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samedi 28 novembre 2020

les moments auxquels on s'attache

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Petite laine 
Auteure : Amélie Panneton
Édition: Les éditions de ta mère - 2017 -  329 p.  
Couverture: Mügluck 
Contemporaine, québécoise

Présentation: Une jeune documentariste fait des recherches sur des colocataires qui faisait du tricot-graffiti
+ : distrayant
- : décousu
Thèmes: amitié, tricot-graffiti



Pourquoi ce livre
Parce que je voulais quelque chose de plus léger dans ma commande du 12 août, et que j'ai ressenti le besoin de le lire en novembre.

Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans "J'aurais voulu être un artiste"

Mon avis
Bon, je l'avoue d'emblée, ce n'est pas le titre qui m'aura le plus réussi, quoique, puisque je me suis rendue à la fin, je n'ai pas détesté. 
Je crois que ce qui m'a le plus déplu, c'est le fait que les mémoires des anciennes colocataires s'entremêlent trop, et on ne sait plus trop si c'est ce qui se passait, si les vieilles ont des souvenirs fidèles aux événements. Peut-être était-ce une analogie de tous ces fils de laine qui s'emmêlent et qui sont très difficiles à démêler, mais ici, l'auteure n'arrive pas à dénouer, démêler tous les bouts qu'elles nous relatent, afin que cela devienne cohérent et crédible. Donc, oui, ce titre sur le tricot m'a semblé décousu, inachevé. Je crois aussi qu'une des protagonistes n'est pas interrogée amplifie ce sentiment puisqu'elle m'a semblé être en avant-plan dans leur jeunesse, et être au coeur des liens qui les unissait à différents égards. Donc, il y a trop d'éléments qui me semblent inachevés, ou c'est moi qui n'ai pas réussi à assembler les différentes pièces. 
Mais, je vous l'ai dit, je suis venue au bout. Ce qui montre que le titre avait tout de même des qualités. Je l'avais choisi pour une lecture détente, et oui, c'est une lecture qui a été dans ce sens, avec ces entrevues rapportées. Je dis entrevue, mais c'est plutôt les souvenirs qui lui sont rapportés que la documentariste transcrit. Et à travers cela, j'ai apprécié voir les différences entre les protagonistes, leur façon de réagir et de ne pas vouloir blesser leur camarade, ces souvenirs d'amitié. 
Donc, j'en ressors déçue, oui. Peut-être avais-je trop d'attente ayant déjà lu Comme une chaleur de camp de feu, qui fait que je relirai sans doute encore l'auteure. Mais je crois que c'est beaucoup à cause de cette sensation que les fils n'ont pas bien été démêlés que je reste beaucoup sur ma faim. Peut-être qu'il pourrait vous plaire davantage qu'à moi! 

Quelques citations
Bon. Les gens sont pas comme ça, c'est sûr. Marjo était pas comme ça. Marjo avait besoin - c'est ce que je pense en tout cas, vous en faites ce que vous voulez - Marjo avait besoin de s'accrocher encore un peu à ses tristesses. Elle les traînait depuis longtemps. On s'attache à ces lourdeurs-là. On finit par penser qu'il y a pas d'autre façon d'être soi-même, que ça vient avec. C'est ce que je pensais. Même si, dans ce temps-là, j'aurais pas pu vous l'expliquer comme aujourd'hui. Comme quoi il y a des avantages à vieillir.
Mais à quoi servent les souvenirs, de toute façon? 
À rien. À se rappeler qu'on peut pas revivre les moments auxquels on s'attache. Et il n'y a pas de refuge contre ça. 

Vous venez ici pour des histoires de tricot-graffiti et vous repartez avec mes niaiseries sentimentales. Mais c'est jamais facile de se tenir loin de ses sentiments, vous savez. Même quand ils ont eu en masse le temps de s'empoussiérer. On souffle dessus et ça revient vous picoter les yeux. 

Il y a des personnes qui passent leur vie à envahir votre histoire. Tous ces gens plus grands que nature sur lesquels on écrit des livres? Ils sont insupportables pour qui essaie d'avoir une vie qui ait le moindrement de sens. Je ne sais pas si vous me comprenez?

Mettre les choses en mots, c'est leur permettre de vous perforer à nouveau.  

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? 12 thèmes


mardi 10 novembre 2020

Si près de soi.

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Manikanetish 
Auteure : Naomi Fontaine 
Édition: Mémoire d'encrier - 2017 - 133p. 
Couverture d'Étienne Bienvenu
Contemporaine, littérature québécoise

Présentation: Yammie obtient un contrat d'enseignement dans sa communauté autochtone qu'elle avait quittée. 
+ : douceur
- : similarité
Thèmes: enseignement, autochtone



Pourquoi ce livre
Parce que je voulais de la littérature autochtone. 

Anecdote
Bon, je cherchais le livre autochtone que j'avais abandonné il y a quelques années, et adepte de la deuxième chance, en lisant des extraits de celui-là, je me suis dit que ce devait être le livre en question...

Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans Arnaq, et de ce fait, ça va aussi dans Fracture du crâne, grâce à la diversité culturelle.
Mon avis
C'est donc avec appréhension que je me suis relancée dans cette lecture, et plus j'avançais, même si le début me disait quelque chose, je n'avais pas l'impression que le style aurait été quelque chose qui me l'aurait fait abandonné, ni que le quotidien raconté ne m'aurait pas encouragé à poursuivre. Et pourtant, j'avais l'impression d'avoir déjà lu. N'était-ce qu'à cause des extraits lus? Était-ce un livre que j'aurais mis sur pause, sans m'en souvenir, n'étant pas dans le bon état d'esprit lors de ma lecture? Je ne le sais pas, surtout qu'en fouillant, j'ai retrouvé un endroit où je mentionne l'abandon d'un titre qui n'est pas celui-là! 

Je crois que vous avez pu comprendre que, cette première partie, je ne la détestais pas, même si je trouvais qu'on était trop dans une description du quotidien, et qu'il me semblait y avoir une distance. De plus, je n'avais pas l'impression de lire de la littérature autochtone, mais simplement quelque chose qui se passait normalement au Québec. Et pourtant, cela ne fait que montrer, il me semble, que nous sommes tous semblables. 
M'avait-on déjà humiliée parce que j'étais Innue? Peut-être une fois ou deux. Pas suffisamment du moins pour que la honte s'établisse. Et pourtant elle était là, liée à mon incapacité à m'identifier à eux. À ce eux qui auraient dû être ce nous. Le nous me glissait dans la gorge lorsque je devais expliquer mon appartenance. 
Et après cette première partie, j'ai trouvé qu'on plongeait davantage dans les relations, qu'on ressentait plus l'attachement, et c'est pour cela que c'est surtout à partir de la deuxième partie que j'ai davantage apprécié le récit. En plus, l'auteure nous montre les similitudes des vies des adolescents, qui peuvent sembler manquer d'originalité dans ce quotidien, en comparaison de ce à quoi je m'attendais. Mais l'auteure trouve son originalité dans sa façon de le rapporter tout en douceur, tout en simplicité. 
Le silence s'est installé. C'était en effet la triste réalité qui nous ramènerait à la maison. Avec laquelle il faudrait continuer à avancer. La solitude, la survie, le stress et la sérénité. La sérénité d'accepter les choses que nous ne pouvions changer. Toute une semaine passée dans l'isolement nous avait fait croire que nous étions des êtres invincibles. Enveloppés par la légèreté, nous ne voulions plus la quitter. 
Bref, cette simplicité nous permet de nous laisser bercer par les mots, ce qui fait que moi, j'ai apprécié le peu de temps passé en compagnie de cette plume. Faites vous-en  votre propre idée si vous le souhaitez!
 
D'autres citations
Je les observe un à un. Leurs postures, leur manière de fixer le sol, le dos plus courbé qu'à l'accoutumée, et devant le silence, le silence incommodant, encombrant de ce cercle que j'ai formé, je me décide à parler. 
[...]
Chacun prend une bouffée d'air. Que peuvent-ils bien se dire dans leur tête? Où errent leurs pensées? Pourquoi cette journée doit-elle être si sombre? Et comment fait-on lorsque la douleur nous rappelle si sauvagement que la vie est un combat? 
Je ne comprends pas et je ne ferai pas semblant de comprendre pourquoi c'est arrivé, dis-je en les regardant à tour de rôle. 
Je n'arrive pas à nommer cette mort-là tout haut. 
Nous étions ailleurs, très loin des livres et des bureaux. Très loin des réseaux sociaux et des commérages de la réserve. Très loin de la souffrance et des drames familiaux. Plus loin encore que tous les endroits où j'avais déjà posé les pieds. Et pourtant nous étions si près. Si près de soi. 

