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mardi 28 avril 2020

Terrible pensée!

Cliquez sur l'image pour vous le procurer
Dracula
Auteur : Bram Stoker
Édition: Pocket - 1992 - 566 p. - traduit par Jacques Finné
Original: Dracula, 1897
Photo de couverture par Henry Hohenstein
Classique, fantastique, épistolaire, littérature irlandaise

Présentation: Le mythe Dracula
+ : psychologie
- : peur
Thèmes: peur, vampires, folie


Pourquoi ce livre
Parce que j'avais demandé ce livre en PEB, et que c'était une version jeunesse qui était arrivée. Même si je n'avais pas apprécié, je tenais toujours à découvrir le texte intégral pour bien voir à quel point ce titre a eu un impact.

Mon avis
Et j'ai bien fait! Je me souviens avoir apprécié le style dès les premières pages, et l'ambiance qui s'en dégageait. Bien entendu, comme souvent, j'écrit ma chronique quelques mois après ma lecture, ce qui fait que mes souvenirs se sont légèrement estompés, et font que les + et - sont peut-être biaisés. Or, avant de me mettre à la rédaction, je retapais des passages du livre, ça aide à réactiver ma mémoire. D'ailleurs, j'ai réalisé à quels points certains passages qui m'ont marqué sont longs, et que j'en avais plusieurs, ce qui peut montrer mon appréciation du récit.

