samedi 2 février 2019

La vie continue... mais pas la tienne.

[V]ivre 
Auteur : Sophie Laroche
Couverture: Noa Younse
Édition: Éditions De Montagne, 2012, 176 pages
Jeunesse, littérature contemporaine, littérature française

Présentation: On suit les pensées de Félix qui parle à Nathan, son meilleur ami mort dans un accident dans lequel il a été impliqué
+ : émotions
- : autres
Thèmes: alcool au volant, deuil



Mon avis
Et oui, encore un autre Tabou où on pleure! Cette fois, je m'y attendais... Je me revois encore vers la fin du secondaire, et j'ai même revu l'absence que ça créait de regarder un banc. J'étais dans une cohorte après lui, même je peux bien m'imaginer que le passage suivant aurait pu se dérouler pour mes amis qui se trouvaient dans le même groupe.
[...] et, soudain, mon regard qui se pose sur ta chaise vide, au premier rang. Ta saloperie de chaise vide ! La bouffée de chagrin horrifié qui me brûle le visage doit se voir. Sur un simple signe de tête de Madame Forestier, Tom se lève, attrape la table. Étienne prend la chaise et le suit. Ils déposent les meubles au fond de la classe, hésitent un instant et sortent finalement, leur lourd fardeau à bout de bras. 
Bien sûr, le récit est totalement différent des événements qui ont parsemé ma vie. Ici, Félix a été impliqué dans l'accident et c'est son meilleur ami, Nathan, qui est mort parmi les 4 personnes à bord, et un autre ami se trouve dans le coma. Il parle donc à Nathan, essaie de lui en donner du sens, et comme la vie continue, de se relever, même s'il considère que parler à un mort pourrait l'amener à l'hôpital psychiatrique. En lui "parlant", il fait de l'humour noir, se rend compte des différentes expressions qui parsèment son univers et qui lui sont inappropriées dans ce contexte, et relie ça avec les euphémismes qu'il apprenait dans son cours de français.
J'arrête mon humour noir. Il faut que j'arrête! Si je continue sur cette voie, je vais devenir fou. Il faut que je respire de nouveau. J'essaie, mais je n'y arrive pas.
Ce livre nous montre donc que, à l'adolescence, il arrive qu'on veuille repousser les limites pour s'intégrer, faire «bien» et que Quelquefois, faire « bien » fait très mal. On voit aussi comment Félix en vient à s'impliquer dans Educ-Alcool, tout comme on voit Noah, la famille, et la petite amie vivent leur deuil de différentes façons, ainsi que les préjugés qui sont portés par l'entourage parfois. Aussi, même si je ne l'ai pas remarqué pendant ma lecture, lorsque je cherchais un défaut pour mon moins, j'ai trouvé que les autres étaient plutôt évacués, car j'ai trouvé cela centré sur Félix, mais je comprends très bien ce choix de narrateur au je dans l'histoire. 
Bref, une lecture que j'ai appréciée et qui est remplie d'émotions. Donc, n'hésitez pas à lire un extrait pour le découvrir. 

Quelques citations
Elle me sourit. Et la vie m'apprend alors que les sourires peuvent être bien plus tristes que les larmes. 
Des gestes qui n'ont l'air de rien, mais qui tuent. 
Les mots sont les mêmes, mais la voix est devenue plus coupante qu'une lame de sabre patiemment aiguisée. 
La vie continue... mais pas la tienne. Je peux te parler à longueur de journée, ça n'y changera rien.
Ma mère s'inquiète pour moi. Quand je pleurais sans arrêt, les premiers jours, elle voulait que j'aille voir notre médecin de famille. Le docteur Lemasson n'a pas de pilule miracle qui assèchent les yeux par magie! je lui ai répliqué. Maintenant que je ne pleure plus, elle trouve que je refoule trop mes émotions, que je ne parle pas assez… faudrait savoir ce qu'elle veut ! Il n'y a qu'à toi que j'ai envie de parler, mais je ne peux pas lui dire que je discute avec un mort, sinon ce n'est pas chez le docteur Lemasson qu'elle m'embarquera, mais à l'hôpital psychiatrique.
Depuis que tu es mort (mort mort mort  excuse-moi, il faut encore que je le répète pour que ça rentre, que ça ait du sens), c'est comme si moi aussi, j'étais éteint. Que la vie était partie, et pas seulement chez moi, chez Noah aussi, chez Zach bien entendu, dans ta famille, pour Lili-Rose. Nous ne vivons pas, nous ne survivons pas non plus. Nous sommes là, mais plus entièrement.
Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
Défi-lecture: #89
Challenge personnel : #13
Multi-défis : #



