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samedi 17 octobre 2020

— Ils s’en prennent à moi parce que je suis noire.

Cliquez sur l'image pour vous le procurer
Mille petits riens 
Auteure : Jodi Picoult 
Édition: Babel - 2018 - 662 p. 
Traduction de Marie Chabin de Small Great Things, Ballantine Books, 2016
Photographie de couverture de Vee Speers
Drame, littérature américaine

Présentation: Sur ordre des parents, une sage-femme noire n'a pas le droit de s'occuper d'un bébé qui meurt. 
+ : réaliste
- : couverture
Thèmes: racisme, suprémacisme, mort




Pourquoi ce livre

Parce que j'ai aimé Ma vie pour la tienne et que me l'étant procuré en début d'année, j'ai décidé de le mettre dans les priorités lorsque j'ai vu la LC organisée par Windyrella.  

Mon avis
Pour ma part, j'ai bien apprécié cette histoire dans laquelle j'ai bien apprécié l'alternance des points de vue entre les protagonistes, qui peuvent avoir des positions bien campées. Et puisque pour certaines scènes, on voit les points de vue de part et d'autres, je trouve que l'auteur a su choisir quelles scènes décrire de cette façon, et parfois quel bout mentionner par l'un ou l'autre, ce qui donne un beau roman choral. D'ailleurs, l'auteure a su par cette alternance montrer que le narrateur, ses vérités, façonne l'histoire. 
C’est dingue à quel point les événements et la vérité peuvent être remodelés, comme une boule de cire qu’on aurait laissée trop longtemps au soleil. Les faits n’existent pas. Il n’y a que la manière dont on les perçoit à un moment donné. La manière dont on les rapporte. La manière dont notre cerveau les assimile. On ne peut dissocier le narrateur de l’histoire.
Et bien entendu, ici, il est question de racisme: on le sait rien qu'avec la prémisse de l'histoire. Et qu'en plus, on se trouve aux États-Unis! C'est peut-être pour cela que je n'ai pas été surprise par l'extrait suivant: 
—Vous vous trompez.
Je secoue la tête dans l’obscurité puis je prononce les mots que j’ai ravalés durant toute ma vie:
— Ils s’en prennent à moi parce que je suis noire.
Et cela nous entraîne dans le système juridique et médical, et les informations sur ces sujets sont amenés de façon progressive pour faire avancer l'histoire, sans que ces informations soient indigestes. Certaines participantes à la LC ont trouvé qu'un élément mettait du temps à arriver, mais je crois que celui-ci a permis de meilleurs retours dans le passé pour tenter de comprendre comment et pourquoi certains en sont arrivés là, car oui, de tels extrémistes existent. 

De plus, j'ai bien aimé la part que prennent les réflexions sur nos réflexes de caucasien, qui parfois nous donne la sensation de nous fermer les yeux plutôt que de faire bouger les choses. 
Et pourquoi en eût-il été autrement? Semblables à des fantômes, les Blancs franchissent sans effort les barrières et les frontières. Semblables à des fantômes, nous pouvons aller là où nous voulons.
— Personnellement, je me fiche de ces histoires de couleur, déclare-t-elle. Je veux dire: la seule race qui importe, c’est la race humaine, non?
C’est facile de prétendre qu’on est tous dans le même bateau quand la police n’a pas débarqué chez vous en pleine nuit. Mais je sais que, quand les Blancs racontent ces trucs-là, c’est parce qu’ils croient dur comme fer que c’est bien de les dire et pas une seconde ils ne se rendent compte de la nonchalance de leurs propos. 

 Quelque chose dans sa phrase me reste en travers de la gorge. Fais semblant de ne rien voir. 

Ce titre nous fait donc réfléchir sur comment on en arrive là, comment la société est organisée, et bien que le titre ait été écrit il y a quelques années, je ne pouvais qu'à de multiples reprises me faire des parallèles avec les événements de l'année, ne serait-ce entre autres qu'à cause du #alllivesmatter, qui ici aussi, nous fait réfléchir sur nos habitudes caucasiennes face aux situations racistes. 

