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vendredi 2 octobre 2020

Dépasser ses propres limites

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Le pouvoir de la force mentale 
Auteur : Jacques H. Paget 
Édition: Pocket - 2018 -  235 p. 
Original: Plon, 2013 
Couverture de Jean-Marc Denglos 
Développement personnel, littérature française

Présentation: Un essai sur comment développer une force mentale pour affronter le quotidien
+ : mécanisme
- : pensée magique
Thèmes: force mentale, extrapolation



Pourquoi ce livre
Parce que je lis à l'occasion des livres de développement personnel et que par sa table des matières et sa prémisse de force mentale, celui-là m'a attirée. 

Mon avis
J'ai toujours des appréhensions quand je lis des livres de développement personnel à cause de la pensée magique. Bien que celui-ci n'échappe pas à la pensée magique, il est tout de même bien construit et fait réfléchir sur différents points. 
Quand je parle qu'il n'échappe pas à la pensée magique, je pense entre autres au moment où l'auteur affirme que la majorité est dans le tort, que l'humain se trompe souvent, puisque plusieurs espèrent avoir un double en lançant deux dés, alors que cela va tendre à obtenir deux doubles sur dix lancers et que c'est ce qu'il prend pour vérifier cette affirmation. Or, sur les 36 combinaisons possibles, il y en a six qui sont des doubles, et ce n'est donc pas une extrapolation sur de l'intangibilité puisque il ne s'agit que de probabilités... Bien sûr, ce n'est pas l'élément qui montre le mieux le côté pensée magique, mais c'est celui qui m'a le plus marqué dans le récit, tout comme je vois par mes notes que l'auteur me paraît croire dur comme fer au déterminisme, ce qui, je pense, teinte aussi le récit de pensée magique. 
Cependant, j'ai aussi mentionné que je trouvais ce titre bien construit. Cela, puisque, même si j'ai lu des parties dans le désordre, j'ai bien aimé voir les mécanismes inhérents à chaque élément présenté qui nous enferment, et comment certains éléments de la force mentale peuvent nous aider à cheminer face à toutes ces attentes. Bien entendu, je n'ai pas toujours été 100% puisque je crois qu'il peut y avoir du bon à extrapoler sur de l'intangible; par exemple, souhaiter que 2021 ne ressemble pas à 2020, et ce pour le mieux. Mais, il ne faut pas que ces extrapolations nous enferment davantage dans de mauvais schèmes pour se retrouver au point de départ. 
J'ai aussi bien aimé comment l'auteur apportait des exemples d'interprétation ou de mésinterprétation de proverbes, d'exemples de personnalités publiques, tout au long du texte pour ancrer les principes fondamentaux et généraux dans la réalité, et développer sur les mécanismes de ceux-ci. Et bien que je déplore la pensée magique, j'ai aimé le parallèle de la force mentale avec la magie, l'illusionnisme. 
Même si j'ai cru remarqué un endroit où l'auteur se distanciait d'accepter l'autre, alors que c'est ce qu'il prône, j'ai beaucoup apprécié le fait que ce livre parle que chacun a ses propres défis et que c'est en les relevant chacun, sans devenir à l'effigie des autres, qu'on devient de meilleures personnes. C'est sur ce point que je trouve avoir trouvé le livre plus intéressant au niveau développement personnel puisque, par différentes explications des mécanismes de la force mentale, il nous amène à accepter nos propres ressources, à trouver notre propre équilibre, à se développer pour soi, et non pour les autres, bref à dépasser ses propres limites. Pour soi-même. 
Donc, même si je regrette un peu la pensée magique par rapport aux extrapolations, j'ai apprécié cette lecture et les différentes pistes de réflexion qui y sont disséminées, ce qui fait que je considère qu'il fait partie des bons titres en développement personnel, ne serait-ce qu'à cause de la façon dont les principes sont présentés, pour en trouver leur origine et montrer quel élément on trouve en chacun d'eux pour se dépasser, ce qui fait que je peux vous inviter à consulter ce titre pour trouver votre ou vos principes, pour vous dépasser! 

D'autres citations

Le fort sait se taire.  

Car le seul amour qui vous portera et vous donnera la confiance suffisante pour surmonter tous les obstacles sera d'aimer sincèrement les autres et de ne jamais fermer votre cœur à ceux qui vous aiment.  
Savoir ce que l'on veut, c'est la volonté. Et savoir ce que l'on ne veut pas c'est ça, le courage.

La force mentale se caractérise par l'équilibre parfait entre la volonté et le détachement. La volonté de se réaliser sans rechercher l'approbation et l'admiration des autres. Donc la gloire. Et la volonté d'y parvenir par la ténacité à dépasser ses propres limites. Pour soi-même. 

Parce que je participe à quelques challenges
 


dimanche 21 juin 2020

Peut-être après tout que «homme» et «monstre», c’est la même chose?

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Max
Auteure : Sarah Cohen-Scali
Édition: Pôle-fiction (Gallimard) - 2015 - 478 p.
original: 2012
Couverture: Le Gall & Chassagnard
Historique, jeunesse, littérature française, littérature marocaine

Présentation: Max est le jeune parfait qui représente la race parfaite, né à la date anniversaire du Fürher
+ : point de vue
- : sans famille
Thèmes: Lebensborn, germanisation, seconde guerre mondiale



Pourquoi ce livre
Parce que j'avais vu passer ce livre avec un commentaire disant que ça montrait le point de vue du côté de l'éducation que les jeunes Allemands recevaient, et que ça avait bien entendu titiller ma curiosité. Et qu'en mai, il y avait un défi de lire un titre sur une guerre mondiale, et que j'ai profité de l'occasion pour le lire.