Parce que je participe à quelques challenges
 
Chronique rédigée pour 

lundi 10 août 2020

Souvenirs de lecture

Bon, les habituées le savent, je suis irrégulière dans les chroniques, et vous voyez que je semble essayer de rattraper mon retard dans celles-ci ces temps-ci. Et vous n'avez pas tort. Or, je n'ai pas la chance d'avoir les mêmes souvenirs que pour Futu.Re pour des lectures plus ou moins lointaines, ou pour certains titres, je n'ai tout simplement pas la sensation d'avoir assez à dire pour écrire une chronique individuelle. Bien que certains titres, j'ai pris le parti de ne pas les chroniquer, il y en a certains qui arrivent dans les catégories de la phrase précédente, et que je tiens à vous partager. C'est pour cela que je reviens avec une multi-chronique pour vous parler de quelques titres.

Une pluie d'étincelles de Tamara McKinley

Bien que le sujet ne soit pas le plus enthousiaste (feu dans l'outback Australien de l'après-guerre), j'ai passé un bon moment avec ces personnages. J'ai apprécié voir comment ils géraient le feu à cette époque et apprécié le style. J'ai aimé voir comment les différents personnages s'entrecoupaient, bien que je me sois posée des questions sur le père, c'est surtout de voir la vie de l'époque qui m'a le plus plu. J'ai senti un peu de mou vers les trois quart, mais somme toute, une lecture qui m'a divertie.

Congo Inc. de In Koli Jean Bofane

On ne bafoue pas la nature, sinon elle se venge.

Voilà un titre dont j'ai remarqué plusieurs passages, mais dont j'ai l'impression que de les mettre dans une chronique ne ferait que tourner en rond puisque j'en suis sortie mitigée. Il est intéressant, fait réfléchir sur la mondialisation, la nature, qui sont les éléments sur lesquels j'ai remarqué plusieurs passages dont vous pouvez voir l'idée principale je crois par celle que je vous ai noté ici.  Cependant, je n'ai pas réussi à sentir d'émotions (face à Isoo, à l'histoire, pas par rapport à la situation). J'ai trouvé que les passages sur la situation du Congo n'étaient pas aussi bien intégrées dans l'histoire qu'ils auraient pu l'être. Même si la plume était sérieuse, celle-ci est fluide et m'a permis de l'apprécier. Et je crois que le plus de ce récit réside dans la réflexion sur la nature et la mondialisation. 

Le secret des abeilles de Sue Monk Kidd

Je n'ai pas vu le film, et ce qui m'attirait dans ce titre, c'était le côté ségrégation. Hors, j'ai trouvé que celle-ci restait en arrière-plan par rapport à d'autres titres que j'avais lus, surtout que le côté émeutes raciales dans la quatrième m'avait laissé penser que ce serait davantage présent. Cela est peut-être la raison pour laquelle j'ai moins apprécié qu'escompter. Cependant, le récit prend ses aises petit à petit, grâce à une bonne construction, ce qui m'a permis de trouver intéressante la façon dont Lily prend sa place à travers ses apicultrices. Je verrai sans doute le film pour voir comment cela a été adapté. 

L'égarée de Donato Carrisi (Mila Vasquez, tome 3)

Voilà, ça fait un bon moment que j'ai lu L'écorchée, au point que je ne me rappelle pas comment ça se termine. Mais je savais que ce titre faisait partie de la saga, et j'avoue qu'au début je me demandais si je lisais la bonne chose: j'avais surtout un doute sur un élément, qui se révèle être la chute de ce tome-ci. Même si je la pressentais, des éléments me faisaient douter: j'ignore s'ils sont des incohérences ou s'ils n'ont pas été répondu, car je n'ai pas relevé ce qui pouvait les expliquer. Bien qu'un départ plus lent à cause de mes interrogations, je retrouvais le style, et encore une fois ce fut addictif comme lecture, et permet de mettre une part d'éclairage, car on veut voir le fin mot de l'histoire. 

Obasan de Joy Kogawa

Malheureusement, même si je voulais en apprendre sur l'exclusion des Japonais au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Or, il y a plusieurs passages où le brouillard des souvenirs est évoqué, et je dois dire qu'à la lecture, ce brouillard est opaque, laissant le lecteur extérieur. J'ai eu l'impression que l'auteur prenait cela comme si c'était une thérapie, comme si c'était une écriture d'extériorisation des souvenirs, mais moi, ça m'a laissé hermétique, et me l'a fait abandonner. 

                          
Aussi, je me rends compte que tous ces titres entraient dans le défi Glace et fudge par leurs thématiques. Bien qu'il y en ait que je n'ai aucunement chroniqué sur le blog, c'est peut-être la raison pour laquelle je tenais à vous glisser des mots sur ces titres puisque je trouve ces thématiques importantes! Et j'en profite donc pour vous mentionner les défis auxquels ces titres ont aussi contribué: 
Tour du monde
Snakes & Ladders
Le temps à l'envers
Adaptations
12 thèmes


dimanche 24 novembre 2019

l'armée de démons que tu traînes

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Autour d'elle
Auteure : Sophie Bienvenue
Édition: Cheval d'août - 2019 - 200 p.
Original: 2016
Photographie de couverture: Jacqui Miller
Littérature contemporaine, littérature québécoise

Présentation: On gravite autour d'une mère et de son fils confié à l'adoption
+ : choral
- : présentation
Thèmes: vie, famille



Pourquoi ce livre
Parce qu'il était de Sophie Bienvenu et que la phrase Bientôt, je rencontrerai ma mère biologique. m'accrochait comme prémisse à l'histoire.

Mon avis
Tout d'abord, je dois dire que ma plus grosse déception a été à cause de la présentation qui, dans mon interprétation, me laissait présager que l'histoire tournerait autour de la rencontre entre une mère et son fils. Oui, ça tourne autour de ses personnages, mais pas autour de la future rencontre, ce qui fait que l'espoir que j'avais face à cette lecture n'a pas été comblé. Cependant, cela ne m'empêche pas de constater que j'avais dans les mains une histoire de qualité, encore une fois de la part de Sophie Bienvenu.

On gravite autour de la mère et du fils, avec les différents personnages qui ont croisé leur vie. Cela dans un roman choral qui, pour ma part au début, vu mes attentes, m'a déstabilisé, mais quand j'ai compris - rapidement - que ce serait un roman choral, j'ai pu embarquer dans l'histoire et suivre tous ces différents personnages qui avaient chacun leurs bibittes.
Avec toi, rien n'est jamais grave, parce que tu vois tout au travers de ta crisse de lentille qui te sert de bouclier. P'r'êt que c'est efficace contre l'armée de démons que tu traînes, mais ça fait surtout le vide autour de toi, et essaie pas de me faire croire que t'aimes ça. Crois pas que je l'ai jamais vue, ta solitude. Va pas t'imaginer que t'as réussi à me la cacher. Tu penses que j'ai pas remarqué que c'est des larmes que t'as dans les veines, pas du sang? Tu peux jouer la comédie à tout le monde, mais pas à moi. Je sais qui t'es. J'aurais pu te protéger. Si ç'avait pris une machine à voyager dans le temps pour effacer ton passé tout croche et que tu sois bien, j'aurais trouvé un moyen de la construire.
Je suis surtout la pro du sourire fake et de l'amour imité. Je me suis éteinte. J'ai quitté mon corps et je le regarde évoluer, anesthésiée. C'est ça qui m'a rendue folle. 
Elle a été quand même pas si pire, ma vie, des bouttes. Dommage qu'elle doive finir ce soir. Mais c'est pas grave, parce qu'elle va recommencer demain. 
De plus, j'ai apprécié les choix que l'auteure a fait sur les personnages qui croisent la route des principaux, la façon dont on se demandait quel lien les unissait parfois en début de chapitre pour n'avoir que la réponse à la fin, et aussi comment les ellipses subtiles nous font avancer dans le temps.