samedi 26 janvier 2019

se reconstruire quelque part

Ce que le jour doit à la nuit 
Auteur : Yasmina Khadra
Couverture : John Foxx
Édition: Pocket, 2009, 438 pages
original: Julliard , 2008
Contemporaine, littérature algérienne

Présentation: La vie de Younes dans une Algérie des fractures ouvertes
+ : style
- : plagiat?
Thèmes: Algérie, colonialisme, famille, guerre d'Algérie



Mon avis
Voilà, comment parler de ce livre? Aucune idée puisque au tiers environ de ma lecture, je voulais vérifier quelque chose, et je suis tombée sur un article parlant de plagiat. Article que j'ai lu en diagonale pour ne pas me divulgâcher  puisque j'appréciais encore le style de Khadra. Article où pour le peu que j'ai capté, j'avais l'impression que le plagiat concernait des faits généraux de la vie de l'époque, ce qui entraîne bien entendu des similitudes, mais de là à crier au plagiat, j'en doute, surtout que je me dis que déformer une fille nommée Amélie en Émilie, ce serait un peu trop évident pour quelqu'un qui veut plagier. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas lu le titre de Youcef Dris, et ne peut donc juger si Khadra l'a plagié ou non, et c'est donc avec ce questionnement en tête que j'ai lu la majorité du livre que j'ai apprécié.
J'ai aimé être plongé au cœur de ce
pays qui s'appelait l'Algérie; pas celui que l'on enseignât à l'école ni celui des quartiers huppés, mais d'un autre pays spolié, assujetti, muselé et qui ruminait sa colère comme un aliment avarié — l’Algérie des Jenane Jato, des fractures ouvertes et des terres brûlées, des souffre-douleur et des portefaix… un pays qu'il restait à redéfinir et où tous les paradoxes du monde semblaient avoir choisi de vivre en rentiers. 
Un pays où on suivra Youcef qui suite à différents événements aura a déménagé avec sa famille afin d'aller se reconstruire, comme le dit son père Issa qui croit dur comme fer que le destin lui sourira et qu'il pourra retrouver sa bonne fortune, même s'il ne veut aucunement accepter l'aide qui lui est proposée.
Il disait qu'on pouvait perdre sa fortune, ses terres et ses amis, ses chances et ses repères, il demeurait toujours une possibilité, aussi infime soit-elle, de se reconstruire quelque part; en revanche, si on venait à perdre la face, il ne serait plus nécessaire de chercher à sauver le reste.
J'ai peur de t'offenser alors que j'essaye seulement être ton frère. Mais il est temps d'apprendre à écouter, Issa. Il n'y a pas de mal à écouter. La vie est un apprentissage permanent ; plus on croit savoir, moins on sait, tant les choses changent, et avec elles les mentalités.
On voit ainsi une dualité entre ceux qui croient ramener le destin à la raison, lui forcer la main, provoquer le miracle et ceux qui pensent que Rien n'est écrit et que nous sommes les responsables de ce qu'il advient, réalités différentes quand on ne trouve pas de sens à sa douleur

Cela nous invite donc à se questionner sur les déchéances, les malheurs qui frappent Younès, la façon dont il évolue, les trahisons qui peuplent son histoire, les sentiments qu'il éprouve face à certains camarades, les réactions des personnages. Bref, on le voit confronter à son existence, au fait que diverses personnes ont à se reconstruire, à se rétablir dans la société. 

Bref, j'ai apprécié ma lecture, mais n'empêche que le questionnement du plagiat laisse un doute sur mon enthousiasme, car ça me refroidit, et ça sème le doute également sur les autres titres.

Procurez-vous le ici.