Peu après l'avoir débuté, j'ai vu qu'il y avait une LC organisée par Aealo, et je n'ai pu que la joindre pour discuter de ce mythe. Les participants pourront d'ailleurs très bien s'imaginer pourquoi, lorsque je tapais les passages, j'ai souri en tapant:
Mais hélas, vous vous embarrassez de préjugés. Parfois, vous ne permettez pas à vos yeux de voir ni à vos oreilles d’entendre et vous ne vous encombrez pas de tout ce qui transcende votre vie quotidienne. Ne croyez-vous pas qu’il existe des forces que vous ne pouvez comprendre — ce qui n’exclut pas leur existence? Ne croyez-vous pas que certaines gens puissent voir des choses que d’autres ne voient pas? Des choses, d’ailleurs, il en existe, anciennes ou modernes, qui ne risquent pas d’être surprises par des yeux humains étant donné que ces mêmes humains croient, ou croient croire d’autres choses qu’on leur a enseignées. À qui la faute, sinon à notre science qui désire tout expliquer? Et si elle est incapable d’expliquer, elle prétend qu’il n’est rien à expliquer. Pourtant, ne voyons-nous pas naître, autour de nous, chaque jour, de nouvelles croyances — plus exactement, des croyances qui se prétendent nouvelles? De fait, elles sont bien anciennes, même si elles se prétendent neuves — comme ces belles dames qui hantent les soirées d’opéra. Je crois que vous ne voulez rien entendre de la transmutation des corps, n’est-ce pas? Ni des corps astraux? Ni de la lecture des pensées! Et l’hypnotisme? Toujours pas?
Pour ceux qui n'ont pas participé à la LC, c'est parce qu'une membre qui suivait la discussion (elle se reconnaîtra) avait suggéré d'oublier tout ce qu'on connaissait de Dracula pour bien apprécier ce récit. (C'est moi qui ajoute le gras.) Et d'ailleurs pour ma part, je préfère ce vampire originel plutôt que de ceux stéréotypés que l'on voit dans les récits de bit-lit par exemple. Malgré cela, il ne faut pas oublier que
Et je vous convie à croire aux superstitions. Elles furent l’acte de foi des hommes dans les premiers âges et plongent leurs racines dans les vraies connaissances.
Cependant, je ne crois divulgâcher personne en disant que les protagonistes ont des connaissances sur Dracula et à vous partager ce passage qui résume bien leur état de connaissances:
Si j’avais su, depuis plus longtemps, voire si j’avais deviné, soupçonné ce que je sais à présent, une vie précieuse aurait été épargnée – une de ces vies à laquelle tenaient bon nombre d’entre nous. Mais le passé est passé et nous devons agir, à présent, de telle sorte que d’autres âmes ne périssent pas de la même manière, si nous pouvons les sauver. Le nosferatu ne meurt pas, comme l’abeille, dès qu’il a frappé. Bien au contraire, son forfait accompli, il est plus fort encore, dispose d’une puissance accrue pour perpétrer le mal. Le vampire que nous devons affronter possède la force de vingt hommes. Il est plus rusé que chacun d’entre nous, puisque la ruse s’accroît avec l’âge. Il tire aussi de nombreuses ressources de la nécromancie, soit, comme l’indique l’étymologie, la divination par le biais des morts. D’ailleurs, tous les morts dont il peut approcher s’inclinent devant lui et se mettent à son service. Il est brutal, plus que brutal, même. Il est vicieux, au sens le plus terrible du mot, et d’autant plus qu’il n’a pas de cœur. Dans certaines limites, il peut apparaître selon sa propre volonté, où il le veut et sous la forme qu’il désire. Il peut aussi se rendre maître de certains éléments – la tempête, le brouillard, le tonnerre. Il peut commander à des créatures inférieures – le rat, le hibou, la chauve- souris, la phalène, le renard, le loup. Il peut grandir et se rapetisser jusqu’à pouvoir disparaître comme s’il n’existait plus. Comment alors pourrons-nous le détruire, à jamais? Comment, d’abord, pouvoir le localiser ? C’est une tâche terrible qui nous attend, mes amis, une tâche impensable dont les conséquences possibles pourraient faire trembler le plus brave. Si nous échouons dans notre lutte, c’est à coup sûr qu’il aura vaincu. Et alors, qu’adviendra-t-il de nous ? La vie n’est rien. Je ne l’adore pas. Mais notre échec porte bien plus loin que la vie et la mort car, si nous échouons, nous deviendrons comme lui de terribles créatures de la nuit, sans cœur, sans conscience, faisant proie de ceux, de celles que nous aimons le plus. Pour nous, alors, et à jamais, les portes du ciel seraient fermées et, pis encore, qui interviendrait pour nous les ouvrir ? Nous pour- suivrions notre existence, objets de haine universelle, ombre à la face de Dieu, lance au flanc de Celui qui mourut pour les hommes. Pourtant, malgré cette terrible perspective, nous affrontons une sorte de devoir à accomplir. Et devant le devoir, est-il permis de trembler ? Moi, je réponds par la négative. Mais moi, je suis vieux et la vie, ses lueurs aveuglantes, ses havres de beauté, ses chants d’oiseaux, ses musiques, ses amours, s’étendent loin derrière moi. Vous autres, au contraire, vous êtes jeunes. Beaucoup d’entre vous ont affronté la douleur, déjà, mais ont l’assurance de jours heureux, tôt ou tard. J’attends donc votre réponse. 
J'ai aussi aimé lorsque nous pouvions sentir certains parallèles avec d'autres éléments.
Ne croyez pas, en me voyant rire, que je n’éprouve aucune tristesse. Vous voyez que j’ai pleuré même quand j’étouffais de rire ! Mais il ne faut pas croire non plus que je sois malheureux quand je pleure, puisque le rire a succédé aux larmes. N’oubliez jamais que le rire qui frappe à votre porte en vous demandant la permission d’entrer n’est jamais le véritable rire. Non. C’est un roi qui entre quand et comme il veut ! Il ne demande d’autorisation à personne ! Il ne choisit pas le moment le plus adéquat, mais s’annonce sans crier gare.
[…]
Si vous aviez pu lire au plus profond de mon cœur, quand j’ai éclaté de rire, si vous aviez pu comprendre ce que je ressentais quand la crise est arrivée, si vous saviez ce qui se passe quand Sa Majesté le Rire remporte sa couronne et tous ses attributs — car quand il me quitte, c’est pour aller loin, très loin, et longtemps — vous auriez sans doute plus pitié de moi que de votre autre ami!
Et bien entendu, je vous ai dit que dès le départ, je sentais l'ambiance et que je l'appréciais. Je ne peux donc que vous partagez des passages qui semblent simple, mais aide à transmettre l'ambiance gothique du roman.
Roches grises; ciel gris dont le faible soleil éclaire parfois quelques franges, par-dessus la mer grise dans laquelle les bancs de sable s’étendent comme des doigts gris. La mer donne de furieuses gifles au rivage, mais les sons me parviennent comme ouatés, à travers le brouillard qui assaille les terres. L’horizon se perd dans un brouillard gris. Tout semble infini. Les nuages s’empilent comme des roches géantes et, sur la mer, court une rumeur qui ressemble à des présages funèbres. De sombres silhouettes se profilent sur la plage, de-ci, de-là, parfois à moitié dévorées de brouillard, et l’on croirait «voir des hommes marcher comme des arbres». Les bateaux des pêcheurs se hâtent de rentrer au port, comme des ivrognes qui montent et descendent au gré de la houle.
mais les tombes n’avaient paru aussi monstrueusement blanches, jamais les cyprès, les ifs, les genévriers n’avaient autant paru les symboles de la tristesse la plus totale, jamais les arbres, jamais les herbes n’avaient ployé sous le vent de façon si sinistre, jamais les branches n’avaient craqué si mystérieusement et jamais les aboiements lointains des chiens n’avaient, me semble-t-il, envoyé présage plus sinistre à travers la nuit.
Mais pour moi, en plus de cette ambiance, c'est tout ce côté psychologique auquel je ne m'attendais pas qui fait la force du roman. Je fus surprise de voir tout ce pan de connaissances déjà à l'époque et voir comment Stoker transmis cela dans la crainte face à son vampire, avec un rôle assez important confié à un aliéné. Stoker avait très bien compris qu'il fallait faire progresser la science dans son domaine le plus difficile et pourtant le plus vital — la connaissance de l’esprit et ses mécanismes et son récit sur Dracula nous permet de nous faire une tête là-dessus à l'aide de différents passages.
Vous soignez les aliénés. Mais, d'une manière ou d'une autre, tout homme est un peu fou. Tout comme vous faites preuve de discrétion en soignant vos patients, vous vous montrez discret avec les fous de Dieu — le reste des hommes. Vous ne dites pas à vos fous ce que vous faites ni pourquoi vous le faites. Vous ne leur révélez pas vos pensées. Vous gardez la connaissance où elle doit être, à un endroit où elle pourrait s’épurer, se compléter. […]
À présent, vous êtes un maître et je suis certain que vos bonnes habitudes n’ont pas disparu pour autant. Souvenez-vous, mon ami, que la connaissance est plus forte que la mémoire et que nous ne devons pas accorder notre confiance à la plus faible. Même si vous avez perdu votre bonne habitude de prendre des montagnes de notes, laissez-moi vous révéler que le cas qui nous préoccupe pourrait bien être (j’ai bien dit pourrait être) d’un intérêt tel, pour la race humaine, que tout le reste pourrait sembler mineur! Prenez donc soigneusement vos notes. Rien n’est peut-être inutile. Je vous conseille même de noter le moindre de vos doutes, la plus insignifiante de vos hypothèses. Peut-être, dans la suite, serait-il intéressant pour vous de voir jusqu’à quel point votre diagnostic était bon ou mauvais. Ce sont les erreurs qui nous permettent d’apprendre, non les succès.
Depuis mon échec d’hier, je ressens une impression de vide. Rien au monde ne me semble digne d’une pensée. J’avait toujours affirmé que le seul remède à cette sorte de maladie était le travail. Je me suis donc réfuté chez mes patients et j’ai choisi celui qui me paraissait le plus intéressant. Ses idées sont si bizarres, si éloignées des normes que je suis disposé à tout tenter pour le comprendre. Aujourd’hui, j’ai eu l’impression de pénétrer plus loin que jamais au cœur de ce mystère.
Je l’ai interrogé plus profondément que je ne l’ai jamais fait à seule fin de mieux interpréter ses hallucinations. Je comprends fort bien, à présent, que ma conduite dissimulait quelque cruauté. Je donnais l’impression de le cantonner volontairement dans sa folie — ce que j’évite avec mes autres patients, comme j’évite la gueule de l’enfer.
Tout à coup, je remarquai, dans ses yeux, cette lueur sournoise, caractéristique de tous les déments à qui vient de s’imposer une idée. En même temps, il se mit à secouer la tête — phénomène que les surveillants d’asile connaissent trop bien.