Aussi, j'ai aimé retrouvé la plume de l'auteure. Bien que moins cru que dans mon souvenir de Et au pire, on se mariera, on sent encore de la colère bien ressentie par certains personnages qui même si chaque narrateur est au je, on peut aisément voir toute la panoplie de styles qui conviennent pour chacun des personnages croisés.
Tout le monde essaie de trouver de quoi pour changer de conversation, mais c'est une vraie question que j'avais. Ça me prend une réponse. Comme quand elle nous a offert un camp de jour, aux enfants des employés, l'été passé, pis la trouver donc généreuse. Comme si ça leur faisait rien de se faire mettre dans la face qu'ils pouvaient pas offrir des affaires à leurs enfants, par une princesse qui a rien vécu pis qui se pense meilleure qu'eux autres. Moi, j'avais un problème avec ça. Mais y a fallu que je me ferme la gueule. On les fait tout le temps taire les gens qui dénoncent. C'est de même partout, depuis tout le temps.
C'est tu pour tromper ta misère que tu veux aller immortaliser celle du monde? Mais guess what? Tu seras jamais grand reporter, tu te rendras jamais plus loin que Sainte-Perpétue, à couvrir le festival du cochon graissé pour un journal local. Tu penses que t'as un rôle à jouer pour régler les problèmes de l'univers, tu te crois spéciale, mais tu l'es pas. T'es rien que spéciale pour moi, pis t'as pas été capable de t'en rendre compte. Too bad. Ce sera trop tard quand tu voudras revenir, quand tu te seras aperçue que t'as pas besoin de tout ça, que tout ce que tu veux, c'est que je t'aime et que je te rende heureuse. 
Aussi, j'ai aimé la place accordée à la musique dans le récit, ce qui est très bien intégré avec chacun des personnages. Ça m'a aussi permis de découvrir Résiste, interprété par France Gall, chanson que je ne connaissais pas et qui, pour moi, est bien meilleure qu'Ella elle l'a. Je trouve aussi que Résiste arrivait au bon moment dans le récit, même si la chanson aurait pu être mis partout!

Voilà, peut-être que si mes attentes suite à la présentation auraient été différentes, j'aurais eu un coup de coeur (quoique dur de battre Et au pire, on se mariera), mais même si je n'ai pas eu de coup de cœur pour le roman, j'en ai eu un pour le chapitre Valeur sentimentale, et j'ai grandement apprécié cette lecture que je ne peux que vous inviter à vous la procurer en vous en souhaitant une excellente.

Quelques citations
Ça prend plus de temps de se décider à partir que partir pour de vrai. Surtout quand on sait qu'on ne reviendra pas.
«J'ai eu l'impression d'être jeune toute ma vie, et un matin, hier ou avant-hier, je me suis réveillée, et j'étais vieille. OK, pas vieille, mais plus jeune, disons. Y a des choses qui ne reviendront jamais et desquelles je dois commencer à faire mon deuil. Je vais sonner vieille conne, justement, mais la vie c'est ça: une série de deuils. Même quand t'es heureux, les moments de joie passent, et il ne te reste plus que du vide, à la fin.
«J'ai vécu des années à vouloir ne rien avoir à perdre. Et tu vois, aujourd'hui, j'ai pas accumulé grand-chose. Du moins, rien d'important. Et j'ai souffert pareil.
«C'est con, hein?»
Parce que je participe à quelques challenges
Défi-lecture: #3
(Challenge personnel : #15)
 Multi-défis : #88


samedi 16 novembre 2019

quoi de plus normal

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Nikolski
Auteur : Nicolas Dickner
Édition: Alto - 2005 - 322 p.
Littérature contemporaine, littérature québécoise

Présentation: De jeunes adultes entament leur vie d'adulte, en ayant en tête leurs origines.
+ : différences
- : entrecroisement
Thèmes: quête, "pirates", "généalogie"


Pourquoi ce livre
Parce que j'ai dû me le procurer à cause d'une ancienne édition de Québec en novembre - je crois -, et que là, une nouvelle édition avait lieu.

Mon avis
Comment chroniquer ce titre, car je dois dire que je suis ambivalente, car je n'ai pas trop aimé la fin sur l'entrecroisement des personnages.

Tout au long du récit, on suit des personnages en alternance, avec des précisions sur leurs origines, puisque, jeunes adultes, ceux-ci sont toujours en quête. Même si le rythme est agréable, le style fluide, j'ai trouvé que je demeurais plus spectatrice à ce qui se passait que plutôt que d'embarquer à 100% dans l'histoire, ce qui peut aussi expliquer mon sentiment mitigé face à cette lecture. Peut-être aussi l'étiquette littérature du terroir y est-elle pour quelque chose. Oui, avec la relation aux ancêtres, et les passages sur leurs vies, on voit un peu cet aspect, mais je considère beaucoup plus ce récit comme un contemporain de la fin du 20e siècle que comme un roman du terroir. D'ailleurs, j'ai bien apprécié comme ces passages sur les parents de nos jeunes adultes étaient amenés.

Cependant, avec mon expérience de lectrice, là où le bât blesse, c'est surtout sur la fin qui m'a déçu. Tout le long du récit, on se demande comment cela va aboutir, va s'entrecroiser, mais pour moi, avec cette construction, le fil ténu aurait pu se ressentir beaucoup plus, car là, ça donne un peu la sensation que l'auteur n'a pas abouti son idée.

Pour moi, c'est donc une lecture mitigée, surtout à cause de ce fil trop ténu, malgré une construction qui fait du sens. Chaque lecteur est différent et on en a une preuve ici, puisque mon édition avait une mention coup de cœur dessus. Vous pouvez vous faire votre propre idée, selon votre expérience de lecture, en vous le procurant.
Aussi, dans le cadre de cette édition de Québec en novembre, Enna et Sylire ont tenté l'expérience audio de ce titre!

Quelques citations
Elle s'est arrêtée devant un ballot de vieux journaux. Sur le dessus, une publicité annonce les Spéciaux de la Rentrée. En grande vedette dans son petit cadre austère, un IBM 286, processeur cadencé à 50 MHz, 1 Mo de mémoire vive, 30 Mo de disque dur, lecteur de disquettes 1,44', moniteur VGA, imprimante laser - le tout pour 2 495 $ (taxes en sus).
- En réalité, la récupération d'ordinateurs est dans une impasse. Une tonne de circuits imprimés rend quelques onces d'or, alors pour faire des profits tu dois traiter un grand volume de matières premières. Il faut séparer les circuits, les processeurs, les filages, les disques durs, les boîtiers. Tu te retrouves avec des tonnes de déchets toxiques sur les bras. Le processus est difficile à rentabiliser. Trop de manipulations, trop de résidus dangereux à gérer. Alors on ferme les yeux sur la Convention de Basel et on exporte les déchets électroniques en Asie.
- La convention de Basel encadre le transport et le traitement des déchets. En théorie, ça empêche les pays industrialisés d'exporter leurs ordures dans le tiers-monde. Le traité a été mis sur pied en 1985, quelques années avant la chute du Mur de Berlin. C'était dans l'air du temps: aussitôt que le rideau de fer est tombé, l'Europe de l'Ouest a commencé à exporter ses surplus de déchets en Pologne, en Bulgarie et en Ukraine.
- Je n'arrive pas à croire que l'on exporte des déchets !
Simòn encaisse les événements avec un sang-froid étonnant. L'étrangeté de leur départ, il faut le dire, est atténué par l'invraisemblance générale de la situation : dans un monde où l'on traverse la mer des Caraïbes à dix mille mètres d'altitude en écoutant Britney Spears en circuit fermé, quoi de plus normal que de décamper à deux heures du matin, sans dire au revoir à personne, pour aller passer le temps des fêtes dans l'hémisphère voisin ?
Parce que je participe à quelques challenges

Défi-lecture: #
Challenge personnel : #
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Cerise sur le gâteau

mardi 2 avril 2019

survivre aux brutalités que la vie nous inflige

Toutes les fois où je ne suis pas morte 
Auteure : Geneviève Lefebvre
Couverture : Alex Pérez de Leon
Édition: Libre Expression - 2017 - 319 p.
Littérature contemporaine, littérature québécoise

Présentation: Catherine part à Bruxelles peu après les attentats de Paris rejoindre son amant, et ses désillusions lui font nous plonger dans son histoire, tout en rencontrant d'autres personnages.
+ : style
- : liens
Thèmes: amour, abandon, souvenir



Pourquoi ce livre
Parce que le résumé avait capté mon attention en librairie, et je l'ai sorti puisque je devais encore lire un titre avec le champ lexical de la mort.
Mon avis
J'avoue qu'après avoir tourné la dernière page, je ne savais pas quoi mettre comme présentation pour le récit, car j'avoue que je ne savais pas trop comment le résumer. Et c'est aussi ainsi pour mon avis, car bien que lu aisément, il m'a semblé manqué un morceau.
Tout d'abord, je trouve que ce livre parle de la vie, de ce qui se passe quand tout s'écroule autour.
On croit que la vie nous est acquise. Qu'on peut la maltraiter, l'ignorer, la négliger, la laisser sur le bord du chemin comme une chienne qu'on abandonne, comme une femme à qui on ne fait plus de compliment. On sort d'un oiseau de métal qui pèse des tonnes, qui a réussi à prendre le ciel, à traverser l'Atlantique, à se poser sans se fracasser, et qu'on ne dit pas merci, Non, on grogne, maussade, parce que la dame sardine devant nous a du mal à sortir du piège de samba.
On est cons.
Sans lui, je serais morte. Au fond, c'est le seul homme à m'avoir sauvé la vie. Pour le remercier, j'avais tué ma fille.
Pardon.  
Entremêlé avec de l'amour, les souvenirs qui y sont reliés et les désirs.
Quand tout tombe, les mondes et les bombes, quel refuge reste-t-il à part l'amour?
Rien.
Aimer, être aimé, c'est le seul refuge, l'unique mesure de sécurité, le seul endroit qui vaille la peine de braver tous les niveaux d'alerte. 
Oui, dur d'expliquer, car on suit Catherine, on voit ses émotions aussi, ses réflexions tout le long du récit. On se demande comment cela évoluera, mais je vous l'ai dit, j'ai l'impression qu'il manquait un gros morceau, car bien qu'on ait vu comment Malik était indirectement relié à Catherine au final, je ne sais pas trop où l'auteure voulait nous mener au final. Peut-être n'ai-je pas bien compris la fin, mais je ressors avec une sensation qu'il me manque un lien pour avoir pleinement apprécié ma lecture.

