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mardi 28 avril 2020

Terrible pensée!

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Dracula
Auteur : Bram Stoker
Édition: Pocket - 1992 - 566 p. - traduit par Jacques Finné
Original: Dracula, 1897
Photo de couverture par Henry Hohenstein
Classique, fantastique, épistolaire, littérature irlandaise

Présentation: Le mythe Dracula
+ : psychologie
- : peur
Thèmes: peur, vampires, folie


Pourquoi ce livre
Parce que j'avais demandé ce livre en PEB, et que c'était une version jeunesse qui était arrivée. Même si je n'avais pas apprécié, je tenais toujours à découvrir le texte intégral pour bien voir à quel point ce titre a eu un impact.

Mon avis
Et j'ai bien fait! Je me souviens avoir apprécié le style dès les premières pages, et l'ambiance qui s'en dégageait. Bien entendu, comme souvent, j'écrit ma chronique quelques mois après ma lecture, ce qui fait que mes souvenirs se sont légèrement estompés, et font que les + et - sont peut-être biaisés. Or, avant de me mettre à la rédaction, je retapais des passages du livre, ça aide à réactiver ma mémoire. D'ailleurs, j'ai réalisé à quels points certains passages qui m'ont marqué sont longs, et que j'en avais plusieurs, ce qui peut montrer mon appréciation du récit.