Bref, vous en comprenez que j'ai apprécié ma lecture. Bien entendu, j'ai senti un petit creux au milieu, mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier ce récit qui n'en est pas un d'aventure, mais où tous les tenants sur la crainte, sur les mécanismes de celle-ci me semblent faire sa force. Ce fut donc une belle découverte pour moi. Je vous invite donc à le découvrir, mais n'oubliez pas d'évacuer vos préjugés, et de vous laisser envelopper par cet univers. 

Quelques citations
Lorsque, un peu plus tard, je le vis, par une fente dans la porte, dresser la table dans la salle à manger, le doute ne fut plus permis; qu’il s’abaisse à ces travaux serviles démontre que personne d’autre n’est engagé pour les faire. Cette découverte me fit frissonner — si personne d’autre n’habitait le château, ce devait être le comte lui-même qu’il avait conduit la voiture, deux jours avant! Terrible pensée! Dois-je penser qu’il détient le pouvoir de contrôler les loups comme il me l’a montré — en levant seulement la main, sans même prononcer une parole? Et qu’était cette épouvante que ressentaient, à mon égard, le menu peuple de Bistritz et mes compagnons de voyage? Pourquoi ce crucifix? Popurquoi, dans la voiture, ces petits cadeaux peu ordinaires — ail, rose sauvage, cendre de montagne? Bénie soit la vieille femme qui m’a passé son crucifix autour du cou! Je sens renaître mes forces et mon courage chaque fois que je le touche. Étrange qu’un objet qu’on m’a appris à tenir pour un relent d’idolâtrie puisse apporter une aide aussi immense en des temps de solitude et de danger! L’essence de l’objet lui-même posséderait-il quelque pouvoir ou sert-il seulement de tremplin, de médium, pourrai-je presque dire, pour me replonger dans mes souvenirs les plus calmes et les plus heureux?
— Au diable, vous et toutes vos âmes! cria-t-il. Pourquoi me tourmenter avec elles! Ne croyez-vous pas qu’il me suffise de me tourmenter, de me désoler, de m’affoler sans qu’il faille encore m’occuper d’âmes?
[…] Je désire réfléchir, ce qui m’est impossible quand mon corps souffre de contraintes. 
les épreuves, les tensions, ne sont que des pièges destinés à évaluer la force de notre foi, que nous devons continuer à croire et à espérer
Puis j’ai un souvenir, vague, de quelque chose de long et de sombre, avec des yeux rouges — ce rouge que nous avons admiré dans le soleil couchant. C’était aussi quelque chose de très doux et de très amer qui m’a entourée en une seconde. J’ai alors eu l’impression de m’enfoncer dans une onde verte et profonde et j’entendais une mélodie résonner à mes oreilles — une mélodie semblable à celle qu’entendent, m’a-t-on affirmé, les noyés avant de mourir. Et puis, tout a semblé s’enfuir de moi. Mon âme jaillissait de mon corps et je flottais dans l’espace. Je croyais me souvenir que dans le temps, le phare occidental brillait en dessous de moi. Et puis, je subis un sentiment déchirant comme si je me débattais dans un tremblement de terre et je suis revenue à moi alors que vous me secouiez — je vous ai vue me secouer avant de le sentir vraiment.
si la sympathie humaine ne peut rien changer aux faits eux-mêmes, elle aide pourtant à les rendre plus supportables.
Renfield est un maniaque homicide d'une espèce particulière. Je vais devoir inventer une nouvelle classification pour son cas – je l’appellerai un maniaque zoophage. Il ne désire rien que d'absorber le plus de vies possibles et il est arrivé à cette obsession par un paroxysme assez surprenant. [..] Où en serait-il arrivé ensuite? Cela vaudrait presque la peine de le voir achever l’expérience. Mais il faudrait, pour cela, une raison suffisante. Les hommes ricanaient devant la vivisection et regardez les résultats d’aujourd’hui! Pourquoi ne pas faire progresser la science dans son domaine le plus difficile et pourtant le plus vital — la connaissance de l’esprit et ses mécanismes?
Mais la crainte est salutaire, car elle sert d’avant-poste à la croyance!


Parce que je participe à quelques challenges


et peut-être aussi

Ce titre fait également partie de la liste des 100 livres à avoir lus au moins une fois dans sa vie, et de celle du Teacher's Favorite Books 

jeudi 16 mai 2019

exhumer l'horreur

Le rapport de Brodeck
Auteur : Philippe Claudel
Couverture : Roger Toulouse, Le Jeune Homme de l'Hospice
Édition: Stock - 2007 - 375 p.
original: titre XXX , 2000
Drame, littérature française