Au moment d'écrire ma chronique, j'ai à nouveau regardé la 4e de couverture, et il y est indiqué style incisif et provocateur, et je dois dire que c'est surtout ce côté qui m'a plu dans le récit, ce style incisif qui nous plonge dans nos retranchements. J'ai aussi apprécié la façon dont la romancière avait d'intégrer certaines expressions vues et revues, en y appliquant son style.
Je n'en pouvais plus de tous ces oeufs sur lesquels il me fallait marcher sans fendre les coquilles.
Le nid des djihadistes, avait décrété un expert international en terrorisme, le sourcil sentencieux, le verbe catégorique, et le nez poudré pour la télé. Il avait prononcé tous les mots attendus, utilisé le bon vocabulaire. C'était la faute au chômage, au désoeuvrement, au racisme. L'Europe ne savait pas y faire avec ses nouveaux arrivants, elle n'arrivait pas à surmonter son attitude coloniale, avait-il ajouté, lui-même impérial. Devant lui, l'animatrice éblouie de tant de précieuses leçons de morale avait hoché la tête avec émotion. Oui, c'était la faute au racisme, voyez comme c'est vilain, le racisme, un bubon plein de pus, si commode pour la speakerine conscientisée et l'expert avisé.
Ce qui ne les avait pas empêchés de qualifier Molenbeek de « nid » toutes les trois secondes, comme s'il s'agissait d'une infestation de vermine qu'il fallait passer aux lance-flammes.
Bref, même si j'ai bien apprécié suivre Catherine, ses pensées, sa vie, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose pour la lier véritablement à certains personnages. Vous pouvez voir si vous aurez un avis différent.

Quelques citations
Ta mort a été la fin de nous, de ton père et moi. Tu as emporté notre amour avec ta vie, tu t'es sauvée avec notre plus précieux butin, nous laissant exsangues et dévastés, orphelins de toi. Et cette fois là non plus, à mon grand désespoir, si grand que j'en étais incapable de pleurer, incapable de parler, je n'en suis pas morte.
J'aurais voulu en mourir pourtant. J'aurais dû en mourir.
Et puis, tu es moins beau que lui, tout le monde s'en fout des beaux gosses, ce qu'ils aiment, les gens, c'est des histoires avec des hommes pleins des cicatrices. Ce n'est pas le mal qui les intéresse, c'est la guérison. Ils veulent savoir comment font les autres pour survivre aux brutalités que la vie nous inflige. 

Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
Défi-lecture: #


mardi 12 mars 2019

je me réconcilie avec la vie

Mon fol amour
Auteure : Dominique Demers
Couverture : Photomontage par Anouk Noël à partir d'une photo de Andres Rodriguez
Édition: Québec Amérique - 2017 - 379 p.
Contemporaine, littérature québécoise

Présentation: Dominique s'achète un chalet, et va au gré des rénovations!
+ : distrayant
- : ? il ne m'en vient pas à l'instant
Thèmes: rénovation, chalet, amitié/amour



Pourquoi ce livre
Bon, je l'avoue, le fait que c'était centré sur la relation d'amour de l'auteure envers sa maison m'a rebutée, mais pour Elrond dans le challenge de Terre du Milieu, je l'ai pris, sans le lire. N'empêche que mars a débuté et que pour une quelconque raison, le titre m'a attiré. Et je m'y suis donc lancée. Après tout, c'est Dominique Demers!

Mon avis
Et au début, je remarque qu'il est mentionné sur le dos qu'il s'agit d'une fiction inspirée de sa vie. Heureusement donc que je ne l'avais pas pris pour Elrond ;) Me voilà donc lancé dans ma lecture, avec moins d'a-priori probablement que lorsque ce livre m'avait été présenté. Et dès le départ, on se retrouve dans l'univers avec la plume propre à Dominique Demers. Bien que j'ai trouvé les descriptions moins nostalgiques, il n'en demeure pas moins qu'elles sont encore fluides, empreintes de beauté, et que certaines nous estomaquent.
Même si le spectacle n'est guère attrayant, ce que je découvre sous ma petite maison de rêve ressemble à ce qui se cachait sous le chalet de ma tante Jacqueline établie sur les rives de l'Outaouais. Terre battue, réservoir d'eau chaude posée sur de vieilles planches, fils électriques qui pendouillent, enchevêtrement de tuyau d'eau, poutres et poteaux de toutes sortes, certains d'apparence douteuse, d'autres un brin moins, et toiles d'araignée en quantité industrielle. Il fait noir et mon père aurait dit que ça sent le diable.
Pendant la nuit, il a neigé encore, puis les cristaux ont fondu, juste avant qu'un grand froid givre tout. Plus féerique, tu meurs ! Une délicate membrane de glace aux reflets d'argent recouvre chaque minuscule portion du paysage. Depuis les hautes herbes et les fines feuilles des buissons au bord du lac jusqu'aux branches nues des arbres géants, sans négliger 1 cm du tapis blanc. Tant de beauté mes laisse le coeur tremblant et la gorge nouée.
De plus, à travers tous les événements concernant le chalet qui nous font nous demander jusqu'où ça ira, on voit la vie suivre son cours avec les sorties suivant les rencontres Internet, ainsi que son désir d'écrire dans cet endroit. J'ai d'ailleurs bien apprécié les passages avec les amoureux potentiels, qu'ils aient été en direct ou racontés aux amis, passages qui m'ont souvent bien fait rire.
Le ton d'alarme me fait imaginer une attaque d'Iroquois ou un débarquement de Martiens.
– Une grosse araignée d'eau ! s'exclame-t-il. Sur le lac… Là !
J'éclate de rire.
– C'est OK. Je les ai adoptées. On est dans leur territoire. Une araignée, c'est pas pire qu'un papillon. C'est juste laid…
– Ça pique!
– Elles me m'ont jamais rien fait…
Dans une position d'homme des cavernes, Louis élève son aviron au-dessus de la pauvre araignée d'eau, une bibitte plutôt répugnante effectivement.
– Noooon !
Trop tard. L'aviron s'abat sur la bête avec suffisamment de force pour éclater, brisé en deux morceaux. Ma première pensée est pour la victime. Je soulève le bout plat de l'aviron ayant servi d'armes. Zéro pâté d'araignée dessous. Fou ! Le brave animal a fui à temps.
De plus, j'ai aimé voir à travers les rénovations, certaines réflexions sur l'écriture, et au moment de choisir mon titre de message, je réalise également que les rénovations de ce chalet, bien qu'avec de nombreux balbutiements, peuvent sans doute contribuer à réconcilier avec la vie, avec tout cet amour qui y est mis. De plus, toutes ces rénovations font qu'on voit le chalet évoluer, tout comme l'auteure au gré de ses rendez-vous, de ses rencontres. D'ailleurs, j'ai bien apprécié ce passage qui reflète bien ma pensée et que je vous invite à méditer quand vous êtes prompts à juger des autres (moi aussi d'ailleurs qui l'oublie encore parfois!):
Cet échange a révolutionné mon existence. J'étais persuadée que tout le monde pensait comme moi : entre une base et un sommet, on ne pouvait opter pour autre chose que le sommet. Ce que je croyais universel ne l'était tout simplement pas. J'ai compris le caractère intime dans notre perception des lieux et de notre relation au territoire. Et quelque part dans ma petite tête, j'en ai profité pour mieux apprécier combien les humains sont aussi étonnants que profondément différents.
D'ailleurs, je me demande, si la maison des petits cochons avait été en brique, combien de fois Dominique se serait senti comme si une brique lui était tombé sur la tête! Et ici, je me demande, vu tous les désastres, à quel point la réalité dépasse la fiction. Bref, j'ai donc apprécié la plume et l'histoire ici, avec toutes les piques d'humour qu'elle recèle. Donc, n'hésitez pas à vous le procurer ou un autre de l'auteure!

