mardi 28 avril 2020

être, à sa guise

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Arsène Lupin, tome 3: L'aiguille creuse 
Auteur : Maurice Leblanc
Édition lue (j'ai celle où il a eu une lunette, avec le papier en main, et un fond mauve: bref, la couverture de mon édition est un dessin de Léo Fontan): Le Livre de Poche - 1964 - 217 p.
original: 1909
Policier, classique, littérature française

Présentation:
+ :
- :
Thèmes: énigmes



Pourquoi ce livre
Parce qu'il fait partie des Lupin que je me suis procurée dans une librairie de livres usagés, car je veux découvrir encore plus Lupin, et qu'il fallait que j'avance un peu dans mon objectif, surtout que j'étais en retard.

Mon avis
Voilà, ceux qui suivent mon blog ont sans doute vu que je profite de ma journée de congé pour rattraper mon retard dans les chroniques que je veux pondre, et je dois avouer que cette chronique sera sans doute plus courte que les autres de la journée, mais je tenais à en rédiger une sur ce titre.

Je dois avouer que l'ayant lu en début d'année, mon souvenir s'estompe de plus en plus (d'où sans présentation, sans + et -), car je me souvenais presque seulement du fait que j'avais eu l'impression de ne pas bien comprendre tous les tenants et aboutissements d'un certain lien avec l'histoire française. Pour mes autres chroniques de la journée, j'ai pu compter sur les passages que j'avais cornés pour me rappeler la mémoire, mais je dois dire que le peu que j'ai corné ici ne m'aide pas. Du coup, je suis allée voir ce que j'en disais sur mon suivi, pour me rendre compte que ça avait été très succinct. Heureusement, cela a permis de réactiver ma mémoire sur ce titre dont je me rappelais l'avoir apprécié lors de ma lecture.

J'avais aimé me questionner sur la fameuse énigme au centre de l'histoire, car je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce à quoi correspondait un élément de ces fameuses lettres et symboles. J'avais bien entendu aimer à nouveau le style, et le fait qu'ici, ce soit une histoire en soit pendant tout le livre, avec des références aux précédents. Je sais que je vous ai parlé ci-haut de ne pas bien connaître l'histoire française, mais cela ne m'avait pas empêché d'apprécier l'intrigue et son développement, ainsi que les descriptions de ce coin de France. Aussi, j'aimais être promenée dans l'intrigue, car
Si Lupin ne pouvait être, à sa guise, [divulgâcheur de X et Y à la fois], ce serait à désespérer d'être Lupin. 
Bref, ça promet encore pour la suite de la saga. Et je crois que vous pouvez vous le procurer ou un autre Lupin! 

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Arsène Lupin
Cerise sur le gâteau

S'accrocher à son secret

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Au fond de l'eau 
Auteur : Paula Hawkins
Édition: Pocket - 2018 - 500 p. - traduction de Corinne Danielle et Pierre Szczeciner
Original: Into the Water, Doubleday, 
Couverture Rémi Pépin
Thriller, drame, littérature britannique

Présentation: On suit différents personnages bouleversés par les suicides de Nel. Et est-ce vraiment un suicide?
+ : réflexion
- : thriller
Thèmes: suicide, passé, culpabilité



Pourquoi ce livre
Parce que la couverture m'attirait, ainsi que le résumé, et que même sans avoir lu La fille du train, c'était ce titre qui m'attirait.

Anecdote
Bien qu'ayant atteint ma PAL, je ne l'aurais pas sorti de sitôt, si je n'avais demandé une fois à mon conjoint de choisir un titre pour lire dans le bain. Comme certains l'ont mentionné, il avait de l'humour avec ce choix. Et c'est pour ça que j'ai créé une LC plus tôt que prévu dessus.

Mon avis
Comment dire? Lorsque je l'avais entamé, j'avais totalement adhéré au style et plusieurs passages m'atteignaient directement. Mais, je l'ai mis de côté, car je voyais que pour la LC, ce serait trop tôt, et je voulais laisser aux gens le temps de se le procurer ou de terminer leur lecture en cours pour nous rejoindre. Et lorsque je l'ai repris, j'étais un peu moins enthousiaste, même si j'ai tout de même bien apprécié ma lecture. Et d'ailleurs, cela m'a montré que le moment où on lit un livre a une grande importance puisque, même si quelques semaines seulement avait passé, je n'étais plus dans le même état d'esprit et les passages des premiers chapitres lus, ce n'était pas les mêmes qui me marquaient.

Mais comme je vous le disais, j'ai bien apprécié ma lecture. Même si cela peut être déroutant au départ, j'ai bien aimé l'alternance des points de vue qui nous permettent d'en apprendre petit à petit sur les personnages, sur comment ceux-ci sont liés.

Face à ces morts, on n'a pas le choix de voir le deuil que vivent certains, sous différents angles:
Tout le monde était gêné. Avant que sa vie entière ne vole en éclats, Louise n'avait jamais compris combien le deuil était gênant pour les autres. Mais c'est terriblement inconfortable, en réalité, de croiser une personne endeuillée. Au début, on comprend sans difficulté ce chagrin omniprésent, on le respecte, même, mais au bout de quelque temps, il le vient perturber les conversations, les rires, la vie normale. Les gens veulent passer à autre chose, continuer à avancer, et vous, vous restez là, devant eux, bloquant le passage, à traîner le corps de votre enfant morte derrière vous.
Le cœur de Louise n'était plus qu'un morceau de bois, il ne battait plus, il ne lui faisait que du mal, écorchant sa chair, lacérant ses veines et ses muscles, en remplissant sa poitrine de sang. Des jours avec et des jours sans.
—Pas encore? Ce qui sous-entend qu’il y aura un moment où j’irai mieux. Mais ce dont les gens ne semblent pas se rendre compte, c'est que je n'ai aucune envie d'aller mieux. Comment le pourrais-je? Mon chagrin me semble tout à fait approprié. Il… pèse juste ce qu'il faut, il m’écrase pile comme j'en ai besoin. Ma colère est saine, elle m'aide à tenir. Enfin…
Et bien entendu, puisqu'on parle de suicide, il ne peut qu'y avoir des personnages qui vivent ce deuil sous le poids de la culpabilité
Aujourd'hui, comme chaque jour, elle fouillait sa déplorable mémoire À la recherche des indices qu'elle avait manqués, des signaux d'alarme qu'elle avait allègrement ignorés. Elle cherchait des miettes, des bouts de tristesse dans la vie heureuse de sa fille. […] La vérité–elle ne voyait pas comment il pouvait en être autrement–, c'était que tandis qu’ils surveillaient leur fils, guettant sa chute, leur fille avait trébuché sans qu'ils s'en rendent compte, et ils n'avaient pas été là pour la rattraper. La culpabilité faisait comme un caillou logé dans la gorge de Louise ; elle s'attendait sans cesse faille à ce qu'il étouffe, mais non, il lui refusait cette délivrance, alors qu'elle devait continuer de respirer, de respirer et de se souvenir.
Il avait raison, d'un côté. Qu'est-ce que ça pouvait bien faire? Maintenant que le pire était arrivé… mais je refusais tout de même de la trahir. 
et ce, même si des questionnements concernant de véritables suicides subsistent. Ce qui fait qu'on croise différentes histoires, différents mensonges pour continuer à, entre autres, se protéger soi-même.
Elle mentait. Je savais exactement quels mensonges elle racontait car je l'avais déjà raconté moi-même. Pour la première fois, c'est moi que j'ai vu en elle, pas toi. Derrière son expression de peur et de méfiance, je voyais qu’elle s'accrochait à son secret comme à un bouclier. On pense que la douleur sera plus douce, l’humiliation moins cuisante si personne d’autre ne peut la voir.
Mais que savait-elle de la vérité au juste? Les gens ne font que raconter leur version de l'histoire.
Et à travers toutes ces histoires, toutes ces tragédies survenues à cette rivière, à cette falaise, on ne pouvait qu'avoir des réflexions sur le suicide, sur la fascination de l'eau, surtout que Nel, une disparue, avait une grande fascination pour les différentes tragédies de cette communauté, une obsession pour le suicide. 
Bien sûr que j'avais remarqué. J'étais blessée. Mais je n'allais pas non plus lui en parler. Montrer à quelqu'un qui vous a fait souffrir, c'est la pire chose qu'on puisse faire, non? Je ne voulais pas paraître faible, ni collante, parce que personne n'a envie de fréquenter des gens comme ça.
J'ai eu l’impression d’y être réellement, à cet endroit, comme si je me tenais en haut de la pas falaise, à regarder au fond de l'eau, prise de ce terrible frisson, la tentation du néant.
Ce n'était pas seulement de la peur, il y avait autre chose. De la peur et de l'incompréhension, de la peur et du dégoût. Ça m'a fait penser au regard que je me jette, parfois, quand je commets l’erreur de croiser mon reflet dans la glace.
Et j'ai donc apprécié voir tout ce côté psychologique auquel plusieurs sont confrontés. En plus, d'entrecroiser cela avec différentes histoires familiales, plus ou moins reliées, ça ne faisait qu'apporter un plus pour ma part. Cependant, je trouve dommage que ce titre soit catalogué thriller, car bien qu'il y ait des questionnements, des parts d'enquête, ce sont sur des faits qui sont survenus avant l'arrivée de Julia pour venir s'occuper de sa nièce, et je n'ai pas senti d'angoisse, d'inquiétude face à ce qui se passait, à moins que ce ne soit parce que j'avais une forte idée de ce qui pouvait s'être passé. Mais  je trouve qu'il faut plutôt aborder ce titre, par les thèmes qu'il aborde, comme un drame plutôt qu'un thriller puisque le côté enquête ne me semble qu'être un plus à toutes ces histoires entrecroisées, et qu'en plus, on se trouve avec un récit au rythme beaucoup plus lent que ce dont on s'attend d'un thriller. Pour ma part, ça ne m'a pas trop gênée. Faites vous-en  votre propre idée si vous le souhaitez! Malgré ses défauts, j'ai apprécié, et espère que ce sera votre cas.