Mon avis
Oui, une fois n'est pas coutume, j'entame l'avis sans avoir fait une présentation en une phrase, choisi un + et un -. Un peu parce que j'ai l'impression d'avoir eu des lectures dernièrement pour lesquelles j'étais en mode fatiguée à fond, et donc que je lisais sans retenir, même si c'était fluide. Cependant, cela ne m'empêche pas de tenter de vous en parler un peu.
En voulant rafraîchir ma mémoire, la première critique non-presse sur laquelle je tombe, l'internaute mentionne que Brodeck fait preuve de pragmatisme, et même si je n'en étais qu'au tout début de la critique, cela m'a fait dire que c'est peut-être ce côté trop pragmatique qui faisait que je ne retenais quasiment rien, cela n'étant pas aidé par la fatigue. Bref, il semblerait que j'ai tendance à lire cet auteur à des moments inopportuns afin de pouvoir l'apprécier pleinement.
Cependant, cette fatigue ne m'a pas empêché de repérer des passages qui portent à réflexion, ce qui me semble être le but de ce titre, de venir nous parler d'histoire de façon détournée afin qu'on n'oublie pas la mémoire de certains événements, et qu'on réfléchisse dessus.
À travers ses questionnements sur la disparition de l'Anderer (l'autre), on trouvera justement cette relation à l'autre. On croise aussi des mots sans doute allemands, et certaines réflexions sur la guerre.
La guerre... Peut-être les peuples ont-ils besoin de ces cauchemars. Ils saccagent ce qu'ils ont mis des siècles à construire. On détruit ce qu'hier on louait. On autorise ce que l'on interdisait. On favorise ce que jadis on condamnait. La guerre, c'est une grande main qui balaie le monde. C'est le lieu où triomphe le médiocre, le criminel reçoit l'auréole du saint, on se prosterne devant lui, on l'acclame, on l'adule. Faut-il donc que la vie paraisse aux hommes d'une si lugubre monotonie pour qu'ils désirent ainsi le massacre et la ruine? 
Et pour ma part, vu toute les haines que renferment les guerres, je ne peux que vous dire que j'ai trouvé le passage suivant très marquant. On sentait plus de vie, d'émotion de la part de Brodeck, ce qui venait lui donner plus de caractère que son côté très pragmatique.
Qui a donc décidé de venir fouiller mon obscure existence, de déterrer ma maigre tranquillité, mon anonymat gris, pour me lancer comme une boule folle et minuscule dans un immense jeu de quilles? Dieu? Mais alors, s'Il existe, s'Il existe vraiment, qu'Il se cache. Qu'Il pose Ses deux mains sur Sa tête, et qu'Il la courbe. Peut-être, comme nous l'apprenait jadis Peiper, que beaucoup d'hommes ne sont pas dignes de Lui, mais aujourd'hui je sais aussi qu'Il n'est pas digne de la plupart d'entre nous, et que si la créature a pu engendrer l'horreur c'est uniquement parce que son Créateur lui en a soufflé la recette.
Aussi, j'ai l'impression que le pragmatisme faisait en sorte que le fait que Brodeck nous relate les événements enlevait un peu de l'horreur qui était exhumée, car c'est bien de cela qu'il m'a paru s'agirt ici de déterrer les travers de l'humain... À moins que ce ne soit l'habitude et que celle-ci se répande encore plus vite qu'on le pense :(
Il ne faut pas, même sans le faire exprès, même sans jamais le vouloir, exhumer l'horreur, sinon elle reprend vie et se répand. Elle vrille les têtes, elle grandit, elle accouche à nouveau d'elle-même.
Bref, vous comprenez que j'ai eu de la difficulté à chroniquer ce titre puisque je n'étais pas à mon top niveau forme. Cependant, si vous voulez vous le procurer, je crois que vous pourrez y prendre plaisir, mais je vous conseille de le lire lorsque vous n'êtes pas trop fatigués.


Quelques citations
«L'homme est un animal qui toujours recommence». Mais que recommence-t-il sans cesse ? Ses erreurs, ou la construction de ses fragiles échafaudages qui parviennent parfois à le hisser à deux doigts du ciel ?
Parce que je participe à quelques challenges

Défi-lecture: #
Challenge personnel : #
 Multi-défis : #


 

jeudi 18 octobre 2018

«instruments majeurs de la stabilité sociale»

Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley (Brave New World, 1932)
Science-fiction, littérature britannique
Pocket, 2013, 319 pages
Illustration de la couverture: Arnaud Crémet  
 Traduction: Jules Castier
+ : visionnaire              
- : lenteur
Thèmes: eugénisme, conditionnement
Présentation: Les humains sont maintenant contrôlés génétiquement dans un monde où doit régner la consommation, le sexe sans passion amoureuse et le soma pour s'évader.

Comment débuter cette chronique sur ce titre. Un peu dur. Sans que ce soit un coup de cœur, je peux vous dire que j'ai dû corner près du tiers des pages pour les passages marquants. Peut-être n'ai-je pas eu de coup de cœur à cause d'idées véhiculées et que cela met donc une distance pour qu'on s'identifie pleinement aux personnages, heureusement.

Anecdotes

Pendant que je vous écrivais ma présentation, lorsque j'ai tapé le soma pour s'évader, l'autocorrecteur m'avait transformé cela en le coma pour s'évader. Ça porte à réfléchir...

Je me disais que ce serait parfait de l'inscrire dans mon planning d'octobre puisque j'avais vu sur Livraddict qu'il était américain et que ce serait parfait dans mon planning des continents alternés pour licorne... Mais bon, lorsque j'ai lu la préface, j'ai rapidement compris qu'il n'était pas américain, et ai donc regardé si c'était le cas d'une double nationalité: ça m'a permis d'apprendre que l'auteur britannique avait voyagé aux States, en Inde avant d'écrire ce livre en France, et avant d'aller s'installer aux États-Unis. Mais je n'ai pas trouvé d'endroit qui me mentionne de nationalité autre que britannique. Donc, les points supplémentaires, ce ne sera pas pour ce niveau de SFFF :(

