personne n'en dispose, d'ailleurs, et les humains restent souvent impuissants devant certaines réalités cruelles de la vie, qu'on appelle le destin.
En effet, le destin, si effroyable, si révoltant puisse-t-il se montrer, détient tous les pouvoirs et finit toujours par gagner impitoyablement la partie. [...] L'homme n'a pas le choix de s'incliner et de s'assumer dans l'espoir de conjurer le mauvais sort et de favoriser la bonne fortune. Rien de plus.
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Challenge suite de sagas

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Chronique rédigée pour 

vendredi 2 novembre 2018

«la vie désordonnée quoi»

Une belle mort par Gil Courtemanche
Littérature contemporaine, littérature québécoise
Éditions du Boréal, 2010, 208 pages
Couverture: Véronique Boncompagni, Patrick Müller

+ : seconde moitié
- :je
Thèmes: vieillesse, euthanasie assistée, famille, parkinson
Présentation: Une famille se questionne sur la déchéance du père lors des fêtes de Noël.

Peut-être l'ai-je lu trop rapidement dans le cadre de la semaine à 7 livres, peut-être n'était-ce pas le bon moment pour le lire, mais je suis restée majoritairement à l'extérieur de ce livre.

Je dois avouer que je croyais qu'on parlerait plus directement de l'euthanasie assistée plus rapidement dans le récit. Or, on est plus dans une réunion de famille où le narrateur se rappelle des souvenirs et où il mentionne surtout ses différents avec son père qu'il déteste, mais je n'arrivais pas à en saisir la raison profonde et j'avais donc plus l'impression que le narrateur ne faisait que se plaindre plutôt que d'essayer d'améliorer sa relation, ce qui ne me permettait pas de m'attacher à celui-ci. À moins que ce ne soit la distance du je qui faisait que je ne m'y identifiais pas. De plus, j'ai eu du mal à comprendre les relations entre les autres personnages au début et à saisir qui est qui, ce qui n'aidait pas à m'attacher à ceux-ci.
Cependant, lorsque la mère comprend ce qui se trame, j'ai trouvé que les personnages (mère, fils et petit-fils (neveu du fils)) sont plus attachants et qu'on glisse plus sur la thématique qui m'avait attirée. Pourtant, la narration au je se poursuit dans un style fluide.
Bref, j'en ressors donc déçue, surtout parce que j'ai eu du mal à m'identifier et m'attacher aux personnages, et non parce que l'écriture et l'histoire sont nulles.


Quelques citations
C'était une envie d'assassin ordinaire et pathétique, celui qui tue parce qu'il ne comprend pas, comme par réflexe, pour éliminer la part d'inconnu dans sa vie. 
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jeudi 1 novembre 2018

Le centre du monde

Les nombrils par Delaf & Dubuc, tomes 2 à 7
Bande-dessinée, humoristique, littérature québécoise
Éditions Dupuis, 2007 à 2013, environ 48 pages par tome
+ :évolution - :intimidation
Thèmes:amitié, intimidation, séduction
Présentation: Karine est la risée des blagues de ses copines Jenny et Vicky

Au début de l'année, j'avais lu le premier tome et j'avais été déçue puisque je trouvais que, même si on comprenait qu'il y avait du second degré, le bitchage était plus de l'intimidation que de l'humour. Mais vu certains commentaires et vu la curiosité que j'avais face à la série, je m'étais dit que j'allais y donner une seconde.
Donc, j'avais lu le second tome peu après et j'avais davantage apprécié, même si je n'étais pas convaincue. Et dans le cadre du challenge suite de sagas en juillet, j'ai lu les tomes restants. Et je dirais qu'il faut vraiment passer outre les premiers tomes, puisque la série gagne en maturité, autant dans les dessins que dans l'histoire. De plus, de nouvelles thématiques sont abordées au fil de la série et on apprend à découvrir les bons côtés des bitches grâce à ces thématiques. D'ailleurs, on finit par voir leur amitié envers Karine grâce à certains événements.
J'ai aimé qu'au fil des tomes, ce soit les situations qui soient à l'origine des côtés loufoques, de l'humour, plutôt que l'intimidation que subit Karine. D'ailleurs, j'ai aimé voir que lorsque, dans le cadre de certains événements, celle-ci ne retourne par vers l'arrière face au fait qu'elle n'était pas cru. De plus, j'ai aimé qu'on ait des rebondissements et qu'on ne puisse donc pas tout prévoir. J'ai apprécié que les personnages soient de plus en plus complexes.
J'ai donc bien aimé l'évolution, mais puisque cette série s'adresse aux adolescentes, je regrette la part d'intimidation qu'il y a puisque des Jenny et des Vicky, il en existe malheureusement, et ça prendra cela au pied de la lettre, ce qui ne réglera pas les problèmes d'intimidation qui ne devraient pas exister. C'est surtout à cause de cela que je n'adhère pas à 100%.
On se retrouve à la fin du mois pour voir si j'aurai lu le tome 8 qui paraît en novembre.

Liste des tomes avec mes avis sur chacun
  1. Pour qui tu te prends?
    Ma chronique
  2. Sale temps pour les moches
    Autant le côté intimidation du premier tome m'avait fait me demander ce que les gens pouvaient trouver à cette saga, autant ici j'ai aimé que ça se retourne contre elles et sentir qu'il y avait certains moments de prise de conscience. Mais il reste du chemin à faire.
  3. Les liens de l'amitié
    Il y avait plus de profondeur dans les thèmes abordés, une petite prise de conscience sur l'intimidation que subit Karine, même si c'est loin d'être parfait. J'ai aimé voir des clins-d'œil, et voir les quelques situations rigolotes aussi, même s'il est moins humoristique que le second. Au final, j'ai bien apprécié.
  4. Duels de belles
    Un peu plus sombre et les "bitches" sont plus pestes entre elles qu'envers Karine. J'ai aimé voir l'évolution dans ce tome.
  5. Un couple d'enfer
    Beaucoup moins humoristique, mais Karine s'affirme de plus en plus. Les dialogues sont beaucoup plus présents. Et Karine n'a pas le choix de réfléchir également à ce qu'elle devient. A-t-elle réussi à vaincre la manipulation? 
  6. Un été trop mortel!
    Karine beaucoup moins présente, et plus la tête de turc, ce qui nous permet de découvrir davantage Jenny et Vicky. J'ai apprécié que tout s'enchaîne, la maturité que prend l'histoire et les petits indices disséminés ici et là.
  7. Un bonheur presque parfait
    Peut-être un peu trop de rebondissements dans les tomes précédents que là on dirait plus que les filles suivent leur petit quotidien. C'est peut-être le manque de rebondissements qui m'a moins enthousiasmé, mais on peut grandement voir que les personnages ont beaucoup évolué depuis le début. Des dessins qui collent bien. Et moi qui était convaincu que c'était le dernier tome, je m'étais gourée comme le montre les rebondissements des dernières pages. 
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Challenge Suite de sagas
 


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