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jeudi 12 novembre 2020

l'étoffe du pays

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Feu, tome 4: En 1837, j'avais dix-sept ans 
Auteure : Francine Ouellette
Édition: Libre Expression - 2012 -  538 p. 
Couverture Chantal Boyer 
Historique, littérature québécoise

Présentation: Guillaume Vaillant rêve d'un pays meilleur
+ : recherché
- : centré
Thèmes: éducation, amour, liberté, rébellions patriote



Pourquoi ce livre
Parce qu'il y a quelques années, j'avais repéré ce titre à cause de l'indication En 1837. Mais, j'ai dû lire les autres tomes auparavant, qui est presqu'un peu devenu ma lecture annuelle du défi Québec en novembre depuis que j'y participe. 

Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans Nos joies répétitives. Pi on parle de patriotes, donc, aussi dans L'Amérique pleure, et vu qu'on parle d'un livre interdit aussi, «J'aurais voulu être un artiste»

Mon avis
Bon, c'est En 1837 qui avait attiré au départ, donc, c'était la thématique des patriotes qui m'attiraient et cela fait que j'ai eu un peu de difficulté avec la première partie, car j'ai trouvé qu'il était long avant qu'on arrive à 1837 dans cette brique. Cependant, je comprends que la première partie permettait de comprendre mieux d'où venait ce besoin de liberté, et le lien avec l'éducation que le personnage principal voit, de par l'instruction qu'il réussit à suivre, en dernier de la famille. 
Et même si cela m'a pris du temps à m'en rendre compte, je crois que le fait que ce soit centré sur Guillaume a fait que je ne réussissais pas à m'imprégner totalement de l'histoire, et je crois que cela a desservi l'histoire. De plus, je trouvais aussi que certains personnages secondaires avaient un lien trop ténu avec Guillaume pour réussir à s'y intéresser. Mais heureusement, plusieurs de ces liens deviennent plus forts au fil de la lecture, ce qui m'a permis de l'apprécier. 
En plus de ces liens plus forts, j'ai aussi apprécié voir la vie de l'époque, cette contrebande de ces patriotes qui écoulent l'étoffe du pays pour contester contre l'élite. J'ai grandement apprécié le fait que Guillaume ait le livre de Lamennais, interdit, et que des passages soient insérés dans l'histoire où Guillaume fait des liens avec sa réalité, avec ses idéologies. J'ai aussi aimé que Guillaume soit confronté dans son entourage proche à des idées contraires, plus ou moins éloignées. Et bien entendu, il y en a des similaires, mais pour celles-ci, je regrette que je ne connaissais pas assez certains noms de l'Histoire que j'ai remarqué dans les personnages historiques à la toute fin de l'Histoire. Peut-être que de m'être rappelée auparavant qu'ils étaient des personnages réels n'auraient pas nui au fait que la distance que je sentais aurait été moindre, car j'aurais compris que l'auteure n'aurait pu leur prêter d'actions qu'elles ne pouvaient réellement leur attribuer. Un peu comme le fait que je ne me rappelais pas des 92 résolutions, mea culpa, montrent que mon souvenir de cet épisode historique est très faible, mais juste leur mention me rappelait tout de même certains points. 
Aussi, j'ai été surprise de voir la place accordée dans ce titre aux Amérindiens, mais cela ne m'a aucunement déplu. J'ai d'ailleurs aimé voir à nouveau des réflexions sur le rapport à la nature que ceux-ci entretiennent, et comment l'auteure les a reliés à Guillaume et aux tomes précédents. 
Donc, je suis mitigée pour une appréciation totale puisque j'ai trouvé la première partie un peu longuette, mais je comprends que celle-ci avait son importance pour la suite. Et puisqu'encore une fois, on peut voir, je crois, un bon travail de recherche, cela fait que le personnage fictif de Guillaume est très crédible et que j'ai pu apprécier lire ce tome et en apprendre plus sur cette rébellion. Bref, je considère que c'est un bon roman historique que vous pouvez découvrir si vous le souhaitez! 

Quelques citations

d'autres mots qui lui disaient trop, tels «tyran» et «guerre», et ce mot sacré que la plupart du temps on enferme en soi: «liberté».

Ils ont sur lui un pouvoir absolu que Dieu leur a donné. Il n'y comprend rien, mais c'est ainsi puisque la Robe-Noire l'a dit. 

Y m'a dit itou que le fusil fait jamais rien réglé, pis que ceux qui nous disent de le prendre ou ben qui décident qu'on va le prendre, ceux-là le prennent rarement eux-mêmes... 

Contre l'ordre établi, quoi! Comme avant, quand le meunier et sa famille étaient tenus en estime par la population et la classe dirigeante. 

Son regard est happé par deux mots en titre d'ouverture: AU PEUPLE. Il referme aussitôt le livre, le souffle coupé par la surprise. A-t-il bien lu? Est-ce possible qu'un livre s'adresse au peuple? Quoi donc? Un homme de grande instruction, un prêtre, se serait soucié des petites gens? 

À quoi riment leur combat pour la liberté s'ils briment celle de ces gens? 

Elle est une mère. Une mère qui, comme toutes les mères, redoute le son des canons. 

Ce simple bout de papier prévaut sur l'occupation millénaire des lieux et sur les traités conclus par les wampums. Il permet d'effacer tous les droits de l'Homme-Rouge en même temps que toutes les promesses qui lui ont été faites par le passé. 

Allait-il donc bûcher jusqu'à la source de la rivière tant qu'il y aurait du pin à se mettre sous la hache? 

Des sujets indigents de qui ils réclament l'aide pour étouffer la révolte des serviteurs, ces oiseaux noirs qui viennent d'obscurcir le ciel d'automne et qui peuvent les conduire en enfer. 

Les écoles de la Chambre d'assemblée où l'on apprenait au peuple à lire, à écrire et à compter. Où on lui apprenait les mots qui forgent la pensée et qui l'expriment. Les mots qui sont porteurs d'une vision. D'un rêve collectif. D'une espérance. Où on lui apprenait les chiffres, indispensables au commerce et aux entreprises. Les chiffres qui ne doivent pas demeurer l'apanage d'une poignée pour exploiter la masse. Enfin, où l'on apprenait aux enfants du peuple à devenir des citoyens. 

- Et si on attaque son fils en train d'écouler l'étoffe? 
- Alors, cet homme cessera de fabriquer l'étoffe.

Pour ce dernier, la forêt n'est pas une mère nourricière, mais simplement une source de richesse. 

Parce que je participe à quelques challenges

 


mercredi 11 novembre 2020

Je dois libérer mon peuple

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Louis Riel 
Auteur : Chester Brown 
Édition: Les Éditions de la Pastèque - 2019 -  276 p. - traduction de Sidonie Van Der Dries  
de Louis Riel: A Comic-Strip Biography Drawn&Quarterly, 2003 
Bande-dessinée, historique, littérature québécoise

Présentation: Au début du Canada, les métis ne tiennent pas à être sous son joug: Louis Riel est une figure de la rébellion métisse
+ : rapide
- : bilinguisme
Thèmes: métis, colonie



Pourquoi ce livre
Parce que je connais peu la rébellion métisse, et que, ayant repéré ce titre dans une précédente édition de Québec en novembre, je voulais en savoir plus.

Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je crois qu'il peut entrer à la limite dans les catégories L'Amérique pleure ou Fracture du crâne

Mon avis
Bon, je ressors mitigée de cette lecture, surtout parce que je crois que je n'ai pas trouvé ce pour quoi je l'avais choisie. Je crois que le fait de voir de prime abord qu'il y avait des libertés prises au fil du récit a un peu nui au fait que je réussisse à m'immerger complètement dans le récit, même si l'auteur dit avoir mis des notes à la fin pour départager certaines libertés. 
Aussi, je n'ai pas trouvé la méthode des crochets pour départager les langues très glorieuses. Il faut vraiment prendre le temps de s'arrêter sur eux pour se dire que le personnage parle dans telle langue. Je m'étais dit dès le début de ma lecture qu'une édition bilingue passerait mieux que ces artifices, mais il y a les métisses qui parlent aussi la leur, et dont je doute que des notes de bas de page auraient mieux passer. Mais, plutôt que le choix des crochets, je crois qu'il aurait été plus facile de différencier les trois langues en utilisant trois typographies différentes. 
Bon, je peux sembler sévère, mais j'ai dit que j'en ressortais mitigée. Donc, il y a du bon. Tout d'abord, la bande-dessinée est volumineuse, et pourtant, elle se lit assez rapidement. Ce qui me montre qu'il y a un bon enchaînement, un bon rythme, une bonne répartition des cases. Et, je trouve aussi que pour la durée de l'Histoire, l'auteur a su choisir, je pense, les éléments clés. 
Et même si je déplorais des libertés prises qui faisaient que je me questionnais sur la réalité, j'ai aimé lire le récit et en apprendre sur ce conflit, sur les différents faits, les différents mécanismes. J'ai aussi apprécié la place accordée à Gabriel Dumont. Bref, je ne suis pas experte, mais j'ai bien aimé avoir une meilleure idée du conflit qui a eu lieu. 
J'en ressors donc mitigée, et vous pouvez vous faire votre propre idée si vous le souhaitez! 

Parce que je participe à quelques challenges

 
Lu et chroniqué en prévision de


mercredi 4 novembre 2020

commencer à se reconstruire.

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21 jours en octobre
Auteure : Magali Favre 
Édition: Boréal - 2010 -  152 p. 
Couverture 
Historique, Jeunesse, littérature québécoise

Présentation: La tranche de vie d'un adolescent en octobre 1970
+ : sympathique
- : surface
Thèmes: crise d'octobre, enlèvement, travail, syndicalisme




Pourquoi ce livre

Parce qu'il fait partie de ceux que j'ai remarqués dans une précédente édition de Québec en novembre

Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans L'Amérique pleure, vu que c'était la thématique engagée qui m'avait attirée, et dans Tit-cul

Mon avis
Voilà! J'ai lu ce titre et j'avoue que je suis restée sur ma faim. Je l'ai sorti à la fin octobre de la PAL constituée pour le défi, un peu parce que je voulais en savoir plus sur cette crise. Mais là-dessus, pour mieux comprendre ce qui s'est passé, ce ne fut pas le cas. Surtout parce qu'on entame le texte au moment où les mesures sont décrétées. 
Mais j'ai bien aimé voir les références culturelles disséminées au fil du récit, et voir comment le jeune en vient à se questionner sur le monde du travail dans un style très fluide, ce qui rend la lecture très sympathique malgré la thématique. 
Donc, j'en ressors avec un avis mitigé, car pour moi, ma soif de connaissance n'a pas été assouvie. Cependant, je reconnais que ça peut être une bonne lecture pour amorcer une discussion sur cette crise, la langue et les conditions du travail. Faites vous-en  votre propre idée si vous le souhaitez! 

Quelques citations
Avoir de l'argent, mener la belle vie et voir toujours les autres dans la misère, il ne l'a pas accepté. Réussir à faire de l'argent, ce n'est pas si difficile, mais vouloir changer la vie, c'est une autre affaire. 
Il découvre que d’être capable de mettre des mots sur une souffrance, c’est déjà en atténuer la douleur. C’est déjà commencer à se reconstruire. 

Parce que je participe à quelques challenges

 


lundi 10 août 2020

Souvenirs de lecture

Bon, les habituées le savent, je suis irrégulière dans les chroniques, et vous voyez que je semble essayer de rattraper mon retard dans celles-ci ces temps-ci. Et vous n'avez pas tort. Or, je n'ai pas la chance d'avoir les mêmes souvenirs que pour Futu.Re pour des lectures plus ou moins lointaines, ou pour certains titres, je n'ai tout simplement pas la sensation d'avoir assez à dire pour écrire une chronique individuelle. Bien que certains titres, j'ai pris le parti de ne pas les chroniquer, il y en a certains qui arrivent dans les catégories de la phrase précédente, et que je tiens à vous partager. C'est pour cela que je reviens avec une multi-chronique pour vous parler de quelques titres.

Une pluie d'étincelles de Tamara McKinley

Bien que le sujet ne soit pas le plus enthousiaste (feu dans l'outback Australien de l'après-guerre), j'ai passé un bon moment avec ces personnages. J'ai apprécié voir comment ils géraient le feu à cette époque et apprécié le style. J'ai aimé voir comment les différents personnages s'entrecoupaient, bien que je me sois posée des questions sur le père, c'est surtout de voir la vie de l'époque qui m'a le plus plu. J'ai senti un peu de mou vers les trois quart, mais somme toute, une lecture qui m'a divertie.

Congo Inc. de In Koli Jean Bofane

On ne bafoue pas la nature, sinon elle se venge.

Voilà un titre dont j'ai remarqué plusieurs passages, mais dont j'ai l'impression que de les mettre dans une chronique ne ferait que tourner en rond puisque j'en suis sortie mitigée. Il est intéressant, fait réfléchir sur la mondialisation, la nature, qui sont les éléments sur lesquels j'ai remarqué plusieurs passages dont vous pouvez voir l'idée principale je crois par celle que je vous ai noté ici.  Cependant, je n'ai pas réussi à sentir d'émotions (face à Isoo, à l'histoire, pas par rapport à la situation). J'ai trouvé que les passages sur la situation du Congo n'étaient pas aussi bien intégrées dans l'histoire qu'ils auraient pu l'être. Même si la plume était sérieuse, celle-ci est fluide et m'a permis de l'apprécier. Et je crois que le plus de ce récit réside dans la réflexion sur la nature et la mondialisation. 

Le secret des abeilles de Sue Monk Kidd

Je n'ai pas vu le film, et ce qui m'attirait dans ce titre, c'était le côté ségrégation. Hors, j'ai trouvé que celle-ci restait en arrière-plan par rapport à d'autres titres que j'avais lus, surtout que le côté émeutes raciales dans la quatrième m'avait laissé penser que ce serait davantage présent. Cela est peut-être la raison pour laquelle j'ai moins apprécié qu'escompter. Cependant, le récit prend ses aises petit à petit, grâce à une bonne construction, ce qui m'a permis de trouver intéressante la façon dont Lily prend sa place à travers ses apicultrices. Je verrai sans doute le film pour voir comment cela a été adapté. 

L'égarée de Donato Carrisi (Mila Vasquez, tome 3)

Voilà, ça fait un bon moment que j'ai lu L'écorchée, au point que je ne me rappelle pas comment ça se termine. Mais je savais que ce titre faisait partie de la saga, et j'avoue qu'au début je me demandais si je lisais la bonne chose: j'avais surtout un doute sur un élément, qui se révèle être la chute de ce tome-ci. Même si je la pressentais, des éléments me faisaient douter: j'ignore s'ils sont des incohérences ou s'ils n'ont pas été répondu, car je n'ai pas relevé ce qui pouvait les expliquer. Bien qu'un départ plus lent à cause de mes interrogations, je retrouvais le style, et encore une fois ce fut addictif comme lecture, et permet de mettre une part d'éclairage, car on veut voir le fin mot de l'histoire. 