Mon avis
Par où commencer? Même avant de commencer la lecture, je savais par le thème qu’il ferait sans doute partie des livres que je chroniquerais. Mais, même si je trouve le livre bien construit, je sens qu’il va être dur à chroniquer, car c’est un livre que je ne peux que vous recommander et vous inviter à découvrir.
Comme je ne crois divulgâcher personne sur ce qui se passe et la fin de cette guerre, aussi bien commencer avec des extraits qui montrent la fluidité du style, le climat qui régnait, certains faits dépourvus de sens pour nous, et qui font la force du récit.
Au bout de quelques instants qui me paraissent durer une éternité, il rompt enfin son immobilité et brandit sous mon nez la boîte en bois contenant les cendres de ses cigarettes.
— C’est comme ça qu’ils finissent.
 — Comme ça, quoi? Qui finit? De quoi tu parles? Je comprends rien!
Je m’efforce de chuchoter mais j’ai l’impression de hurler, d’ameuter tout le dortoir.
 — Les Juifs. C’est comme ça qu’ils finissent. Ils partent en fumée. Ils sont ensuite réduits en cendres.
 — …
 À mon tour de mesurer privé de l’usage de ma langue. La réponse de Lukas paraît dépourvue de sens, pourtant, il l’a formulée avec son assurance et son élocution habituelles. 
 — Saleté de bouquins pondus par la vermine juive!
— Bertolt Brecht, Sigmund Freud, Heinrich Mann, Karl Marx, Stefan Zweig! Que des noms bien allemands, bien de chez nous! Et pourtant!
— Le Fürher a raison, le parasite juif sait se dissimuler sous un voile! 
Mais nous, nous n’avons pas d’endroit de repli. Potsdam est trop proche de Berlin. Difficile de démêler le vrai du faux. Difficile de savoir s’il faut avoir peur de mourir ou se réjouir de combattre. Ou avoir peur de combattre en se réjouissant de mourir. 
On a l’impression que la lumière est sale. Qu’il n’y a plus de lumière du tout. Le Troisième Reich devait nous sortir des ténèbres. On dirait bien qu’au contraire il nous y a plongés. 
Aussi, ce livre est classé jeunesse, et vu la thématique, c’est un peu étrange comme sensation. Oui, le style d’écriture est facilement accessible pour les jeunes, les mots codés rendent encore plus facile la compréhension de ce qui se trame. Mais j’avoue que c’est une vision d’une adulte, et je ne crois pas qu’il faille mettre ce bouquin dans les mains des gamins, sans les accompagner dans la compréhension des faits historiques.
D’ailleurs, je parlais de faits dépourvus de sens, et le fait de se positionner du côté de Max, né à la date anniversaire du Fürher, et baptisé par ce dernier, donne encore plus de poids aux pensées de Max, à sa vision des choses, et montre à quel point les pensées de ce régime étaient puissantes. Et en plus, dans son récit, on voit son adoration de ce régime, même alors qu’il n’est que dans le ventre de sa mère, et s’organise pour naître à la date anniversaire du Fürher.
Un magnifique cadeau pour le Führer et la nation allemande. (Offert de gré ou de force, ce sera selon, parce que les Norvégiennes sont belles, certes, mais seront-elles assez intelligentes pour comprendre la nécessité de leur sacrifice?) Grands, blonds, dolichocéphales, les bébés norvégiens seront dotés de la panoplie complète des enfants du futur et auront probablement un faible pourcentage de «lapins». 
Grâce à moi, on a pu sauver une dizaine d’enfants qui seraient repartis avec leur mère dans leur taudis, à crever la faim et à fuir les bombardements ou les fusillades des SS. Autant d’enfants qui ont trouvé une mère d’adoption. La mienne. L’Allemagne. Autant de futurs fauves qui grossiront les rangs de la jeunesse allemande toute-puissante. Autant de futurs frères pour moi. 
Normal. Les grands ont du mal à accepter la germanisation. Trop de souvenirs. Trop précis, ces souvenirs. Ça leur embrouille la tête. La gymnastique ne suffit pas à les en débarrasser. 
Et pourtant, malgré des scènes qui nous font frémir comme dans ce passage
Elle n’a pas compris ce que le dessin représente: les coups de crayon noir, à l’horizontale, c’est elle. Morte. Et les gros points rouges tout autour, c’est son sang qui coule. Parce qu’elle s’est pris une balle dans la tête. 
on ne parvient pas à le détester puisque on voit comment ses valeurs lui sont inculquées, et qu’au fur et à mesure de l’histoire, on le voit se questionner.
 —Est-ce que par hasard tu te serais trompé? Est-ce que tu nous aurait menti? Est-ce que tous tes beaux discours, ce n’était que du vent? 
Je suis surpris de constater que... Polonais ou Allemand, Aryen ou pas, la différence n'est somme toute pas bien grande. 
Et j’ai beaucoup aimé le parallèle avec la potion magique qui transforme, devoir sur lequel réfléchit longuement Max.
Ça ne me dérange pas qu’on s’engueule, qu’on s’insulte. Je crois que c’est normal entre frères, on s’aime et en même temps on se déteste au point qu’on a parfois envie de se tuer. En revanche, ce que j’ai beaucoup de mal à supporter, c’est quand, au moment où je m’y attends le moins, de manière perverse, Lukas vient distiller en moi, une à une, des gouttes supplémentaires de sa «potion maléfique». 
Et pendant que je transcrivais les différents extraits, je n’ai pu qu’à la lecture du suivant, de me demander ce qu’il en aurait été de Max s’il avait été élevé par la population, dans une famille allemande, pour avoir ce point de vue. Mais on ne peut pas tout avoir, et on aurait perdu toute cette notion d’enfants du Lebensborn, programme trop peu connu si je ne m’abuse.
Peut-être que la famille de Lukas ne méritait pas ça? Peut-être qu’il aurait fallu faire une exception pour eux? Peut-être qu’il y a de bons Juifs? Comment savoir?… À ce stade de mon raisonnement, j’avoue que je suis perdu, alors que j’ai fait plusieurs pas supplémentaires vers la porte.
 Je crois que le vrai problème, que ce soit pour Lukas ou les autres enfants, polonais ou pas, juifs ou pas, c’est ce fichu lien qui les attache à leurs parents. Ils s’en sortiraient beaucoup mieux si, comme moi, ils n’avaient pas de famille. 
Et l’auteure aurait pu ne cibler que les mauvaises idées des Allemands, mais comme à l’image de son personnage Max rempli d’ambivalence, elle n’omet pas non plus ce qu’ont subi les Allemands, faisant se questionner son personnage sur Peut-être après tout que «homme» et «monstre», c’est la même chose? 

Bref, c’est un livre coup de poing duquel on ne peut pas sortir indemne et dont on vit d’ambivalence face à ce qui se passe. Il y a des passages dont je me disais que vu l’âge de Max, c’était impossible qu’il ait de telles pensées, mais j’essayais de me mettre de son côté pour comprendre, et c’est là que je voyais toute la puissance de ce qui lui était inculqué. Et c’est un livre qui jette un éclairage sur la situation d’un point de vue qui, si je ne m’abuse, nous ne voyons pas souvent. Et c’est surtout ce côté qui m’a plu de vouloir comprendre, avec en parallèle un style fluide, une construction efficace. Bien entendu, les extraits me semblent pâlots hors récit, mais cela forme un tout dont on ne sort pas indemne. Je ne vous dis ni si Lukas (dont j'ai appris après lecture qu'il était inspiré par une réelle personne) a réussi à distiller sa potion au complet, ni quel sort est réservé à Max, car je vous laisse découvrir ce titre par vous-même.

Quelques citations
Plus je grandis, plus je me rends compte à quel point les adultes sont bizarres, bourrés de contradictions. Les Braune Shwester ont suivi des stages chez les «physionomistes» pour être capables, en un seul coup d’œil, de savoir si un individu peut prétendre appartenir à la race nordique ou pas. Elles n’ont jamais eu l’idée de se planter devant un miroir? De demander d’elles-mêmes leur «réinstallation»? 
J’ai compris que le sacrifice de mes petits camarades était nécessaire pour que la médecine du Reich soit la plus performante du monde. […]Car une fois la guerre entamée, beaucoup de nos hommes, hélas, seront blessés. J’ai compris que nous formons une chaîne où chaque maillon, même le plus petit, a son importance. Les plus faibles meurent pour que les plus forts deviennent invulnérables. 
Qu’est-ce qu’on en a à faire? Comme si un contrôleur était plus dangereux qu’un obus, une amende, plus mortelle qu’une bombe. 
Tout le monde finit par se résigner.
C’est drôle comme on s’habitue à tout. Avant l’arrivée des Russes, on tremblait. On se les figurait comme des montres. Or, ce sont justes des hommes. (Peut-être après tout que «homme» et «monstre», c’est la même chose?)
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Douze thèmes
(Tour du monde)


mardi 28 avril 2020

être, à sa guise

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Arsène Lupin, tome 3: L'aiguille creuse 
Auteur : Maurice Leblanc
Édition lue (j'ai celle où il a eu une lunette, avec le papier en main, et un fond mauve: bref, la couverture de mon édition est un dessin de Léo Fontan): Le Livre de Poche - 1964 - 217 p.
original: 1909
Policier, classique, littérature française

Présentation:
+ :
- :
Thèmes: énigmes



Pourquoi ce livre
Parce qu'il fait partie des Lupin que je me suis procurée dans une librairie de livres usagés, car je veux découvrir encore plus Lupin, et qu'il fallait que j'avance un peu dans mon objectif, surtout que j'étais en retard.

Mon avis
Voilà, ceux qui suivent mon blog ont sans doute vu que je profite de ma journée de congé pour rattraper mon retard dans les chroniques que je veux pondre, et je dois avouer que cette chronique sera sans doute plus courte que les autres de la journée, mais je tenais à en rédiger une sur ce titre.