Ma lecture de l'œuvre

Depuis longtemps dans ma wish dans ma tête, c'est en juin que je me le suis procuré, me disant que j'aimerais bien le lire dans le cadre du challenge Littérature de l'imaginaire puisque je fais partie des néophytes (ou quasi) de ces genres et que je voulais aussi découvrir certains auteurs incontournables. Et je me disais que je voulais le lire d'ici la fin de l'année, puisqu'avec ce titre, c'est intrigant. Et lorsque j'ai enfin pu m'inscrire au challenge de la Licorne, et vu qu'on pouvait proposer des LCs pour avoir plus de points, j'ai mentionné ce livre, et la_lectrice_ananas, adepte de SFFF, s'est proposée pour me joindre dans l'aventure. En regardant quand j'aimerais le lire, je me rendais compte que c'était en octobre pour Objectif du mois. 
Du coup, récemment, nous nous sommes lancés dans le récit et avons échangé nos impressions au fil de la lecture. J'ai apprécié lire ce titre en échangeant puisque nous avons pu échangé sur nos façons de saisir certains passages, bien que nous ayons eu des avis similaires, nous avons parfois compris certaines choses différemment et la_lectrice_ananas m'a permis de voir, lorsque je me posais des questions sur un élément entre autres, que j'avais probablement zappé une information. En tout cas, je ne l'avais pas retenu.

De plus, lorsque je me demandais si j'avais bien saisi une certaine information puisque j'ai trouvé certains faits évacués rapidement quand à certains sorts, j'ai été voir la partie résumé sur wikipedia et j'ai pu remarqué que plein de références m'ont échappé pendant ma lecture puisque, même si j'avais repéré certains noms de l'histoire, il y en avait bien d'autres. Je regrettais déjà de ne pas avoir une connaissance approfondie de Shakespeare puisque celui-ci est cité à plusieurs reprises. Bien que mon édition mettait les traductions en notes pour qu'on puisse voir l'oralité, la sonorité qui est impossible à reproduire entièrement dans une traduction, je trouvais que ces notes ne m'apportaient rien de plus, puisque bien que j'aille lu certaines œuvres, on dirait que celles-ci ne m'ont pas marqué. Donc, j'ai peut-être manqué certaines allusions et manqué de faire des liens, car dans sa préface l'auteur nous avise qu'il faut avoir une bonne culture pour saisir l'œuvre. Cependant, j'ai pu en remarquer certaines telles que Lénine, Freud, Marx, Darwin, le conditionnement, la relation envers nos mères de Freud, si ma mémoire est bonne Pavlov. Et d'autres encore sans doute. Par exemple, en revoyant Ford mentionné sur wikipédia, je ne suis pas certaine si j'avais bien fait le lien puisqu'il ne m'a pas resté à l'esprit tout le long du récit, mais peut-être l'ai-je fait à un moment si ça parlait de production en chaîne. D'ailleurs, parlant de culture, afin de faire une recherche sur le mot somatique pendant que je rédige ma chronique, cela me mène au mot soma : 
  • Boisson sacrificielle dont l'usage était courant d'après les Veda. (Elle était fabriquée à partir du jus d'une plante ou d'un champignon inconnu. Elle semble avoir eu un fort effet hallucinogène.)
Bien que je trouvais que ça me faisait penser aux antidépresseurs que certains se font prescrire comme si ça pouvait tout régler, à un abus de drogues également, j'ignorais l'existence de cette ancienne boisson. Cependant, cette panoplie de références ne m'a pas empêché d'apprécier ma lecture et de repérer bien des passages sur ces références, également entre autres un possible parallèle avec la religion (Notre Ford -> N.F. / Notre Lord) et je considère d'après moi qu'il est impossible que vous ne possédiez aucune référence pour voir les effets qu'à cette société où tout est contrôlée. Mais, je sais que lorsque je le relirai à la retraite, il va falloir que je relise Shakespeare, mes notes de psychologie, que je regarde plus en profondeur certains personnages de l'histoire.

Aussi, lorsque je mentionnais que j'allais entamer la lecture sur l@, je disais
Mais ce qui me fait peur, c'est que lors de la republication après la WWII, l'auteur écrivait dans sa préface: «Aujourd'hui, il semble pratiquement possible que cette horreur puisse s'être abattue sur nous dans le délai d'un siècle.» et avec ce qu'il dit sur le totalitarisme, la science dans son préface et ce que je vois du monde côté politique, ça commence à me faire peur
et j'avoue que ça me faisait peur pendant la lecture la télévision, mais après vérification ça existait déjà ce concept avant la publication. Mais j'ai tout de même pu repérer le côté visionnaire avec ces sports qui ne sont utiles que s'ils ont plus d'accessoires que ceux qui existent déjà, le cinéma sentant - qui me fait penser au cinéma que je crois qui s'appelle cinéma 4d et à la réalité virtuelle - ainsi que le total contrôle génétique en créant des castes avec l'absence de père et de mère, puisqu'on clone maintenant et qu'il s'exerce déjà des contrôles génétiques - d'ailleurs, je lisais parallèlement Ma vie pour la tienne où Anna est une enfant qui a été contrôlée génétiquement. Bref, ça fait grandement réfléchir à l'évolution de la société, au conditionnement >lavage de cerveau et à ce que l'on désire réellement comme humain. Pour ma part, j'ai lu ce titre au moment où, au Québec, notre gouvernement nouvellement élu a comme première action que les fonctionnaires et autres employés de l'État devront démissionner s'ils veulent continuer à porter leurs voiles au travail, et où le gouvernement fédéral légalise le pot. Bref...

De plus, j'ai apprécié de voir l'impact de l'eugénisme dans cette société, sur le fait que chaque caste a des attentes et est conditionné différemment pour diverses buts. J'ai trouvé que cela enlevait beaucoup de personnalité aux personnages dans leur univers puisque ceux-ci ne font presque suivre ce pour quoi ils ont été conditionnés. D'ailleurs, pour Bernard, le mouton noir de cette société, celui-ci mentionne son moi à quelques reprises, ce qui m'a semblé lui donner plus de conscience dans cette société.