D'autres citations

Et c'est à cet instant-là. Dans le vrombissement de la fatigue, dans l'excitation malsaine de la peur, j'ai vu quelque chose, entraperçu quelque chose.

Il y croyait. J'ai vu qu'il croyait a chaque mot qu'il prononçait et, à cet instant, j'ai compris que j'avais perdu. Tout ce temps, il ne s'était jamais senti coupable. Il n'avait pas éprouvé le moindre remords, parce que dans sa tête, ce qu'il avait fait, ce n'était pas un viol.

Lorsqu'elle écoutait parler les psychologues, elle savait qu'ils disaient n'importe quoi et qu'elle n'aurait plus un seul « jour avec» pour le restant de sa vie.

Il me faut faire preuve grande volonté pour ne pas céder à la panique et à l’anxiété dans ce chaos. Mais je tiens.

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Snakes & Ladders
12 thèmes

 

Ne viens pas me dire après que je ne t’ai pas prévenue.

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Pablo, je t'aime Escobar, je te hais 
Auteur : Virginia Vallejo
Édition: J'ai Lu - 2018 - 603 p. - traduction de Romain Magras
Original: Amando a Pablo, Odiando a Escobar (Random House Mondadori, 2007)
Couverture: Portrait de Pablo Escobar par Eric Vandeville/Famma Rapho et portrait de Virginia Vallejo par Hernán Diaz
Témoignage, biographie, littérature colombienne

Présentation: Virginia raconte son histoire avec Pablo Escobar
+ : style
- : égo
Thèmes: drogue, enlèvement, amour



Pourquoi ce livre
Parce que je voulais en apprendre sur Escobar.

Mon avis
J'ai été mitigée par cette lecture, puisque même si c'était bien écrit, j'ai l'impression que ma soif de connaissance n'a pas été assouvie. En plus, j'ai regardé le premier commentaire que j'avais marqué sur mon suivi, et je disais, qu'avec ce qu'elle écrit, je n'arrive pas à comprendre comment elle est tombée amoureuse... on a l'impression qu'elle se rend compte de ce qui se passe, mais paraît très innocente pour une journaliste de renom. Oui, c'est le sentiment que j'ai, surtout qu'elle se faisait souvent dire
Ne viens pas me dire après que je ne t’ai pas prévenue.
et que rien ne laisse présager dans son écrit qu'elle se faisait jouer dans la tête, manipuler par Pablo, ce qui semble la rendre encore plus innocente. Et je n'ai pas eu l'impression que cela s'est réellement amélioré au fil de ma lecture, comme peu le montrer ce passage. 
Une partie de l’adoration que je lui voue s’évanouit ce soir avec le récit de cette histoire horrible, qui meurtrit comme un poignard dans le cœur toutes les femmes qui ont une tant soit peu de sensibilité. Je me dis que Dieu fait très bien les choses, car je maintenant contente de savoir de quels actes de courage en règle générale et de monstruosité, exceptionnellement, cet homme est capable. En silence, je me demande si, un jour, toute cette veine cruelle ne pourrait pas s’abattre aussi sur moi; mais je me dis que c’est impossible, car je suis tout l’opposé de cette pauvre fille et ce n’est pas pour rien qu’il m’appelle sa «douce panthère».
Cependant, il y a eu certaines réflexions qui montraient qu'elle réfléchissait à tous ces crimes, à toute cette fureur, à toute ces propensions à la vengeance des différentes personnes, qu'elles soient politiques ou non.
Mais avant de mourir, il tient à anéantir ceux de Cali et tous ceux qui se mettront en travers de sa route et, qu’à partir de maintenant les choses ne régleront plus en faisant parler la poudre, mais la dynamite, même si des justes doivent payer pour des pécheurs. Debout à côté de lui, et regardant également dans le vide, je l’écoute avec effroi, le visage baigné de larmes, et je me demande pourquoi cet homme si incroyablement riche porte une haine si énorme dans son cœur, ce besoin de tous nous punir, cette férocité, tout ce désespoir; pourquoi jamais il ne trouve le repos, et si toute cette rage contenue qui ne demande qu’à exploser comme un volcan ne traduit au fond rien d’autre que l’incapacité de changer une société dirigée par d’autres personnes presque aussi impitoyables et aussi peu scrupuleuses que lui. 
pour Pablo Escobar, il était le premier et le dernier, le pire et le plus important de l’interminable liste des ennemis qu’il s’est faits tout au long d’une vie qu’il a choisi de placer sous le signe de la haine et de ne vouer qu’à exercer les formes de vengeance les plus implacables.
Ah, mon Dieu, quelle horreur! Je crois que tu vas faire éclater la troisième guerre mondiale, Pablo! 
Bref, j'ai eu l'impression de ne pas réellement pouvoir en apprendre sur les différentes relations, dans lesquelles je me perdais et ne comprenais pas comment tout s'orchestrait, mais surtout parce que cela semblait être relégué à l'arrière-plan de la vérité, de l'ego de Virginia qui indirectement, dans l'attente de son diamant, prenait le pan de son amoureux dans ce sens:
Ce que Pablo veut me montrer, c’est que, lorsque l’argent rentre à la pelle, toutes, toutes les méchancetés possibles peuvent être réalisées, à condition, évidemment, qu’elles soient bien préparées. 
Bref, j'en ressors donc mitigée car j'ai l'impression de ne pas avoir appris comme je le voulais, surtout parce que c'était voilé par l'ego de Virginia. Mais vous pouvez vous le procurer si vous voulez vous faire votre propre avis. 