Je dois avouer que l'ayant lu en début d'année, mon souvenir s'estompe de plus en plus (d'où sans présentation, sans + et -), car je me souvenais presque seulement du fait que j'avais eu l'impression de ne pas bien comprendre tous les tenants et aboutissements d'un certain lien avec l'histoire française. Pour mes autres chroniques de la journée, j'ai pu compter sur les passages que j'avais cornés pour me rappeler la mémoire, mais je dois dire que le peu que j'ai corné ici ne m'aide pas. Du coup, je suis allée voir ce que j'en disais sur mon suivi, pour me rendre compte que ça avait été très succinct. Heureusement, cela a permis de réactiver ma mémoire sur ce titre dont je me rappelais l'avoir apprécié lors de ma lecture.

J'avais aimé me questionner sur la fameuse énigme au centre de l'histoire, car je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce à quoi correspondait un élément de ces fameuses lettres et symboles. J'avais bien entendu aimer à nouveau le style, et le fait qu'ici, ce soit une histoire en soit pendant tout le livre, avec des références aux précédents. Je sais que je vous ai parlé ci-haut de ne pas bien connaître l'histoire française, mais cela ne m'avait pas empêché d'apprécier l'intrigue et son développement, ainsi que les descriptions de ce coin de France. Aussi, j'aimais être promenée dans l'intrigue, car
Si Lupin ne pouvait être, à sa guise, [divulgâcheur de X et Y à la fois], ce serait à désespérer d'être Lupin. 
Bref, ça promet encore pour la suite de la saga. Et je crois que vous pouvez vous le procurer ou un autre Lupin! 

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Arsène Lupin
Cerise sur le gâteau

dimanche 24 novembre 2019

l'armée de démons que tu traînes

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Autour d'elle
Auteure : Sophie Bienvenue
Édition: Cheval d'août - 2019 - 200 p.
Original: 2016
Photographie de couverture: Jacqui Miller
Littérature contemporaine, littérature québécoise

Présentation: On gravite autour d'une mère et de son fils confié à l'adoption
+ : choral
- : présentation
Thèmes: vie, famille



Pourquoi ce livre
Parce qu'il était de Sophie Bienvenu et que la phrase Bientôt, je rencontrerai ma mère biologique. m'accrochait comme prémisse à l'histoire.

Mon avis
Tout d'abord, je dois dire que ma plus grosse déception a été à cause de la présentation qui, dans mon interprétation, me laissait présager que l'histoire tournerait autour de la rencontre entre une mère et son fils. Oui, ça tourne autour de ses personnages, mais pas autour de la future rencontre, ce qui fait que l'espoir que j'avais face à cette lecture n'a pas été comblé. Cependant, cela ne m'empêche pas de constater que j'avais dans les mains une histoire de qualité, encore une fois de la part de Sophie Bienvenu.

On gravite autour de la mère et du fils, avec les différents personnages qui ont croisé leur vie. Cela dans un roman choral qui, pour ma part au début, vu mes attentes, m'a déstabilisé, mais quand j'ai compris - rapidement - que ce serait un roman choral, j'ai pu embarquer dans l'histoire et suivre tous ces différents personnages qui avaient chacun leurs bibittes.
Avec toi, rien n'est jamais grave, parce que tu vois tout au travers de ta crisse de lentille qui te sert de bouclier. P'r'êt que c'est efficace contre l'armée de démons que tu traînes, mais ça fait surtout le vide autour de toi, et essaie pas de me faire croire que t'aimes ça. Crois pas que je l'ai jamais vue, ta solitude. Va pas t'imaginer que t'as réussi à me la cacher. Tu penses que j'ai pas remarqué que c'est des larmes que t'as dans les veines, pas du sang? Tu peux jouer la comédie à tout le monde, mais pas à moi. Je sais qui t'es. J'aurais pu te protéger. Si ç'avait pris une machine à voyager dans le temps pour effacer ton passé tout croche et que tu sois bien, j'aurais trouvé un moyen de la construire.
Je suis surtout la pro du sourire fake et de l'amour imité. Je me suis éteinte. J'ai quitté mon corps et je le regarde évoluer, anesthésiée. C'est ça qui m'a rendue folle. 
Elle a été quand même pas si pire, ma vie, des bouttes. Dommage qu'elle doive finir ce soir. Mais c'est pas grave, parce qu'elle va recommencer demain. 
De plus, j'ai apprécié les choix que l'auteure a fait sur les personnages qui croisent la route des principaux, la façon dont on se demandait quel lien les unissait parfois en début de chapitre pour n'avoir que la réponse à la fin, et aussi comment les ellipses subtiles nous font avancer dans le temps.

Aussi, j'ai aimé retrouvé la plume de l'auteure. Bien que moins cru que dans mon souvenir de Et au pire, on se mariera, on sent encore de la colère bien ressentie par certains personnages qui même si chaque narrateur est au je, on peut aisément voir toute la panoplie de styles qui conviennent pour chacun des personnages croisés.
Tout le monde essaie de trouver de quoi pour changer de conversation, mais c'est une vraie question que j'avais. Ça me prend une réponse. Comme quand elle nous a offert un camp de jour, aux enfants des employés, l'été passé, pis la trouver donc généreuse. Comme si ça leur faisait rien de se faire mettre dans la face qu'ils pouvaient pas offrir des affaires à leurs enfants, par une princesse qui a rien vécu pis qui se pense meilleure qu'eux autres. Moi, j'avais un problème avec ça. Mais y a fallu que je me ferme la gueule. On les fait tout le temps taire les gens qui dénoncent. C'est de même partout, depuis tout le temps.
C'est tu pour tromper ta misère que tu veux aller immortaliser celle du monde? Mais guess what? Tu seras jamais grand reporter, tu te rendras jamais plus loin que Sainte-Perpétue, à couvrir le festival du cochon graissé pour un journal local. Tu penses que t'as un rôle à jouer pour régler les problèmes de l'univers, tu te crois spéciale, mais tu l'es pas. T'es rien que spéciale pour moi, pis t'as pas été capable de t'en rendre compte. Too bad. Ce sera trop tard quand tu voudras revenir, quand tu te seras aperçue que t'as pas besoin de tout ça, que tout ce que tu veux, c'est que je t'aime et que je te rende heureuse. 
Aussi, j'ai aimé la place accordée à la musique dans le récit, ce qui est très bien intégré avec chacun des personnages. Ça m'a aussi permis de découvrir Résiste, interprété par France Gall, chanson que je ne connaissais pas et qui, pour moi, est bien meilleure qu'Ella elle l'a. Je trouve aussi que Résiste arrivait au bon moment dans le récit, même si la chanson aurait pu être mis partout!

Voilà, peut-être que si mes attentes suite à la présentation auraient été différentes, j'aurais eu un coup de coeur (quoique dur de battre Et au pire, on se mariera), mais même si je n'ai pas eu de coup de cœur pour le roman, j'en ai eu un pour le chapitre Valeur sentimentale, et j'ai grandement apprécié cette lecture que je ne peux que vous inviter à vous la procurer en vous en souhaitant une excellente.