Obasan de Joy Kogawa

Malheureusement, même si je voulais en apprendre sur l'exclusion des Japonais au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Or, il y a plusieurs passages où le brouillard des souvenirs est évoqué, et je dois dire qu'à la lecture, ce brouillard est opaque, laissant le lecteur extérieur. J'ai eu l'impression que l'auteur prenait cela comme si c'était une thérapie, comme si c'était une écriture d'extériorisation des souvenirs, mais moi, ça m'a laissé hermétique, et me l'a fait abandonner. 

                          
Aussi, je me rends compte que tous ces titres entraient dans le défi Glace et fudge par leurs thématiques. Bien qu'il y en ait que je n'ai aucunement chroniqué sur le blog, c'est peut-être la raison pour laquelle je tenais à vous glisser des mots sur ces titres puisque je trouve ces thématiques importantes! Et j'en profite donc pour vous mentionner les défis auxquels ces titres ont aussi contribué: 
Tour du monde
Snakes & Ladders
Le temps à l'envers
Adaptations
12 thèmes


dimanche 21 juin 2020

Peut-être après tout que «homme» et «monstre», c’est la même chose?

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Max
Auteure : Sarah Cohen-Scali
Édition: Pôle-fiction (Gallimard) - 2015 - 478 p.
original: 2012
Couverture: Le Gall & Chassagnard
Historique, jeunesse, littérature française, littérature marocaine

Présentation: Max est le jeune parfait qui représente la race parfaite, né à la date anniversaire du Fürher
+ : point de vue
- : sans famille
Thèmes: Lebensborn, germanisation, seconde guerre mondiale



Pourquoi ce livre
Parce que j'avais vu passer ce livre avec un commentaire disant que ça montrait le point de vue du côté de l'éducation que les jeunes Allemands recevaient, et que ça avait bien entendu titiller ma curiosité. Et qu'en mai, il y avait un défi de lire un titre sur une guerre mondiale, et que j'ai profité de l'occasion pour le lire.

Mon avis
Par où commencer? Même avant de commencer la lecture, je savais par le thème qu’il ferait sans doute partie des livres que je chroniquerais. Mais, même si je trouve le livre bien construit, je sens qu’il va être dur à chroniquer, car c’est un livre que je ne peux que vous recommander et vous inviter à découvrir.
Comme je ne crois divulgâcher personne sur ce qui se passe et la fin de cette guerre, aussi bien commencer avec des extraits qui montrent la fluidité du style, le climat qui régnait, certains faits dépourvus de sens pour nous, et qui font la force du récit.
Au bout de quelques instants qui me paraissent durer une éternité, il rompt enfin son immobilité et brandit sous mon nez la boîte en bois contenant les cendres de ses cigarettes.
— C’est comme ça qu’ils finissent.
 — Comme ça, quoi? Qui finit? De quoi tu parles? Je comprends rien!
Je m’efforce de chuchoter mais j’ai l’impression de hurler, d’ameuter tout le dortoir.
 — Les Juifs. C’est comme ça qu’ils finissent. Ils partent en fumée. Ils sont ensuite réduits en cendres.
 — …
 À mon tour de mesurer privé de l’usage de ma langue. La réponse de Lukas paraît dépourvue de sens, pourtant, il l’a formulée avec son assurance et son élocution habituelles. 
 — Saleté de bouquins pondus par la vermine juive!
— Bertolt Brecht, Sigmund Freud, Heinrich Mann, Karl Marx, Stefan Zweig! Que des noms bien allemands, bien de chez nous! Et pourtant!
— Le Fürher a raison, le parasite juif sait se dissimuler sous un voile! 
Mais nous, nous n’avons pas d’endroit de repli. Potsdam est trop proche de Berlin. Difficile de démêler le vrai du faux. Difficile de savoir s’il faut avoir peur de mourir ou se réjouir de combattre. Ou avoir peur de combattre en se réjouissant de mourir. 
On a l’impression que la lumière est sale. Qu’il n’y a plus de lumière du tout. Le Troisième Reich devait nous sortir des ténèbres. On dirait bien qu’au contraire il nous y a plongés. 
Aussi, ce livre est classé jeunesse, et vu la thématique, c’est un peu étrange comme sensation. Oui, le style d’écriture est facilement accessible pour les jeunes, les mots codés rendent encore plus facile la compréhension de ce qui se trame. Mais j’avoue que c’est une vision d’une adulte, et je ne crois pas qu’il faille mettre ce bouquin dans les mains des gamins, sans les accompagner dans la compréhension des faits historiques.
D’ailleurs, je parlais de faits dépourvus de sens, et le fait de se positionner du côté de Max, né à la date anniversaire du Fürher, et baptisé par ce dernier, donne encore plus de poids aux pensées de Max, à sa vision des choses, et montre à quel point les pensées de ce régime étaient puissantes. Et en plus, dans son récit, on voit son adoration de ce régime, même alors qu’il n’est que dans le ventre de sa mère, et s’organise pour naître à la date anniversaire du Fürher.
Un magnifique cadeau pour le Führer et la nation allemande. (Offert de gré ou de force, ce sera selon, parce que les Norvégiennes sont belles, certes, mais seront-elles assez intelligentes pour comprendre la nécessité de leur sacrifice?) Grands, blonds, dolichocéphales, les bébés norvégiens seront dotés de la panoplie complète des enfants du futur et auront probablement un faible pourcentage de «lapins». 
Grâce à moi, on a pu sauver une dizaine d’enfants qui seraient repartis avec leur mère dans leur taudis, à crever la faim et à fuir les bombardements ou les fusillades des SS. Autant d’enfants qui ont trouvé une mère d’adoption. La mienne. L’Allemagne. Autant de futurs fauves qui grossiront les rangs de la jeunesse allemande toute-puissante. Autant de futurs frères pour moi. 
Normal. Les grands ont du mal à accepter la germanisation. Trop de souvenirs. Trop précis, ces souvenirs. Ça leur embrouille la tête. La gymnastique ne suffit pas à les en débarrasser. 
Et pourtant, malgré des scènes qui nous font frémir comme dans ce passage
Elle n’a pas compris ce que le dessin représente: les coups de crayon noir, à l’horizontale, c’est elle. Morte. Et les gros points rouges tout autour, c’est son sang qui coule. Parce qu’elle s’est pris une balle dans la tête. 
on ne parvient pas à le détester puisque on voit comment ses valeurs lui sont inculquées, et qu’au fur et à mesure de l’histoire, on le voit se questionner.
 —Est-ce que par hasard tu te serais trompé? Est-ce que tu nous aurait menti? Est-ce que tous tes beaux discours, ce n’était que du vent? 
Je suis surpris de constater que... Polonais ou Allemand, Aryen ou pas, la différence n'est somme toute pas bien grande. 
Et j’ai beaucoup aimé le parallèle avec la potion magique qui transforme, devoir sur lequel réfléchit longuement Max.
Ça ne me dérange pas qu’on s’engueule, qu’on s’insulte. Je crois que c’est normal entre frères, on s’aime et en même temps on se déteste au point qu’on a parfois envie de se tuer. En revanche, ce que j’ai beaucoup de mal à supporter, c’est quand, au moment où je m’y attends le moins, de manière perverse, Lukas vient distiller en moi, une à une, des gouttes supplémentaires de sa «potion maléfique». 
Et pendant que je transcrivais les différents extraits, je n’ai pu qu’à la lecture du suivant, de me demander ce qu’il en aurait été de Max s’il avait été élevé par la population, dans une famille allemande, pour avoir ce point de vue. Mais on ne peut pas tout avoir, et on aurait perdu toute cette notion d’enfants du Lebensborn, programme trop peu connu si je ne m’abuse.
Peut-être que la famille de Lukas ne méritait pas ça? Peut-être qu’il aurait fallu faire une exception pour eux? Peut-être qu’il y a de bons Juifs? Comment savoir?… À ce stade de mon raisonnement, j’avoue que je suis perdu, alors que j’ai fait plusieurs pas supplémentaires vers la porte.
 Je crois que le vrai problème, que ce soit pour Lukas ou les autres enfants, polonais ou pas, juifs ou pas, c’est ce fichu lien qui les attache à leurs parents. Ils s’en sortiraient beaucoup mieux si, comme moi, ils n’avaient pas de famille. 
Et l’auteure aurait pu ne cibler que les mauvaises idées des Allemands, mais comme à l’image de son personnage Max rempli d’ambivalence, elle n’omet pas non plus ce qu’ont subi les Allemands, faisant se questionner son personnage sur Peut-être après tout que «homme» et «monstre», c’est la même chose? 