Malgré tout, j'ai trouvé que ce n'était pas l'histoire avec le plus de rebondissements. C'est plutôt descriptif sur les actions, les façons d'organiser cette société, mais c'est intéressant de voir comment tout cela est construit. J'ai trouvé que certains rebondissements, certaines décisions étaient expédiées rapidement. Je pense entre autres à un personnage qui a changé d'attitude lors d'un retour à une certaine réalité, comme si celui-ci avait vécu un événement perturbateur entraînant ce changement, mais je n'ai pas eu ma réponse en refermant le livre. Peut-être lors des corrections, le passage en question qui nous ferait comprendre ce changement a-t-il été évacué, je n'en sais rien.

Même si je considère pour ma part qu'il faut être bien concentrée (la_lectrice_ananas n'avait pas ce ressenti - peut-être étais-je dans une période trop fatiguée), je n'ai pas trouvé que l'amas de connaissances donnait de la lourdeur au récit, ni que l'auteur le faisait sur un ton moralisateur. Bien que lent, j'ai trouvé cela agréable comme style.

Bref, je ne crois pas qu'on puisse sortir de cette lecture en y ayant été insensible, cette lecture porte à réfléchir et ce titre mérite bien sa place dans les livres à avoir lu au moins une fois dans sa vie.

Quelques citations
Les jours passèrent. Le succès monta à la tête de Bernard comme un vin mousseux, et au cours de l'opération le réconcilia complètement (comme doit le faire tout mon produit grisant) avec un monde que, jusque-là, il avait trouvé fort peu satisfaisant. Pour autant qu'il reconnaissait son importance à lui, Bernard, l'ordre des choses était bon. Mais, bien que réconcilié par son succès, il refusa cependant de renoncer au privilège de critiquer cet ordre. Car le fait de critiquer rehaussait chez lui le sentiment de son importance, lui donnait l'impression d'être plus grand. 
Ce qui était encore pire à considérer la chose sous un certain angle. Ceux qui avaient de bonnes intentions se conduisaient de la même manière que ceux qui en avaient de mauvaises. 
Tel est le but de tout conditionnement: faire aimer aux gens la destination sociale à laquelle ils ne peuvent échapper
Parce que je participe à quelques challenges




dimanche 23 septembre 2018

«les signes par lesquels vais vous guider»

Le monde de Narnia: Le fauteuil d'argent par C.S.Lewis (The Chronicle of Narnia: The Silver Chair, 1953)
Littérature jeunesse, fantasy, littérature irlandaise (britannique)
Intégrale de Gallimard, 2010, 868 pages
Couverture: Cliff Nielsen
Illustrations: Pauline Baynes
+ :construction
- :survol
Thèmes:quête, amitié, entrave
Présentation: Jill, avec l'aide d'Eustache, se font confier la mission de retrouver un prince enlevé en suivant les consignes qu'Aslan leur a données.

Voilà, quatrième tome de Narnia que je lisais pour ma part (je suis l'ordre de publication originale, et non celle de l'intégrale), et je dirais que c'est sans doute celui que j'ai apprécié le plus pour l'instant.

J'ai trouvé que c'était celui où l'intrigue était la mieux construite puisqu'on sentait la quête des enfants. Bien sûr, les rebondissements ne son pas rocambolesques, mais les péripéties se suivent et on retrouve plusieurs personnages croisés auparavant.
De plus, j'ai beaucoup moins senti le côté moralisateur qui me dérangeait parfois précédemment, et j'ai l'impression, selon mon souvenir, d'avoir moins remarqué le parallèle avec la religion dans ce tome. Je crois aussi que le côté moralisateur est moins présent puisque les enfants ont vieilli et que, malgré leurs erreurs, ils jugent maintenant de leurs actes.
Bref, j'ai donc trouvé ce tome plus mature que les précédents et j'ai apprécié ma lecture.

Quelques citations

Parce que je participe à quelques challenges



samedi 22 septembre 2018

Préceptes de vie

Le prophète par Khalil Gibran  (The Prophet, 1923)
Poésie, philosophie, littérature libanaise
Éditions Babel, 2004, 103 pages
Couverture: Khalil Gibran, Esquisse d'un dessin du visage du prophète
Traduction: Antoine Ghattas Karam

+ : sensibilité
- :convenu
Thèmes: connaissance de soi
Présentation: Le prophète répond aux gens qui lui demandent de parler de certains points de la vie.

Voilà un petit livre que je me suis procuré en début d'année, mais que je tardais à découvrir. J'ai donc profité de la semaine à sept livres pour le faire. Bien que j'ai apprécié ma lecture, je dois avouer qu'il ne m'en reste pas grand chose.

Je me souviens par contre très bien que je n'étais pas d'accord entre autres avec sa vision de la culpabilité au point que j'avais le goût de jeter le livre la fenêtre, parce qu'il disait que les assassinés étaient coupables du crime commis contre eux, et cette façon de voir me révolte toujours.
J'ai aussi trouvé que par moments, cela semblait être les 10 commandements écrits autrement. Cependant, pour la majorité des aspects de vie abordés, ce ne sont que le gros bons sens ou je réalisais que je devrais davantage adopter les principes suggérés.
J'ai apprécié l'écriture toute en légèreté, et la forme placée un peu à la façon des poèmes, ce qui m'a semblé renforcé le côté sensible.
Mais comme je vous le disais, j'ai l'impression qu'il ne m'en reste pas grand chose environ un mois plus tard, peut-être parce qu'en grande majorité, je ne pouvais qu'être d'accord. Ou peut-être que ses souvenirs se sont noyés dans ceux de la masse de cette semaine-là. Mais je crois qu'il faut au moins le lire une fois, ne serait-ce que pour être confronté à son point de vue et à nos attitudes.