Cependant, j'ai par contre eu de la difficulté avec un fait à la fin du récit qui m'a semblé être une part de facilité pour entraîner une part de changement de comportement. Et à la réflexion, je me dis qu'on n'avait peu d'éléments sur un des personnages, et même si pour l'un de ceux reliés à celui-ci, 
C’était tellement plus facile de les haïr plutôt que de me haïr moi-même.

j'ai de la difficulté à imaginer que la vérité n'aurait pas sorti plus tôt, et j'ai de la difficulté à croire que cela aurait été poussé à un tel extrême, même si je comprends qu'en colère, l'humain puisse avoir des réactions invraisemblables. Mais c'est surtout la couverture de mon édition qui est le point le plus négatif, puisque, à la suite de la lecture, j'ai l'impression qu'il ne s'est agi que de mettre une fillette à la peau noire en couverture, sans égard à ce qui est véhiculé dans le récit. 

Mais, j'espère vous avoir fait voir que j'ai bien apprécié le récit et ses tenants, puisque je considère que c'est un titre qu'il faut découvrir au moins une fois! 


D'autres citations

Quand je raconte cette histoire, tout le monde pense que la naissance du bébé est le miracle auquel je fais allusion en cette lointaine journée de blizzard. C'était époustouflant, certes. Mais j'ai assisté ce jour-là à une chose encore plus merveilleuse. Pendant que Christina me tenait la main et que Mme Mina serrait celle de maman, il y eu un moment - un souffle, un battement de coeur - où toutes les différences d'éducation, de niveau social et de couleur de peau de sont évaporées, tels des mirages dans le désert. Un moment où nous étions tous égaux et où il n'y avait plus qu'une femme qui en aidait une autre.
Ce miracle-là, cela fait trente-neuf ans que j'attends qu'il se reproduise.

Mais la timidité passe parfois pour de la suffisance et ce genre de malentendu peut être fatal. 

Les bébés sont comme des ardoises vierges. Ils ne viennent pas au monde déjà chargés des engagements pris par leurs parents, des promesses formulées par leur église, de cette capacité qu'ont certains à ranger les êtres humains dans deux groupes distincts : ceux qu'ils aiment et ceux qu'ils n'aiment pas. En réalité, ils arrivent sans rien, à part un besoin immense d'être rassurés. Et ce besoin peut être comblé par n'importe qui : ils ne jugeront pas la personne qui les prendra dans ses bras.
Une question me traverse l'esprit : combien de temps faut-il pour que ce vernis naturel s'écaille au contact de l'éducation reçue ?

Parce que je participe à quelques challenges

 



mercredi 14 août 2019

Que ferais-tu si tu n'avais pas peur?

Qui a piqué mon fromage? : Comment s'adapter au changement au travail, en famille et en amour
Auteur : Spencer Johnson
Couverture et illustrations:
Édition: Michel Lafon - 2017 - 105 p. - traduit par Jean-Pascal Bernard
original: Who Moved my Cheese?  G.P. Putnam's Sons , 1998
Fables, littérature américaine


En quelques mots: Des souris réagissent différemment au retrait de leur fromage préféré.
+ : métaphore
- : convenu
Thèmes: changement, peur, développement personnel



Pourquoi ce livre? 
Parce qu'on me l'a offert, et que je voulais lire quelque chose qui n'était pas un roman.

Oopsie! 
Un jour, juste après avoir lu ce livre, j'avais écrit une chronique sur ce dernier. Or, en voulant retourner chercher un passage pour poster mon avis général sur les forums, plutôt que de sélectionner et de copier, une combinaison de touche a plutôt supprimé l'entièreté de la chronique. Malgré des tentatives de revenir en arrière, je n'avais toujours qu'un vide total pour ma chronique, dont j'étais plutôt satisfaite, et que je prévoyais ne publier que lorsque quelqu'un aurait également lu le livre. Et je dois donc changer ce que je vous disais sur un livre qui traite justement du changement. Je ne me souvenais plus de ce que j'avais mis comme thèmes, c'est vous dire! Vaut mieux en rire!!! Du coup, il s'agira plutôt d'une chronique mentionnant ce dont je me souviens avoir mentionné, plutôt que d'une chronique rédigée à chaud.

Ce que j'en avais pensé
Tout d'abord, je me souviens que je commençais la chronique en disant que j'avais déjà lu ce livre, comme j'avais pu le repérer avec les pages comportant des citations sur des fromages, et que je me suis souvenue que je n'avais pas réellement adhéré. Or, le temps passant, comprenant que nos perceptions changent, je me suis dit que je réessayerais le coup tout de même pour voir comment je le recevrais cette fois. Et bien que j'aie encore trouvé cela un peu convenu, j'ai plus apprécié cette nouvelle lecture que le sentiment qu'il m'en reste de la première.