D'autres citations
Un paysage moins glorieux n'aurait pas suscité ce sentiment. C'est dans la perception du moment, éblouie par la somptuosité des environs, que j'ai saisi combien les êtres humains colorent et révèlent les lieux. Tout comme les grands bonheurs et les pires peines réclament une présence intime, la grâce d'un instant requiert parfois, pour être pleinement appréciée, la proximité d'une personne aimée. Cette révélation a transformé ma vie. Il m'arrive parfois d'oublier, mais au moment des grandes décisions, au cœur des désastres, des joies, des déchirements, des contradictions, des dilemmes, des occasions uniques, je me souviens que, quelles que soient l'issue, les gens feront la différence.
Je me dis seule, pourtant, ma petite maison me semble plus que jamais habitée. Comme si des créatures d'un autre monde, elfes, gnomes ou lutin, veillaient clandestinement sur moi en partageant mon chagrin.
C'est presque toujours grâce aux mots que je me réconcilie avec la vie. Les mots lus et les mots écrits.  [...]
Un matin, j'ai ouvert mon ordi, j'ai créé un nouveau document et j'ai laissé mes dois courir sur les touches. J'aime répéter que le plus important dans un projet d'écriture, c'est l'avant. Les longues rêveries, les recherches, les essais, les fiches de personnages, les notes comme si on partait en voyage… cette fois, je n'ai rien fait. J'ai sauté, sans parachute, sans filet, en ne me souciant pas de ce qui pouvait arriver dans l'urgence de dire m'étreignait.
Dire le chagrin. L'expulser. Avec une histoire.
Parce que je participe à quelques challenges

(Terre du milieu)
Défi-lecture: # 69
Challenge personnel : # 22
 Multi-défis : # 5

lundi 11 mars 2019

Un mensonge à préserver

Le doux venin des abeilles
Auteure : Lisa O'Donnell
Couverture : Studio Piaule
Édition: Michel Lafon - 2018 - 391 p.
Traduction par Philippe Mothe
original: The Death Bees,  première publication par William Heinemann, 2012
Drame, littérature contemporaine, littérature écossaise


Présentation: Deux adolescentes enterrent leurs parents dans la cour et font croire que ceux-ci sont partis en voyage
+ : tension
- : "sans surprise"
Thèmes: pauvreté, maltraitance, drogue, adolescence


Pourquoi ce livre
Pendant mes achats pour un swap, ce livre, par son titre et sa couverture, m'a intriguée. Je lis donc le résumé, et hop dans la wish. Et c'est donc martineke qui me l'a offert dans le cadre d'un autre swap, que je remercie à nouveau. Et je l'ai donc sorti de la PAL récemment puisqu'il me faisait de l'oeil.

Mon avis
Et j'ai bien fait de l'en sortir, car j'ai bien apprécié cette lecture.

Dès le départ, on est plongé dans l'histoire, dans le fait que les parents sont enterrés dans le jardin, et on se questionne donc, qui a bien pu commettre le crime pour mener à cet enterrement? Même si, dans mon cas, je sentais poindre la vérité.

On suit donc la vie de Marnie et Nelly, adolescentes, après cet enterrement, et on en apprend aussi sur leur passé qui n'était pas tout rose, cet argent que doivent leurs parents au milieu du crime.
Peut-être que le café m'était un peu monté à la tête, mais quand je pense à ces gens qui ont livré leurs enfants à elles-mêmes, qui les ont laissées se débrouiller dans un monde froid et cruel, sans même un mot pour dire où ils allaient ni une miette à se mettre sous la dent, leur sort m'indiffère. Elles méritent mieux, ces filles. Elles se tiennent propres, travaillent bien en classe et, avec les deux plaies qu'elles ont pour parents, c'est vraiment un miracle qu'elles soient encore en vie. 
On suit donc ces deux orphelines, et on se demande, comme Marnie, comment elles pourront s'en sortir. Auront-elles assez d'argent? Combien de temps pourront-elles garder le secret par le biais du mensonge qu'elles inventent. Quand Marnie s'inquiète pour Nelly, on voit l'attachement, mais on voit aussi le fait par d'autres événements qu'elle l'envoie paître. On remarque aussi ces sentiments chez Nelly, et vu ce qu'on apprend de leur vie au fil du récit, on ne peut que les apprécier, et espérer qu'elles s'en sortent.

De plus, arrive un moment où leur voisin se rend compte qu'elles sont laissées à elles-mêmes, et les prend en quelque sorte sous son aile, voisin qui a lui aussi certains secrets, comme nous permet de l'apprendre ce roman choral. Et les fillettes utilisent leur voisin en le faisant passer pour leur oncle afin de s'éviter des troubles avec "l'aide sociale", sachant qu'elles ont besoin de l'argent puisque leurs parents ne reviendront pas. J'ai aussi bien aimé le rôle attribué au chien du voisin, puisque les adolescentes ont bien peur que celui-ci déterre les ossements et révèlent ainsi où sont cachés leurs parents.

J'ai aussi apprécié le roman choral qui, ici, bien que chaque narrateur ait un court passage, voire minuscule, donne suffisamment d'informations pour qu'on s'attache dans chaque passage vis-à-vis chaque narrateur. De plus, face à cette maltraitance, le traitement est tel que ce n'est pas de la pitié qu'on éprouve pour les fillettes, mais plutôt de la compassion, et un espoir face à leur avenir. Pour savoir si l'espoir est vain ou non, vous devrez vous le procurer.

Aussi, au moment d'écrire cette chronique peu de jours après avoir terminé ma lecture, je voyais déjà que mon souvenir s'estompait beaucoup alors que j'avais adoré ma lecture, et je m'en suis demandée la raison. C'est là que j'ai réalisé que c'est probablement parce qu'il n'y a pas de revirements à nous faire demander ce qu'on avait zappé, pas de réelles grosses surprises, même si certaines situations peuvent nous paraître un peu moins convenues. C'est ce que je vois qui expliquerait ce sentiment dans mon cas. N'empêche que, vous l'avez sans doute compris, j'ai adoré cette lecture, et cette plume que j'ai trouvé juste, émouvante. Alors, n'hésitez pas s'il vous tente!


Quelques citations
Les oiseaux chantent encore, la musique est là, toujours. Ma vie continue tandis qu'une autre se retire.
La mort, nous l'avons déjà vue, Marnie et moi, ce monceau de glace qui fond au fil des jours, ces gouttes d'eau qui gèlent sur notre âme pour, à chaque instant, nous remémorer ce qui a disparu, mais le désespoir qui nous assaille aujourd'hui est une peine qui imprègne de ténèbres la moindre de nos fibres.
Elle ne viendra pas, l'heure de lui dire adieu. Il ne viendra pas, le point final. Le voilà qui glisse vers l'apaisement, il nous quitte et j'ai beau chercher du courage en le voyant partir, je suis terrassée de larmes, mais je me dois de les cacher car il nous lègue un mensonge à préserver, un mensonge inventé pour nous sauver.
Peut-être que le café m'était un peu monté à la tête, mais quand je pense à ces gens qui ont livré leurs enfants à elles-mêmes, qui les ont laissées se débrouiller dans un monde froid et cruel, sans même un mot pour dire où ils allaient ni une miette à se mettre sous la dent, leur sort m'indiffère. Elles méritent mieux, ces filles. Elles se tiennent propres, travaillent bien en classe et, avec les deux plaies qu'elles ont pour parents, c'est vraiment un miracle qu'elles soient encore en vie. Les enfants méritent d'être aimés et, quand on ne sait pas aimer, on ne devrait pas en avoir. En entendant cela, Marnie est devenue toute pâle et j'ai alors compris que je l'avais blessée. À bien y réfléchir, il ne m'était évidemment jamais venu à l'esprit qu'on puisse aimer des êtres aussi calamiteux, que Marnie les aimait, que Nelly pouvait les aimer et se faire aimer en retour.
Pauvre petite, elle est déboussolée mais, si on cherche à l'aider, on sait qu'elle va se verrouiller à double tour, alors qu'il faudrait qu'elle s'ouvre pour qu'on puisse la réconforter quand elle sature, quand elle est trop fatiguée pour faire encore semblant. Elle est manifestement à la recherche d'une figure paternelle, d'amour aussi, peut-être; mais elle ne frappe pas aux bonnes portes, presque volontairement d'ailleurs. C'est sûrement pour ça qu'elle est d'abord allée vers lui, pour chercher de la douleur, nourrir le dégoût qui est en elle. J'ai peur pour elle, comme s'il y avait dans cette jeune pousse une pourriture qui lui dévorait l'âme, qui grignotait tout ce qui est en germe à l'intérieur; heureusement pour elle, je suis un peu horticulteur et je sais que cette pourriture-là, elle se traite. À condition de tomber entre de bonnes mains, bien sûr.
J'ai peur de la mort, j'ai toujours eu peur de la mort. Elle arrive comme un grand vent, et toujours par effraction. J'allais de nouveau la croiser aujourd'hui. 

Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
Défi-lecture: #28
Challenge personnel : #14
 Multi-défis : #28
 


samedi 2 février 2019

La vie continue... mais pas la tienne.

[V]ivre 
Auteur : Sophie Laroche
Couverture: Noa Younse
Édition: Éditions De Montagne, 2012, 176 pages
Jeunesse, littérature contemporaine, littérature française

Présentation: On suit les pensées de Félix qui parle à Nathan, son meilleur ami mort dans un accident dans lequel il a été impliqué
+ : émotions
- : autres
Thèmes: alcool au volant, deuil



Mon avis
Et oui, encore un autre Tabou où on pleure! Cette fois, je m'y attendais... Je me revois encore vers la fin du secondaire, et j'ai même revu l'absence que ça créait de regarder un banc. J'étais dans une cohorte après lui, même je peux bien m'imaginer que le passage suivant aurait pu se dérouler pour mes amis qui se trouvaient dans le même groupe.
[...] et, soudain, mon regard qui se pose sur ta chaise vide, au premier rang. Ta saloperie de chaise vide ! La bouffée de chagrin horrifié qui me brûle le visage doit se voir. Sur un simple signe de tête de Madame Forestier, Tom se lève, attrape la table. Étienne prend la chaise et le suit. Ils déposent les meubles au fond de la classe, hésitent un instant et sortent finalement, leur lourd fardeau à bout de bras. 
Bien sûr, le récit est totalement différent des événements qui ont parsemé ma vie. Ici, Félix a été impliqué dans l'accident et c'est son meilleur ami, Nathan, qui est mort parmi les 4 personnes à bord, et un autre ami se trouve dans le coma. Il parle donc à Nathan, essaie de lui en donner du sens, et comme la vie continue, de se relever, même s'il considère que parler à un mort pourrait l'amener à l'hôpital psychiatrique. En lui "parlant", il fait de l'humour noir, se rend compte des différentes expressions qui parsèment son univers et qui lui sont inappropriées dans ce contexte, et relie ça avec les euphémismes qu'il apprenait dans son cours de français.
J'arrête mon humour noir. Il faut que j'arrête! Si je continue sur cette voie, je vais devenir fou. Il faut que je respire de nouveau. J'essaie, mais je n'y arrive pas.
Ce livre nous montre donc que, à l'adolescence, il arrive qu'on veuille repousser les limites pour s'intégrer, faire «bien» et que Quelquefois, faire « bien » fait très mal. On voit aussi comment Félix en vient à s'impliquer dans Educ-Alcool, tout comme on voit Noah, la famille, et la petite amie vivent leur deuil de différentes façons, ainsi que les préjugés qui sont portés par l'entourage parfois. Aussi, même si je ne l'ai pas remarqué pendant ma lecture, lorsque je cherchais un défaut pour mon moins, j'ai trouvé que les autres étaient plutôt évacués, car j'ai trouvé cela centré sur Félix, mais je comprends très bien ce choix de narrateur au je dans l'histoire. 
Bref, une lecture que j'ai appréciée et qui est remplie d'émotions. Donc, n'hésitez pas à lire un extrait pour le découvrir. 

Quelques citations
Elle me sourit. Et la vie m'apprend alors que les sourires peuvent être bien plus tristes que les larmes. 
Des gestes qui n'ont l'air de rien, mais qui tuent. 
Les mots sont les mêmes, mais la voix est devenue plus coupante qu'une lame de sabre patiemment aiguisée. 
La vie continue... mais pas la tienne. Je peux te parler à longueur de journée, ça n'y changera rien.
Ma mère s'inquiète pour moi. Quand je pleurais sans arrêt, les premiers jours, elle voulait que j'aille voir notre médecin de famille. Le docteur Lemasson n'a pas de pilule miracle qui assèchent les yeux par magie! je lui ai répliqué. Maintenant que je ne pleure plus, elle trouve que je refoule trop mes émotions, que je ne parle pas assez… faudrait savoir ce qu'elle veut ! Il n'y a qu'à toi que j'ai envie de parler, mais je ne peux pas lui dire que je discute avec un mort, sinon ce n'est pas chez le docteur Lemasson qu'elle m'embarquera, mais à l'hôpital psychiatrique.
Depuis que tu es mort (mort mort mort  excuse-moi, il faut encore que je le répète pour que ça rentre, que ça ait du sens), c'est comme si moi aussi, j'étais éteint. Que la vie était partie, et pas seulement chez moi, chez Noah aussi, chez Zach bien entendu, dans ta famille, pour Lili-Rose. Nous ne vivons pas, nous ne survivons pas non plus. Nous sommes là, mais plus entièrement.
Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
Défi-lecture: #89
Challenge personnel : #13
Multi-défis : #



samedi 26 janvier 2019

se reconstruire quelque part

Ce que le jour doit à la nuit 
Auteur : Yasmina Khadra
Couverture : John Foxx
Édition: Pocket, 2009, 438 pages
original: Julliard , 2008
Contemporaine, littérature algérienne

Présentation: La vie de Younes dans une Algérie des fractures ouvertes
+ : style
- : plagiat?
Thèmes: Algérie, colonialisme, famille, guerre d'Algérie



Mon avis
Voilà, comment parler de ce livre? Aucune idée puisque au tiers environ de ma lecture, je voulais vérifier quelque chose, et je suis tombée sur un article parlant de plagiat. Article que j'ai lu en diagonale pour ne pas me divulgâcher  puisque j'appréciais encore le style de Khadra. Article où pour le peu que j'ai capté, j'avais l'impression que le plagiat concernait des faits généraux de la vie de l'époque, ce qui entraîne bien entendu des similitudes, mais de là à crier au plagiat, j'en doute, surtout que je me dis que déformer une fille nommée Amélie en Émilie, ce serait un peu trop évident pour quelqu'un qui veut plagier. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas lu le titre de Youcef Dris, et ne peut donc juger si Khadra l'a plagié ou non, et c'est donc avec ce questionnement en tête que j'ai lu la majorité du livre que j'ai apprécié.
J'ai aimé être plongé au cœur de ce
pays qui s'appelait l'Algérie; pas celui que l'on enseignât à l'école ni celui des quartiers huppés, mais d'un autre pays spolié, assujetti, muselé et qui ruminait sa colère comme un aliment avarié — l’Algérie des Jenane Jato, des fractures ouvertes et des terres brûlées, des souffre-douleur et des portefaix… un pays qu'il restait à redéfinir et où tous les paradoxes du monde semblaient avoir choisi de vivre en rentiers. 
Un pays où on suivra Youcef qui suite à différents événements aura a déménagé avec sa famille afin d'aller se reconstruire, comme le dit son père Issa qui croit dur comme fer que le destin lui sourira et qu'il pourra retrouver sa bonne fortune, même s'il ne veut aucunement accepter l'aide qui lui est proposée.
Il disait qu'on pouvait perdre sa fortune, ses terres et ses amis, ses chances et ses repères, il demeurait toujours une possibilité, aussi infime soit-elle, de se reconstruire quelque part; en revanche, si on venait à perdre la face, il ne serait plus nécessaire de chercher à sauver le reste.
J'ai peur de t'offenser alors que j'essaye seulement être ton frère. Mais il est temps d'apprendre à écouter, Issa. Il n'y a pas de mal à écouter. La vie est un apprentissage permanent ; plus on croit savoir, moins on sait, tant les choses changent, et avec elles les mentalités.
On voit ainsi une dualité entre ceux qui croient ramener le destin à la raison, lui forcer la main, provoquer le miracle et ceux qui pensent que Rien n'est écrit et que nous sommes les responsables de ce qu'il advient, réalités différentes quand on ne trouve pas de sens à sa douleur

Cela nous invite donc à se questionner sur les déchéances, les malheurs qui frappent Younès, la façon dont il évolue, les trahisons qui peuplent son histoire, les sentiments qu'il éprouve face à certains camarades, les réactions des personnages. Bref, on le voit confronter à son existence, au fait que diverses personnes ont à se reconstruire, à se rétablir dans la société. 