Quelques citations
Ça prend plus de temps de se décider à partir que partir pour de vrai. Surtout quand on sait qu'on ne reviendra pas.
«J'ai eu l'impression d'être jeune toute ma vie, et un matin, hier ou avant-hier, je me suis réveillée, et j'étais vieille. OK, pas vieille, mais plus jeune, disons. Y a des choses qui ne reviendront jamais et desquelles je dois commencer à faire mon deuil. Je vais sonner vieille conne, justement, mais la vie c'est ça: une série de deuils. Même quand t'es heureux, les moments de joie passent, et il ne te reste plus que du vide, à la fin.
«J'ai vécu des années à vouloir ne rien avoir à perdre. Et tu vois, aujourd'hui, j'ai pas accumulé grand-chose. Du moins, rien d'important. Et j'ai souffert pareil.
«C'est con, hein?»
Parce que je participe à quelques challenges
Défi-lecture: #3
(Challenge personnel : #15)
 Multi-défis : #88


jeudi 16 mai 2019

exhumer l'horreur

Le rapport de Brodeck
Auteur : Philippe Claudel
Couverture : Roger Toulouse, Le Jeune Homme de l'Hospice
Édition: Stock - 2007 - 375 p.
original: titre XXX , 2000
Drame, littérature française






Mon avis
Oui, une fois n'est pas coutume, j'entame l'avis sans avoir fait une présentation en une phrase, choisi un + et un -. Un peu parce que j'ai l'impression d'avoir eu des lectures dernièrement pour lesquelles j'étais en mode fatiguée à fond, et donc que je lisais sans retenir, même si c'était fluide. Cependant, cela ne m'empêche pas de tenter de vous en parler un peu.
En voulant rafraîchir ma mémoire, la première critique non-presse sur laquelle je tombe, l'internaute mentionne que Brodeck fait preuve de pragmatisme, et même si je n'en étais qu'au tout début de la critique, cela m'a fait dire que c'est peut-être ce côté trop pragmatique qui faisait que je ne retenais quasiment rien, cela n'étant pas aidé par la fatigue. Bref, il semblerait que j'ai tendance à lire cet auteur à des moments inopportuns afin de pouvoir l'apprécier pleinement.
Cependant, cette fatigue ne m'a pas empêché de repérer des passages qui portent à réflexion, ce qui me semble être le but de ce titre, de venir nous parler d'histoire de façon détournée afin qu'on n'oublie pas la mémoire de certains événements, et qu'on réfléchisse dessus.
À travers ses questionnements sur la disparition de l'Anderer (l'autre), on trouvera justement cette relation à l'autre. On croise aussi des mots sans doute allemands, et certaines réflexions sur la guerre.
La guerre... Peut-être les peuples ont-ils besoin de ces cauchemars. Ils saccagent ce qu'ils ont mis des siècles à construire. On détruit ce qu'hier on louait. On autorise ce que l'on interdisait. On favorise ce que jadis on condamnait. La guerre, c'est une grande main qui balaie le monde. C'est le lieu où triomphe le médiocre, le criminel reçoit l'auréole du saint, on se prosterne devant lui, on l'acclame, on l'adule. Faut-il donc que la vie paraisse aux hommes d'une si lugubre monotonie pour qu'ils désirent ainsi le massacre et la ruine? 
Et pour ma part, vu toute les haines que renferment les guerres, je ne peux que vous dire que j'ai trouvé le passage suivant très marquant. On sentait plus de vie, d'émotion de la part de Brodeck, ce qui venait lui donner plus de caractère que son côté très pragmatique.
Qui a donc décidé de venir fouiller mon obscure existence, de déterrer ma maigre tranquillité, mon anonymat gris, pour me lancer comme une boule folle et minuscule dans un immense jeu de quilles? Dieu? Mais alors, s'Il existe, s'Il existe vraiment, qu'Il se cache. Qu'Il pose Ses deux mains sur Sa tête, et qu'Il la courbe. Peut-être, comme nous l'apprenait jadis Peiper, que beaucoup d'hommes ne sont pas dignes de Lui, mais aujourd'hui je sais aussi qu'Il n'est pas digne de la plupart d'entre nous, et que si la créature a pu engendrer l'horreur c'est uniquement parce que son Créateur lui en a soufflé la recette.
Aussi, j'ai l'impression que le pragmatisme faisait en sorte que le fait que Brodeck nous relate les événements enlevait un peu de l'horreur qui était exhumée, car c'est bien de cela qu'il m'a paru s'agirt ici de déterrer les travers de l'humain... À moins que ce ne soit l'habitude et que celle-ci se répande encore plus vite qu'on le pense :(
Il ne faut pas, même sans le faire exprès, même sans jamais le vouloir, exhumer l'horreur, sinon elle reprend vie et se répand. Elle vrille les têtes, elle grandit, elle accouche à nouveau d'elle-même.
Bref, vous comprenez que j'ai eu de la difficulté à chroniquer ce titre puisque je n'étais pas à mon top niveau forme. Cependant, si vous voulez vous le procurer, je crois que vous pourrez y prendre plaisir, mais je vous conseille de le lire lorsque vous n'êtes pas trop fatigués.


Quelques citations
«L'homme est un animal qui toujours recommence». Mais que recommence-t-il sans cesse ? Ses erreurs, ou la construction de ses fragiles échafaudages qui parviennent parfois à le hisser à deux doigts du ciel ?
Parce que je participe à quelques challenges

Défi-lecture: #
Challenge personnel : #
 Multi-défis : #


 

mardi 5 mars 2019

Quel poison silencieux

Rien ne s'oppose à la nuit 
Auteure : Delphine de Vigan
Couverture : Frédéric Pierret
Édition: Le livre de Poche - 2016 - 403 p.
original: Jean-Claude Lattès , 2011
Biographie, essai, littérature française


Présentation: Delphine de Vigan interroge le passé de sa mère, pour mieux la comprendre, ainsi que ce qu'ils appellent la malédiction familiale.
+ : style
- : aura de mystère
Thèmes: bipolarité, suicide, famille



Mon avis
Je ne sais plus pourquoi ce livre est atterri dans ma wish puisque je sais que je lis peu de biographies. Peut-être qu'à l'époque, c'est le côté bipolarité et suicide qui m'avait attiré sans que je sache qu'il s'agissait d'une biographie. Et heureusement que je ne savais pas ce côté, car je n'aurais probablement jamais découvert ce titre émouvant si je l'avais su.
Delphine de Vigan tente de comprendre la famille de sa mère. Et dès les premières pages, on est conquis par la plume de DeVigan, et on s'attache à la famille, et on se questionne sur quels sont les événements.
Ainsi, Delphine interroge-t-elle oncles et tantes, et autres personnages de l'entourage de sa mère, à la recherche d'explication, d'origine de la douleur, de la compréhension de la souffrance. 
Mais je sais aussi qu'à travers l'écriture je cherche l'origine de sa souffrance, comme s'il existait un moment précis où le noyau de sa personne eut été entamé d'une manière définitive et irréparable, et je ne peux ignorer combien cette quête, non contente d'être difficile, est vaine. C'est a travers ce prisme que j'ai interrogé ses frères et sœurs, dont la douleur, pour certains, fut au moins aussi visible que celle de ma mère, que je les ai questionné avec la même détermination, avide de détails, à l'affût en quelque sorte d'une cause objective qui m'échappe à mesure que je crois l'approcher.
Aussi, à travers cette recherche, il n'empêche pas que l'auteure a des doutes, se questionne.
Pourtant, toute tentative d'explication est vouée à l'échec. Ainsi devrai-je me contenter d'en écrire des bribes, des fragments, des hypothèses.
L'écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d'interroger la mémoire.
Au lieu de quoi je ne peux toucher à rien. Au lieu de quoi il me semble que je reste des heures les mains en l'air, les manches remontées jusqu'au coude, ficelé dans un horrible tablier de bouchère, terrorisée à l'idée de trahir l'histoire, de me tromper dans les dates, les lieux, les âges, au lieu de quoi je crains d'échouer dans la construction ce récit tel que je l'avais envisagée.
C'est donc la quête de l'auteure de trouver la vérité qu'on suit pendant qu'elle nous raconte le passé de Lucile. Et lorsque de Vigan rassemble les éléments pour établir sa vérité, celle qui lui semble le plus plausible, elle mentionne d'autres théories, qui parfois nous semblent irréelles. Je pense entre autres aux différents souvenirs qu'elle récoltait face à un événement menant à un désastre.

samedi 2 février 2019

La vie continue... mais pas la tienne.