Peu après l'avoir débuté, j'ai vu qu'il y avait une LC organisée par Aealo, et je n'ai pu que la joindre pour discuter de ce mythe. Les participants pourront d'ailleurs très bien s'imaginer pourquoi, lorsque je tapais les passages, j'ai souri en tapant:
Mais hélas, vous vous embarrassez de préjugés. Parfois, vous ne permettez pas à vos yeux de voir ni à vos oreilles d’entendre et vous ne vous encombrez pas de tout ce qui transcende votre vie quotidienne. Ne croyez-vous pas qu’il existe des forces que vous ne pouvez comprendre — ce qui n’exclut pas leur existence? Ne croyez-vous pas que certaines gens puissent voir des choses que d’autres ne voient pas? Des choses, d’ailleurs, il en existe, anciennes ou modernes, qui ne risquent pas d’être surprises par des yeux humains étant donné que ces mêmes humains croient, ou croient croire d’autres choses qu’on leur a enseignées. À qui la faute, sinon à notre science qui désire tout expliquer? Et si elle est incapable d’expliquer, elle prétend qu’il n’est rien à expliquer. Pourtant, ne voyons-nous pas naître, autour de nous, chaque jour, de nouvelles croyances — plus exactement, des croyances qui se prétendent nouvelles? De fait, elles sont bien anciennes, même si elles se prétendent neuves — comme ces belles dames qui hantent les soirées d’opéra. Je crois que vous ne voulez rien entendre de la transmutation des corps, n’est-ce pas? Ni des corps astraux? Ni de la lecture des pensées! Et l’hypnotisme? Toujours pas?
Pour ceux qui n'ont pas participé à la LC, c'est parce qu'une membre qui suivait la discussion (elle se reconnaîtra) avait suggéré d'oublier tout ce qu'on connaissait de Dracula pour bien apprécier ce récit. (C'est moi qui ajoute le gras.) Et d'ailleurs pour ma part, je préfère ce vampire originel plutôt que de ceux stéréotypés que l'on voit dans les récits de bit-lit par exemple. Malgré cela, il ne faut pas oublier que
Et je vous convie à croire aux superstitions. Elles furent l’acte de foi des hommes dans les premiers âges et plongent leurs racines dans les vraies connaissances.
Cependant, je ne crois divulgâcher personne en disant que les protagonistes ont des connaissances sur Dracula et à vous partager ce passage qui résume bien leur état de connaissances:
Si j’avais su, depuis plus longtemps, voire si j’avais deviné, soupçonné ce que je sais à présent, une vie précieuse aurait été épargnée – une de ces vies à laquelle tenaient bon nombre d’entre nous. Mais le passé est passé et nous devons agir, à présent, de telle sorte que d’autres âmes ne périssent pas de la même manière, si nous pouvons les sauver. Le nosferatu ne meurt pas, comme l’abeille, dès qu’il a frappé. Bien au contraire, son forfait accompli, il est plus fort encore, dispose d’une puissance accrue pour perpétrer le mal. Le vampire que nous devons affronter possède la force de vingt hommes. Il est plus rusé que chacun d’entre nous, puisque la ruse s’accroît avec l’âge. Il tire aussi de nombreuses ressources de la nécromancie, soit, comme l’indique l’étymologie, la divination par le biais des morts. D’ailleurs, tous les morts dont il peut approcher s’inclinent devant lui et se mettent à son service. Il est brutal, plus que brutal, même. Il est vicieux, au sens le plus terrible du mot, et d’autant plus qu’il n’a pas de cœur. Dans certaines limites, il peut apparaître selon sa propre volonté, où il le veut et sous la forme qu’il désire. Il peut aussi se rendre maître de certains éléments – la tempête, le brouillard, le tonnerre. Il peut commander à des créatures inférieures – le rat, le hibou, la chauve- souris, la phalène, le renard, le loup. Il peut grandir et se rapetisser jusqu’à pouvoir disparaître comme s’il n’existait plus. Comment alors pourrons-nous le détruire, à jamais? Comment, d’abord, pouvoir le localiser ? C’est une tâche terrible qui nous attend, mes amis, une tâche impensable dont les conséquences possibles pourraient faire trembler le plus brave. Si nous échouons dans notre lutte, c’est à coup sûr qu’il aura vaincu. Et alors, qu’adviendra-t-il de nous ? La vie n’est rien. Je ne l’adore pas. Mais notre échec porte bien plus loin que la vie et la mort car, si nous échouons, nous deviendrons comme lui de terribles créatures de la nuit, sans cœur, sans conscience, faisant proie de ceux, de celles que nous aimons le plus. Pour nous, alors, et à jamais, les portes du ciel seraient fermées et, pis encore, qui interviendrait pour nous les ouvrir ? Nous pour- suivrions notre existence, objets de haine universelle, ombre à la face de Dieu, lance au flanc de Celui qui mourut pour les hommes. Pourtant, malgré cette terrible perspective, nous affrontons une sorte de devoir à accomplir. Et devant le devoir, est-il permis de trembler ? Moi, je réponds par la négative. Mais moi, je suis vieux et la vie, ses lueurs aveuglantes, ses havres de beauté, ses chants d’oiseaux, ses musiques, ses amours, s’étendent loin derrière moi. Vous autres, au contraire, vous êtes jeunes. Beaucoup d’entre vous ont affronté la douleur, déjà, mais ont l’assurance de jours heureux, tôt ou tard. J’attends donc votre réponse. 
J'ai aussi aimé lorsque nous pouvions sentir certains parallèles avec d'autres éléments.