Quelques citations
La joie a contaminé tout l’endroit et ce qui s’apparente à un air de fête semble maintenant flotter sur tout ce cadre. L’horreur de ma première impression a petit à petit laissé place à d’autres émotions et à des raisonnements différents. Le sens de la dignité qu’ont ces êtres humains, leur courage, leur noblesse, leur aptitude à rêver restée intacte dans un espace qui conduirait n’importe lequel d’entre nous vers les plus hautes cimes du désespoir et de la déchéance, ont fini par transformer ma compassion en admiration. Quelque part sur ce sentier poussiéreux, que je retrouverai peut-être à un autre moment, ailleurs, une infinie tendresse à l’égard de tous ces gens vient soudain frapper aux portes de ma conscience et inonde tout mon esprit. Je n’ai plus rien à faire ni de la fétidité ni de l’horreur de cette décharge, ni de la façon dont Pablo ramasse ces tonnes d’argent; tout ce qui m’importe, ce sont les mille et un tours de magie qu’il opère cette manne. Sa présence à mes côtés efface comme par enchantement le souvenir de tous les hommes que j’ai aimés jusque-là, il n’y a plus que lui qui existe, il est mon présent et mon passé et mon futur et mon tout à lui tout seul.  
Quand ma fureur retombe, je repense à ces quatre magnats de l’establishment: à leur intelligence très au-dessus de la moyenne, à leur cœur de pierre, à leur incapacité d’éprouver la moindre compassion, à leur légendaire propension à la vengeance. Puis, avec un sourire sorti du fin fond de mon cœur, je me rappelle aussi leurs dons de charmeurs de serpents, leur rire, leurs faiblesses, leurs aversions, leurs secrets, leurs leçons… toute cette capacité de travail, cette passion, cette ambition, cette acuité… leur pouvoir de séduction, leurs présidents… 
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La cerise sur le gâteau
Tour du monde: Colombie
 

Terrible pensée!

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Dracula
Auteur : Bram Stoker
Édition: Pocket - 1992 - 566 p. - traduit par Jacques Finné
Original: Dracula, 1897
Photo de couverture par Henry Hohenstein
Classique, fantastique, épistolaire, littérature irlandaise

Présentation: Le mythe Dracula
+ : psychologie
- : peur
Thèmes: peur, vampires, folie


Pourquoi ce livre
Parce que j'avais demandé ce livre en PEB, et que c'était une version jeunesse qui était arrivée. Même si je n'avais pas apprécié, je tenais toujours à découvrir le texte intégral pour bien voir à quel point ce titre a eu un impact.

Mon avis
Et j'ai bien fait! Je me souviens avoir apprécié le style dès les premières pages, et l'ambiance qui s'en dégageait. Bien entendu, comme souvent, j'écrit ma chronique quelques mois après ma lecture, ce qui fait que mes souvenirs se sont légèrement estompés, et font que les + et - sont peut-être biaisés. Or, avant de me mettre à la rédaction, je retapais des passages du livre, ça aide à réactiver ma mémoire. D'ailleurs, j'ai réalisé à quels points certains passages qui m'ont marqué sont longs, et que j'en avais plusieurs, ce qui peut montrer mon appréciation du récit.