Je ne me souviens plus trop de ce que je disais à chaud, mais je sais que je parlais que je faisais probablement plus de parallèles avec des membres de m'entourage, regardant quels personnages pouvaient correspondre chacun, bien que je savais qu'on avait tous une part des différents personnages en nous, à différents niveaux. Ces parallèles m'ont peut-être aidé à apprécier davantage cette fois.

Aussi, je me souviens que je disais que ce livre pouvait parfois peut-être sembler être une brique pour certains qui, à cause de différentes préoccupations, du fait de ne pas voir de solutions, surtout quand ils lisent des phrases telles que Qui refuse le changement creuse sa propre tombe. Cela peut être écrasant pour certains, à mon avis, et donner l'impression de leur ajouter un boulet à leurs pieds.

J'avais également mentionné que j'avais apprécié la métaphore, et en général, comment le personnage principal évolue, tout comme le style d'écriture. Je disais aussi regretté que ce soit surtout centré sur le personnage principal Baluchon, évacuant ainsi beaucoup Flèche et Flair, même si Polochon reste aussi présent. Cela laisse à penser que ces autres personnages évoluent peu ou ne retirent rien de la situation, donnant une sensation de convenu, que le point central est quelque chose qui va de soi.

*Au moment de mettre sous forme, je rajoute ce paragraphe. Je ne sais plus comment j'avais abordé cela (et surtout, si je l'avais laissé), mais je parlais que des fois, j'ai aussi l'impression que les autres pensent qu'on se refuse au changement, alors que, au fond de nous, nous avons déjà effectué des changements de fromage. C'est votre cas?

Bien sûr, j'avais dû développer beaucoup plus mon avis lors de ma première critique qui m'avait pris beaucoup plus de temps à rédiger que cet avis-ci. J'ai donc l'impression de ne pas aller dans le coeur des choses, surtout que de mémoire, j'avais étayé davantage sur la métaphore et le style, les choses qui m'ont le plus plu.

***Également, suite à une conversation et mon survol du livre qui m'est revenu pour retrouver une citation (que vous vous en doutez, je n'ai pas retrouvée), je rajoute que bien qu'on tende plus vers un ou l'autre des personnages, on a tous une part de chacun, selon les différentes sphères de notre vie. Et il ne faut jamais oublier que les caractéristiques de certains ressortent parfois lorsqu'ils sont en comparaison avec d'autres. Aussi, en cherchant la citation, j'ai revu Que ferais-tu si tu n'avais pas peur? qui m'a rappelé que je parlais beaucoup plus de la peur du changement dans ma chronique à chaud, car cette phrase, de mémoire, m'avait accroché. Elle est presque comme un mantra dans le récit, et a donc une incidence particulière pour l'un des personnages, qui malgré sa volonté de changer semble être beaucoup freiné par cette peur.

Quoiqu'il en soit, c'est une histoire qui, même si elle demeure convenue, amène à discussion sur le changement, la peur de celui-ci. Si vous vous décidez à la lire, je vous invite à prendre le temps de faire des parallèles avec votre entourage, ce qui a des chances de vous permettre de vous en imprégner davantage, **tout comme de bien réfléchir sur vos réactions face aux différents changements, et de comment certaines facettes (i.e. certains personnages) ressortent selon les sphères de votre vie. Il y a des situations où il est plus facile de changer de fromage préféré!

****Donc, même si je considère que le fait d'évoluer malgré nos appréhensions est quelque chose qui, même si on ne le fait pas tous au même rythme, va de soi, il n'en demeure pas moins que comme toute métaphore est sujette à interprétation, ce livre est donc sujet à interprétation, menant ainsi à la réflexion et la discussion. Bref, je relis pour publier, et j'ai vraiment l'impression que cette critique n'est pas à la hauteur de ce que j'ai pensé, donc si certains savent comment récupérer l'originale par miracle, mentionnez-le! (Vous avez probablement compris que pour celle-ci, puisque j'ai copié mon texte sur mon souvenir, j'ai rajouté les paragraphes/passages avec * au moment de mettre en forme/de me relire avant de publier!) Mais j'espère tout de même vous avoir exprimé les points essentiels, et vous amenez, que vous le lisiez ou non, à réfléchir sur la peur du changement. 


Quelques citations

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 Multi-défis : #33


dimanche 23 décembre 2018

Je suis le rôle.