Quelques citations
Plus tard, beaucoup plus tard j'arriverais à cette vérité : Rien n'est écrit. Autrement, les procès n'auraient pas lieu d’être; la morale ne serait qu'une vieille chipie, et aucune honte n'aurait à rougir devant le mérite. Bien entendu, il est des choses qui nous dépassent, mais dans la plupart des cas, nous demeurons les principaux artisans de nos malheurs. Nos torts nous les fabriquons de nos mains, et personne ne peut se vanter d'être moins à plaindre que son voisin. Quant à ce que nous appelons fatalité, ce n'est que notre entêtement à ne pas assumer les conséquences de nos petites et grandes faiblesses.

Ils espéraient, en gardant le moral, en sauvant les apparences, ramener le destin à la raison, lui forcer la main, provoquer le miracle. Et oubliais que le compte à rebours avait commencé et qu'il n'y avait plus rien à rattraper, car il fallait être aveugle pour continuer d'avancer dans la nuit de toutes les utopies, de guetter une aube qui s'était déjà relevé sur une autre ère et qu'ils s’obstinaient à attendre là où elle ne figurait plus.
Le malheur qui nous frappe ne prémédite pas son coup. Comme la foudre il nous tombe dessus, comme la foudre il se retire, sans s'attarder sur les drames qu'il nous inflige et sans les soupçonner. Si tu veux pleurer, pleure ; si tu veux espérer, prie, mais, de grâce, ne cherche pas de coupable là où tu ne trouves pas de sens à ta douleur.
il y avait, dans cette bataille pathétique qu'il livrait à lui-même, ce que la détresse avait de plus vaillant et de plus grotesque à la fois.
J'avais honte de disposer de tant de pouvoir au point d'être en mesure de damner un être que j'avais aimé sans à aucun moment associer la noblesse de sa générosité à un ignoble péché de chair.
C'est une toxine corrosive, la haine: elle vous bouffe les tripes, vous squatte la tête, vous possède comme un djinn.  
Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
(Défi-lecture: #74)
Multi-défis : #72


Guides inspirants

Une irrésistible envie de fleurir
Auteure : Christine Michaud
Couverture : Ann-Sophie Caouette
Édition: Édito, 2018, 310 pages
Contemporaine, développement personnel, littérature québécoise

Présentation: Juliette perd tout et suite à un courriel, va être confronté au flourishing
+ : simplicité
- : facilité
Thèmes: développement personnel, destin, amitié



Mon avis
Voilà, pris parce que je cherchais une couverture dans des teintes de turquoise, le titre m'a également interpelé et je ne savais pas à quoi m'attendre, surtout que si j'avais lu le résumé, je ne l'aurais probablement pas pris puisque le côté développement personnel m'aurait freiné. Et dès le début, j'ai aimé le style d'écriture que je trouvais entraînant. Et j'ai donc apprécié ma lecture, surtout que j'ai trouvé que l'auteure semblait être réaliste sur cette synchronicité, ce brin de magie[...]des plus bénéfiques, ce destin, tout en se posant des questions sur ceux-ci:
Me voilà rassurée. Je me méfie de ces gens un peu trop illuminés à mon goût. J'ai toujours cru que les grands sages était rarement les êtres les plus exubérants. Ils préfèrent souvent la discrétion et l'humilité à l'ostentation. S'il faut prêcher le bien-être dans toute sa simplicité, autant le faire par l’exemple, pas vrai? […] Pourquoi deux destins se croisent-ils à un moment en particulier?
De plus, j'ai pu m'identifier aux pensées de l'héroïne qui, même si confrontée à des épreuves différentes, ressemble, selon moi, à ce que nous pensons tous:
Je réalise à quel point je me prive de trop de moments précieux par peur de déranger, ou de ne pas faire l'affaire ou, pire encore, de ne pas être à la hauteur.
J'ai également aimé comment Juliette est amenée à être confrontée à toute cette psychologie positive, à cette petite magicienne, par une suite d'événements puisque de manoir, point: se dresse plutôt devant [elle] un bâtiment délabré. Et j'ai bien aimé comment cette petite magicienne confronte Juliette à ce destin, et l'ai trouvée attachante. Également en plus, de celle-ci, des personnages plus âgés qui se retrouvent sur sa route, et j'ai aimé que ceux-ci la guident, l'amènent sur la voie de la psychologie positive avec sagesse, sans être trop moralisateur. 