Peu après l'avoir débuté, j'ai vu qu'il y avait une LC organisée par Aealo, et je n'ai pu que la joindre pour discuter de ce mythe. Les participants pourront d'ailleurs très bien s'imaginer pourquoi, lorsque je tapais les passages, j'ai souri en tapant:
Mais hélas, vous vous embarrassez de préjugés. Parfois, vous ne permettez pas à vos yeux de voir ni à vos oreilles d’entendre et vous ne vous encombrez pas de tout ce qui transcende votre vie quotidienne. Ne croyez-vous pas qu’il existe des forces que vous ne pouvez comprendre — ce qui n’exclut pas leur existence? Ne croyez-vous pas que certaines gens puissent voir des choses que d’autres ne voient pas? Des choses, d’ailleurs, il en existe, anciennes ou modernes, qui ne risquent pas d’être surprises par des yeux humains étant donné que ces mêmes humains croient, ou croient croire d’autres choses qu’on leur a enseignées. À qui la faute, sinon à notre science qui désire tout expliquer? Et si elle est incapable d’expliquer, elle prétend qu’il n’est rien à expliquer. Pourtant, ne voyons-nous pas naître, autour de nous, chaque jour, de nouvelles croyances — plus exactement, des croyances qui se prétendent nouvelles? De fait, elles sont bien anciennes, même si elles se prétendent neuves — comme ces belles dames qui hantent les soirées d’opéra. Je crois que vous ne voulez rien entendre de la transmutation des corps, n’est-ce pas? Ni des corps astraux? Ni de la lecture des pensées! Et l’hypnotisme? Toujours pas?
Pour ceux qui n'ont pas participé à la LC, c'est parce qu'une membre qui suivait la discussion (elle se reconnaîtra) avait suggéré d'oublier tout ce qu'on connaissait de Dracula pour bien apprécier ce récit. (C'est moi qui ajoute le gras.) Et d'ailleurs pour ma part, je préfère ce vampire originel plutôt que de ceux stéréotypés que l'on voit dans les récits de bit-lit par exemple. Malgré cela, il ne faut pas oublier que
Et je vous convie à croire aux superstitions. Elles furent l’acte de foi des hommes dans les premiers âges et plongent leurs racines dans les vraies connaissances.
Cependant, je ne crois divulgâcher personne en disant que les protagonistes ont des connaissances sur Dracula et à vous partager ce passage qui résume bien leur état de connaissances:
Si j’avais su, depuis plus longtemps, voire si j’avais deviné, soupçonné ce que je sais à présent, une vie précieuse aurait été épargnée – une de ces vies à laquelle tenaient bon nombre d’entre nous. Mais le passé est passé et nous devons agir, à présent, de telle sorte que d’autres âmes ne périssent pas de la même manière, si nous pouvons les sauver. Le nosferatu ne meurt pas, comme l’abeille, dès qu’il a frappé. Bien au contraire, son forfait accompli, il est plus fort encore, dispose d’une puissance accrue pour perpétrer le mal. Le vampire que nous devons affronter possède la force de vingt hommes. Il est plus rusé que chacun d’entre nous, puisque la ruse s’accroît avec l’âge. Il tire aussi de nombreuses ressources de la nécromancie, soit, comme l’indique l’étymologie, la divination par le biais des morts. D’ailleurs, tous les morts dont il peut approcher s’inclinent devant lui et se mettent à son service. Il est brutal, plus que brutal, même. Il est vicieux, au sens le plus terrible du mot, et d’autant plus qu’il n’a pas de cœur. Dans certaines limites, il peut apparaître selon sa propre volonté, où il le veut et sous la forme qu’il désire. Il peut aussi se rendre maître de certains éléments – la tempête, le brouillard, le tonnerre. Il peut commander à des créatures inférieures – le rat, le hibou, la chauve- souris, la phalène, le renard, le loup. Il peut grandir et se rapetisser jusqu’à pouvoir disparaître comme s’il n’existait plus. Comment alors pourrons-nous le détruire, à jamais? Comment, d’abord, pouvoir le localiser ? C’est une tâche terrible qui nous attend, mes amis, une tâche impensable dont les conséquences possibles pourraient faire trembler le plus brave. Si nous échouons dans notre lutte, c’est à coup sûr qu’il aura vaincu. Et alors, qu’adviendra-t-il de nous ? La vie n’est rien. Je ne l’adore pas. Mais notre échec porte bien plus loin que la vie et la mort car, si nous échouons, nous deviendrons comme lui de terribles créatures de la nuit, sans cœur, sans conscience, faisant proie de ceux, de celles que nous aimons le plus. Pour nous, alors, et à jamais, les portes du ciel seraient fermées et, pis encore, qui interviendrait pour nous les ouvrir ? Nous pour- suivrions notre existence, objets de haine universelle, ombre à la face de Dieu, lance au flanc de Celui qui mourut pour les hommes. Pourtant, malgré cette terrible perspective, nous affrontons une sorte de devoir à accomplir. Et devant le devoir, est-il permis de trembler ? Moi, je réponds par la négative. Mais moi, je suis vieux et la vie, ses lueurs aveuglantes, ses havres de beauté, ses chants d’oiseaux, ses musiques, ses amours, s’étendent loin derrière moi. Vous autres, au contraire, vous êtes jeunes. Beaucoup d’entre vous ont affronté la douleur, déjà, mais ont l’assurance de jours heureux, tôt ou tard. J’attends donc votre réponse. 
J'ai aussi aimé lorsque nous pouvions sentir certains parallèles avec d'autres éléments.
Ne croyez pas, en me voyant rire, que je n’éprouve aucune tristesse. Vous voyez que j’ai pleuré même quand j’étouffais de rire ! Mais il ne faut pas croire non plus que je sois malheureux quand je pleure, puisque le rire a succédé aux larmes. N’oubliez jamais que le rire qui frappe à votre porte en vous demandant la permission d’entrer n’est jamais le véritable rire. Non. C’est un roi qui entre quand et comme il veut ! Il ne demande d’autorisation à personne ! Il ne choisit pas le moment le plus adéquat, mais s’annonce sans crier gare.
[…]
Si vous aviez pu lire au plus profond de mon cœur, quand j’ai éclaté de rire, si vous aviez pu comprendre ce que je ressentais quand la crise est arrivée, si vous saviez ce qui se passe quand Sa Majesté le Rire remporte sa couronne et tous ses attributs — car quand il me quitte, c’est pour aller loin, très loin, et longtemps — vous auriez sans doute plus pitié de moi que de votre autre ami!
Et bien entendu, je vous ai dit que dès le départ, je sentais l'ambiance et que je l'appréciais. Je ne peux donc que vous partagez des passages qui semblent simple, mais aide à transmettre l'ambiance gothique du roman.
Roches grises; ciel gris dont le faible soleil éclaire parfois quelques franges, par-dessus la mer grise dans laquelle les bancs de sable s’étendent comme des doigts gris. La mer donne de furieuses gifles au rivage, mais les sons me parviennent comme ouatés, à travers le brouillard qui assaille les terres. L’horizon se perd dans un brouillard gris. Tout semble infini. Les nuages s’empilent comme des roches géantes et, sur la mer, court une rumeur qui ressemble à des présages funèbres. De sombres silhouettes se profilent sur la plage, de-ci, de-là, parfois à moitié dévorées de brouillard, et l’on croirait «voir des hommes marcher comme des arbres». Les bateaux des pêcheurs se hâtent de rentrer au port, comme des ivrognes qui montent et descendent au gré de la houle.
mais les tombes n’avaient paru aussi monstrueusement blanches, jamais les cyprès, les ifs, les genévriers n’avaient autant paru les symboles de la tristesse la plus totale, jamais les arbres, jamais les herbes n’avaient ployé sous le vent de façon si sinistre, jamais les branches n’avaient craqué si mystérieusement et jamais les aboiements lointains des chiens n’avaient, me semble-t-il, envoyé présage plus sinistre à travers la nuit.
Mais pour moi, en plus de cette ambiance, c'est tout ce côté psychologique auquel je ne m'attendais pas qui fait la force du roman. Je fus surprise de voir tout ce pan de connaissances déjà à l'époque et voir comment Stoker transmis cela dans la crainte face à son vampire, avec un rôle assez important confié à un aliéné. Stoker avait très bien compris qu'il fallait faire progresser la science dans son domaine le plus difficile et pourtant le plus vital — la connaissance de l’esprit et ses mécanismes et son récit sur Dracula nous permet de nous faire une tête là-dessus à l'aide de différents passages.
Vous soignez les aliénés. Mais, d'une manière ou d'une autre, tout homme est un peu fou. Tout comme vous faites preuve de discrétion en soignant vos patients, vous vous montrez discret avec les fous de Dieu — le reste des hommes. Vous ne dites pas à vos fous ce que vous faites ni pourquoi vous le faites. Vous ne leur révélez pas vos pensées. Vous gardez la connaissance où elle doit être, à un endroit où elle pourrait s’épurer, se compléter. […]
À présent, vous êtes un maître et je suis certain que vos bonnes habitudes n’ont pas disparu pour autant. Souvenez-vous, mon ami, que la connaissance est plus forte que la mémoire et que nous ne devons pas accorder notre confiance à la plus faible. Même si vous avez perdu votre bonne habitude de prendre des montagnes de notes, laissez-moi vous révéler que le cas qui nous préoccupe pourrait bien être (j’ai bien dit pourrait être) d’un intérêt tel, pour la race humaine, que tout le reste pourrait sembler mineur! Prenez donc soigneusement vos notes. Rien n’est peut-être inutile. Je vous conseille même de noter le moindre de vos doutes, la plus insignifiante de vos hypothèses. Peut-être, dans la suite, serait-il intéressant pour vous de voir jusqu’à quel point votre diagnostic était bon ou mauvais. Ce sont les erreurs qui nous permettent d’apprendre, non les succès.
Depuis mon échec d’hier, je ressens une impression de vide. Rien au monde ne me semble digne d’une pensée. J’avait toujours affirmé que le seul remède à cette sorte de maladie était le travail. Je me suis donc réfuté chez mes patients et j’ai choisi celui qui me paraissait le plus intéressant. Ses idées sont si bizarres, si éloignées des normes que je suis disposé à tout tenter pour le comprendre. Aujourd’hui, j’ai eu l’impression de pénétrer plus loin que jamais au cœur de ce mystère.
Je l’ai interrogé plus profondément que je ne l’ai jamais fait à seule fin de mieux interpréter ses hallucinations. Je comprends fort bien, à présent, que ma conduite dissimulait quelque cruauté. Je donnais l’impression de le cantonner volontairement dans sa folie — ce que j’évite avec mes autres patients, comme j’évite la gueule de l’enfer.
Tout à coup, je remarquai, dans ses yeux, cette lueur sournoise, caractéristique de tous les déments à qui vient de s’imposer une idée. En même temps, il se mit à secouer la tête — phénomène que les surveillants d’asile connaissent trop bien.

Bref, vous en comprenez que j'ai apprécié ma lecture. Bien entendu, j'ai senti un petit creux au milieu, mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier ce récit qui n'en est pas un d'aventure, mais où tous les tenants sur la crainte, sur les mécanismes de celle-ci me semblent faire sa force. Ce fut donc une belle découverte pour moi. Je vous invite donc à le découvrir, mais n'oubliez pas d'évacuer vos préjugés, et de vous laisser envelopper par cet univers. 