Bref, c’est un livre coup de poing duquel on ne peut pas sortir indemne et dont on vit d’ambivalence face à ce qui se passe. Il y a des passages dont je me disais que vu l’âge de Max, c’était impossible qu’il ait de telles pensées, mais j’essayais de me mettre de son côté pour comprendre, et c’est là que je voyais toute la puissance de ce qui lui était inculqué. Et c’est un livre qui jette un éclairage sur la situation d’un point de vue qui, si je ne m’abuse, nous ne voyons pas souvent. Et c’est surtout ce côté qui m’a plu de vouloir comprendre, avec en parallèle un style fluide, une construction efficace. Bien entendu, les extraits me semblent pâlots hors récit, mais cela forme un tout dont on ne sort pas indemne. Je ne vous dis ni si Lukas (dont j'ai appris après lecture qu'il était inspiré par une réelle personne) a réussi à distiller sa potion au complet, ni quel sort est réservé à Max, car je vous laisse découvrir ce titre par vous-même.

Quelques citations
Plus je grandis, plus je me rends compte à quel point les adultes sont bizarres, bourrés de contradictions. Les Braune Shwester ont suivi des stages chez les «physionomistes» pour être capables, en un seul coup d’œil, de savoir si un individu peut prétendre appartenir à la race nordique ou pas. Elles n’ont jamais eu l’idée de se planter devant un miroir? De demander d’elles-mêmes leur «réinstallation»? 
J’ai compris que le sacrifice de mes petits camarades était nécessaire pour que la médecine du Reich soit la plus performante du monde. […]Car une fois la guerre entamée, beaucoup de nos hommes, hélas, seront blessés. J’ai compris que nous formons une chaîne où chaque maillon, même le plus petit, a son importance. Les plus faibles meurent pour que les plus forts deviennent invulnérables. 
Qu’est-ce qu’on en a à faire? Comme si un contrôleur était plus dangereux qu’un obus, une amende, plus mortelle qu’une bombe. 
Tout le monde finit par se résigner.
C’est drôle comme on s’habitue à tout. Avant l’arrivée des Russes, on tremblait. On se les figurait comme des montres. Or, ce sont justes des hommes. (Peut-être après tout que «homme» et «monstre», c’est la même chose?)
Parce que je participe à quelques challenges

Douze thèmes
(Tour du monde)


mardi 2 juillet 2019

Piétiner les exigences de la conscience

Le maître des peines, tome 1: Le jardin d'Adélie
Auteure : Marie Bourassa
Illustration de la couverture: Chantale Vincelette
Édition: Éditions JCL - 2008 - 529 p.
Historique, littérature québécoise

Présentation: On suit la colère de Louis, adolescent, sur fond de peste et de guerre de Cent Ans
+ : soutenu
- : lourd
Thèmes: vengeance, exécution, moine, Moyen-Âge



Pourquoi ce livre
Parce que la thématique pour le challenge 12 thèmes était sur le Moyen-Âge.

Mon avis
J'ai bien apprécié ce titre qui m'en a appris sur différents points du Moyen-Âge, même si par moment, contexte oblige, cela était violent.
Tout d'abord, au début, j'ai eu quelques appréhensions. J'avais l'impression qu'il fallait être très connaisseur de l'époque pour s'y situer puisqu'on suit surtout la vie de boulangerie dans la première partie. Même si on en apprend énormément sur ce domaine, ce n'était pas pour cela que j'avais entamé ce livre, et j'avais parfois l'impression que ça devenait lourd, tout comme le faisait certains passages qui me semblaient avoir, à différents niveaux, l'effet que l'auteure nous disait, c'est ce qu'on va retenir de l'Histoire. Heureusement, à travers ce départ, on voit également les prémisses de certaines relations, de certains comportements, et des personnages mystérieux nous questionnent.
Qu'allait-on retenir de cette époque? Tout grand événement de l'histoire possède ses repères et ses balises. Chaque guerre a ses actes de bravoure. Mais il n'y avait plus de héros. La mort, cette abstraction que l'on repoussait d'instinct vers un avenir imprécis, était subitement devenue un fait quotidien.
Cela donnait donc les ingrédients pour titiller notre curiosité. La table était donc mise pour poursuivre  et même si le rythme est soutenu et demande concentration, je ne pouvais qu'être captivée par l'intrigue et me demander comment tout cela allait s'orchestrer. On suit donc la vie de Louis, qui par les épreuves qu'il traverse, a une grande colère enfouie au fond de lui.
Mais le désir de vengeance inassouvie qui couvait en Louis comme des braises sous les cendres l'avait empêché de trouver[…] le refuge bienfaisant dont il aurait pourtant eu le plus grand besoin. 
[Louis] avait traversé tant d'épreuves. Pourtant si Antoine ressentait de la joie, c'était surtout parce qu'en prononçant le voeu d'obéissaance, Louis allait se voir contraint de museler des tendances qui avait fort besoin d'être réprimées. C'était le but premier qui l'avait incité dans sa démarche. Car l'abbé n'était pas sans savoir que le miracle guérisseur de Louis avait pour nom esprit de vengeance.
De plus, comme on se trouve au Moyen-Âge, il est, à mon avis, impossible de passer outre la religion. J'ai apprécié voir comment la vie monastique pouvait se dérouler, comment les gens pouvaient y être recruté, et j'ai également apprécié voir comment les moines pouvaient confronté leur point de vue théologique, et ainsi découvrir Saint Benoît.
Louis aimait les sermons, car chacun d'eux l'aidait un peu plus à cerner le personnage de Jésus et de tous ceux qui l'avait précédé. Mais, ce qu'il n'arrivait pas à comprendre, c'était comment un homme pouvait réussir à être si bon. Pardonner. C'était là son message. Et lui, le futur moine, il se sentait incapable de pardonner.
Bien sûr, en plus de la religion, l'époque nous amène, avec la peste et la guerre, à nous interroger sur la vie, d'autant plus qu'on assiste entre autres à une exécution qui nous saisit profondément. On a beau la voir venir, on ne peut qu'être saisi par les mots de l'auteure qui nous donne l'impression qu'on faisait partie des gens venus la voir.
l'existence humaine avait la même valeur pour tous, que l'on soit riche ou pauvre, faible ou puissant. [...] La cruauté était contre nature, elle piétinait les exigeances de la confiance qui étaient les mêmes pour tous.
Bref, c'est un livre qui nous porte à réfléchir, car il nous en apprend sur l'époque et nous saisit beaucoup sur le côté violent de l'humain. J'ignore ce que cela aurait comme effet, mais si vous vous le procurez, je crois que je vous conseillerais de lire toutes les notes à la fin pour bien saisir le contexte, car même si elles ne sont pas 100% essentielles à la compréhension, la curiosité nous pousse à vouloir les consulter, et a un peu freiné la lecture dans mon cas. Quoiqu'il en soit, c'est un récit que j'ai bien aimé, et dont les questions en suspens m'intriguent et dont je me demande, vu la façon dont ce premier tome s'est terminé, quels seront les impacts sur les différents personnages.