[V]ivre 
Auteur : Sophie Laroche
Couverture: Noa Younse
Édition: Éditions De Montagne, 2012, 176 pages
Jeunesse, littérature contemporaine, littérature française

Présentation: On suit les pensées de Félix qui parle à Nathan, son meilleur ami mort dans un accident dans lequel il a été impliqué
+ : émotions
- : autres
Thèmes: alcool au volant, deuil



Mon avis
Et oui, encore un autre Tabou où on pleure! Cette fois, je m'y attendais... Je me revois encore vers la fin du secondaire, et j'ai même revu l'absence que ça créait de regarder un banc. J'étais dans une cohorte après lui, même je peux bien m'imaginer que le passage suivant aurait pu se dérouler pour mes amis qui se trouvaient dans le même groupe.
[...] et, soudain, mon regard qui se pose sur ta chaise vide, au premier rang. Ta saloperie de chaise vide ! La bouffée de chagrin horrifié qui me brûle le visage doit se voir. Sur un simple signe de tête de Madame Forestier, Tom se lève, attrape la table. Étienne prend la chaise et le suit. Ils déposent les meubles au fond de la classe, hésitent un instant et sortent finalement, leur lourd fardeau à bout de bras. 
Bien sûr, le récit est totalement différent des événements qui ont parsemé ma vie. Ici, Félix a été impliqué dans l'accident et c'est son meilleur ami, Nathan, qui est mort parmi les 4 personnes à bord, et un autre ami se trouve dans le coma. Il parle donc à Nathan, essaie de lui en donner du sens, et comme la vie continue, de se relever, même s'il considère que parler à un mort pourrait l'amener à l'hôpital psychiatrique. En lui "parlant", il fait de l'humour noir, se rend compte des différentes expressions qui parsèment son univers et qui lui sont inappropriées dans ce contexte, et relie ça avec les euphémismes qu'il apprenait dans son cours de français.
J'arrête mon humour noir. Il faut que j'arrête! Si je continue sur cette voie, je vais devenir fou. Il faut que je respire de nouveau. J'essaie, mais je n'y arrive pas.
Ce livre nous montre donc que, à l'adolescence, il arrive qu'on veuille repousser les limites pour s'intégrer, faire «bien» et que Quelquefois, faire « bien » fait très mal. On voit aussi comment Félix en vient à s'impliquer dans Educ-Alcool, tout comme on voit Noah, la famille, et la petite amie vivent leur deuil de différentes façons, ainsi que les préjugés qui sont portés par l'entourage parfois. Aussi, même si je ne l'ai pas remarqué pendant ma lecture, lorsque je cherchais un défaut pour mon moins, j'ai trouvé que les autres étaient plutôt évacués, car j'ai trouvé cela centré sur Félix, mais je comprends très bien ce choix de narrateur au je dans l'histoire. 
Bref, une lecture que j'ai appréciée et qui est remplie d'émotions. Donc, n'hésitez pas à lire un extrait pour le découvrir. 

Quelques citations
Elle me sourit. Et la vie m'apprend alors que les sourires peuvent être bien plus tristes que les larmes. 
Des gestes qui n'ont l'air de rien, mais qui tuent. 
Les mots sont les mêmes, mais la voix est devenue plus coupante qu'une lame de sabre patiemment aiguisée. 
La vie continue... mais pas la tienne. Je peux te parler à longueur de journée, ça n'y changera rien.
Ma mère s'inquiète pour moi. Quand je pleurais sans arrêt, les premiers jours, elle voulait que j'aille voir notre médecin de famille. Le docteur Lemasson n'a pas de pilule miracle qui assèchent les yeux par magie! je lui ai répliqué. Maintenant que je ne pleure plus, elle trouve que je refoule trop mes émotions, que je ne parle pas assez… faudrait savoir ce qu'elle veut ! Il n'y a qu'à toi que j'ai envie de parler, mais je ne peux pas lui dire que je discute avec un mort, sinon ce n'est pas chez le docteur Lemasson qu'elle m'embarquera, mais à l'hôpital psychiatrique.
Depuis que tu es mort (mort mort mort  excuse-moi, il faut encore que je le répète pour que ça rentre, que ça ait du sens), c'est comme si moi aussi, j'étais éteint. Que la vie était partie, et pas seulement chez moi, chez Noah aussi, chez Zach bien entendu, dans ta famille, pour Lili-Rose. Nous ne vivons pas, nous ne survivons pas non plus. Nous sommes là, mais plus entièrement.
Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
Défi-lecture: #89
Challenge personnel : #13
Multi-défis : #



samedi 26 janvier 2019

Susciter le soupçon

Nicolas LeFloch, tome 1: L'énigme des blancs-manteaux 
Auteur : Jean-François Parot
Couverture: Rosalba Giovanna Carriera, Portrait of a man
Édition: 10/18, 2001, 371 pages
original: JC Lattès , 2000
Policier historique, littérature française
Présentation: Nicolas LeFloch va apprendre le métier de policier et son enquête sur la disparition du commissaire le fera progresser.
+ :
- :
Thèmes: meurtres, corruptions, 18e siècle



Mon avis
Je voyais souvent passer cet auteur concernant cette saga historique policière et je me suis donc procurée le premier tome l'an dernier. Et dans le cadre du challenge de Licorne, je l'ai donc sorti en lecture commune avec chris 311830, et ai donc échangé au fil de ma lecture. J'ai l'impression, selon nos échanges, que chris l'a plus apprécié que moi puisque j'en ressors avec un avis mitigé. Et je crois que ce titre est tombé dans ceux bien écrits mais dans lequel il manque la petite étincelle qui fait la connection entre le lecteur et l'histoire.
Tout d'abord, j'ai trouvé, tout comme chris, que le style était recherché. C'est fluide et les descriptions sont précises afin que nous puissions nous imaginer la scène. Peut-être ai-je aussi eu l'impression parfois que ça ne laissait justement pas assez de place à l'imagination puisque plein de détails nous étaient donnés.
Partout, dans les angles, les recoins et les culs-de-sac de cet immense labyrinthe, d'étranges mousses humides recouvraient comme une lèpre le corps de la prison. Des volutes de champignons, flottant pareil à de lourdes toiles d'araignée, absorber le peu d’air. de cette atmosphère confinée. D’étranges concrétions minérales, d’un gris tirant sur le vert, dont les points brillaient à la lueur de la lanterne, dénonçaient le salpêtre et le resurgissement des sels qu’exsudait, sous le travail incessant de l'humidité, le calcaire des murs.
Bref, oui, j'aimais être plongée dans l'époque et pouvoir me représenter la scène, le décor, même si des fois, je crois que j'aurais aimé que certaines soient moins détaillées.  
De plus, j'ai aimé que l'auteur nous fasse naviguer dans les pensées de Nicolas qui, sans les réponses, ne peut qu'encore plus se demander comment tout cela s'enchevêtre, essayer de démêler les soupçons qui pèsent sur les différents protagonistes.
Également, même s'il peut nous apparaître uniquement soucieux d'apprendre et de bien faire durant les mois de son apprentissage, LeFloch nous est dévoilé également à travers les événements.
De plus, j'ai aimé voir la progression de l'enquête, les indices et les façons prises à l'époque pour les trouver et les déduire.  
Bref, même si j'en ressors avec un avis mitigé, si le fond vous intéresse, vous pouvez vous le procurer. Chacun a son propre ressenti face à une lecture, et comme je l'ai dit, j'ai l'impression qu'il m'a manqué la petite étincelle de connexion dans ce titre. Comme chris que je remercie pour les échanges pendant cette lecture commune, j'en lirai d'autres puisque j'ai bien aimé le style recherché de ce premier roman, et que j'aime bien lire des policiers historiques à l'occasion. Et j'essaierai aussi de voir si je peux trouver les adaptations de ce côté-ci. 

Quelques citations
On lui aurait donné son billet de confession sans hésiter quand bien même mille questions sans réponse pouvaient susciter le soupçon. 
Aussi bien que ne pourrons-nous le frapper qu’à coup sûr. Il ne faut jamais rater un serpent, on ne retrouve pas l'occasion de le détruire. 
Il n'y avait été ni heureux ni malheureux, uniquement soucieux d'apprendre et de bien faire durant les mois de son apprentissage. Elle prendrait place dans son souvenir et dans son regret comme toutes les choses et tous les êtres abandonnés au bord du chemin, parce que la vie, la mort ou une petite lumière mystérieuse en décident sans appel. 
Décidément, l'inspecteur pensait à tout et, sous son air placide, dissimulait des trésors d'expérience et de pratique policière. 
Parce que je participe à quelques challenges

(Terre du milieu)
(Défi-lecture: #93)
Challenge personnel : #5, et #19
Multi-défis : #75




vendredi 30 novembre 2018

«Vis, ma petite! Sois forte, vis!»