Ne croyez pas, en me voyant rire, que je n’éprouve aucune tristesse. Vous voyez que j’ai pleuré même quand j’étouffais de rire ! Mais il ne faut pas croire non plus que je sois malheureux quand je pleure, puisque le rire a succédé aux larmes. N’oubliez jamais que le rire qui frappe à votre porte en vous demandant la permission d’entrer n’est jamais le véritable rire. Non. C’est un roi qui entre quand et comme il veut ! Il ne demande d’autorisation à personne ! Il ne choisit pas le moment le plus adéquat, mais s’annonce sans crier gare.
[…]
Si vous aviez pu lire au plus profond de mon cœur, quand j’ai éclaté de rire, si vous aviez pu comprendre ce que je ressentais quand la crise est arrivée, si vous saviez ce qui se passe quand Sa Majesté le Rire remporte sa couronne et tous ses attributs — car quand il me quitte, c’est pour aller loin, très loin, et longtemps — vous auriez sans doute plus pitié de moi que de votre autre ami!
Et bien entendu, je vous ai dit que dès le départ, je sentais l'ambiance et que je l'appréciais. Je ne peux donc que vous partagez des passages qui semblent simple, mais aide à transmettre l'ambiance gothique du roman.
Roches grises; ciel gris dont le faible soleil éclaire parfois quelques franges, par-dessus la mer grise dans laquelle les bancs de sable s’étendent comme des doigts gris. La mer donne de furieuses gifles au rivage, mais les sons me parviennent comme ouatés, à travers le brouillard qui assaille les terres. L’horizon se perd dans un brouillard gris. Tout semble infini. Les nuages s’empilent comme des roches géantes et, sur la mer, court une rumeur qui ressemble à des présages funèbres. De sombres silhouettes se profilent sur la plage, de-ci, de-là, parfois à moitié dévorées de brouillard, et l’on croirait «voir des hommes marcher comme des arbres». Les bateaux des pêcheurs se hâtent de rentrer au port, comme des ivrognes qui montent et descendent au gré de la houle.
mais les tombes n’avaient paru aussi monstrueusement blanches, jamais les cyprès, les ifs, les genévriers n’avaient autant paru les symboles de la tristesse la plus totale, jamais les arbres, jamais les herbes n’avaient ployé sous le vent de façon si sinistre, jamais les branches n’avaient craqué si mystérieusement et jamais les aboiements lointains des chiens n’avaient, me semble-t-il, envoyé présage plus sinistre à travers la nuit.
Mais pour moi, en plus de cette ambiance, c'est tout ce côté psychologique auquel je ne m'attendais pas qui fait la force du roman. Je fus surprise de voir tout ce pan de connaissances déjà à l'époque et voir comment Stoker transmis cela dans la crainte face à son vampire, avec un rôle assez important confié à un aliéné. Stoker avait très bien compris qu'il fallait faire progresser la science dans son domaine le plus difficile et pourtant le plus vital — la connaissance de l’esprit et ses mécanismes et son récit sur Dracula nous permet de nous faire une tête là-dessus à l'aide de différents passages.
Vous soignez les aliénés. Mais, d'une manière ou d'une autre, tout homme est un peu fou. Tout comme vous faites preuve de discrétion en soignant vos patients, vous vous montrez discret avec les fous de Dieu — le reste des hommes. Vous ne dites pas à vos fous ce que vous faites ni pourquoi vous le faites. Vous ne leur révélez pas vos pensées. Vous gardez la connaissance où elle doit être, à un endroit où elle pourrait s’épurer, se compléter. […]
À présent, vous êtes un maître et je suis certain que vos bonnes habitudes n’ont pas disparu pour autant. Souvenez-vous, mon ami, que la connaissance est plus forte que la mémoire et que nous ne devons pas accorder notre confiance à la plus faible. Même si vous avez perdu votre bonne habitude de prendre des montagnes de notes, laissez-moi vous révéler que le cas qui nous préoccupe pourrait bien être (j’ai bien dit pourrait être) d’un intérêt tel, pour la race humaine, que tout le reste pourrait sembler mineur! Prenez donc soigneusement vos notes. Rien n’est peut-être inutile. Je vous conseille même de noter le moindre de vos doutes, la plus insignifiante de vos hypothèses. Peut-être, dans la suite, serait-il intéressant pour vous de voir jusqu’à quel point votre diagnostic était bon ou mauvais. Ce sont les erreurs qui nous permettent d’apprendre, non les succès.
Depuis mon échec d’hier, je ressens une impression de vide. Rien au monde ne me semble digne d’une pensée. J’avait toujours affirmé que le seul remède à cette sorte de maladie était le travail. Je me suis donc réfuté chez mes patients et j’ai choisi celui qui me paraissait le plus intéressant. Ses idées sont si bizarres, si éloignées des normes que je suis disposé à tout tenter pour le comprendre. Aujourd’hui, j’ai eu l’impression de pénétrer plus loin que jamais au cœur de ce mystère.
Je l’ai interrogé plus profondément que je ne l’ai jamais fait à seule fin de mieux interpréter ses hallucinations. Je comprends fort bien, à présent, que ma conduite dissimulait quelque cruauté. Je donnais l’impression de le cantonner volontairement dans sa folie — ce que j’évite avec mes autres patients, comme j’évite la gueule de l’enfer.
Tout à coup, je remarquai, dans ses yeux, cette lueur sournoise, caractéristique de tous les déments à qui vient de s’imposer une idée. En même temps, il se mit à secouer la tête — phénomène que les surveillants d’asile connaissent trop bien.