Quelques citations
Quand l'amour vous appelle, suivez le,
bien que ses chemins soient raides et durs.
Et quand ses ailes vous enveloppent, livrez-vous à lui
quoique le glaive dissimulé dans ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui,
bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste le jardin.
Parce que je participe à quelques challenges

Challenge Poésies


samedi 19 mai 2018

«Vous sentez-vous capable d’assumer la royauté de Narnia ?»

Prince Caspian par C.S. Lewis
Fantasy, jeunesse, littérature irlandaise (britannique)
intégrale de Gallimard, 2010, 868 pages
The Chronicles of Narnia : Prince Caspian (1951)
+ :  créatures mythologiques    -: sans nuances   Thèmes: légendes, guerres, religion
Présentation: Les enfants sont rappelés à Narnia pour une guerre de succession.

Après avoir apprécié ma lecture du premier tome publié, j'ai donc poursuivi l'aventure quelque temps plus tard. Malheureusement, la magie n'a pas bien opéré cette fois.

J'avais été agréablement surprise lors du tome de l'armoire, mais ici, même si j'ai apprécié l'écriture fluide, j'ai trouvé que la construction du récit a été mal exploitée. J'ai aussi remarqué les multiples clin d'oeil à la religion, où tout est noir ou blanc, sans aucune nuance dans le récit. Même si certains parallèles avec la religion m'ont fait sourire, c'est ce manque de nuances qui m'a agacée dans ce tome.

J'ai aussi trouvé que les enfants se faisaient conter ce qui était arrivé depuis qu'ils avaient quitté Narnia d'une façon trop descriptive, sans action, alors que la lectrice que je suis pouvait comprendre l'opposition entre Caspian et son oncle, sans se le faire expliquer. J'avais hâte que cela aboutisse. Tandis que je trouve que la bataille nous a été expédié, alors que j'aurais souhaité beaucoup plus de gomme sur celle-ci.

De plus, je n'ai pas été capable de m'attacher à Caspian. Et j'ai eu l'impression que Lucy, Susan, Edmond et Peter ont été laissés en arrière-plan, un peu comme s'ils étaient toujours qu'à l'état de légende.

Cependant, j'ai tout de même apprécié voir les créatures mythologiques prendre plus de place et être davantage détaillés que dans Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique. 

Je ne peux comparer avec le film, car je ne me souviens pas l'avoir vu. Bref, c'est surtout le manque de nuances entre le bien et le mal qui m'a agacé dans ce tome. Mais, je lirai les autres, en espérant que ce qui m'a plu dans Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique, se retrouve dans les autres tomes, que je retrouve l'aventure, la magie.

Quelques citations
Vous pouvez être bon pour les pauvres survivants du peuple des nains, comme moi-même. Vous pouvez rassembler des magiciens très savants et essayer de réveiller les arbres. Vous pouvez faire des recherches dans tous les recoins et lieux sauvages du pays, pour voir si, par hasard, quelques faunes, quelques bêtes qui parlent ou quelques nains y vivent encore, dans la clandestinité. 
Et ce seul petit bruit ressuscita le passé dans l’esprit des enfants avec plus d’intensité que n’importe quel autre événement de la journée. Les souvenirs des batailles, des chasses et des festins affluèrent tous à la fois dans leur mémoire.
Les chroniques des autres participants à la LC
À venir, n'hésitez pas à mettre la vôtre en commentaire en attendant! 
Parce que je participe à quelques challenges

mardi 20 mars 2018

Sot de s'enfermer dans une armoire

Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique par C.S. Lewis
Fantasy, jeunesse, littérature irlandaise (britannique)
intégrale de Gallimard, 2010, 868 pages
The Chronicles of Narnia : The Lion, the Witch and the Wardrobe (1950)
+ :  Aslan    -: répétition   Thèmes: magie, hiver, enfant
Présentation: Lucy découvre l'univers de Narnia au fond d'une armoire.

Cherchant un titre pour relancer le challenge La face cachée des Disney, c'est sur celui-ci que le choix s'est porté pour lancer des lectures communes sur les deux premiers tomes publiés.

Puisque j'ai lancé quelques questions pour la lecture commune, je ferai ma chronique en répondant à mes questions.

Qu'avez-vous pensé du style, de la forme?
Je dois avouer, qu'ayant lu le topic relié à l'intégrale sur livraddict, j'avais peur que le style soit trop jeunesse et que cela me freine dans ma lecture. Cependant, ce fut avec joie que je découvris que ce n'était pas le cas. J'ai trouvé le style fluide, malgré des répétitions sur quelques passages. Bien sûr, c'est jeunesse, mais la construction du récit interpelle le lecteur.
Qu'avez-vous pensé du fond, de l'intrigue, des personnages?
Au niveau de l'intrigue, je n'ai pas eu de surprise, mais c'est parce que le souvenir du film était un peu trop présent à mon esprit. J'ai par contre aimé l'univers créé, même si j'ai trouvé que les personnages étaient traités un peu à la surface sans aller au fond de la psychologie que ceux-ci pourraient avoir. Seront-ils développés plus en profondeur dans les prochains tomes, c'est à voir. Mais comme ce tome est le premier à avoir été publié, je trouve tout de même qu'on met les bases de l'univers et des personnages.
Avez-vous remarqué des ressemblances avec l'univers de Tolkien?
J'avais posé cette question puisque j'avais cru lire que Lewis avait été influencé par son ami Tolkien. Peut-être cela sera plus vrai dans les prochains tomes, car, même si j'ai lu Bilbo, j'ai trouvé qu'ici on retrouvait certaines créatures fantastiques, mais quelles étaient reléguées au fin fond de l'histoire au point qu'on aurait pu changer ces créatures sans que ça change l'histoire. Mais je connais très peu Tolkien, ce qui ne me rend pas la plus crédible pour jauger des ressemblances.
Qu'est-ce qui vous a plu/déplu/surpris/marqué?
J'ai bien aimé l'histoire globalement. Et j'ai hâte de retrouver les personnages dans d'autres péripéties. J'ai aimé l'évolution du personnage d'Edmund ainsi que le personnage d'Aslan. Comme dit précédemment, je trouve que certains personnages ont été traités en surface et je crois que c'est cela qui m'a le plus déplu. J'ai été surprise par le fait que l'auteur interpelle fréquemment le lecteur, de façon que je dirais un peu indirecte, afin de faire passer quelques moralités. Je crois que ce qui m'a le plus marqué dans l'histoire est la psychologie d'Edmund, personnage utilisé par Lewis pour faire passer sa morale selon moi de vérité.
Votre comparaison avec le film (il n'est pas obligatoire de voir le film)
Je ne l'ai pas revu au moment d'écrire ces lignes, mais le récit m'a semblé assez fidèle à ce dont je me souviens.