Quelques citations
Personne n'aurait pu savoir que tout n'était plus que chaos dans son esprit stimulé à l'extrême par l'anxiété et l'épilepsie qui le laissait épuisé et confus.
Il me guidera peut-être, mais c'est quand même moi qui tiendrai la tâche, pas lu.
Même le plus beau discours du monde, pour qu'il ne soit pas reçu dans une indifférente neutralité, ne devait pas être présenté par un quidam. Il devait provenir d'un des puissants de ce monde ou bien... d'un ermite dont le mysticisme était reconnu.
 Parce que je participe à quelques challenges

Défi-lecture: #47
 Multi-défis : #36



samedi 30 mars 2019

promesses d'éternité

Au bout de l'exil, tome 2: Les méandres du destin 
Auteur : Micheline Duff
Couverture : Polygone studio
Édition: Québec Amérique - 2010 - 302 p.
historique,  romance, littérature québécoise

Présentation: Marguerite, à Lowell, aime un homme, même si les convenances le lui interdisent.
+ : passion
- : début
Thèmes: religion, mère-enfant



Pourquoi ce livre?
Parce que je n'arrête pas de le repousser, il était bien temps que je découvre ce second tome. Surtout que je me souvenais d'avoir apprécié le premier. (lu, après vérification en 2012...)
Mon avis
Et je dois avouer que, une fois n'étant pas coutume, j'ai eu de la difficulté à embarquer ici. Était-ce le fait que cela faisait trop longtemps que j'avais lu le précédent (malgré le résumé succint au début du tome) ou à autre chose, je ne saurais pas dire. Mais aimant ce que j'avais lu de Micheline Duff jusqu'à présent, son style, ses histoires, j'ai poursuivi. Pour mon bonheur. Car oui, j'ai eu de la difficulté à embarquer, mais lorsqu'on est embarquée, on vit l'histoire avec Marguerite.
Bien sûr, on voit aussi la vie de ses sœurs, mais l'histoire est bien centrée sur Marguerite, sur ses sentiments, ses passions, ses pensées face aux convenances de l'époque, ses déchirements.
De plus, on voit comment les Québécois vivent en Nouvelle-Angleterre, s'installent, veulent ne pas perdre leurs traditions. Tout cela au coeur d'un catholicisme menacé par le protestantisme de plus en plus présent dans cette région. Et même le prêtre Antoine, apprécié de sa communauté, se questionne sur les valeurs de son sacerdoce.
- Nous ne sommes pas du bétail, que je sache! Et pas plus les femmes que les hommes! Pour se reproduire chaque année, les animaux délaissent en général leur progéniture au bout de quelques mois. Pas après quinze ou vingt ans comme les humains! Avez-vous une idée de ce qu'élever des enfants représente? Les bêtes ne songent qu'à deux choses: survivre et perpétuer leur race. Mais la race humaine est différente. Vous criez sur tous les toits que les humains ont une âme. Eh bien, prenez-la en considération, cette âme, et que l'Église arrête donc de considérer les femmes comme des machines à mettre bas! 
Également, fin 19e, le clergé est bien important et ainsi les relations hors mariage, on est loin de notre époque. Et on croise entre autres une jeune fille à l'hôpital de la Sainte-Miséricorde qui, pour ma part, m'en a appris sur la réalité des mère-enfants à cette époque: comment cela se passait pour qu'elles remboursent les soeurs.
Bref, j'ai donc apprécié être transporté à une autre époque avec ce titre, et encore une fois, j'ai apprécié le style d'écriture.

Quelques citations
Le monarque comprit-il ces paroles? Il s'envola soudain en dessinant de maladroites arabesques et alla se réfugier sur l'une des fleurs qui ornaient le portail. Marguerite comprit le message et soupira: «Allons, ma vieille, il ne faut pas se laisser abattre. Même mal foutue, même avec une aile brisée, la vie continue. Pour lui comme pour moi.»
Marguerite fit mine de ne pas comprendre l'allusion pourtant évidente. Cher Hugo! Toujours attentif et délicat. Plein d'égards. Capable de saisir ses sentiments sans même qu'elle ait à lui faire de confidences. Il devinait tout, comprenait tout. Plus elle le connaissait, plus elle découvrait sa grandeur d'âme. À ses yeux, il représentait un compagnon protecteur, un être généreux et bon, rempli d'idéal. Une force à laquelle s'accrocher. Le meilleur des amis...
Elle eut une pensée pour Antoine. Le beau ténébreux, lui, se contentait de l'aimer à distance, lui ouvrant son coeur à de trop rares occasions et ne partageant avec elle aucun rêve d'avenir sinon de romantiques promesses d'éternité. Comment pouvait-elle le préférer au journaliste?  
Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
Défi-lecture: #77





samedi 26 janvier 2019

Susciter le soupçon

Nicolas LeFloch, tome 1: L'énigme des blancs-manteaux 
Auteur : Jean-François Parot
Couverture: Rosalba Giovanna Carriera, Portrait of a man
Édition: 10/18, 2001, 371 pages
original: JC Lattès , 2000
Policier historique, littérature française
Présentation: Nicolas LeFloch va apprendre le métier de policier et son enquête sur la disparition du commissaire le fera progresser.
+ :
- :
Thèmes: meurtres, corruptions, 18e siècle



Mon avis
Je voyais souvent passer cet auteur concernant cette saga historique policière et je me suis donc procurée le premier tome l'an dernier. Et dans le cadre du challenge de Licorne, je l'ai donc sorti en lecture commune avec chris 311830, et ai donc échangé au fil de ma lecture. J'ai l'impression, selon nos échanges, que chris l'a plus apprécié que moi puisque j'en ressors avec un avis mitigé. Et je crois que ce titre est tombé dans ceux bien écrits mais dans lequel il manque la petite étincelle qui fait la connection entre le lecteur et l'histoire.
Tout d'abord, j'ai trouvé, tout comme chris, que le style était recherché. C'est fluide et les descriptions sont précises afin que nous puissions nous imaginer la scène. Peut-être ai-je aussi eu l'impression parfois que ça ne laissait justement pas assez de place à l'imagination puisque plein de détails nous étaient donnés.
Partout, dans les angles, les recoins et les culs-de-sac de cet immense labyrinthe, d'étranges mousses humides recouvraient comme une lèpre le corps de la prison. Des volutes de champignons, flottant pareil à de lourdes toiles d'araignée, absorber le peu d’air. de cette atmosphère confinée. D’étranges concrétions minérales, d’un gris tirant sur le vert, dont les points brillaient à la lueur de la lanterne, dénonçaient le salpêtre et le resurgissement des sels qu’exsudait, sous le travail incessant de l'humidité, le calcaire des murs.
Bref, oui, j'aimais être plongée dans l'époque et pouvoir me représenter la scène, le décor, même si des fois, je crois que j'aurais aimé que certaines soient moins détaillées.  
De plus, j'ai aimé que l'auteur nous fasse naviguer dans les pensées de Nicolas qui, sans les réponses, ne peut qu'encore plus se demander comment tout cela s'enchevêtre, essayer de démêler les soupçons qui pèsent sur les différents protagonistes.
Également, même s'il peut nous apparaître uniquement soucieux d'apprendre et de bien faire durant les mois de son apprentissage, LeFloch nous est dévoilé également à travers les événements.
De plus, j'ai aimé voir la progression de l'enquête, les indices et les façons prises à l'époque pour les trouver et les déduire.  
Bref, même si j'en ressors avec un avis mitigé, si le fond vous intéresse, vous pouvez vous le procurer. Chacun a son propre ressenti face à une lecture, et comme je l'ai dit, j'ai l'impression qu'il m'a manqué la petite étincelle de connexion dans ce titre. Comme chris que je remercie pour les échanges pendant cette lecture commune, j'en lirai d'autres puisque j'ai bien aimé le style recherché de ce premier roman, et que j'aime bien lire des policiers historiques à l'occasion. Et j'essaierai aussi de voir si je peux trouver les adaptations de ce côté-ci. 