Quelques citations
Lorsque, un peu plus tard, je le vis, par une fente dans la porte, dresser la table dans la salle à manger, le doute ne fut plus permis; qu’il s’abaisse à ces travaux serviles démontre que personne d’autre n’est engagé pour les faire. Cette découverte me fit frissonner — si personne d’autre n’habitait le château, ce devait être le comte lui-même qu’il avait conduit la voiture, deux jours avant! Terrible pensée! Dois-je penser qu’il détient le pouvoir de contrôler les loups comme il me l’a montré — en levant seulement la main, sans même prononcer une parole? Et qu’était cette épouvante que ressentaient, à mon égard, le menu peuple de Bistritz et mes compagnons de voyage? Pourquoi ce crucifix? Popurquoi, dans la voiture, ces petits cadeaux peu ordinaires — ail, rose sauvage, cendre de montagne? Bénie soit la vieille femme qui m’a passé son crucifix autour du cou! Je sens renaître mes forces et mon courage chaque fois que je le touche. Étrange qu’un objet qu’on m’a appris à tenir pour un relent d’idolâtrie puisse apporter une aide aussi immense en des temps de solitude et de danger! L’essence de l’objet lui-même posséderait-il quelque pouvoir ou sert-il seulement de tremplin, de médium, pourrai-je presque dire, pour me replonger dans mes souvenirs les plus calmes et les plus heureux?
— Au diable, vous et toutes vos âmes! cria-t-il. Pourquoi me tourmenter avec elles! Ne croyez-vous pas qu’il me suffise de me tourmenter, de me désoler, de m’affoler sans qu’il faille encore m’occuper d’âmes?
[…] Je désire réfléchir, ce qui m’est impossible quand mon corps souffre de contraintes. 
les épreuves, les tensions, ne sont que des pièges destinés à évaluer la force de notre foi, que nous devons continuer à croire et à espérer
Puis j’ai un souvenir, vague, de quelque chose de long et de sombre, avec des yeux rouges — ce rouge que nous avons admiré dans le soleil couchant. C’était aussi quelque chose de très doux et de très amer qui m’a entourée en une seconde. J’ai alors eu l’impression de m’enfoncer dans une onde verte et profonde et j’entendais une mélodie résonner à mes oreilles — une mélodie semblable à celle qu’entendent, m’a-t-on affirmé, les noyés avant de mourir. Et puis, tout a semblé s’enfuir de moi. Mon âme jaillissait de mon corps et je flottais dans l’espace. Je croyais me souvenir que dans le temps, le phare occidental brillait en dessous de moi. Et puis, je subis un sentiment déchirant comme si je me débattais dans un tremblement de terre et je suis revenue à moi alors que vous me secouiez — je vous ai vue me secouer avant de le sentir vraiment.
si la sympathie humaine ne peut rien changer aux faits eux-mêmes, elle aide pourtant à les rendre plus supportables.
Renfield est un maniaque homicide d'une espèce particulière. Je vais devoir inventer une nouvelle classification pour son cas – je l’appellerai un maniaque zoophage. Il ne désire rien que d'absorber le plus de vies possibles et il est arrivé à cette obsession par un paroxysme assez surprenant. [..] Où en serait-il arrivé ensuite? Cela vaudrait presque la peine de le voir achever l’expérience. Mais il faudrait, pour cela, une raison suffisante. Les hommes ricanaient devant la vivisection et regardez les résultats d’aujourd’hui! Pourquoi ne pas faire progresser la science dans son domaine le plus difficile et pourtant le plus vital — la connaissance de l’esprit et ses mécanismes?
Mais la crainte est salutaire, car elle sert d’avant-poste à la croyance!


Parce que je participe à quelques challenges


et peut-être aussi

Ce titre fait également partie de la liste des 100 livres à avoir lus au moins une fois dans sa vie, et de celle du Teacher's Favorite Books 

samedi 15 février 2020

c’est horrible comme c’était beau

Cliquez sur l'image pour vous le procurer
La petite fille qui aimait trop les allumettes
Auteur : Gaétan Soucy
Édition: Boréal Compact, 2000, 180 p.
original: 1998
Couverture: Sans titre de Catherine Farris
Drame, littérature québécoise

Présentation: Le secrétarien commence à vivre sans les ordres de son père.
+ : style
- : court
Thèmes: mort, secrets de famille, isolement



Pourquoi ce livre
Parce que le challenge Un mot, des titres avait le mot petit et que j'ai profité de l'occasion pour relire ce titre. (Et étrangement, comme je reviens dans ce challenge, j'ai un billet préfait pour ma mise en forme et, lorsque je l'ai peaufiné la dernière fois, c'était avec mon billet sur Les petites victoires. Je ne peux que signaler ce fait puisque je peux aussi vous inviter à découvrir ces petites victoires.)

Mon avis
Bien que ce soit une relecture, je me souvenais du caractère ovniesque de ce livre, sans me rappeler de l'élément donnant le titre au récit, étrangement. Ce fut donc comme si je découvrais ce livre pour la première fois, ou presque, puisque bien entendu, un élément m'avait marquée: on dirait que j'avais focussé là-dessus et que j'essayais d'y trouver les indices ratés la première fois. Or, j'ai l'impression que ces éléments, j'avais bien pu les voir la première fois, mais je ne vous dirai pas de quoi il s'agit pour que vous puissiez vous faire votre propre idée s'il vous vient l'envie de lire ce titre qui est à n'en pas douter à découvrir.

J'ignore si c'est parce que je me rappelais du côté ovniesque du titre que j'ai eu l'impression que ce l'était beaucoup moins, mais que j'ai plutôt trouvé que j'étais confrontée à un récit très bien mené. Certes déroutant, mais des indices sont semés ici et là, et on croit aisément à ce qui se passe, bien qu'on aimerait que ces réalités n'existent pas. Par contre, le ton donné peut sembler ovniesque, mais cela n'empêche pas d'avoir des phrases maîtrisées comme le montre le passage suivant qui, à mon avis, représente bien le ton du récit:
Mais bon, j’étais là devant la dépouille à papa et à me ramentevoir tout ça, inutilement bien sûr, car la mémoire voulez-vous bien me dire à quoi ça sert. Je m’efforçai de mettre ces choses-là dans un coin pour ne plus y penser, et de réfléchir à la place, par réforme de l’entendement, selon l’éthique. Je rassemblais mes idées pour faire le point sur l’état présent de l’univers, à mon frère et à moi. Père était devenu ni plus ni moins une chose, puisqu’il n’y avait plus personne dedans, et je sentais que même cette chose avec rien dedans ne nous appartenait plus. Des hordes nous adviendraient du village, ignorant tout de nos mœurs, ne respectant rien, comprenant encore moins, le groin écumant, agitées et stupides comme des mouches, et nous dépossédant de tout, de notre domaine, de mes dictionnaires, du Juste Châtiment aussi, vraisemblablement, et par conséquent de l’usage de la parole, et de la dépouille même de papa qu’ils enterreraient où bon leur semble, dans la crotte et dans la boue.
Puisque c'est le récit de nouveaux orphelins, l'auteur ne pouvait que nous montrer également certaines réflexions sur la mort créant une lucidité dans la voix de la narration naïve.
Je m’étonne toujours de constater qu’une fois la première rafale passée, je suis capable d’une telle indifférence à ce qui peut m’arriver de terrible ici-bas, c’est dans mon caractère, comme. […] Le malheur arrive toujours à n’importe qui, que voulez-vous, c’est une loi de l’univers.
Ah j’aurais voulu ne pas céder au sommeil et en finir avec mon testament avant qu’il ne soit catastrophe. Mais j’étais abandonnée par mes forces, elles s’étaient sauvées comme un crayon. Quoiqu’on en fasse et quoi qu’il en soit, et aussi loin qu’on aille, il faut s’étendre au bout du compte pour dormir, c’est fatal. On a la laisse au cou, la fatigue qui vous retient à la terre finalement vous y tire, et l’on tombe, toujours, que voulez-vous. C’est l’élastique de la mort.
Et à travers toute cette cruauté de la vie, il y a aussi les mots, leur pouvoir, leur genre. Et Gaétan Soucy leur rend bien hommage avec une maîtrise de la ponctuation pour rythmer le récit. Puisqu'il les a bien rangés en phrases, on reçoit un véritable choc à leur contact, tout comme on en reçoit à la découverte de ce récit.