Bref, c'est donc un tome dont j'ai apprécié la lecture et j'ai hâte de vous retrouver pour la prochaine LC en mai.

Quelques citations
-Qu'est-ce que cela change ? dit le professeur.
-Eh bien, monsieur, si les choses sont réelles, elles ne disparaissent pas.
-Le croyez-vous vraiment ? demanda le professeur, et Peter ne sut pas quoi répondre
Elle ne la ferma pas complètement, car elle savait que c'était vraiment très sot de s'enfermer dans une armoire, même si ce n'était pas une armoire magique. 
Les chroniques des autres participants à la LC
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lundi 26 février 2018

Scarlett, Scarlett...

Autant en emporte le vent, tome 2 par Margaret Mitchell (Gone with the Wind - 1936)
Classique - littérature américaine
Le Livre de Poche, 1970, 696 pages
+ : conscience -: Scarlett Thèmes: Sécession, amour, famille, plantations

Présentation: Scarlett se relève de la guerre et Ashley occupe son esprit

Après avoir lu le premier tome il y a quelques années, je me suis enfin lancée dans ce second tome. J'ai eu de la difficulté à me situer au début, mais le sentiment a été de courte durée, et ai rapidement trouvé mes repères.


On se trouve après l'incendie, et on est donc en période de reconstruction. Scarlett m'a paru toujours aussi mesquine et use donc de subterfuges pour parvenir à ses fins, même si certains voient clairement dans son jeu.

J'ai trouvé qu'on avait plusieurs passages où l'auteure se rapprochait plus de l'essai que du roman, puisqu'à travers les événements, on voyait beaucoup ses réflexions. J'ai cependant trouvé que les événements mettant en scène le Ku Klux Klan avaient été évacués parfois rapidement: peut-être l'auteure avait-elle peur de donner le fond de sa pensée, de dénaturer le Ku Klux Klan et ce que cela représentait réellement lors de la Sécession.

J'aurais aimé que certains personnages prennent plus de place dans ce récit, par exemple Mélanie, et qu'on ressente davantage les événements qui se passaient à Tara, que cela soit plus abouti que les informations qui parvenaient à Scarlett.

Mais, même si Scarlett a un fichu caractère, on ne peut qu'embarquer avec elle dans l'histoire et apprécié cette fresque. Maintenant que la lecture est terminée, il faut revoir le film!


Parce que je participe à quelques challenges
 
 



mardi 27 décembre 2016

La vraie vie de naufragé



Daniel Defoe
Robinson Crusoé
Classique, Aventure
Éditions de Mortagne, Collection Tabou, 239 pages
Photographie en couverture: iStockphoto - Adamkaz

+: réalisme

-: mon souvenir est trop loin

Thèmes: naufrage, survie, solitude

Résumé: Après quelques premières expéditions, Robinson Crusoé, marin d'York, s'embarque pour la Guinée le 1er septembre 1659. Mais le bateau essuie une si forte tempête qu'il dérive pendant plusieurs jours et finalement fait naufrage au nord du Brésil. Seul survivant, Robinson parvient à gagner une île située au large de l'Orénoque où il va peu à peu s'assurer une subsistance convenable : il y restera près de vingt-huit ans, d'abord seul, puis accompagné d'un fidèle indigène qu'il baptise Vendredi. Inspiré de l'aventure réelle d'un marin écossais, le roman que Defoe fait paraître en 1719 connaît un succès foudroyant qui ne s'est plus démenti. Si James Joyce fera plus tard de Defoe le " père du roman anglais ", ce n'est pas seulement que l'auteur innove en prétendant offrir un authentique manuscrit retrouvé par l'éditeur. C'est aussi qu'il crée un héros différent : homme ordinaire qui raconte son histoire extraordinaire simplement, comme il l'a vécue, Robinson touche tous les lecteurs. Et cette histoire devient un mythe que d'innombrables écrivains s'attacheront à récrire.

samedi 13 juin 2015

L'argent du père

 BALZAC, Le Père Goriot
Honoré de Balzac
Le Père Goriot
Classique
435 pages, Le livre de poche, 1968
Résumé: Rastignac est un jeune provincial qui cherche à s'insérer dans la société parisienne. Il lui manque les manières et l'argent. Pour parvenir, il côtoie les femmes du monde, mais reste attaché à son voisin de la pension Vauquer, le père Goriot, vieillard malheureux abandonné de ses filles. Vautrin, forçat évadé, Marsay, politicien ambitieux, et Rubempré, écrivain talentueux, sont animés du même désir de pouvoir. Ils apprennent, chacun à leur manière, les complicités et les alliances indispensables dans une société gouvernée par les intérêts. Seules figures du désintéressement : le père Goriot, vaincu par son amour paternel, et Mme de Beauséant, abandonnée du Tout-Paris. La passion bout dans cette maison comme dans une cocotte-minute, les pages se tournent toutes seules ; c'est ce que chaque palier de la pension Vauquer est devenu.

+: société

-: rebondissements

Thèmes: noblesse, paternité, argent


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