Prodige: polyphonie par Nancy Huston (1999)
Contemporaine, littérature canadienne, littérature française
Babel, 2002, 173 pages
Couverture: Egon Schiele Deux petites filles (détail) 1911

+ :musicalité
- :multiples surnoms...
Thèmes: musique, naissance prématurée, relations mère-fille
Présentation: Maya nait prématurément et sa mère lui insuffle l'espoir de la vie.

Je sentais se profiler une panne de lecture puisque je voyais que j'étais moins enthousiasmée par le fait de lire, puis je suis tombée sur ce livre, et si le temps me l'avait permis, je l'aurais dévoré puisque j'aimais ma lecture.

J'ai apprécié la plume de l'auteure qui était fluide et pleine de musicalité. Bien sûr, le fait que la musique soit un des thèmes aide à créer celle-ci, et j'ai aimé que les connaissances musicales soient transmises en toute simplicité.
De plus, au niveau de l'intrigue, j'ai aimé voir comment la mère décide que sa fille vivra: elle décide de lui parler de sa vie à venir. Puis, rapidement, elles sortent de l'hôpital, et on se retrouve vite avec une Maya préadolescente, véritable prodige. Parfois, on a l'impression que l'auteure s'embrouille, mais c'est loin d'être le cas puisqu'on voit qu'elle mélange passé et présent.
J'ai aussi aimé que l'auteure prenne plusieurs voix, les voix des différents personnages que l'on croise, ce qui à mon avis donne plus d'impact aux relations entre tous ces personnages. De plus, j'ai aimé voir les relations de Maya avec sa mère et sa grand-mère, ainsi qu'entre ces deux dernières. J'ai également apprécié voir comment sa mère met le fait que Maya soit une prodige sur le compte que c'est une prématurée, comment le père s'insère dans ce décor, et la personnalité joyeuse et insouciante de Maya.
J'aurais quand même aimé voir plus en profondeur l'impact plus médical du fait que Maya soit une prématurée, les conséquences ailleurs que sur la musique, mais bon...
Bref, vous comprenez que malgré cela, j'ai grandement apprécié l'histoire et les personnages, tout comme la plume. Bref, une réussite!

Quelques citations
Et de jouer le passage en question. Certes, c'est expressif, c'est impeccable, on ne peut pas dire le contraire.Mais la petite n'en démord pas.
"Pour moi, dit-elle, c'est pas comme ça.
-Mais tu ne penses pas aux auditeurs, à ce qu'ils vont ressentir en t'écoutant! La musique, c'est... comme un cadeau que tu peux leur faire...
-Je sais pas, dit Maya. Mais moi je l'entends mieux comme ça."
Et de jouer le même passage platement, sobrement, en laissant les notes dire seules ce qu'elles ont à dire, sans que des torrents de larmes les charrient, sans que la pédale en grossisse le sentiment. Et il n'y a rien à dire. C'est Maya qui a raison. Plus raison encore que Chopin, si ça se trouve. Implacable, son interprétation.
Accrochée à la vie par un fil incroyablement ténu, tu flottes dans les limbes entre ce monde-ci et l'autre - et je t'aime ma grande prématurée! Je t'aime et je te sauverai! Tu verras. Je t'ai donné la vie, je ne permettrai pas qu'on te la reprenne.
Vis! toi qui n'as pas de nom.
Il me fait pas peur le silence, c'est toi qui m'as appris comme il peut être beau, et comme la musique en a besoin.
Elle trouvait ça franchement comique, et moi aussi, peu à peu: que les femmes les plus élégantes du monde se paradent fièrement dans de la bave sécrétée par de gros vers disgracieux... c'est bidonnant, quand on y pense!
Ne te force pas à affronter tes démons. N'y va pas. C'est pas la peine.
Mais elle y va. Comme à l'abattage. D'un pas lourd. Je sais ce qu'elle est en train de penser, ma fille. Le problème, se dit-elle, c'est que la musique avance, et que moi je ne veux pas avancer. Je la joue mais je ne veux pas aller avec elle: j'ai envie de la retenir, la garder pour moi, la serrer contre moi, la transformer en boule dure et me cramponner autour, me bâillonner avec. 
Parfois, peut-être... on ne veut pas tout avoir. Parfois on repousse ce qu'on a, simplement pour ne pas tout avoir. Je ne sais l'expliquer autrement. 
Tu te rends compte? Tapage nocturne, les trios de Brahms à sept heures du soir?
Parce que je participe à quelques challenges

Chronique rédigée pour 

lundi 5 novembre 2018

l'impérieux besoin de désirer.

Eldorado de Laurent Gaudé (Actes Sud, 2006)
Littérature contemporaine, littérature française
J'ai Lu, 2010, 220 pages
Couverture:  Ian Berry (Magnum)
+ : parcours
- :  «élément déclencheur»
Thèmes: clandestin
Présentation: Un garde-côte, qui repousse les clandestins, rencontre une clandestine qui lui raconte son histoire. Il se questionne sur son Eldorado. Parallèlement, deux frères soudanais partent.

Après avoir été mitigé sur Le soleil des Scorta à deux reprises pour des raisons qui me sont propres, je me disais qu'il fallait que je tente un autre titre de l'auteur puisque, depuis le temps, je sais que unchocolatdansmonroman recommande souvent des thématiques qui viennent me rejoindre. Du coup, pour redonner une chance à Laurent Gaudé, je me suis penché sur les résumés et c'est donc Eldorado qui s'est ajouté à ma PAL.

Déjà, la thématique des migrants clandestins a su trouver plus d'écho en moi, surtout que cette thématique est toujours d'actualité.

J'ai apprécié que le commandant Piracci soit un garde-côte qui intercepte les clandestins. Lorsqu'il rencontre une jeune mère qui lui conte son histoire, on ne revient pas que de telles machinations puissent exister. Et cette rencontre fera réfléchir le commandant sur le but de son travail, le renvoi de ces immigrants illégaux, couplé avec d'autres demandes qui se feront par la suite. J'ai regretté par contre que cette jeune mère soit rapidement oublié.

En parallèle, on suit le départ de Jamal et de son frère Soleiman pour se diriger vers l'Europe, vers leur nouvelle vie rêvée. Par leur périple, on voit l'espoir et l'espoir déçu. On réalise une parcelle de ce à quoi sont confrontés ces migrants clandestins à travers l'argent qu'ils déboursent pour les passeurs, la solidarité entre ces migrants qui ont  chacun leur histoire, mais aussi certains actes que sont prêts à commettre certains pour se rendre à destination, ce qui ne peut qu'inconditionnellement les changer.

J'ai aimé la construction en alternance, comment celle-ci se rejoint sans qu'on s'en rende compte. J'ai aimé la réflexion que ce livre apporte sur la migration. Car, qui sommes-nous pour décider du sort des migrants, pour ériger des frontières? J'avais déjà apprécié l'écriture, mais ici la thématique me rejoint davantage et c'est pour cela que j'ai davantage apprécié.

Quelques citations
Je l'ai suivi avec empressement. C'est ce qu'il voulait. Que je n'aie pas le temps de regarder une dernière fois les amis, d'imaginer quels derniers mots je pourrais leur dire pour qu'ils comprennent ma douleur de les quitter. Que je n'aie pas le temps de flancher. 
Elle lui avait offert cela, peut-être, la gifle des pauvres, l'impérieux besoin de désirer.
Pour dire qu'ils avaient tout fait pour les trouver et pour s'excuser  de n'y être pas parvenus. 
Celui qui saigne et qui va être laissé là, comme mort, avec pour seule richesse sa rage et sa douleur.  
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Challenge Snakes & Ladders



samedi 15 septembre 2018

Cambriolages moqueurs!