Aussi, lorsque je regardais mes pages cornées (désolée ceux qui n'aiment pas ça!), je n'ai pu que me remémorer que mon édition parlait du débat de l'indépendance grâce à la citation suivante qui mêle également le besoin d'écrire et la sensation d'être dépouillé par la vie.
J’avais définitivement compris que nos rêves ne descendent sur terre que le temps de nous faire un pied de nez, en nous laissant une saveur sur la langue, quelque chose comme de la confiture de caillots, et j’ai repris le grimoire, comme ça, au beau milieu du champ, et mon crayon a poursuivi comme un seul homme, car un secrétarien, un vrai, ne recule jamais devant le devoir de donner un nom aux choses, qui est son office, et je me trouvais assez désarmée par la vie pour ne pas désirer me dépouiller davantage, à l’instar des franciscains et des mules aux yeux doux, et aller jusqu’à me démunir de mes poupées de cendre, je veux dire les mots, tant il est vrai que nous sommes pauvres de tout ce qu’on ne sait pas nommer, comme dirait le Juste Châtiment, si elle savait parler. 
Bref, c'est dur d'écrire une chronique ici sans vous divulgâcher pour vous montrer toute la portée de ce récit. Le style et la construction du récit sont au rendez-vous, et je ne peux que vous inviter à découvrir ce titre, car c’est horrible comme c’était beau. 


Quelques citations

Mais rien de cela n’est la faute à l’impossible. Elle apprendrait à lire avec moi. Dans les dictionnaires que nous irons chercher dans ce qui restera demain de la bibliothèque incendiée, où quelques-uns, j’ose le croire, auront été épargnés, ç’a la vie dure les dictionnaires, mine de rien, ils ont le calme entêtement du bois dont ils sont issus, les arbres ne pouvaient pas nous faire de cadeaux plus beaux. Et nous lirons, nous lirons! Jusqu'à tomber par terre d'ivresse, car après tout qu'importe qu'elles nous mentent, ces histoires, si elles ruissellent de clarté, et qu'elles étoilent le chapeau des enfants déboulés de la lune étendus côte à côte deux par deux, elle et moi?  
Parfois la voix de papa s’élevait par-dessus la mélodie, la chevauchait quelques instants, la tourmentait juste ce qu’il faut, et je ne peux pas vous dire, c’est horrible comme c’était beau.
Je vais vous dire, si j’avais pu prévoir que, avant la fin du jour, je me retrouverais en tête à tête avec l’inspecteur des mines, je crois à tout prendre que j’aurais préféré aller me pendre à la corde de papa, car je craignais un peu les envies de mon cœur, c’est le moins qu’on puisse dire, et selon ce que nous dictent la nature et la religion, c’est de mon frère bien évidemment qu’il convient que je sois amoureux, pas d’un autre.
Car que faire d’autre qu’écrire pour rien dans cette vie? D’accord, d’accord, j’ai dit «les mots: des poupées de cendre», mais c’est trompeur aussi , puisque certains, quand ils sont bien rangés en phrases, on reçoit un véritable choc à leur contact, comme si on posait la paume sur un nuage au moment juste où il est gonflé de tonnerre et va se lâcher. Il n’y a que cela qui m’aide, moi. À chacun ses expédients.

Parce que je participe à quelques challenges

Un mot, des titres
 

mercredi 1 janvier 2020

Bilan des challenges 2019

Bonjour! Ou plutôt bonne nuit, et surtout bonne année! Oui, 2019 est terminée et c'est le moment du bilan.
Donc, pour ce tournant d'année, j'ai choisi de vous pondre mon billet sur mes challenges, car je crois que c'est ce qui me caractérise le plus sur la blogosphère livresque. Début septembre, je vous faisais un bilan de plusieurs challenges. Ici, je ne vous ferai donc que le bilan de ceux qui étaient toujours en cours à ce moment, et de ceux qui se sont étrangement rajoutés, car il semblerait qu'il restait de la place. Encore une fois, la graphiste en moi qui hurle sur le respect du droit d'auteur ne met que les logos dont elle sait que les droits sont bien acquis.
Fin septembre, j'étais à 70 lectures, et écrivant ces lignes le 30 au soir, je devrais terminer l'année avec 88 lectures! Mais aussi, je réalisais grâce à un commentaire qui disait que cela semblait m'amuser, que pour certains, je me donnais plus de stress ou fatigue à cause de leur chronopagéïté, et qu'en plus, j'ai l'impression que plusieurs sont devenus des jeux sans avoir de défis, ce qui est le propre, pour moi, des challenges. C'est pourquoi je crois je deviens plus sélective. On verra bien ce qu'il en sera en 2020 de ma participation!

 
Tout d'abord, je commence par ceux que j'organise. Pour Deuxième chance, je m'étais mise comme objectif 6 deuxièmes chances. Je n'en ai fait que 4, mais c'est pas si mal, car c'est une par saison. Et en plus, j'ai terminé avec une excellente ixième chance avec Victor Hugo et Fantine. Malgré cette excellente lecture, le challenge en soi a eu sa deuxième chance qui n'a pas marchée, ce qui me porte à le clôturer. Pour La face cachée des Disney, je connaissais mal mes catégories de ma nouvelle mouture, ce qui m'a inscrite dans la catégorie où il fallait lire des titres "plus conséquents", et le hasard fait que mes demandes de PEB ne m'amenaient pas les œuvres originales. Cependant, j'ai eu Les 101 dalmatiens, juste pour les fêtes, et il a été lu. Cependant, je n'ai lu que deux autres courts contes qui ne m'ont fait que progresser dans la liste, et non dans mon objectif. Malgré des bas, ce challenge semble avoir eu un petit regain, et surtout des inscriptions plus tardives, ce qui fait que je l'ai prolongé jusqu'au mois de juillet. On verra s'il s'essouffle ou non pour la suite des choses, et je devrais pouvoir trouver mes titres plus conséquents d'ici là! Enfin, après Âmes sensibles, découvrez  et La conscience du cœur, j'ai réorganisé mon idée pour vous proposer Glace&Fudge qui a été bien animé par les participants cette année! Pour ma part, j'ai eu 26 lectures, 1 zoo, et quelques séries télé qui ont fait que j'avais augmenté mon objectif, pour l'atteindre en toute fin d'année. De plus, l'édition Glace & Fudge 2020 est maintenant disponible sur livraddict avec de nouveaux menus (attention, sur le blog, ce sont encore les anciens... qui peuvent vous inspirer!) et des petits changements et plein d'idées pour l'animer. Espérons que le challenge soit aussi vivant cette année avec des lectures et découvertes tout autant marquantes. En serez-vous?


Ensuite, pour ce que j'appelle les "longues listes" Teacher's Favourite Book et Les 100 livres qu'il faut avoir lues au moins une fois dans sa vie, je m'étais mis comme objectif, puisque les deux listes se croisent souvent, d'en rayer 5 de chacune. J'ai été loin du compte. J'ai lu mes deux derniers tomes de Narnia, abandonné Les 4 filles du Dr March, lu Le rapport de Brodeck et L'écume des jours, et entamé Les Misérables duquel j'ai lu le premier tome. Ces challenges ne sont plus organisés, mais je souhaitais poursuivre ma découverte des listes. Or, je me rends compte que ce sont des titres que je vais découvrir au fil de ma vie, tranquillement, donc, à cause de cela et qu'ils ne sont plus organisés, je ne les considère plus comme des challenges pour 2020.

Pour Arsène Lupin, les Rougon-Macquart et Laurent Gaudé, ce sont des livres que je ne cesse de repousser leur découverte. La preuve pour le premier, je n'ai lu qu'un sur 3 des Lupin que je m'étais fixée et n'en ai pas lu des autres! Bon, j'ai lu le premier chapitre de L'aiguille creuse, ce qui vous indique que je poursuis Arsène Lupin au plaisir de Mypianocanta qui sera contente d'apprendre j'espère que je poursuis aussi les Rougon-Macquart en espérant que cette fois, je ne fasse pas que passer sur le topic puisqu'il faut que je poursuive ma découverte de Zola dont j'ai bien aimé Germinal. Ce sont des titres qui eux ne cessent d'être repoussés, repoussés, et qui me confirme dans mon besoin de poursuivre ces challenges. Par contre, désolée choco, pour Laurent Gaudé, ce sont des livres que je sais que je vais lire ici et là au gré de mes envies, car j'ai réalisé avec ceux lus de l'auteur, que dans mon cas, il fallait que la thématique vienne amplement me chercher pour bien apprécier ma lecture. Donc, j'en lirai lorsque j'aurai le goût d'une thématique qu'il aborde, et ne me met plus la contrainte du challenge.