Quelques citations
On lui aurait donné son billet de confession sans hésiter quand bien même mille questions sans réponse pouvaient susciter le soupçon. 
Aussi bien que ne pourrons-nous le frapper qu’à coup sûr. Il ne faut jamais rater un serpent, on ne retrouve pas l'occasion de le détruire. 
Il n'y avait été ni heureux ni malheureux, uniquement soucieux d'apprendre et de bien faire durant les mois de son apprentissage. Elle prendrait place dans son souvenir et dans son regret comme toutes les choses et tous les êtres abandonnés au bord du chemin, parce que la vie, la mort ou une petite lumière mystérieuse en décident sans appel. 
Décidément, l'inspecteur pensait à tout et, sous son air placide, dissimulait des trésors d'expérience et de pratique policière. 
Parce que je participe à quelques challenges

(Terre du milieu)
(Défi-lecture: #93)
Challenge personnel : #5, et #19
Multi-défis : #75




mercredi 21 novembre 2018

Un jour, Windigo te fera payer le prix...

Feu, tome 3: Fleur de lys de Francine Ouellette (2007)
Historique, littérature québécoise
Libre Expression, 2007, 544 pages
Couverture: Chantal Boyer

Présentation: Pierre s'enrichit à l'aide de la contrebande pour donner à sa famille leur vie rêvée, alors que se profile peu à peu la guerre de sept ans. 
+ : cohésion
- : notes
Thèmes: contrebande traite de fourrures, établissement





Anedocte
Dans les notes de fin, j'apprends que Voltaire trouvait que nous n'étions que quelques arpents de neige et que les occuper ne causerait que guerres et humiliations. :(
Mon avis
Dans ce troisième tome, on retrouve plusieurs personnages présents dans le second (beaucoup plus qu'entre les deux premiers si ma mémoire ne me joue pas de tour) et on se concentre sur Pierre et sa famille. On commence à voir prendre forme l'établissement réel des gens qui sont là pour rester, même si Pierre continue à faire de la traite de fourrures. J'ai aimé en apprendre davantage sur ces voyageurs qui me faisaient voir un autre côté de cette traite et je crois même avoir appris que les coureurs des bois étaient les illégaux. On voit donc le côté sombre de la traite de fourrure avec la contrebande et les impacts de l'eau de vie chez les Amérindiens.
De plus, cette contrebande qui se fait aussi avec les marchandises anglaises font se questionner les personnages à savoir si les Amérindiens se positionneraient d'un côté s'ils avaient à défendre le territoire. Je ne m'attendais pas à voir que la future guerre se faisait tant sentir puisqu'après tout, ce tome débute en 1735. D'ailleurs, j'ai trouvé qu'on voyait moins les Amérindiens dans ce tome, mais n'était-ce pas aussi ce qui se passait réellement à l'époque? On voit donc plus la contrebande de Pierre dans le but de pouvoir bien s'établir sur une terre et faire vivre sa famille. Pendant que je réfléchis à ma chronique, je réalise que mon sentiment mitigé vient du fait que, oui, j'ai aimé ma lecture, voir l'établissement de Pierre, mais que ce défrichage a eu des impacts négatifs puisque comme tu as récolté plus de garentaguing qu'il n'en faut pour te soigner. Un jour, Windigo te fera payer le prix... ou il fera payer le prix à tes enfants. Un jour, quand tu auras besoin de cette plante que tu n'as pas épargnée, elle n'y sera plus. Cette plante, il s'agissait du ginseng. De plus, cet établissement, bien que lointain, fait réfléchir sur nos valeurs et notre société de surconsommation ainsi que sur les valeurs amérindiennes, et j'ai aimé que l'auteure apporte indirectement des pensées là-dessus en nous faisant voir ce que ces tribus pensaient du mode de vie occidental avec par exemple la grange pleine de racines de ginseng et le bois qui brûle.
J'ai par contre trouvé que les notes de bas de page n'apportaient pas de grand éclaircissement, comme si elles n'étaient là que pour appuyer ses dires, donner le titre des personnages historiques ou dire de que tel mot est un vêtement amérindien par exemple. Donc, je ne trouvais pas que ça apportait un réel plus, même pour les vrais personnages historiques.
Parlant de personnages historiques, j'ai apprécié qu'elle mette Champlain en scène discrètement lorsque se passe la partie de la guerre de sept ans. Pendant cette partie, j'ai trouvé qu'on était plus centré sur Passerat de la Chapelle, nom qui m'était inconnu (ou dont j'espère que c'était parce qu'il ne m'avait pas marqué), que sur les personnages qu'on suivait depuis le début moins présents, à ce qu'il me semble. Peut-être est-ce pour cela que je n'embarquais moins dans cette partie, à moins que ce soit parce que je connaissais la fin. Je peux comprendre qu'il s'agit d'un souci historique puisqu'impossible de bien décrire les diverses batailles sans inventer, mais on peut aisément imaginer que des familles ont vécu les situations des personnages fictifs qu'on trouve dans ce récit.
C'est donc un récit que j'ai bien aimé pour mieux découvrir cette époque du second quart du 18e siècle en Nouvelle-France, où, malgré des différents, on voit une solidarité entre les habitants. C'est un récit dont j'ai trouvé que les éléments fictifs et réels forment une belle cohésion. Je serai donc contente de découvrir  le prochain qui est le tome qui m'avait attiré par son titre.