Il faut qu'on parle de Kevin de Lionel Shriver (We Need to Talk About Kevin, 2003)
Littérature contemporaine, drame, littérature américaine
J'ai lu, 2011, 607 pages
Couverture: d'après l'affiche du Film (C) le cercle noir pour fidelio
Traduction: Françoise Cartano

Présentation: Une mère retrace le parcours meurtrier de son fils qui a exécuté plusieurs personnes, en écrivant à son mari.
+ : crescendo
- : lourd
Thèmes: tuerie, relation mère-fils, famille


J'avais débuté ce titre en septembre, mais, bien que j'avais apprécié le premier chapitre, je trouvais ça lourd dans les pages suivantes et que ça n'avançait pas. Et je me disais que je n'avais pas la tête à ça, raison pour laquelle je l'ai abandonné à cet instant et recommencé en novembre. Encore là, j'ai trouvé que c'était lent à démarrer, et bien que je trouvais ça lourd, je trouvais ça fluide et voulant me rendre au bout, j'ai persisté davantage. Et j'ai bien fait, car dès qu'arrive vraiment Kevin, on suit son parcours. On se demande où la mère agit mal, ce qui amène Kevin à agir de façon méchante, alors qu'il grandit au sein d'une famille où il semble avoir tout pour être heureux. Bref, l'histoire va crescendo avec les conflits familiaux. Et malgré la cruauté, c'est ce qui est intéressant dans le récit, essayer de comprendre ce qui a poussé Kevin à commettre une telle atrocité par les yeux de sa mère qui le trouvaient méchant, mais était loin d'imaginer le pire. Bref, surmonter les premières pages, car c'est un portrait fictif qui peut malheureusement coller à des réalités qui se produisent trop fréquemment.

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lundi 15 octobre 2018

« - Je ne pouvais pas la sauver. »

Ma vie pour la tienne de Jodi Picoult
Drame, contemporaine, littérature américaine
Club France Loisirs, 2005, 586 pages (My Sister's Keeper, 2004)
Couverture: Getty Images / Jerome Tisne
Traduction: Irène Barki
+ : émotion
- : Kate
Thèmes: don d'organes, leucémie, éthique, justice
Présentation: Anna, jeune adolescente, intente un procès à ses parents puisqu'elle ne veut plus être donneuse pour sa sœur Kate, atteinte de leucémie.

Ayant vu et revu le film - et bien pleuré - il y a quelques années, je me promets depuis toujours de lire ce titre. C'est maintenant chose faite, et j'ai bien apprécié redécouvrir cette histoire, un peu différente.

Si vous connaissez l'histoire, vous avez sans doute été surpris de voir Kate dans mon point négatif. En fait, ce n'est pas le personnage qui m'a déplu, car on ne peut qu'à nouveau s'attacher à cette fille leucémique. C'est juste que celle-ci n'a pas sa voix dans le roman, bien qu'on voit tous les autres personnages de sa famille immédiate parler à tour de rôle, ainsi que son avocat et une autre personne qui arrive un peu plus tard. C'est donc que je trouve que l'absence du point de vue de Kate est un gros manque au récit. Je serais bien curieuse de savoir ce qui a motivé l'auteure à prendre cette décision.

Cependant, je réalise aussi que cette décision a sans doute permis de donner plus d'importance au père et au frère, dont pour ce dernier, j'avais même presqu'oublié son existence. J'ai aimé que les parties centrées sur le frère nous permettent de voir sa détresse. On voudrait pouvoir le réconforter lui également.

De plus, concernant Sara, la mère, j'ai aimé que dans les passages à partir de son point de vue, on la voit de la naissance de Kate jusqu'aux instants où se situe le roman. On voit donc aussi un peu les angoisses qu'elle avait face à ses décisions, ses espoirs aussi.

J'ai donc aimé voir la construction en roman choral. J'ai aussi aimé qu'il y ait aussi une part d'intrigue sur le passé de l'avocat. C'est donc un style et une construction que j'ai apprécié.

J'ai aussi apprécié les différents personnages, voir leurs questionnements, se demander ce qui est juste, ce qui est bien, ce qui devrait être fait, quelle est la meilleure décision à prendre. Aussi, peut-être était-ce parce que je connaissais déjà l'histoire, mais j'ai trouvé ma lecture moins poignante que ce à quoi je m'attendais. J'ai trouvé que c'était plus une histoire de questionnement éthique. Malgré tout, sans tomber dans le mélodrame, ces questionnements éthiques soulèvent bien des émotions, nous prennent aux tripes. Oui, j'ai encore braillé. Donc, oui, les émotions sont bien présentes tout au long du récit, que ce soit la colère, la peine, voire même le rire.