Arsène Lupin, tome 1: Arsène Lupin gentleman cambrioleur par Maurice Leblanc (1907)
Policier, littérature française
Édition: Le livre de Poche, 1991, 283 pages
Couverture:

+ : nargue
- : «nouvelles»
Thèmes: vol, enquêtes, "gentleman"
Présentation: résumé succint

Alors, qui ne connaît pas Arsène Lupin? Je dois avouer que je ne le connaissais presque simplement que de nom, mais je crois me souvenir que nous avion étudié un texte (probablement le chapitre/nouvelle qui ouvre ce tome) en cinquième secondaire, mais j'en suis incertaine.

Je dois avouer que j'ai été dérouté par cette lecture puisqu'il y a eu des changements de narrateur qui m'ont surprise, mais on comprend rapidement que c'est parce qu'il s'agit plutôt en fait de nouvelles qui forment un tout. Donc, quand on s'attend à un roman, c'est plutôt déroutant.
J'ai aimé me demander qui était Arsène dans chacune des nouvelles, bien que ce soit facilement identifiable. J'ai aimé que le cambrioleur nargue les autres en plein sous leur nez, ce qui indirectement donnait une petite touche humoristique à la lecture.
Même si certaines nouvelles m'ont plu davantage, il n'y en a pas que j'ai détesté et j'ai aimé que ce tome se termine sur le fait que Lupin nargue Herlock Sholmes. Ça promet pour la suite!


Quelques citations
La hache tournoie dans l’air qui frémit, mais l’aile s’ouvre, et l’on va jusqu’à Dieu.
Lupin ne reste en prison que le temps qu'il lui plaît, et pas une minute de plus.
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Challenge Snakes & Ladders




vendredi 14 septembre 2018

Le germe de la révolte

Germinal par Émile Zola (Rougon-Macquart, tome 13)
Classique, littérature française
Maxi-Poche, 1993, 473 pages (Germinal, 1885)
Couverture: Affiche par Busnach

+ :"société dépeinte"
- :tertiaires
Thèmes:société, grève, conditions des ouvriers
Présentation: Étienne, sans travail, commence à travailler dans les mines et veut faire avancer les conditions de travail des charbonniers.

Zola est depuis longtemps dans ma liste d'auteurs à découvrir, et ce n'est que cette année avec cette lecture que je le découvre, et j'ai bien hâte de voir ces autres points de vue et de voir quels thématiques il aborde dans cette saga.

C'est donc grâce au challenge de Mypianocanta sur les Rougon-Macquart que je le découvre. Cela fait un moment que j'y suis inscrite, mais ce n'est qu'aux mois d'août-septembre que j'ai lus ce titre. J'avais lu le premier chapitre auparavant (mai), mais malgré un style qui partait pour me plaire, je l'avais remisé - je sais, c'est un crime - à cause de ma peur du pavé.
J'ai donc recommencé ma lecture en août et j'ai été enthousiasmé par celle-ci. Oui, c'est un classique, mais il ne faut pas en avoir peur puisqu'il dépeint avec justesse la réalité de l'époque dans un style qui est loin d'être ardu.
J'ai bien aimé voir la critique du système capitaliste sans qu'on sente un côté essai, comme c'est souvent le cas dans ce genre de critique. D'ailleurs, je crois que le chapitre 3 de la troisième partie est celui que j'ai apprécié le plus et c'est celui où on voit le plus les impacts du système.
Bien sûr, en plus de la critique, j'ai aimé les intrigues du récit, voir les «tourments» d'Étienne, sa vie dans les mines avec des descriptions qui font que nous avons l'impression d'être aux côtés des personnages, même si nous ne connaissons rien à la réalité des charbonniers.
Cependant, j'ai peut-être eu un peu de difficultés à me repérer dans des relations de certains personnages, mais il agissait de personnages tertiaires, donc cela ne m'a pas réellement nui: je manquais peut-être simplement de concentration lors de ma lecture.
Bref, vous comprenez que j'ai aimé ma découverte de l'auteur. J'ai bien hâte de voir ce que les autres me réservent. Merci My, sans ton challenge, j'aurais probablement encore tardé!

Quelques citations
On s'était fichu d'eux en les déclarant libres: oui, libres de crever de faim, ce dont ils ne se privaient guère. [...] Les enfants verraient sûrement cela, si les vieux ne le voyaient pas, car le siècle ne pouvait s'achever sans qu'il y eût une autre révolution, celle des ouvriers cette fois, un chambardement qui nettoierait la société du haut en bas, et qui la rebâtirait avec plus de propreté et de justice.
Mais, à présent, le mineur s'éveillait au fond, germait dans la terre ainsi qu'une vraie graine; et l'on verrait un matin ce qu'il pousserait au beau milieu des champs:  oui, il pousserait des hommes, une armée d'hommes qui rétabliraient la justice.
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Challenge Rougon-Macquart 
Challenge Snakes & Ladders
 qui s'est transformé en 

samedi 19 mai 2018

« c'est que des images, il ne peut rien m'arriver. »

L'Ancre des rêves par Gaëlle Nohant
Fantastique, littérature française
Le livre de Poche, 2017, 331 pages ( Robert Laffont, 2007)
Couverture: Studio LGF
+ :  mélange    -: début décousu   Thèmes: cauchemars, marins

Présentation: «les enfants Guérindel, Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson, sont en proie à des cauchemars terrifiants qu'ils taisent à leurs parents» et leur mère semble comprendre d'où ils viennent...

Je ne me souviens plus pourquoi ce titre est atterri dans ma wish, mais depuis qu'il est dans ma PAL, il n'arrêtait pas de me dire Lis-moi! Et je me suis donc lancée, et j'en ressors avec du plaisir.

J'ai commencé ma lecture et été un peu dérouté par la construction du récit. Cependant, comme je comprenais que c'était des rêves qui nous étaient transmis, je comprenais que ceux-ci puissent paraître décousus, et j'ai donc continué puisque ces cauchemars m'intriguaient et je me demandais quels liens pouvaient-ils tous avoir.
Plus on avance dans le récit, plus les cauchemars se répètent, et plus ceux-ci deviennent précis et on essaie de trouver les liens qui les unit tous. On se questionne sur quels liens peuvent avoir ces personnages cauchemardesques avec les enfants Guérindel: pourquoi rêvent-ils à ces gens qu'ils ne connaissent pas, et qui sont d'une autre époque?
J'ai aussi aimé que le rêve central, le plus développé, nous fasse voyager avec ces marins à une autre époque, dans les bancs de Terre-Neuve, et nous fasse frémir sur ce qui peut bien se passer dans la cale, avec ce capitaine qui semble être plus près d'un pirate. Bien sûr, certains paraissent peu développés, et nous entraînent moins avec eux, mais je n'ai pas eu de questions sans réponse lorsque j'ai déposé le livre.
J'ai apprécié l'alternance des points de vue qui nous permettent de nous focaliser sur certains personnages à tour de rôle et qui, plus le récit avance, plus ils s'en rajoutent, parsemant des indices sur ce qui unit tous les cauchemars des frères et la crainte de leur mère.
J'ai eu un peu de difficulté avec certains titrages de chapitre puisque ceux-ci portent les noms de différents personnages et à la fin, j'avais parfois l'impression qu'un chapitre était titré d'un nom pour simplement que ce personnage ait son chapitre, puisque je trouvais que le personnage en question n'était pas assez présent dans le chapitre, même du côté des révélations.
Cependant, bien que dans la réalité, les rêves soient confus, non linéaires, l'auteure a réussi à très bien mener cette confusion, à en tirer profit et à construire un récit qui se tient. Et non, le secret n'est pas qu'ils se réveillent à la fin en se disant qu'ils ont rêvé qu'ils rêvaient de faire des cauchemars.
C'est donc une première découverte de l'auteure pour moi, et j'ai bien apprécié ma lecture.