Quelques citations
La richesse du paysan se trouve dans la possession du sol, croit-il, et dans la jouissance légitime des fruits d'un travail qui n'implique que lui-même et ne tracasse pas sa conscience. Ce qu'il a vu de la traite dans les Pays-d'en-Haut vient en totale contradiction avec une partie de lui-même, car il ne peut se résigner à trafiquer l'eau-de-vie, synonyme de mort et de déchéance des peuples amérindiens, donc de mort et de déchéance d'une partie de lui-même. Synonyme également de trahison envers Mingam. 
Chaque fois, il subit l'affront de l'envahisseur et l'impudence de l'intrus, renouant avec son impuissance à changer le cours des choses. 
Un bon mashhkiki-winini ne regarde pas la couleur de la peau avant d'arrêter le sang qui coule des plaies. 
Ce que tu reproches aux Yangisses, mes yeux le voient faire par les Français... Ainsi, cette pointe qui s'avance dans le lac... Les miens y levaient leurs abris quand Nipinoukhe arrivait avec sa saison chaude. Aujourd'hui, mes yeux voient ton église et les convertis qui habitent d'un côté et de l'autre... Mes yeux voient du maïs dans les champs des Iroquois, mais pas une seule poignée de cette terre ne leur appartient... Mes yeux ont vu vos canots s'emparer de la Grande Rivière qui mène au pays des fourrures... Mes yeux ne font pas la différence entre les Yangisses et les Français. 
Développer le pays est le moindre de leurs soucis. De la France, ils ont importé le pire, soit l'appât du gain et la superficialité.  
Hier, il [Pierre Passerat de la Chapelle] a visité les fortifications de Québec qu'il juge inadéquates sur bien des points. L'état des murailles et de leurs bastions laisse à désirer, alors que les fossés sont inachevés; les portes de la ville ne ferment point; le quartier de l'intendance et le faubourg Saint-Roch sont sans aucune protection et la Basse-Ville est défendue par cinq batteries de six, sept ou huit canons en mauvais état. Il appert qu'on a trop misé sur la configuration des lieux et sur l'invincibilité de la falaise. 
Ce pays de la démesure n'attribue ses récompenses qu'aux plus laborieux. Qu'aux plus opiniâtres. Et elle est là qui l'attend, sa récompense. 
Parce que je participe à quelques challenges



jeudi 8 novembre 2018

Il n'est pas facile de se débarrasser du passé, n'est-ce pas?

La Tristesse du Samouraï de Víctor del Arból (La tristeza del Samourái, 2011)
Thriller historique, littérature espagnole
Actes Sud, 2012, 351 pages
Couverture: Marion Peck, Edward 1907-1985
Traduction: Claude Breton
Présentation: «Trois générations marquées au fer rouge par une femme infidèle. L'incartade a transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel.»
+ : densité
- : repère
Thèmes: complot, famille, franquisme



Mon avis:
Dur dur de chroniquer ce titre. L'histoire est tellement dense que c'est dur d'en faire un résumé. C'est pourquoi je vous ai mis la présentation trouvée sur le site d'Actes Sud pour ce titre. Cependant, malgré ma difficulté à le résumer, je peux vous affirmer que j'ai apprécié ma lecture.
Dès le départ, on se trouve intrigué par l'histoire puisque dans le prologue, on se situe à la fin. Donc, on se demande ce qui a mené à cette situation, surtout que nous faisons un grand bond dans le passé. On aura une alternance entre le passé (1941) et le présent du récit (1981) en terre espagnole, dans un style dense, mais d'une densité sans complexité. Il faut donc être attentif aux différents événements pour se faire une idée de comment tout cela s'orchestrera.
Bien que parfois nous faisons nos propres liens, l'auteur ne nous le confirme pas tout de suite, mais sans trop nous faire languir. Il dévoile donc ses éléments qui en viennent à soulever d'autres questions. Mais des questions, il m'en demeure en refermant le livre, car je ne suis pas certaine d'avoir bien tout saisi le côté historique puisque je ne connais pas l'histoire espagnole, et donc, je ne peux bien démêler le vrai du faux sur ce point, manquant de repères.
J'ai donc apprécié ce titre pour la densité du style, et les intrigues qui s'entrecroisent et leur lien avec le passé.

Quelques citations
D'où les barreaux. Pour éviter les tentations. Même si pour elle cette précaution n'était pas nécessaire. Pour se suicider, il faut un certain courage. Quand la vie n'est plus un choix, il ne faut pas laisser le hasard vous arracher le dernier acte digne qui vous reste. Elle avait appris cela [...]
L'habitude, la peur des aléas d'une vie sans horizons clairs, les problèmes financiers, et surtout l'obligation de reconnaître son échec, pesaient lourd. Elle attendait peut-être un miracle, elle espérait que l'homme dont elle était tombée amoureuse reviendrait. 
Il était stupide de feindre qu'il ne savait rien. Non, il n'était qu'un petit instituteur, pas un politique, et il ne s'intéressait à aucun drapeau, hormis celui de sa propre liberté ou de celle de son fils. Mais pouvait-il se défiler, prêcher les principes de liberté, de culture et de justice, et d'un autre côté se mettre la tête dans un trou comme une autruche?  
Il n'est pas facile de se débarrasser du passé, n'est-ce pas? 
Je n'attends pas qu'un autre change ce que j'ai décide de changer.
Je déteste les gens qui se déclarent esclaves des circonstances, comme si elles étaient immuables. 
Parce que je participe à quelques challenges

Challenge Snakes & Ladders


dimanche 25 février 2018

Dans l'univers de La Saline

L'Amérindienne par Louise Lacoursière
Roman historique - littérature québécoise (canadienne)
Libre Expression, 2017, 356 pages
+ : "histoire" -: "Saline" Thèmes: Amérindiens, amitié, amour, relations

Présentation: Judy chez les Abénakis, ou pas!

J'ai apprécié cette histoire. J'ai cependant trouvé que certaines questions demeuraient en suspens: je sais que ce livre reprenait des personnages de La Saline, mais l'auteure m'avait affirmé que ce titre pouvait se lire sans avoir lu la saga.

Oui, on peut lire indépendamment, car les principales intrigues ont leurs réponses. Mais on se questionne quelquefois à savoir ce qui unit des personnages, ce qui s'est passé entièrement car on a des bribes. Bref, je conseillerais donc de lire La Saline auparavant même si ce titre peut se lire indépendamment.

Ce qui fait que j'ai apprécié la lecture est le fait que j'ai apprécié les personnages au cœur de ce roman: ceux-ci m'ont paru bien définis, sans être caricaturaux. De plus, j'ai aimé être transportée dans l'époque où l'histoire se situe. J'ai aussi apprécié que l'auteure donne les détails historiques intégrés à l'histoire, ce qui fait qu'on ne ressent pas un étalage de connaissances historiques, même si elles sont bien là, mais elles servent à bon escient l'histoire.

J'ai aussi bien apprécié dans ce récit voir la différence des convenances chez les Amérindiens et les Européens, qui remet en perspective notre façon de voir les choses, de les faire. Je pense entre autres à une scène où une Amérindienne réprimande un enfant qui n'est pas le sien et que Judy est outrée de cela puisqu'à l'époque, chez les Européens, on ne devait s'occuper que de ses plate-bandes. Pourtant, j'ai souvent entendu que ça prend tout un village pour élever un enfant. De plus, je me suis aussi demandée si on a trop misé sur l'écriture comme preuve de civilisation, alors que bien des connaissances peuvent avoir été transmises oralement, et perdues dans la nuit des temps puisqu'on ne savait pas écouter ceux qui les portaient...

Mais pour revenir au récit, comme je l'ai dit, j'ai apprécié cette première découverte de l'auteure, et comme l'Histoire me plaît, je découvrirai sans doute d'autres romans historiques de cette auteure.


Un passage au hasard (je le feuillette là, et je tombe sur ce passage tout à fait par hasard qui résume un peu l'opinion des convenances)
Prenant conscience du fossé qui la séparait de sa colocataire, Judy se garda de partager les détails de son aventure avec Simon. [...] Judy fut désarçonnée par l'inflexible morale de son amie.
À bien y penser, les principes de Catherine étaient conformes à ceux de son entourage. C'est elle qui faisait figure d'exception.

Parce que je participe à quelques challenges
Lu en 2017, ne rentre donc pas dans les challenges! Mais je tenais à rédiger une chronique sur ce titre après réflexion. 

mardi 21 novembre 2017

La déconfiture de l'humanité: «Où était Dieu dans la réponse du monde?»