Bref, vous en comprenez que j'ai apprécié ma lecture. Bien entendu, j'ai senti un petit creux au milieu, mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier ce récit qui n'en est pas un d'aventure, mais où tous les tenants sur la crainte, sur les mécanismes de celle-ci me semblent faire sa force. Ce fut donc une belle découverte pour moi. Je vous invite donc à le découvrir, mais n'oubliez pas d'évacuer vos préjugés, et de vous laisser envelopper par cet univers. 

Quelques citations
Lorsque, un peu plus tard, je le vis, par une fente dans la porte, dresser la table dans la salle à manger, le doute ne fut plus permis; qu’il s’abaisse à ces travaux serviles démontre que personne d’autre n’est engagé pour les faire. Cette découverte me fit frissonner — si personne d’autre n’habitait le château, ce devait être le comte lui-même qu’il avait conduit la voiture, deux jours avant! Terrible pensée! Dois-je penser qu’il détient le pouvoir de contrôler les loups comme il me l’a montré — en levant seulement la main, sans même prononcer une parole? Et qu’était cette épouvante que ressentaient, à mon égard, le menu peuple de Bistritz et mes compagnons de voyage? Pourquoi ce crucifix? Popurquoi, dans la voiture, ces petits cadeaux peu ordinaires — ail, rose sauvage, cendre de montagne? Bénie soit la vieille femme qui m’a passé son crucifix autour du cou! Je sens renaître mes forces et mon courage chaque fois que je le touche. Étrange qu’un objet qu’on m’a appris à tenir pour un relent d’idolâtrie puisse apporter une aide aussi immense en des temps de solitude et de danger! L’essence de l’objet lui-même posséderait-il quelque pouvoir ou sert-il seulement de tremplin, de médium, pourrai-je presque dire, pour me replonger dans mes souvenirs les plus calmes et les plus heureux?
— Au diable, vous et toutes vos âmes! cria-t-il. Pourquoi me tourmenter avec elles! Ne croyez-vous pas qu’il me suffise de me tourmenter, de me désoler, de m’affoler sans qu’il faille encore m’occuper d’âmes?
[…] Je désire réfléchir, ce qui m’est impossible quand mon corps souffre de contraintes. 
les épreuves, les tensions, ne sont que des pièges destinés à évaluer la force de notre foi, que nous devons continuer à croire et à espérer
Puis j’ai un souvenir, vague, de quelque chose de long et de sombre, avec des yeux rouges — ce rouge que nous avons admiré dans le soleil couchant. C’était aussi quelque chose de très doux et de très amer qui m’a entourée en une seconde. J’ai alors eu l’impression de m’enfoncer dans une onde verte et profonde et j’entendais une mélodie résonner à mes oreilles — une mélodie semblable à celle qu’entendent, m’a-t-on affirmé, les noyés avant de mourir. Et puis, tout a semblé s’enfuir de moi. Mon âme jaillissait de mon corps et je flottais dans l’espace. Je croyais me souvenir que dans le temps, le phare occidental brillait en dessous de moi. Et puis, je subis un sentiment déchirant comme si je me débattais dans un tremblement de terre et je suis revenue à moi alors que vous me secouiez — je vous ai vue me secouer avant de le sentir vraiment.
si la sympathie humaine ne peut rien changer aux faits eux-mêmes, elle aide pourtant à les rendre plus supportables.
Renfield est un maniaque homicide d'une espèce particulière. Je vais devoir inventer une nouvelle classification pour son cas – je l’appellerai un maniaque zoophage. Il ne désire rien que d'absorber le plus de vies possibles et il est arrivé à cette obsession par un paroxysme assez surprenant. [..] Où en serait-il arrivé ensuite? Cela vaudrait presque la peine de le voir achever l’expérience. Mais il faudrait, pour cela, une raison suffisante. Les hommes ricanaient devant la vivisection et regardez les résultats d’aujourd’hui! Pourquoi ne pas faire progresser la science dans son domaine le plus difficile et pourtant le plus vital — la connaissance de l’esprit et ses mécanismes?
Mais la crainte est salutaire, car elle sert d’avant-poste à la croyance!


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et peut-être aussi

Ce titre fait également partie de la liste des 100 livres à avoir lus au moins une fois dans sa vie, et de celle du Teacher's Favorite Books 

samedi 12 janvier 2019

— Pourquoi ne prend-on jamais les prophètes au sérieux?

A.N.G.E., tome 10: Obscuritas 
Auteure: Anne Robillard
Couverture: Jean-Pierre Lapointe
Édition : Wellan, 2012, 349 pages
Fantastique, espionnage, littérature québécoise

Présentation: Les agents de l'A.N.G.E. doivent délivrer les humains des puces que leur a imposées Satan afin que ce dernier ne triomphe pas sur Terre.
+ : mythologie
- : action
Thèmes: survie, agence secrète, religion