Bref, vous comprenez donc que j'ai grandement apprécié ma lecture grâce à la construction du récit, aux thématiques et aux émotions que cela entraîne. Je ne peux que vous la conseiller.

Quelques citations
Comment quelqu'un en arrive-t-il à penser que s'il ne peut pas secourir, il doit détruire?
J'ai prié, supplié et souhaité être malade à sa place, par une sorte de pacte faussiez avec le diable, mais ce n'est pas ainsi que cela s'est passé. 
Là, mes filles s'écroulent dans les bras l'une de l'autre, hystériques. Elles rient au point de ne pas pouvoir prendre leur respiration. Elles rient jusqu'à ce qu'elles pleurent. 
J'aimerais disparaître de la chambre comme une brume; je ne veux pas que tout ceci arrive par ma faute.
Le coeur battant comme un fou, je cours en direction opposée, abandonnant le reste de ce sauvetage à des gens qui ont vraiment la vocation d'être des héros.
Ouais, c'est ça, elle est malade. Pourquoi toi tu ne te montres pas assez mûre? Pourquoi toi tu n'essayes pas de prendre conscience que le monde entier ne tourne pas autour d'elle
Je suis devenu pompier parce que je voulais sauver des gens. Mais j'aurais dû être plus précis. J'aurais dû citer les noms. 
« Ou bien cette fille perd sa sœur, ou bien elle va se perdre elle-même», voilà ce que je pense.  
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vendredi 5 octobre 2018

«Parce que l'horreur sur Terre est réelle et quotidienne.»

La nostalgie de l'ange d'Alice Sebold ( The Lovely Bones, 2002)
Drame, littérature américaine
J'ai lu, 2009, 347 pages
Couverture: V.Boissacq Photonica
Traduction: Edith Soonckindt

+ :idée
- : distance
Thèmes:deuil, assassinat
Présentation: Susie est assassinée, et de son paradis, regarde comment les membres de sa famille vivent le deuil.

Ayant vu le début du film, je me promettais depuis longtemps de lire ce titre puisque l'idée m'avait accrochée. Puisque je préfère lire avant de voir les adaptations, je n'ai toujours pas vu le film, et je dois dire que j'ai été déçue par cette histoire, alors que je crois que ça avait beaucoup de potentiel.

Bien que le point de vue que l'histoire nous soit racontée par un ange est intéressant, je trouve qu'ici cela a créé trop de distance envers le lecteur puisque je ne trouvais pas que cet angle nous transmette les émotions. Susie me semblait plus décrire ce qui se passait et je ne ressentais donc pas d'émotions face aux différents personnages. Pourtant, dans les derniers chapitres, on la sent passer, mais ce n'est pas suffisant pour rehausser le tout. Peut-être l'auteure, vu la thématique, se tenait-elle également à distance et écrivait pour tenter de comprendre, je l'ignore, mais en tant que lectrice, il me manque cette dose d'émotions pour ce livre-là.
De plus, j'aurais aimé que Susie nous parle davantage de ce que fait son assassin après un certain événement, car après tout, c'est un tueur en série, et hormis un passage (un paragraphe si je ne me trompe pas), on a aucune idée de ce qu'il fait de ces journées après cette révélation, puisqu'il s'écoule environ 10 ans. Donc, j'avais l'impression que l'élément déclencheur était évacué.
Cependant, j'ai aimé la construction de l'intrigue. Dès le début, nous savons qui est l'assassin, comment cela s'est passé, mais les personnages non. On les voit donc tenter de découvrir ce qu'il en est, et j'ai aimé voir comment la psychologie de chacun était construite puisque chacun vit différemment son deuil, et aimé voir comment chacun se reconstruit ou non dans celui-ci.
Bref, même si je ressors déçue de cette lecture, je verrai le film à l'occasion puisque je crois que la distance que j'ai senti ici passerait probablement mieux à l'écran avec, je l'espère, le jeu des acteurs.