Bref, j'ai apprécié ma lecture, mais n'empêche que le questionnement du plagiat laisse un doute sur mon enthousiasme, car ça me refroidit, et ça sème le doute également sur les autres titres.

Procurez-vous le ici.

Quelques citations
Plus tard, beaucoup plus tard j'arriverais à cette vérité : Rien n'est écrit. Autrement, les procès n'auraient pas lieu d’être; la morale ne serait qu'une vieille chipie, et aucune honte n'aurait à rougir devant le mérite. Bien entendu, il est des choses qui nous dépassent, mais dans la plupart des cas, nous demeurons les principaux artisans de nos malheurs. Nos torts nous les fabriquons de nos mains, et personne ne peut se vanter d'être moins à plaindre que son voisin. Quant à ce que nous appelons fatalité, ce n'est que notre entêtement à ne pas assumer les conséquences de nos petites et grandes faiblesses.

Ils espéraient, en gardant le moral, en sauvant les apparences, ramener le destin à la raison, lui forcer la main, provoquer le miracle. Et oubliais que le compte à rebours avait commencé et qu'il n'y avait plus rien à rattraper, car il fallait être aveugle pour continuer d'avancer dans la nuit de toutes les utopies, de guetter une aube qui s'était déjà relevé sur une autre ère et qu'ils s’obstinaient à attendre là où elle ne figurait plus.
Le malheur qui nous frappe ne prémédite pas son coup. Comme la foudre il nous tombe dessus, comme la foudre il se retire, sans s'attarder sur les drames qu'il nous inflige et sans les soupçonner. Si tu veux pleurer, pleure ; si tu veux espérer, prie, mais, de grâce, ne cherche pas de coupable là où tu ne trouves pas de sens à ta douleur.
il y avait, dans cette bataille pathétique qu'il livrait à lui-même, ce que la détresse avait de plus vaillant et de plus grotesque à la fois.
J'avais honte de disposer de tant de pouvoir au point d'être en mesure de damner un être que j'avais aimé sans à aucun moment associer la noblesse de sa générosité à un ignoble péché de chair.
C'est une toxine corrosive, la haine: elle vous bouffe les tripes, vous squatte la tête, vous possède comme un djinn.  
Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
(Défi-lecture: #74)
Multi-défis : #72


Guides inspirants

Une irrésistible envie de fleurir
Auteure : Christine Michaud
Couverture : Ann-Sophie Caouette
Édition: Édito, 2018, 310 pages
Contemporaine, développement personnel, littérature québécoise

Présentation: Juliette perd tout et suite à un courriel, va être confronté au flourishing
+ : simplicité
- : facilité
Thèmes: développement personnel, destin, amitié



Mon avis
Voilà, pris parce que je cherchais une couverture dans des teintes de turquoise, le titre m'a également interpelé et je ne savais pas à quoi m'attendre, surtout que si j'avais lu le résumé, je ne l'aurais probablement pas pris puisque le côté développement personnel m'aurait freiné. Et dès le début, j'ai aimé le style d'écriture que je trouvais entraînant. Et j'ai donc apprécié ma lecture, surtout que j'ai trouvé que l'auteure semblait être réaliste sur cette synchronicité, ce brin de magie[...]des plus bénéfiques, ce destin, tout en se posant des questions sur ceux-ci:
Me voilà rassurée. Je me méfie de ces gens un peu trop illuminés à mon goût. J'ai toujours cru que les grands sages était rarement les êtres les plus exubérants. Ils préfèrent souvent la discrétion et l'humilité à l'ostentation. S'il faut prêcher le bien-être dans toute sa simplicité, autant le faire par l’exemple, pas vrai? […] Pourquoi deux destins se croisent-ils à un moment en particulier?
De plus, j'ai pu m'identifier aux pensées de l'héroïne qui, même si confrontée à des épreuves différentes, ressemble, selon moi, à ce que nous pensons tous:
Je réalise à quel point je me prive de trop de moments précieux par peur de déranger, ou de ne pas faire l'affaire ou, pire encore, de ne pas être à la hauteur.
J'ai également aimé comment Juliette est amenée à être confrontée à toute cette psychologie positive, à cette petite magicienne, par une suite d'événements puisque de manoir, point: se dresse plutôt devant [elle] un bâtiment délabré. Et j'ai bien aimé comment cette petite magicienne confronte Juliette à ce destin, et l'ai trouvée attachante. Également en plus, de celle-ci, des personnages plus âgés qui se retrouvent sur sa route, et j'ai aimé que ceux-ci la guident, l'amènent sur la voie de la psychologie positive avec sagesse, sans être trop moralisateur. 

Bien sûr, toute cette synchronicité donne une sensation de facilité dans l'histoire, mais cela ne nous empêche pas d'apprécier la lecture qui forme un tout cohérent, car après tout, qu'est-ce qui est vraiment planifié? 

Vous comprenez donc que la synchronicité a fait son œuvre puisque ce livre fait partie des romans de développement personnel que j'ai apprécié lire. Bref, que vous vous le procuriez ou non, n'oubliez pas de contempler ce qui [vous] entoure et de [vous] émerveiller.

Petite anecdote de synchronicité
Lorsque j'ai ajouté le titre sur livraddict, j'ai vu que l'auteur y était déjà, et j'ai donc regardé ce qu'elle avait écrit, et comme je sais que tout livre québécois n'y est pas forcément entré, j'ai regardé sur le site des libraires pour voir ce qu'il en était, et j'ai pu voir qu'elle avait écrit la préface de Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, livre qui est justement mentionné (je ne me rappelle plus s'il est choisi ou offert dans la librairie du livre) dans une page que j'avais marquée.
Quelques citations
Pour la jeune magicienne, il y a des histoires dans lesquels il faut entrer et d'autres dont il valait mieux s'extirper. Et parfois, pour se sortir de l’une, il faut en investir une autre. Voilà sûrement pourquoi les livres nous sont si bénéfiques: ils favorisent les transitions. Dans les intrigues qu'ils proposent, chacun peut à la fois se reconnaître et s’oublier. Ils nous offrent ainsi l'occasion tant de guérir la pensée que de rêver le futur.
C'est exactement ce que semble faire avec moi mes guides inspirants. Les expériences qu'il me propose de faire me procurent la certitude de cheminer comme jamais je ne l’ai fait auparavant.
Je commence à nourrir de sérieux soupçons sur ma légendaire intuition quand j'aperçois, accrocher à l'arbre providentiel, une pancarte indiquant l'adresse que Gabriel m'a donnée: je suis arrivée à bon port malgré mon GPS. Sauf que de manoir, point: se dresse plutôt devant moi un bâtiment délabré. Je trouve à sourire à l'idée que nos états intérieurs influent souvent sur les circonstances extérieures.
Ma petite voix me dit que rien n'arrive par hasard. Pourquoi me suis-je retrouvée dans le manoir délabre de l'une des plus grandes médiums française? […] Cette brève incursion dans un lieu aux pouvoirs surnaturels me convainc qu’un peu de mystère et même un brin de magie me seraient des plus bénéfique. 
Certaines personnes font référence a des «vortex», c'est-à-dire des endroits hautement vibratoires où le ciel et la terre semblent s’unir. On dit de ces emplacements qu'ils favorisent les échanges entre l'humain et le divin.
Parce que je participe à quelques challenges

Le temps à l'envers: 2018
Terre du milieu
Défi-lecture: #45
Challenge personnel : #8, #12 et #25
Multi-défis : #81


samedi 12 janvier 2019

Et si on allait à Blanès?

Blanès
Auteure: Hedwige Jeanmart
Couverture: photo de Julie Pauwels
Édition : Folio, 2016, 291 pages
original: Gallimard, 2014
Contemporaine, littérature belge

Présentation: Eva après avoir signalé la disparition de Samuel, dont tout le monde lui dit de ne pas s'en faire, retourne à Blanès pour chercher le corps, des explications suite à ce voyage qu'elle avait initié en demandant Et si on allait à Blanès?
+ : style
- : impression
Thèmes: disparition, errance



Mon avis
Reçu dans le cadre d'un swap effectué avec martineke, je ne savais aucunement à quoi m'attendre en découvrant ce titre de la littérature belge. Ignorant lors de ma réception où se situait Blanès, j'étais intriguée. Et je dois dire qu'il est difficile de décrire la sensation qu'il m'en reste après avoir tourné la dernière page.
Dès le départ, le style m'a plu. Des phrases parfois longues, mais bien rythmées qui nous entraînent avec elle dans le dédale. Et en plus, le fait qu'Eva mentionne que Samuel est mort et qu'elle doit mentionner qu'il s'agit d'une figure de style donne un côté de grand questionnement pour le lecteur. Et Eva repart donc à la recherche du corps pour donner de la tangibilité à cette disparition et on la suit à travers ces gens qu'elle rencontre. On la voit être confrontée à ses questions, ses tourments, et ses préjugés dans ce qui ferait que Blanès a été à l'origine de cette disparition.
On la voit donc essayer de se reconstruire à travers cette disparition dont elle cherche les clés. De plus, elle cherche aussi les liens avec Bolano, l'auteur qui l'a indirectement mené là. C'est dur à décrire ce qu'il nous en reste, mais j'avoue que je n'ai pas trouvé l'histoire convenue. L'auteure nous laisse avec une sensation étrange, sans qu'on ait l'impression que ce soit inachevé, et je crois que c'est ce qui fait la force de ce premier roman. 
Encore merci à martineke de m'avoir fait découvert ce titre de la littérature belge.