Mon avis
Voilà, j'arrive à la fin de cette saga, qui a eu des hauts et des bas selon moi. Et c'est aussi le cas dans ce livre, même si j'ai passé un agréable moment. J'ai trouvé qu'il ne s'y passait pas suffisamment d'action à proprement dite, et que cela nuit au fait de nous faire ressentir l'urgence de la situation, l'urgence de sauver le monde puisque Satan a commencé à s'en emparer et a implanté des puces afin de contrôler ses disciples. J'ai aussi trouvé que certaines situations étaient rapidement survolées, alors qu'en tant que lectrice, j'en aurais pris plus. Même si je trouvais qu'il manquait d'actions, je suis loin d'avoir trouvé cela descriptif, surtout au niveau des décors. Je trouve que les indications passent beaucoup par les dialogues dans ce tome. De plus, j'ai eu plus de facilité à m'y retrouver dans les personnages avec leurs différents noms tels que Kaylin/Jésus, ainsi que les noms de ces disciples par exemple, et j'avais beaucoup plus de facilité à voir les liens entre ces nombreux personnages. J'ai bien aimé l'univers créé, et suite à une discussion pendant ma lecture, j'ai réalisé que je trouvais l'univers  fantastique cohérent avec tous ces points de mythologie entre autres qui fait que le récit se tient. J'ai donc aimé ce mélange avec l'espionnage dans cette saga pour laquelle je trouve que ça passerait mieux à l'écran. Vous pouvez vous la procurer si vous aimez la mythologie, les complots, les créatures fantastiques. 

Quelques citations
Le paysage dévasté ne bouleversa Ahriman d'aucune façon à son retour à Jérusalem. Il marcha dans les débris sans vraiment les voir, tandis qu'il se dirigeait vers le seul monument qui n'avait pas été désintégré dans l'explosion de la base de l'ANGE: le Temple. Grâce à Phénix, son fidèle serviteur Naas, Ahriman avait pu revenir vers Satan.
Il traça alors un arc de cercle avec sa main pour dévoiler la statue du nouveau maître du monde.
— Voici celui qui vous délivrera de tous les maux!
Les fidèles examinèrent la sculpture avec circonspection, car ses traits semblaient plutôt agressifs.
Le jeune homme s'exécuta en fermant les yeux. Le Spartiate s'empressa de se joindre aux varans. Il ne possédait ni leurs armes, ni leur férocité, mais il était prêt à tout pour leur sauver la vie. Tenant fermement la pointe acérée dans une main à la manière d'un poignard, il fit un mouvement pour attirer l'attention du Shesha.  
Toutefois, le varan avait eu le temps de déceler la plus grande faiblesse du Shesha: sa vanité. Asmodeus se croyait invulnérable au point où il ne voyait pas le besoin d'utiliser sa magie contre un traqueur. 
Ciel, non! Sous sa forme reptilienne, Caritas est un dragon deux fois plus gros que cette maison!
— Pourquoi ne prend-on jamais les prophètes au sérieux?
— Je pense de plus en plus que les hommes préfèrent se cacher la tête dans le sable en refusant de faire face au danger.
— J'aurais aimé revoir Jérusalem avant qu'elle ne soit entièrement rasée.
— Le Temple est toujours debout.
— Il n'a malheureusement servi qu'à Satan depuis qu'il a été reconstruit.
— Nous possédons le pouvoir d'en changer complètement les vibrations. C'est la première chose que nous ferons lorsque nous l'aurons arraché au Prince des Ténèbres.
— Pourquoi n'es-tu pas avec Képhas? Ne serait-il pas plus utile que vous tentiez de sauver les âmes des indécis?

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Terre du milieu
(Défi lecture : # 33)
Challenge personnel : #6
(Multi-défis : #12)



samedi 19 mai 2018

« c'est que des images, il ne peut rien m'arriver. »

L'Ancre des rêves par Gaëlle Nohant
Fantastique, littérature française
Le livre de Poche, 2017, 331 pages ( Robert Laffont, 2007)
Couverture: Studio LGF
+ :  mélange    -: début décousu   Thèmes: cauchemars, marins

Présentation: «les enfants Guérindel, Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson, sont en proie à des cauchemars terrifiants qu'ils taisent à leurs parents» et leur mère semble comprendre d'où ils viennent...

Je ne me souviens plus pourquoi ce titre est atterri dans ma wish, mais depuis qu'il est dans ma PAL, il n'arrêtait pas de me dire Lis-moi! Et je me suis donc lancée, et j'en ressors avec du plaisir.