Roméo Dallaire
J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda
Historique, témoignage, littérature québécoise
Libre-Expression, 647 pages, 2003
Couverture de: France Lafond

+: 

-: 

Thèmes: génocide, Rwanda, ONU

Présentation:Quand le général Roméo Dallaire a été appelé à assurer le commandement de la Force internationale de maintien de la paix des Nations unies au Rwanda, il croyait être dépêché en Afrique pour aider deux belligérants à trouver un terrain d'entente. Une fois au Rwanda, il découvrit une tout autre réalité. Pris entre une guerre civile sanglante et un génocide impitoyable, le général et ses hommes -- une petite troupe –- furent bientôt abandonnés, sans aucune ressource, par leurs patries respectives. Pour lutter contre la vague de tueries qui ravageaient ce pays, ils ne purent compter que sur leur propre générosité et sur leur courage personnel. En moins de cent jours, la guerre au Rwanda allait faire plus de 800 000 morts et au-delà de 3 millions de blessés et de réfugiés. C'est avec le poids de cette tragédie que le général Dallaire est rentré chez lui, au Canada, en septembre 1994, brisé et désillusionné. Il lui faudra sept ans avant de pouvoir commencer à écrire sur ce sujet. Dans J'ai serré la main du diable, il raconte l'enfer qu'il a vécu au Rwanda et il n’hésite pas à reconstituer les terribles événements auxquels la communauté internationale a tourné le dos. Son témoignage est un compte rendu sans concession de la faillite de l'humanité à mettre un terme à un génocide pourtant maintes fois dénoncé.
Comment survivre ? se demandent tous ces personnages, aux prises avec les situations inextricables des âges de la vie, le cycle des illusions perdues et des rêves oubliés.

samedi 18 novembre 2017

Le petit homme du diable



Francine Ouellette
Feu, tome 2: L'Étranger
Historique, aventure, littérature québécoise
Libre Expression, 430 pages, 2005
Couverture de:

+:

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Thèmes: amérindiens, traite des fourrures, coureur des bois, exil

Résumé:Pierre Vaillant et Petit-Renard se détestaient avant même que le hasard les achemine sur la même route. Pour le jeune paysan français condamné à l'exil à perpétuité, l'inquiétant Sauvage affublé d'une taille nettement au-dessous de la moyenne mais doté de pouvoirs de guérisseur ainsi que de marchandises clandestines anglaise, est considéré comme une entrave à son rêve d'offrir une nouvelle patrie à sa bien-aimée demeurée en France.

samedi 4 novembre 2017

Volontaire du ciel




Nicolas Paquin
Volontaires, tome 1: Sous le feu de l'ennemi
Jeunesse, historique, littérature québécoise
Éditions du Phoenix, 317 pages, 2014
Couverture de:

+:

-:

Thèmes: guerre, adolescence, aviation

Résumé: En 1941, la Seconde Guerre mondiale fait rage. Henri a seize ans. Il choisit de fuir ses études et sa famille en se portant volontaire dans l’Aviation royale canadienne. Entre la camaraderie et l’espionnage, entre l’amour et la mort, sa décision de s’enrôler l’emportera des rues de Québec vers le ciel de la France occupé. Roman historique où se mêle aux personnages mystérieux de cette époque sombre l’héroïsme des jeunes Canadiens qui ont fait le sacrifice de leur vie.

vendredi 30 décembre 2016

Vision de 1704



Mylène Gilbert-Dumas
1704
Historique, Drame, Littérature québécoise
VLB éditeur, 336 pages, 2006
Couverture de:

+: 

-: 

Thèmes: légende, Amérindien, guerre

Résumé:Alice Morton, jeune Anglaise timide et modeste, mène une vie paisible à Deerfield, en Nouvelle-Angleterre, où elle a des parents, des amis, un fiancé. Mais, le 29 février 1704, sa vie bascule lorsque son village est attaqué par des Français et des Indiens. Ces derniers font une centaine de prisonniers, dont Alice. Durant deux mois, elle est contrainte à une marche forcée qui la conduit au Canada, où l'on prévoit la vendre. Au cours de ce voyage périlleux, Alice voit des amis et des voisins mourir sous ses yeux, les uns succombant aux difficultés de la route, les autres victimes des brutalités de leurs maîtres indiens, tandis qu'elle-même se découvre un courage insoupçonné. Peu à peu, elle en vient à comprendre la colère légitime du peuple indien, à deviner l'humanité de son maître, Mamôtkas. Et le lecteur assiste à la progressive et fascinante transformation d'une jeune fille obéissante et effacée en une femme décidée et courageuse. Tirée d'une légende née dans la région de Sherbrooke, cette histoire bouleversante, riche en rebondissements et en fines observations sur le comportement humain, transporte le lecteur dans l'Amérique encore sauvage du début du XVIIIe siècle.

lundi 26 décembre 2016

Au-delà des apparences...



Kathryn Stockett
The Help
Historique
Berkley Book, 461 pages, 2011

+: point de vue

-: .

Thèmes: racisme, ségrégation, femmes, droits civiques

Résumé:Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

La porte vers le passé qui me laisse de pierre...


Diana Gabaldon
Le chardon et le tartan, tome 1: La porte de pierre
Romance, Historique
E-book
(Outlander)

+: départ

-: longuet

Thèmes: amour, Écosse, guerre

Résumé:1945. Claire Randall, jeune infirmière, retrouve son mari Frank dans un village écossais pour leur lune de miel. Alors qu'elle se promène dans la lande, elle découvre un site mégalithique où les villageoises se réunissent en secret pour célébrer d'étranges rites. Fascinée, elle s'approche d'un grand menhir fendu... et se volatilise ! Quand elle reprend conscience, elle est entourée de combattants en pleine action. Et, curieusement, l'un d'entre eux est le sosie de son époux. À sa grande stupeur, elle comprend aussitôt qu'elle a été propulsée... en l'an de grâce 1743 ! Période troublée s'il en fut : l'Écosse, occupée par les félons anglais, est à feu et à sang... Ainsi commence une épopée sauvage et baroque où se mêlent fantastique et histoire, action, amour et humour.

vendredi 19 juin 2015

La raison de l'excommunication

Maurice Gagnon
Les amants de Port-Joli
Drame historique, littérature québécoise
185 pages, Éditions Mots en toile, 2013
Couverture de
Résumé: 1774. Un scandale éclabousse la petite localité de Saint-Jean-Port-Joli sur la Côte-du-Sud. S'étant vu refuser le sacrement du mariage malgré les appels répétés à leur curé, Laurent Blanchet et Marie-Claire Chartier simulent un mariage lors d'une soirée bien arrosée. Informé de leur geste, l'évêque de Québec est furieux au point d'excommunier tous ceux qui ont participé à cette soirée et d'interdire la chapelle et le cimetière. Mis au ban de la société, ils devront s'exiler dans ce qu'on appelait à l'époque les postes d'en bas où ils séjourneront dans une anse au nom curieux de Mouille-Cul. Pourquoi l'Église refuse-t-elle obstinément de les marier alors qu'en apparence, rien ne l'en empêche ? Il est garçon. Elle est veuve. Cette histoire, bien que romancée, s'inspire d'un fait réel. Des personnages ont été ajoutés, la plupart des patronymes et certains prénoms ont été changés pour éviter certaines confusions, mais surtout parce que l'auteur va au-delà de ce qui est connu de cette affaire...

+: couple

-: patronyme

Thèmes: amour, exclusion, clergé


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