Pour Tour du monde, je poursuivais mon objectif original d'arriver à 30 en aout 2020, et pour cela au début 2019, il me restait 7 nouveaux pays à inscrire. J'en ai ajouté 5: Afrique du Sud, Danemark, Belgique, Japon et Israël. Et en plus, j'ai mis le nez dans Pablo je t'aime Escobar je te hais qui devrait me permettre d'ajouter la Colombie. Donc, vous comprenez qu'après cette lecture, il ne me restera qu'un nouveau pays à découvrir, et que même si je poursuis, on pourrait presque ne pas le compter, surtout que si je ne m'abuse, j'ai d'autres nationalités dans ma PAL que je n'ai toujours pas découvertes! Mais bon, il se termine en aout, donc, il faut le compter ;)

Ensuite, pour le challenge Nobel, je devais en lire 9 cette année pour n'en lire qu'1. Est-ce parce que j'ai eu en tête que le prochain serait L'adieu aux armes d'Hemingway que je n'ai toujours pas retrouvé - St-Antoine, stp! - on ne le saura pas, car j'ai carrément échoué ce challenge. 2/10 en 2 ans... N'empêche, j'irai consulter la liste des récipiendaires à l'occasion puisque plusieurs noms m'attiraient.

Puis, pour Le temps à l'envers, j'ai atteint mon objectif de 4. Ce n'est pas le premier challenge qui me vient à l'esprit, mais puisque je me suis forcé à trouver des livres qui correspondaient à l'année, je réalise que ça me permet de fouiller et de me défier de lire pour avancer, ce qui fait que je le garde, avec encore l'idée d'en lire un par saison pour 2020.

Pour Read in English, je n'en ai lu que 2 sur 4, mais c'est mieux que rien et c'est aussi fonction de ma concentration décrue (je vois de plus en plus l'impact d'être face à un écran), et de la disponibilité. À cause de ces contraintes, c'est plutôt un challenge qui est moins pour moi, même si j'aime lire dans cette langue, et peut-être ayant beaucoup de lectures québécoises, je ne ressens pas trop la barrière de la traduction. N'empêche, je vais continuer à lire en anglais également, à mon rythme!

Pour Prix littéraire SFFF, j'ai atteint mon objectif, et je me rends compte que je ne suis pas du genre à sélectionner des lectures en fonction d'un prix, aussi prestigieux fût-il! Cependant, même si je ne poursuis pas l'expérience, je note dans ma tête Les terres brûlées qu'on m'y a suggéré.

Pour Défi lecture 2019, le challenge Personnel, et Multi-défis, ce sont des challenges que je ne renouvellerai pas. Même s'ils m'ont fait fouillé sur certains points, j'ai tellement trouvé chronophage le fait de passer les listes au peigne fin pour situer mes lectures. J'avais aussi malheureusement l'impression que c'était des signalisations de lien à n'en plus finir, sans échange ce qui fait que je n'y prenais pas de réel plaisir. Malheureusement, c'était ma crainte qui s'est confirmée, surtout que je m'étais fait des mini-liste pour Défi lecture et Multi-défis que je voulais plus découvrir, sachant que je  n'atteindrais pas l'intégralité de la liste. Et avec cela, de la liste des 100, j'en ai rayé respectivement 56 et 60, ce que je trouve très convenable avec une grande part du hasard, et 88 lectures qui, n'étant pas toutes des romans, ne pouvaient pas toutes convenir. Ce grand score pour moi dans la liste me donne probablement aussi un sentiment que ce n'est pas assez challengesque pour ce que je recherche. Malgré tout, je vous ai dit que je m'étais donné des minis-objectifs également. Pour Défi-lecture, j'en ai atteint 10/14 avec une lecture prévue qui n'a pas convenue, et un rythme de lecture décrue en fin d'année. Très satisfaite de ce score. Pour Multi-défis, je m'étais fait une mini-liste de laquelle je m'étais donnée un objectif de 10 en début d'année, objectif atteint très rapidement. Et en fin d'année, je me retrouve avec 25 de ma mini-liste rayée, ce qui est presque son intégralité. Pour challenge Personnel, j'ai terminé avec 25 consignes sur 27, ce qui me va très bien, sachant que je me suis faite avoir lors de mon inscription, puisque j'avais mal lu la date de fin. Bon, pas certaine que j'aurais atteint les 27, mais tout de même, j'ai réussi à avoir un livre "PAS DANS UN AUTRE CHALLENGE". Dans mon cas, c'était tout un exploit! Bref, tout ça pour dire que peut-être que je varie très bien mes lectures, ce qui me donne l'impression de ne pas être défié par de tels challenges. Cependant, je comprends que certains peuvent y trouver leur compte. Comme la signalisation est chronophage, je crois que ça convient à ceux qui ont peu de challenges, ou un rythme de lecture de fou!

Pour le challenge des 12 thèmes, j'ai réussi à mettre au moins une lecture sur 10 mois. Et les 2 manquants se sont trouvés en fin d'année quand mon rythme de lecture a décru pour des raisons personnelles. Étrangement, c'était les 2 thèmes qui me paraissaient les plus faciles, car plus souvent dans mes cordes. Je n'ai pas été voir la nouvelle édition encore, mais j'aimais bien la contrainte de temps pas trop contraignante, donc je risque d'en être à nouveau.
Pour Un livre, un état, je m'étais donné comme objectif 5 livres cette année, et n'en ai lu qu'un. Preuve que je lis de moins en moins de littérature américaine. Je croyais que le challenge se terminait, mais il est illimité, et je poursuis pour retourner découvrir l'univers de nos voisins du Sud.

Pour Sagas 2019, j'ai lu 20 tomes de sagas, ce que je considère très bien. Je voulais en terminer 6, mais n'en ai terminé que 4. Pas trop pire. J'en ai aussi abandonné au moins 2 desquelles j'ai lues les premiers tomes qui ne m'ont pas attiré. Comme j'avais aussi l'impression d'une liste de liens, c'est la principale raison pour laquelle je ne renouvelle pas, sachant très bien que j'essaie de limiter les nouvelles sagas et d'avancer autant que je le peux.

Pour le challenge Écosse, je n'ai lu qu'un titre, qui s'est retrouvé au hasard pour le challenge. Même si je suis intriguée par cette région que je ne connais très peu, je n'ai pas tendance à rechercher des lectures pour ce challenge. Si je ne me trompe pas, il finit en mai, donc je verrai si je le renouvelle. En attendant, avez-vous des suggestions pour les mois qu'il reste au challenge? (petite précision, je ne suis pass fan d'outlander...)

Ensuite, pour Objectif du mois, j'ai renouvelé ma participation en mai et ai donc au moins une lecture par objectif à présent. Même si je suis moins présente, j'aime toujours autant, et ne peux qu'espérer encore une nouvelle édition. Idem pour Snakes & Ladders que j'avais renouvelé vers la même époque de l'année. Là, par contre, je n'avais pas eu de serpents à ma première participation, et pour cette édition-ci, je suis tombée sur le plus long. Bon, je suis repartie, mais bloquée sur une consigne!