Quelques citations
Le type a continué à avoir l'air de m'écouter. Quand j'ai eu terminé, il a baissé la tête et quand il l'a relevée il souriait, sûr de lui, limite condescendant, et de son sourire a glissé une phrase que je n'oublierai jamais: cela arrive, il y a des changements qui surviennent dans la vis. Tels ont été ses mots: il y a des changements qui surviennent dans la vie. J'ai cru avoir mal entendu. Des changements dans la vie? ai-je repris. Des changements dans la vie? C'est tout ce qu'il aurait à dire à quelqu'un à qui on venait de couper les deux jambes? Ou les deux bras? Il dirait ça? Que des changements survenaient dans la vie? Pourquoi alors me réservait-il ce genre d'ineptie, d'obscénité? Samuel avait disparu avec son corps, ses gestes et sa voix. Le temps passait et je n'étais ni moins triste ni moins amoureuse de Samuel et cela devenait très handicapant dans ma vie de tous les jours. C'est pour cela que j'étais là, pas pour entendre des niaiseries pareilles. 
Cela faisait quelques jours que nous ne nous étions plus parlé au téléphone et dans sa voix j'entendis de la joie de m'entendre, une vraie envie de m'écouter. Cela m'encouragea à lui faire part de mes doutes et à oser lui dire que je prenais des notes, sur tout mais aussi notamment sur lui.  
Parce que je participe à quelques challenges

(Terre du milieu)
(Défi lecture : #59)
Challenge personnel : #21
(Multi-défis: #60)


dimanche 23 décembre 2018

Je suis le rôle.

Il faut qu'on parle de Kevin de Lionel Shriver (We Need to Talk About Kevin, 2003)
Littérature contemporaine, drame, littérature américaine
J'ai lu, 2011, 607 pages
Couverture: d'après l'affiche du Film (C) le cercle noir pour fidelio
Traduction: Françoise Cartano

Présentation: Une mère retrace le parcours meurtrier de son fils qui a exécuté plusieurs personnes, en écrivant à son mari.
+ : crescendo
- : lourd
Thèmes: tuerie, relation mère-fils, famille


J'avais débuté ce titre en septembre, mais, bien que j'avais apprécié le premier chapitre, je trouvais ça lourd dans les pages suivantes et que ça n'avançait pas. Et je me disais que je n'avais pas la tête à ça, raison pour laquelle je l'ai abandonné à cet instant et recommencé en novembre. Encore là, j'ai trouvé que c'était lent à démarrer, et bien que je trouvais ça lourd, je trouvais ça fluide et voulant me rendre au bout, j'ai persisté davantage. Et j'ai bien fait, car dès qu'arrive vraiment Kevin, on suit son parcours. On se demande où la mère agit mal, ce qui amène Kevin à agir de façon méchante, alors qu'il grandit au sein d'une famille où il semble avoir tout pour être heureux. Bref, l'histoire va crescendo avec les conflits familiaux. Et malgré la cruauté, c'est ce qui est intéressant dans le récit, essayer de comprendre ce qui a poussé Kevin à commettre une telle atrocité par les yeux de sa mère qui le trouvaient méchant, mais était loin d'imaginer le pire. Bref, surmonter les premières pages, car c'est un portrait fictif qui peut malheureusement coller à des réalités qui se produisent trop fréquemment.

Parce que je participe à quelques challenges

 

vendredi 30 novembre 2018

«Vis, ma petite! Sois forte, vis!»

Prodige: polyphonie par Nancy Huston (1999)
Contemporaine, littérature canadienne, littérature française
Babel, 2002, 173 pages
Couverture: Egon Schiele Deux petites filles (détail) 1911

+ :musicalité
- :multiples surnoms...
Thèmes: musique, naissance prématurée, relations mère-fille
Présentation: Maya nait prématurément et sa mère lui insuffle l'espoir de la vie.

Je sentais se profiler une panne de lecture puisque je voyais que j'étais moins enthousiasmée par le fait de lire, puis je suis tombée sur ce livre, et si le temps me l'avait permis, je l'aurais dévoré puisque j'aimais ma lecture.

J'ai apprécié la plume de l'auteure qui était fluide et pleine de musicalité. Bien sûr, le fait que la musique soit un des thèmes aide à créer celle-ci, et j'ai aimé que les connaissances musicales soient transmises en toute simplicité.
De plus, au niveau de l'intrigue, j'ai aimé voir comment la mère décide que sa fille vivra: elle décide de lui parler de sa vie à venir. Puis, rapidement, elles sortent de l'hôpital, et on se retrouve vite avec une Maya préadolescente, véritable prodige. Parfois, on a l'impression que l'auteure s'embrouille, mais c'est loin d'être le cas puisqu'on voit qu'elle mélange passé et présent.
J'ai aussi aimé que l'auteure prenne plusieurs voix, les voix des différents personnages que l'on croise, ce qui à mon avis donne plus d'impact aux relations entre tous ces personnages. De plus, j'ai aimé voir les relations de Maya avec sa mère et sa grand-mère, ainsi qu'entre ces deux dernières. J'ai également apprécié voir comment sa mère met le fait que Maya soit une prodige sur le compte que c'est une prématurée, comment le père s'insère dans ce décor, et la personnalité joyeuse et insouciante de Maya.
J'aurais quand même aimé voir plus en profondeur l'impact plus médical du fait que Maya soit une prématurée, les conséquences ailleurs que sur la musique, mais bon...
Bref, vous comprenez que malgré cela, j'ai grandement apprécié l'histoire et les personnages, tout comme la plume. Bref, une réussite!

Quelques citations
Et de jouer le passage en question. Certes, c'est expressif, c'est impeccable, on ne peut pas dire le contraire.Mais la petite n'en démord pas.
"Pour moi, dit-elle, c'est pas comme ça.
-Mais tu ne penses pas aux auditeurs, à ce qu'ils vont ressentir en t'écoutant! La musique, c'est... comme un cadeau que tu peux leur faire...
-Je sais pas, dit Maya. Mais moi je l'entends mieux comme ça."
Et de jouer le même passage platement, sobrement, en laissant les notes dire seules ce qu'elles ont à dire, sans que des torrents de larmes les charrient, sans que la pédale en grossisse le sentiment. Et il n'y a rien à dire. C'est Maya qui a raison. Plus raison encore que Chopin, si ça se trouve. Implacable, son interprétation.
Accrochée à la vie par un fil incroyablement ténu, tu flottes dans les limbes entre ce monde-ci et l'autre - et je t'aime ma grande prématurée! Je t'aime et je te sauverai! Tu verras. Je t'ai donné la vie, je ne permettrai pas qu'on te la reprenne.
Vis! toi qui n'as pas de nom.
Il me fait pas peur le silence, c'est toi qui m'as appris comme il peut être beau, et comme la musique en a besoin.
Elle trouvait ça franchement comique, et moi aussi, peu à peu: que les femmes les plus élégantes du monde se paradent fièrement dans de la bave sécrétée par de gros vers disgracieux... c'est bidonnant, quand on y pense!
Ne te force pas à affronter tes démons. N'y va pas. C'est pas la peine.
Mais elle y va. Comme à l'abattage. D'un pas lourd. Je sais ce qu'elle est en train de penser, ma fille. Le problème, se dit-elle, c'est que la musique avance, et que moi je ne veux pas avancer. Je la joue mais je ne veux pas aller avec elle: j'ai envie de la retenir, la garder pour moi, la serrer contre moi, la transformer en boule dure et me cramponner autour, me bâillonner avec. 
Parfois, peut-être... on ne veut pas tout avoir. Parfois on repousse ce qu'on a, simplement pour ne pas tout avoir. Je ne sais l'expliquer autrement. 
Tu te rends compte? Tapage nocturne, les trios de Brahms à sept heures du soir?
Parce que je participe à quelques challenges

Chronique rédigée pour 

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