J'ai commencé ma lecture et été un peu dérouté par la construction du récit. Cependant, comme je comprenais que c'était des rêves qui nous étaient transmis, je comprenais que ceux-ci puissent paraître décousus, et j'ai donc continué puisque ces cauchemars m'intriguaient et je me demandais quels liens pouvaient-ils tous avoir.
Plus on avance dans le récit, plus les cauchemars se répètent, et plus ceux-ci deviennent précis et on essaie de trouver les liens qui les unit tous. On se questionne sur quels liens peuvent avoir ces personnages cauchemardesques avec les enfants Guérindel: pourquoi rêvent-ils à ces gens qu'ils ne connaissent pas, et qui sont d'une autre époque?
J'ai aussi aimé que le rêve central, le plus développé, nous fasse voyager avec ces marins à une autre époque, dans les bancs de Terre-Neuve, et nous fasse frémir sur ce qui peut bien se passer dans la cale, avec ce capitaine qui semble être plus près d'un pirate. Bien sûr, certains paraissent peu développés, et nous entraînent moins avec eux, mais je n'ai pas eu de questions sans réponse lorsque j'ai déposé le livre.
J'ai apprécié l'alternance des points de vue qui nous permettent de nous focaliser sur certains personnages à tour de rôle et qui, plus le récit avance, plus ils s'en rajoutent, parsemant des indices sur ce qui unit tous les cauchemars des frères et la crainte de leur mère.
J'ai eu un peu de difficulté avec certains titrages de chapitre puisque ceux-ci portent les noms de différents personnages et à la fin, j'avais parfois l'impression qu'un chapitre était titré d'un nom pour simplement que ce personnage ait son chapitre, puisque je trouvais que le personnage en question n'était pas assez présent dans le chapitre, même du côté des révélations.
Cependant, bien que dans la réalité, les rêves soient confus, non linéaires, l'auteure a réussi à très bien mener cette confusion, à en tirer profit et à construire un récit qui se tient. Et non, le secret n'est pas qu'ils se réveillent à la fin en se disant qu'ils ont rêvé qu'ils rêvaient de faire des cauchemars.
C'est donc une première découverte de l'auteure pour moi, et j'ai bien apprécié ma lecture.


Quelques citations
Il y a toujours quelque chose d’irréel dans la mort. Ceux qui partent nous laissent seuls, encombrés de tout ce qu’on a pas su leur dire.
Cet endroit ressemblait à son rêve. Dans les cauchemars, on est toujours conduit où on ne veut pas aller. Et plus on avance, plus le décor prend la couleur de craintes personnelles et viscérales.  

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mardi 27 février 2018

L'apocalypse de l'étoile

A.N.G.E., tome 7: Absinthium par Anne Robillard
Fantastique - Espionnage - littérature québécoise (canadienne)
Editions Wellan, 2010, 349 pages
+ : ordinateur -: passage court Thèmes: apocalypse, reptiliens, bible

Présentation: Les personnages se relèvent du tremblement de terre.

Oh là là! Dur dur de se replonger dans cette saga après tant d'années. Il y a tellement de personnages que c'est dur de retrouver ses repères, surtout que ceux-ci sont éparpillés ici et là sur la planète et qu'on les retrouve à tour de rôle.


J'ai un vague souvenir du ressenti des tomes précédents. Et je doute que celui-ci soit le plus friand en action. Cependant, plusieurs informations nous sont dévoilées et l'intrigue est plutôt présente puisque celle-ci garde notre attention: on se demande comment la Bible écrit son histoire, la réécrit et c'est intéressant de voir des points de vue imaginaires avec toutes ces castes de reptiliens.

Ce fut aussi un plaisir de retrouver Cass! Excepté notre ordinateur, j'ai trouvé qu'on ne voyait pas assez les personnages à cause de la construction en alternance et du nombre de personnages.

Je n'attendrai pas aussi longtemps pour lire le tome 8, j'espère, afin de ne pas perdre le fil de l'Histoire que j'ai commencé à retrouver. Une agréable lecture.


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mardi 9 septembre 2014

L'angoisse de la maladie

Couverture AttractionSarah Bouchard
Attraction (Premier tome d'une saga)
Littérature québécoise, Contemporaine, Fantastique
439 pages (Parfum d'encre, 2010)
Couverture:
Résumé: J'ai d'abord cette étrange impression que quelqu'un m'attend. Puis, dans la pénombre d'une bibliothèque, il y a cette femme, Marylou. Un seul regard échangé et nous voilà irrévocablement liés. Entre nous, tout est foudroyant et, surtout, redoutable. Notre fascination mutuelle n'a d'égal que l'intensité de ces pulsions meurtrières qui me font craindre d'être près d'elle. Et si la maladie dont je souffre n'était pas celle que l'on prétend ?

+: -: (désolée, aucun simple mot me vient en tête au moment de rédiger le billet)

Thèmes: rumeurs, maladie, hallucination


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