Quelques citations
Avec un sentiment de totale vulnérabilité, un sentiment que je n'avais pas éprouvé dans la mort — la vulnérabilité qui est celle de la vie même, la pitoyable et sombre grandeur de la condition humaine, qui n'est que tâtonnements, bras tendus vers la lumière, une vaste navigation dans l'inconnu.
Après tant d'années, j'aime toujours regarder les âmes flotter et tourbillonner en masse, chacune jetant sa clameur dans les airs. [.......] Je les sentis avant de les voir, tièdes petites  étincelles le long de mes bras. Et puis, les voilà, lucioles s'allumant et se déployant en hurlements et en tourbillons au moment d'abandonner leur chair humaine. 
Chaque fois que je racontais mon histoire, je perdais quelque chose, une toute petite goutte de douleur. Ce jour-là, je sus que je voulais raconter l'histoire de ma famille. Parce que l'horreur sur Terre est réelle et quotidienne. C'est comme une fleur ou le soleil; rien ne peut l'empêcher d'être.
Mais pour ma mère, ce qui importait alors, c'était qu'en parlant elle s'était identifiée à l'élément faible. Cette révélation l'avait ébranlée. Qu'avait-elle pensé toutes ces années, sinon le contraire?
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mercredi 26 septembre 2018

«Retourne à la présence.»

Un été sans les hommes par Siri Hustvedt (The Summer without Men, 2011)
Contemporaine, littérature américaine
Babel, 2014, 214 pages, avec dessin au trait de l'auteure
Couverture: Rodney Smith
Traduction: Christine Le Bœuf
+ : douceur
- :essai
Thèmes:dépression, séparation, reconstruction
Présentation: Après un séjour en hôpital psychiatrique, Mia se reconstruit tranquillement, entre autres en donnant des cours de poésie à des adolescentes.
Avis
Lu pendant le défi de la semaine à 7 livres, il y a certains passages qui m'ont bien plu, alors que d'autres me faisaient décrocher puisqu'ils me semblaient plus près de l'essai. Peut-être aussi l'ai-je trop englouti au lieu de le savourer.

Bon, la semaine à 7 livres était il y a près de deux mois, donc avec les autres lectures effectuées, je me mélange un peu les pinceaux. Je me souviens que dès le début, j'appréciais le style en douceur, en délicatesse. Cependant, j'ai trouvé que plus on avançait, plus il y avait de passages où la narratrice donnait son avis avec des références philosophiques qui ne m'ont pas semblé apporter grand chose à l'histoire, et je trouvais ces passages plutôt lourds. J'ai aussi bien apprécié comment les retours dans le passé sont insérés, ce qui rendait la construction intéressante. J'ai aussi apprécié voir les conflits entre les adolescentes du cours de poésie, même si j'en aurais frappées au fond de moi.

Je ressors donc de cette lecture avec un avis mitigé. Si vous voulez le découvrir, je vous conseillerais de prendre votre temps pour savourer les passages en douceur et délicatesse.


Quelques citations
Il y a des gens qui se contentent d'occuper la place dont ils ont besoin, repoussant du coude les intrus afin de prendre possession d'un espace. [...] Moi, j'étais une souris bruyante, de elles qui grattent les murs et font du chahut mais, je ne sais pourquoi, cela ne changeait rien. 
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Challenge La semaine à sept livres

 qui s'est transformé en 

samedi 22 septembre 2018

Évolution, adaptation!

Croc-Blanc par Jack London (White Fang, 1906)
Aventure, littérature américaine
Le livre de Poche, 2002, 288 pages
édition commentée par Pierre Croustillas
Couverture: Mary Evans Picture Library
Traduction: Daniel Albert-Kouraguine

+ :transformation
- :rebondissement
Thèmes:évolution, adaptation, nature
Présentation: On suit un louveteau qui va de maître en maître

Bon, je dois être une des seules qui ne connaissaient pas l'histoire de Croc-Blanc! Bon, je savais tout de même que c'était un chien-loup, mais de l'histoire, je me demande même si j'avais déjà vu une adaptation.
Donc, bien que j'appréciais le style, j'ai eu de la difficulté avec le début, car je me demandais quand allait arriver Croc-Blanc. J'avais même manqué abandonner ma lecture, mais heureusement, je ne l'ai pas fait et je n'ai donc pas tardé à rencontrer Croc-Blanc qui se pointait dans les pages suivantes.