Quelques citations
Il y a toujours quelque chose d’irréel dans la mort. Ceux qui partent nous laissent seuls, encombrés de tout ce qu’on a pas su leur dire.
Cet endroit ressemblait à son rêve. Dans les cauchemars, on est toujours conduit où on ne veut pas aller. Et plus on avance, plus le décor prend la couleur de craintes personnelles et viscérales.  

Parce que je participe à quelques challenges



dimanche 25 mars 2018

« Oui, la terre retremblera. »

Le soleil des Scorta par Laurent Gaudé
Littérature contemporaine, littérature française
Actes Sud (J'ai Lu), 2004, 249 pages
+ :  plume    -: attachement/projection   Thèmes: pauvreté, fratrie, malédiction
Présentation: Une famille méprisée essaie de se sortir de la malédiction de pauvreté.

J'avais déjà lu ce livre il y a environ un an et demi, et même si je n'avais pas détesté, je n'avais pas adoré non plus. J'ai décidé de redonner une seconde chance pour tenter de comprendre ce qui m'avait déplu et de l'apprécier davantage.

Lorsque j'ai recommencé cette lecture, je dois dire que j'ai embarqué plus dans l'histoire que dans mon souvenir de ma première lecture. Cependant, j'ai l'impression que plus j'avançais, plus mon intérêt diminuait. J'ai tout de même poursuivi pour essayer de voir ce qui me déplaisait dans l'écriture.

Une fan m'avait dit que parfois on reprochait à l'auteur un style trop lyrique. J'ai essayé de me demander si c'était cela qui ne me convenait pas pour me rendre compte que j'appréciais bien la plume, et que ce côté lyrique ne me déplaisait pas. Il faut d'ailleurs que je le retrouve, sans sentir qu'il est forcé, généralement pour apprécier mes lectures.

Donc, j'ai poursuivi, essayant d'apprécier l'histoire à sa juste valeur. Oui, c'est bien écrit, oui, les événements se succèdent et s'enchaînent facilement pour un plaisir de lecture. Mais il me manquait un élément, et ce n'est qu'après grande réflexion que j'ai réussi à trouver ce dont il s'agit.

On a des descriptions, mais je n'arrivais pas à me projeter sur cette terre aride. Pourtant, plusieurs passages la mettaient en valeur. Aussi, en allant survoler certaines critiques, j'ai réalisé que je n'avais pas réussi à m'attacher aux différents personnages, qui pourtant vivent des situations qui nous permettraient de le faire. Je n'ai donc pas su, au moment de mes lectures, me projeter dans cet univers. Et en pensant aux lectures qui m'ont le plus plu dernièrement, j'ai réalisé que j'aime bien me reconnaître dans les personnages, au moins un peu, et je crois que le fait que je n'ai pas su me projeter dans ce monde, ne m'a pas permis de m'y reconnaître.

Vous comprendrez donc que je n'ai pas été la plus enthousiasmée par cette lecture. Pas parce que c'est mauvais, mais parce qu'ici, l'histoire n'a pas su résonner, n'a pas su trouver son écho en moi au moment des lectures de ce titre. Mais comme j'ai pu reconnaître la qualité de la plume de Laurent Gaudé, je le relirai, mais avec un autre titre!

Quelques citations
Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce que l’on possède. Ou l’agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaie de faire au mieux. Il n’y a rien à faire d’autre que d’essayer.
Il n'y a qu'au dernier jour de sa vie que l'on peut dire si on a été heureux, dit-il. Avant cela, il faut tenter de mener sa barque du mieux qu'on peut. Suis ton chemin, Elia. C'est tout.

Parce que je participe à quelques challenges





samedi 13 juin 2015

L'argent du père

 BALZAC, Le Père Goriot
Honoré de Balzac
Le Père Goriot
Classique
435 pages, Le livre de poche, 1968
Résumé: Rastignac est un jeune provincial qui cherche à s'insérer dans la société parisienne. Il lui manque les manières et l'argent. Pour parvenir, il côtoie les femmes du monde, mais reste attaché à son voisin de la pension Vauquer, le père Goriot, vieillard malheureux abandonné de ses filles. Vautrin, forçat évadé, Marsay, politicien ambitieux, et Rubempré, écrivain talentueux, sont animés du même désir de pouvoir. Ils apprennent, chacun à leur manière, les complicités et les alliances indispensables dans une société gouvernée par les intérêts. Seules figures du désintéressement : le père Goriot, vaincu par son amour paternel, et Mme de Beauséant, abandonnée du Tout-Paris. La passion bout dans cette maison comme dans une cocotte-minute, les pages se tournent toutes seules ; c'est ce que chaque palier de la pension Vauquer est devenu.

+: société

-: rebondissements

Thèmes: noblesse, paternité, argent


lundi 18 mai 2015

Les bleus de l'acceptation

Couverture Le bleu est une couleur chaude
Julie Maroh
Le bleu est une couleur chaude
Roman graphique, Romance
156 pages, Editions Glenat, 2010
Résumé:Clémentine, étudiante, rencontre Emma, avec qui elle va vivre une passion amoureuse en dépit des préjugés et du conformisme. Un one-shot fleur-bleue qui traite de façon romantique le thème de l'homosexualité féminine et ses tabous. L'histoire : Emma, une jeune femme, se rend chez les parents de son amie Clémentine. Ils l’attendent pour manger et elle doit aussi récupérer des affaires que lui laisse Clémentine, selon ses dernières volontés. En effet, Clémentine vient de décéder à l‘hôpital, des suites d’un problème cardiaque. Emma, sa petite amie, se remémore les dernières lignes écrites par Clémentine avant de mourir. Son amour si grand et si pur, elle ne cesse de lui répéter que c’était la plus belle chose de sa vie. Emma retrouve son journal intime dans la chambre et commence à le lire. Elle y raconte son quotidien, depuis l’époque du lycée. Emma découvre alors sa sensibilité et ses états d’âmes d’adolescents, comme jamais elle n’aurait pu le découvrir. Sa première rencontre avec un étudiant du nom de Thomas. En l’attendant dans la rue, Clémentine croise un couple de lesbienne, dont l’une des jeunes filles la regarde d’un regard bleu azur. Clémentine fait cette nuit là un rêve étrange : elle imagine la jeune fille croisée dans l’après-midi qui la rejoint dans son lit. Au matin, elle se sent très perturbée d’avoir fait ce rêve étrange. Elle retrouve ses amis au lycée qui lui demande comment c’est passé son rendez-vous avec Thomas. Paniquée de son rêve, elle décide de passer à l’action avec lui…

+: émotions

-: position

Thèmes: homosexualité, adolescence, préjugés


vendredi 3 octobre 2014

Pour la reconquête

Couverture Le Zèbre Editions France Loisirs 1989Alexandre Jardin
Le zèbre
Drame
190 pages (Édition du Club France Loisirs, avec l'autorisation des éditions Gallimard, 1989)
Résumé: Gaspard Sauvage, dit le Zèbre, refuse de croire au déclin des passions. Bien que notaire de province, condition qui ne porte guère aux extravagances, le Zèbre est de ces irréguliers qui vivent au rythme de leurs humeurs fantasques. Quinze ans après avoir épousé Camille, il décide de ressusciter l'ardeur des premiers temps de leur liaison. Insensiblement, la ferveur de leurs étreintes s'est muée en une complicité de vieux époux. Cette déconfiture désole Gaspard. Loin de se résigner, il part à la reconquête de sa femme. Grâce à des procédés cocasses et à des stratagèmes rocambolesques, il redeviendra celui qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : l'amant de Camille, l'homme de ses rêves. Même la mort pour lui n'est pas un obstacle.

+: simple

-: redondant

Thèmes: amour, conquête


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