Bien sûr, toute cette synchronicité donne une sensation de facilité dans l'histoire, mais cela ne nous empêche pas d'apprécier la lecture qui forme un tout cohérent, car après tout, qu'est-ce qui est vraiment planifié? 

Vous comprenez donc que la synchronicité a fait son œuvre puisque ce livre fait partie des romans de développement personnel que j'ai apprécié lire. Bref, que vous vous le procuriez ou non, n'oubliez pas de contempler ce qui [vous] entoure et de [vous] émerveiller.

Petite anecdote de synchronicité
Lorsque j'ai ajouté le titre sur livraddict, j'ai vu que l'auteur y était déjà, et j'ai donc regardé ce qu'elle avait écrit, et comme je sais que tout livre québécois n'y est pas forcément entré, j'ai regardé sur le site des libraires pour voir ce qu'il en était, et j'ai pu voir qu'elle avait écrit la préface de Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, livre qui est justement mentionné (je ne me rappelle plus s'il est choisi ou offert dans la librairie du livre) dans une page que j'avais marquée.
Quelques citations
Pour la jeune magicienne, il y a des histoires dans lesquels il faut entrer et d'autres dont il valait mieux s'extirper. Et parfois, pour se sortir de l’une, il faut en investir une autre. Voilà sûrement pourquoi les livres nous sont si bénéfiques: ils favorisent les transitions. Dans les intrigues qu'ils proposent, chacun peut à la fois se reconnaître et s’oublier. Ils nous offrent ainsi l'occasion tant de guérir la pensée que de rêver le futur.
C'est exactement ce que semble faire avec moi mes guides inspirants. Les expériences qu'il me propose de faire me procurent la certitude de cheminer comme jamais je ne l’ai fait auparavant.
Je commence à nourrir de sérieux soupçons sur ma légendaire intuition quand j'aperçois, accrocher à l'arbre providentiel, une pancarte indiquant l'adresse que Gabriel m'a donnée: je suis arrivée à bon port malgré mon GPS. Sauf que de manoir, point: se dresse plutôt devant moi un bâtiment délabré. Je trouve à sourire à l'idée que nos états intérieurs influent souvent sur les circonstances extérieures.
Ma petite voix me dit que rien n'arrive par hasard. Pourquoi me suis-je retrouvée dans le manoir délabre de l'une des plus grandes médiums française? […] Cette brève incursion dans un lieu aux pouvoirs surnaturels me convainc qu’un peu de mystère et même un brin de magie me seraient des plus bénéfique. 
Certaines personnes font référence a des «vortex», c'est-à-dire des endroits hautement vibratoires où le ciel et la terre semblent s’unir. On dit de ces emplacements qu'ils favorisent les échanges entre l'humain et le divin.
Parce que je participe à quelques challenges

Le temps à l'envers: 2018
Terre du milieu
Défi-lecture: #45
Challenge personnel : #8, #12 et #25
Multi-défis : #81


Susciter le soupçon

Nicolas LeFloch, tome 1: L'énigme des blancs-manteaux 
Auteur : Jean-François Parot
Couverture: Rosalba Giovanna Carriera, Portrait of a man
Édition: 10/18, 2001, 371 pages
original: JC Lattès , 2000
Policier historique, littérature française
Présentation: Nicolas LeFloch va apprendre le métier de policier et son enquête sur la disparition du commissaire le fera progresser.
+ :
- :
Thèmes: meurtres, corruptions, 18e siècle