Pour Littérature LGBT, je m'étais inscrite dans le but de farfouiller plus pour découvrir des lectures de cet univers. J'ai 4 lectures qui ont plus été le fruit du hasard pour s'inscrire dans ce challenge, car je rencontre plus souvent que je le pensais de cette communauté. Comme je ne farfouille pas, je vais terminer l'édition en mai, et ne compte pas me réinscrire, même si je trouve qu'on peut avoir des échanges sur le topic.

Même si je n'aime pas trop les challenges de PAL qui me semblent tous être sur le même thème et engorgés..., j'ai découvert une nouvelle façon de la diminuer avec Cerise sur le gâteau, qui, en nous faisant commencer par les "mauvais" nous défient plus, pour ma part, que de dire, je vais la baisser de tant. Bref, là, j'ai l'impression qu'il y a une véritable contrainte. Comme le challenge est court, je n'arriverai pas au bout de l'objectif d'ici fin février, mais j'aurai évacué les pires, ou la plupart puisque j'ai déjà pu voir que tout est relatif et subjectif dans la note affichée sur Livraddict! Tout dépendaient comment sera réorganisé la nouvelle mouture, j'y participerai ou non, car j'ai déjà évacué une bonne part des pires.
Ensuite, pour Québec en novembre, cette année ce fut une plus petite participation pour moi pour des raisons personnelles. En novembre, je n'ai lu que deux titres. Cependant, avec mes pré-lectures du challenge, j'en ai 8 pour lesquelles j'ai discuté. Pas trop pire. C'est plus un challenge que j'ai pris cette année pour me motiver à pondre mes critiques québécoises, même si j'aurais aimé lire davantage. Et en plus, j'ai fait le logo cette année! Bien entendu, s'il y a une édition, j'y participerai. En attendant, je ne désespère de finir par découvrir toutes les chroniques partagées cette année.

Puis, j'ai aussi Raconte-moi l'Asie auquel j'hésitais à participer quand j'ai vu le topic. Et même si je trouve le premier palier haut, j'ai décidé de m'y lancer dans la nouvelle édition, car, même si ma carte des auteurs lus est coloré en Asie, c'est à cause de la superficie, puisque plusieurs pays ne sont pas découverts. De plus, j'ai peu lu des pays colorés, ce qui est propice à ce que je découvre bien la lecture asiatique. Depuis mon inscription, j'ai 2 lectures pour ce challenge.

Voilà ce qui clôt le bilan. Je n'ai pas encore fait le tour complet des nouveaux challenges, mais je deviens de plus en plus sélective comme vous avez pu le constater. Est-ce parce que j'ai bien inculqué la diversité des lectures dans les miennes? que je sors autant que possible hors des genres populaires, des nationalités occidentales qui me donnent l'impression quand je ne vois que ça qu'il n'y a pas de véritables défis? que c'est chronophage? que ça manque de discussion? Je ne saurais dire, je crois que c'est un amalgame de tout ça qui fait que j'ai besoin de me sentir stimulée et de pouvoir en discuter.

Et bien sûr, qui dit lecteur, dit PAL et on a souvent tous le désir de la faire diminuer. Je n'échappe pas à la règle. Au début de l'année, j'étais à 78 livres qui correspondait, vu des intégrales, à 84 titre à lire si je me rappelle bien mon décompte. J'ai ajouté à ma PAL 21 livres correspondant à autant de titres, dont 7 ont été lus. En plus des lectures de ma PAL de départ, celles-ci se trouveraient donc, si ma mémoire est bonne, à 55 livres correspondant à 58 titres. Une diminution qui me satisfait, même si je sais que vu des bons d'achat, de futurs livres viendront s'y greffer prochainement. Je vais continuer à la faire descendre.

Donc, hormis les 2 challenges dont je poursuis l'organisation, il me resterait 11 autres challenges en cours et la validation de ma réinscription à un autre. Cela porterait donc le total à 14 pour entamer 2020. Espérons que cette diminution m'aidera à avoir plus de temps pour passer sur vos blogs, car ils m'ont manqué cette année! Et aussi à organiser mon fichier de suivi, comparé à celui de cette année que je ne peux pas ne pas vous montrer!

Mais avant cela, je dois vous souhaiter à nouveau une bonne année 2020. Qu'elle vous apporte des défis stimulants, qu'ils soient littéraires ou autres, afin de vous accomplir. Bonne année!







mardi 31 décembre 2019

Mes plus belles découvertes de l'année

Qui dit fin d'année, dit retour sur celle qui vient de s'écouler. Et comme ce blog est principalement pour la lecture, petit retour rapide sur mes plus belles découvertes. Je n'ai pas eu de coup de cœur cette année, mais je suis plutôt très difficile là-dessus. N'empêche que sans avoir eu de coup de cœur, j'ai fait d'excellentes découvertes. Donc, voici celles, sans égard à un ordre particulier, qui m'ont le plus marqué et plu.

Nos héroïnes, d'Anaïs Barbeau-Mathieu
Futu.Re de Dmitry Glukhovsky
Ma belle blessure de Martin Clavet
Les petites victoires d'Yvon Roy
Autour d'elle de Sophie Bienvenu
Fantine de Victor Hugo
Le jardin d'Adélie de Marie Bourassa
Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan
Mon fol amour de Dominique Demers
Le doux venin des abeilles de Lisa O'Donnell

Oui, la moitié du top en littérature québécoise quand moins de la moitié de mes lectures sont canadiennes (32/88), mais que voulez-vous, on a de la bonne littérature au Québec!

mardi 26 novembre 2019

On veut les sauver!

Cet automne, quelques émissions nous ont captivés plus au moins. Parmi celles que j'ai écoutées, il y avait Le monstre, tiré du livre autobiographique d'Ingrid Falaise. Donc, quoi de mieux que de prendre une émission adaptée d'un livre pour cette journée de Québec en novembre Écoutons la télé!

Je n'ai pas lu le livre, mais la thématique de la violence conjugale est une thématique à laquelle je trouve on doit s'intéresser, qui demeure trop taboue. Je ne peux pas comparer, mais ce que je peux dire, c'est que j'ai aimé l'adaptation. J'ai apprécié à quel point on voit que cela est psychologique, et pas seulement physique. Je regrette cependant que ça semble pointer du doigt qu'une seule religion. Je comprends que c'est à cause de l'autobiographie, mais j'ai de la difficulté à croire qu'elle n'aurait pas croisé de victimes de "Québécois pure laine" pendant tout le processus, ou qu'à tout le moins, ce soit porté à la conscience des téléspectateurs. Malgré ce point, j'ai apprécié visionner le récit, vouloir la sauver, lui dire de s'en aller de là, mais comprendre en même temps comment elle se faisait manipuler, comment cette manipulation est sournoise, comment ses parents tentent de comprendre ses agissements. Bref, j'ai apprécié visionné cette série, et espère que tous pourront se sortir de ce pattern si vous en êtes victimes.

Aussi, je n'avais pas prévu en parler au début du mois, mais comme les organisatrices ont placé cette journée aujourd'hui, je peux aussi vous parler d'Alerte Amber, que j'ai également vu, et qui est l'émission que j'ai le plus aimée cette année. Je ressentais toute la tension, le stress, les inquiétudes. Je regrette cependant que le côté autisme ait été moins présent dans les derniers épisodes. Je ne suis pas experte, mais même s'il se passe quelque chose qui atténue probablement les impacts, j'ai plus l'impression qu'on devrait sentir davantage certains impacts dans le comportement. Cependant, on réussit à sentir certains impacts de l'autisme dans toute la série. De plus, les intrigues secondaires viennent se greffer à la principale de façon très efficace. En plus de toute la tension, nous avons aussi bien des moments émotifs, auxquels on ne peut pas je crois demeurer insensibles. Bref, pour moi, cela a été mon émission préférée cet automne.

N'hésitez pas à regarder l'une ou l'autre.


Membres, bienvenue!