Et j'ai apprécié suivre ses péripéties, voir comment il s'adaptait aux différents êtres, comment il s'organisait pour survivre.
J'ai donc bien aimé voir la théorie de l'évolution appliquée dans un cadre romanesque et qui faisait qu'on s'attachait à Croc-Blanc et qu'on appréciait ou détestait ses maîtres. En plus de l'évolution, ces changements nous montraient l'adaptation et le rôle de l'environnement dans celle-ci plutôt que de simplement affirmer que c'est le plus fort qui survit.
J'ai aussi apprécié le fait que Croc-Blanc pouvait voir des Dieux dans certains êtres, bienfaiteurs ou non, et j'ai aussi aimé voir certaines réflexions sur cette évolution et la façon qu'ont les humains de s'y intégrer.
Bien sûr, ce n'est pas le livre le plus fort en rebondissement, mais j'ai apprécié cette lecture de laquelle je doute qu'on en sorte sans être marqué.

Quelques citations
Pour Croc-Blanc, c'en était trop. Après tous ces mois où il avait régné en maître sur ses compagnons d'attelage, il lui était impossible de se dominer davantage et de ne pas réagir en voyant un autre dévorer la nourriture qui lui appartenait. Selon son habitude,  il attaqua sans préliminaire. 
Il ne se passa rien. Il continua d'observer avec un intérêt croissant, au point qu'il finit par en oublier de grogner. Et puis, il en oublia aussi d'avoir peur. À la longue, le bouillonnement de la vie avait eu raison de ses craintes tout en excitant sa curiosité. 
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lundi 26 février 2018

Scarlett, Scarlett...

Autant en emporte le vent, tome 2 par Margaret Mitchell (Gone with the Wind - 1936)
Classique - littérature américaine
Le Livre de Poche, 1970, 696 pages
+ : conscience -: Scarlett Thèmes: Sécession, amour, famille, plantations

Présentation: Scarlett se relève de la guerre et Ashley occupe son esprit

Après avoir lu le premier tome il y a quelques années, je me suis enfin lancée dans ce second tome. J'ai eu de la difficulté à me situer au début, mais le sentiment a été de courte durée, et ai rapidement trouvé mes repères.


On se trouve après l'incendie, et on est donc en période de reconstruction. Scarlett m'a paru toujours aussi mesquine et use donc de subterfuges pour parvenir à ses fins, même si certains voient clairement dans son jeu.

J'ai trouvé qu'on avait plusieurs passages où l'auteure se rapprochait plus de l'essai que du roman, puisqu'à travers les événements, on voyait beaucoup ses réflexions. J'ai cependant trouvé que les événements mettant en scène le Ku Klux Klan avaient été évacués parfois rapidement: peut-être l'auteure avait-elle peur de donner le fond de sa pensée, de dénaturer le Ku Klux Klan et ce que cela représentait réellement lors de la Sécession.

J'aurais aimé que certains personnages prennent plus de place dans ce récit, par exemple Mélanie, et qu'on ressente davantage les événements qui se passaient à Tara, que cela soit plus abouti que les informations qui parvenaient à Scarlett.

Mais, même si Scarlett a un fichu caractère, on ne peut qu'embarquer avec elle dans l'histoire et apprécié cette fresque. Maintenant que la lecture est terminée, il faut revoir le film!


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lundi 26 décembre 2016

Au-delà des apparences...



Kathryn Stockett
The Help
Historique
Berkley Book, 461 pages, 2011

+: point de vue

-: .

Thèmes: racisme, ségrégation, femmes, droits civiques

Résumé:Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

La porte vers le passé qui me laisse de pierre...


Diana Gabaldon
Le chardon et le tartan, tome 1: La porte de pierre
Romance, Historique
E-book
(Outlander)

+: départ

-: longuet

Thèmes: amour, Écosse, guerre

Résumé:1945. Claire Randall, jeune infirmière, retrouve son mari Frank dans un village écossais pour leur lune de miel. Alors qu'elle se promène dans la lande, elle découvre un site mégalithique où les villageoises se réunissent en secret pour célébrer d'étranges rites. Fascinée, elle s'approche d'un grand menhir fendu... et se volatilise ! Quand elle reprend conscience, elle est entourée de combattants en pleine action. Et, curieusement, l'un d'entre eux est le sosie de son époux. À sa grande stupeur, elle comprend aussitôt qu'elle a été propulsée... en l'an de grâce 1743 ! Période troublée s'il en fut : l'Écosse, occupée par les félons anglais, est à feu et à sang... Ainsi commence une épopée sauvage et baroque où se mêlent fantastique et histoire, action, amour et humour.