Mon avis
Je voyais souvent passer cet auteur concernant cette saga historique policière et je me suis donc procurée le premier tome l'an dernier. Et dans le cadre du challenge de Licorne, je l'ai donc sorti en lecture commune avec chris 311830, et ai donc échangé au fil de ma lecture. J'ai l'impression, selon nos échanges, que chris l'a plus apprécié que moi puisque j'en ressors avec un avis mitigé. Et je crois que ce titre est tombé dans ceux bien écrits mais dans lequel il manque la petite étincelle qui fait la connection entre le lecteur et l'histoire.
Tout d'abord, j'ai trouvé, tout comme chris, que le style était recherché. C'est fluide et les descriptions sont précises afin que nous puissions nous imaginer la scène. Peut-être ai-je aussi eu l'impression parfois que ça ne laissait justement pas assez de place à l'imagination puisque plein de détails nous étaient donnés.
Partout, dans les angles, les recoins et les culs-de-sac de cet immense labyrinthe, d'étranges mousses humides recouvraient comme une lèpre le corps de la prison. Des volutes de champignons, flottant pareil à de lourdes toiles d'araignée, absorber le peu d’air. de cette atmosphère confinée. D’étranges concrétions minérales, d’un gris tirant sur le vert, dont les points brillaient à la lueur de la lanterne, dénonçaient le salpêtre et le resurgissement des sels qu’exsudait, sous le travail incessant de l'humidité, le calcaire des murs.
Bref, oui, j'aimais être plongée dans l'époque et pouvoir me représenter la scène, le décor, même si des fois, je crois que j'aurais aimé que certaines soient moins détaillées.  
De plus, j'ai aimé que l'auteur nous fasse naviguer dans les pensées de Nicolas qui, sans les réponses, ne peut qu'encore plus se demander comment tout cela s'enchevêtre, essayer de démêler les soupçons qui pèsent sur les différents protagonistes.
Également, même s'il peut nous apparaître uniquement soucieux d'apprendre et de bien faire durant les mois de son apprentissage, LeFloch nous est dévoilé également à travers les événements.
De plus, j'ai aimé voir la progression de l'enquête, les indices et les façons prises à l'époque pour les trouver et les déduire.  
Bref, même si j'en ressors avec un avis mitigé, si le fond vous intéresse, vous pouvez vous le procurer. Chacun a son propre ressenti face à une lecture, et comme je l'ai dit, j'ai l'impression qu'il m'a manqué la petite étincelle de connexion dans ce titre. Comme chris que je remercie pour les échanges pendant cette lecture commune, j'en lirai d'autres puisque j'ai bien aimé le style recherché de ce premier roman, et que j'aime bien lire des policiers historiques à l'occasion. Et j'essaierai aussi de voir si je peux trouver les adaptations de ce côté-ci. 

Quelques citations
On lui aurait donné son billet de confession sans hésiter quand bien même mille questions sans réponse pouvaient susciter le soupçon. 
Aussi bien que ne pourrons-nous le frapper qu’à coup sûr. Il ne faut jamais rater un serpent, on ne retrouve pas l'occasion de le détruire. 
Il n'y avait été ni heureux ni malheureux, uniquement soucieux d'apprendre et de bien faire durant les mois de son apprentissage. Elle prendrait place dans son souvenir et dans son regret comme toutes les choses et tous les êtres abandonnés au bord du chemin, parce que la vie, la mort ou une petite lumière mystérieuse en décident sans appel. 
Décidément, l'inspecteur pensait à tout et, sous son air placide, dissimulait des trésors d'expérience et de pratique policière. 
Parce que je participe à quelques challenges

(Terre du milieu)
(Défi-lecture: #93)
Challenge personnel : #5, et #19
Multi-défis : #75




samedi 19 janvier 2019

je suis allé au bout de la Terre

Du bon usage des étoiles 
Auteure: Dominique Fortier
Couverture: Pascale Bonenfant
Édition: Alto, 2016, 341 pages
original: Alto, 2008
Aventure, littérature québécoise

Présentation: L'Erebus et le Terror, en voulant trouver un passage dans le Nord de l'Amérique à l'époque victorienne, se retrouvent pris entre les glaces.
+ : plume
- : lenteur
Thèmes: Nord-Ouest, marins