Les vacances de l'espoir



Elin Hilderbrand
Pieds nus
Contemporaine
462 pages, Éditions JC Lattès, 2009
Couverture de :
(Barefoot, 2007)

+: sentiment

-: mon souvenir est trop loin

Thèmes: maladie, cancer, famille, amitié, vacances, espoir

Résumé:Cet été, tout va changer... Par une chaude journée de juin, trois femmes débarquent à Nantucket, avec leurs enfants en bas âge, leurs immenses chapeaux et leurs problèmes. Vicki, la mère de deux jeunes garçons, tente de composer avec la terrible nouvelle de sa maladie. Sa soeur, Brenda, a dû quitter son poste de professeur à l'université, à cause de sa liaison avec un étudiant. Et leur amie Mélanie, après sept vaines tentatives de fécondation in vitro, se retrouve enceinte, alors qu'elle apprend que son mari la trompe. Elles sont venues à Nantucket pour s'évader et goûter la douceur de l'été. Mais le petit cottage familial risque de ne pas être assez grand pour contenir l'ouragan d'émotions qui y déferle.
Josh Flynn, un jeune natif de l'île, s'insinue bientôt dans leur maison et dans leurs vies. Très vite, les trois femmes ne peuvent plus imaginer leur existence sans lui. Mais est-il, comme l'été, une simple distraction à leurs dilemmes ?

mardi 9 juin 2015

La malédiction des questions

Couverture Les Highlanders, tome 1 : La Malédiction de l'Elfe noir
Karen Marie Moning
Les Highlanders, tome 1: La malédiction de l'elfe noir (Beyond the Highland Mist (1999))
Romance, Fantastique
435 pages, J'ai lu, 2011
Traduction de Lionel Évrard
Illustration de couverture: Getty et Fotolia
Résumé: Après la conclusion du Pacte, le peuple des faës s'est réfugié sur la mythique île de Morar, au large des côtes d'Ecosse. A la cour de Faërie, la reine Aoibheal, fâchée contre son époux, s'extasie avec malice sur le charme d'un mortel du nom de Hawk, qui a le don de séduire toutes les femmes. Aucune ne lui résiste, affirme-t-elle. Pas même elle. Ivre de jalousie, le roi Finnbheara convoque son bouffon, Adam Black, et lui ordonne de trouver une femme d'une beauté parfaite, mais indépendante, qui refusera de se laisser séduire par Hawk. Et c'est ainsi qu'Adrienne de Simone est précipitée du XXe siècle en 1513...

+: rythme

-:développement

Thèmes: donjuanisme, Écosse


samedi 17 janvier 2015

Colère de la ruée vers la terre promise

John Steinbeck
Les raisins de la colère (The Grapes of Wrath, 1939)
Drame
632 pages (Folio Gallimard, 1947)
Illustration de Tibor Csernus
Résumé:Le livre raconte les vicissitudes d'une famille de paysans, les Joad, qui, ruinée par les tempêtes de poussière (Dust Bowl), par l'appauvrissement du sol et par la crise des années 1930, est contrainte de quitter l'Oklahoma et de venir chercher du travail en Californie. Peu à peu, affamés, traqués, exploités par les grands propriétaires, les émigrants voient la terre promise californienne se transformer en un vaste pénitencier. Mais on pourra constater tout au long du livre, que l'espoir n'a jamais abandonné cette famille.
+: fresque
-:critique
Thèmes: famille, crise, pauvreté

mardi 7 octobre 2014

Les boxeurs facent au meurtre du dahlia

Couverture Le quatuor de Los Angeles, tome 1 : Le dahlia noirJames Ellroy
Le dahlia noir (The Black Dahlia, 1987)
Policier
504 pages (Rivages Noir, 2006)
Couverture: Metropolitan Filmexport
Résumé: Le 15 janvier 1947, la police de Los Angeles trouve sur un terrain vague le cadavre nu d'une femme de 22 ans, Betty Short. Le corps est sectionné en deux au niveau de la taille, vidé de ses organes et de son sang, il présente de nombreuses lacérations et brûlures, notamment aux seins, et la bouche a été ouverte d'une oreille à l'autre. La police met toutes ses forces sur ce meurtre qui, à cause de la tendance de la victime à se vêtir de noir, devient "l'affaire Dahlia noir". Elle va faire la une du Herald Express pendant douze semaines.

+:

-: lent

Thèmes: enquête, meurtre, boxe, prostitution


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