Mon avis
L'été dernier, sans que je sache pourquoi, la couverture de ce titre m'attirait comme un aimant. Et même si ce n'est pas dans mes habitudes, je l'ai pris, ne sachant rien du livre. Et lors de Québec en novembre, plusieurs ont parlé de cette auteure, mais j'avais ciblé d'autres lectures, et n'avait pas eu le temps de me rendre à ce titre.
Et c'est donc en ce mois de janvier que je lis ce livre. Je dois avouer qu'au départ, j'ai eu de la difficulté à me situer dans le récit, bien que la fluidité des phrases nous y entraînaient. J'ai donc eu peur que le récit ne parvienne pas à m'atteindre. Mais, grâce aux commentaires généraux sur l'auteure que j'avais vu en novembre, et surtout parce que je voulais enfin avancer dans Snake & Ladders, j'ai poursuivi et me suis laissée emporter par ce récit.
Tout d'abord, je trouvais que le style recherché ne donnait pas une impression de rigueur, mais un rythme soutenu avec de la poésie au travers. Et cette sensation s'est accrue au fil de ma lecture et même si on ne s'habitue pas à un tel paysage, à un tel froid (il fait -31 pendant que je rédige!), on s'habitue à ce style qui lui rend hommage avec des descriptions qui semblent nous plonger dans quelque féerie, telles que la description de l'aurore boréale par exemple. Bref, c'est vraiment cela qui fait la force du récit pour moi.
Aussi, je crois qu'au début, je ne m'attachais pas au personnage, mais plus on avance dans le texte, plus on se prend d'attachement pour les capitaines qui eux prennent de plus en plus conscience de leur équipage. J'ai donc aimé découvrir certains membres au fil de la lecture, et voir comment ceux-ci occupaient leur temps et ça nous amène à découvrir certaines notions de l'époque.
Également, il y a des passages de femmes qui sont restées en Angleterre, et même si parfois, j'en trouvais égocentrique, j'aimais voir les rêveries, pensées de certaines. Et après réflexion, je trouve que ces passages permettaient de rythmer le récit, car après tout, les marins sont figés dans la glace, ce qui crée une lenteur dans le récit. Donc, je crois que ces passages permettent de former un tout cohérent, et en plus, cela m'a permis de voir un peu des mœurs de l'époque victorienne.
Bref, même si je considère que ce n'est pas l'histoire qui m'aura le plus touchée, j'ai passé un agréable moment, et relirai l'auteure. Pour un premier roman, le pari était réussi. Donc, si vous le souhaitez, rendez-vous ici pour en lire un extrait et vous le procurer. 

Quelques citations
Quant à moi, je suis allé au bout de la Terre, j’ai basculé dans ce vide où il n’y a ni monstres marins ni poulpes géantes ni sirènes ni même Dieu; je n’ai trouvé que la nuit dans cet abîme, et c’est sans doute, de toutes les découvertes, la plus terrible.
Nous avons aperçu avant-hier nos premiers icebergs et en sommes aujourd’hui entourés de toutes parts comme dans quelque féerie. On ne s’habitue pas à un tel paysage. Les montagnes de glace aux reflets d’un bleu, vert, turquoise minéral, s’élèvent vers le ciel comme des cathédrales de neige. Ces masses auprès desquelles nos navires semblent lilliputiens ont au soleil un éclat presque surnaturel; on les dirait sorties d,une peinture représentant la surface d’une planète inconnue, ou du rêve d’un fou. Elles sont cependant aussi dangereuses que magnifiques car, comme les hommes, elles ont pour particularité de cacher dans les profondeurs invisibles la plus grande part d’elles-mêmes, aussi faut-il naviguer autour de ces géantes de neige lentement et avec une grande prudence. La brume, qui ne se lève pas depuis deux jours, rend la navigation plus difficile encore en enveloppant ces titans silencieux d’une chape blanche et fantomatique.
La nature polaire, morte pendant plus de six mois, noyée dans les ténèbres, connaît à l’été une renaissance aussi brève que spectaculaire.
Il est donc ridicule de songer à dépêcher une expédition de secours. On ne va pas au secours des héros.
Sans doute l'homme qui n'a plus rien à perdre et qui le sait est-il infiniment plus libre que celui qui craint à tout moment de voir son bonheur, sa richesse, sa vie lui échapper.
Soudain, dans le ciel immense, apparaît une lueur d’un vert laiteux, une vague mouvante qui danse au-dessus de l’horizon où elle déploie un chatoyant rideau presque phosphorescent.
Il va de soi que le progrès scientifique est chose merveilleuse et qu’il permet d’étendre chaque jour davantage notre domination sur le monde qui nous entoure, mais à voir Fitzjames penché, les yeux plissés, au-dessus de ses bassins fumants de mercure et d’hyposulfite de soude, j’ai l’impression d’avoir pénétré par erreur dans le laboratoire de quelque alchimiste des temps passés, absorbé dans l’exécution de l’œuvre au noir.
S’y trouvaient, côte à côte, une rose des sables dont les délicates arêtes à l’harmonie irrégulière éveillaient invariablement l’admiration de ces dames, à qui Lady Jane préférait toutefois ne pas révéler la source de cette singulière beauté; un poignard à la lame sculptée dans sa gaine de cuir repoussé, qu’elle avait âprement négocié à l’un de ces hommes vêtus de bleu qui sentaient aussi fort que les chameaux dont ils partageaient l’existence; un grigri fait de corne, de plumes et de billes d’onyx qui avait toujours suscité chez elle une très légère inquiétude; le fossile parfaitement conservé d’une fleur dont on distinguait les pétales nervurées et jusqu’aux petits poils hérissés recouvrant les feuilles d’un duvet rêche; un moustique prisonnier d’une grosse goutte d’ambre couleur de miel, suspendu pour l’éternité dans l’or translucide; une sculpture représentant, avec une crudité presque obscène, une silhouette féminine aux seins et aux formes rebondies (que ces dames faisaient le plus souvent semblant de n’avoir pas vue, pour qu’on ne puisse pas se laisser aller à songer que ces mêmes formes se cachaient sous les jupons, guimpes et crinolines dont elles étaient caparaçonnées); d’arachnéennes figurines de verre soufflé vivement coloré, achetées sur l’île de Murano, concession consentie par l’aventurière à la mode de l’époque parce que ces petites figures, bien que mièvres et somme toute assez communes, étaient tout de même l’œuvre d’authentiques artisans.
Parce que je participe à quelques challenges

(Terre du milieu)
(Défi-lecture: #19)
Challenge personnel : #17, et #10
Multi-défis : #24


samedi 12 janvier 2019

Et si on allait à Blanès?

Blanès
Auteure: Hedwige Jeanmart
Couverture: photo de Julie Pauwels
Édition : Folio, 2016, 291 pages
original: Gallimard, 2014
Contemporaine, littérature belge

Présentation: Eva après avoir signalé la disparition de Samuel, dont tout le monde lui dit de ne pas s'en faire, retourne à Blanès pour chercher le corps, des explications suite à ce voyage qu'elle avait initié en demandant Et si on allait à Blanès?
+ : style
- : impression
Thèmes: disparition, errance



Mon avis
Reçu dans le cadre d'un swap effectué avec martineke, je ne savais aucunement à quoi m'attendre en découvrant ce titre de la littérature belge. Ignorant lors de ma réception où se situait Blanès, j'étais intriguée. Et je dois dire qu'il est difficile de décrire la sensation qu'il m'en reste après avoir tourné la dernière page.
Dès le départ, le style m'a plu. Des phrases parfois longues, mais bien rythmées qui nous entraînent avec elle dans le dédale. Et en plus, le fait qu'Eva mentionne que Samuel est mort et qu'elle doit mentionner qu'il s'agit d'une figure de style donne un côté de grand questionnement pour le lecteur. Et Eva repart donc à la recherche du corps pour donner de la tangibilité à cette disparition et on la suit à travers ces gens qu'elle rencontre. On la voit être confrontée à ses questions, ses tourments, et ses préjugés dans ce qui ferait que Blanès a été à l'origine de cette disparition.
On la voit donc essayer de se reconstruire à travers cette disparition dont elle cherche les clés. De plus, elle cherche aussi les liens avec Bolano, l'auteur qui l'a indirectement mené là. C'est dur à décrire ce qu'il nous en reste, mais j'avoue que je n'ai pas trouvé l'histoire convenue. L'auteure nous laisse avec une sensation étrange, sans qu'on ait l'impression que ce soit inachevé, et je crois que c'est ce qui fait la force de ce premier roman. 
Encore merci à martineke de m'avoir fait découvert ce titre de la littérature belge.

Quelques citations
Le type a continué à avoir l'air de m'écouter. Quand j'ai eu terminé, il a baissé la tête et quand il l'a relevée il souriait, sûr de lui, limite condescendant, et de son sourire a glissé une phrase que je n'oublierai jamais: cela arrive, il y a des changements qui surviennent dans la vis. Tels ont été ses mots: il y a des changements qui surviennent dans la vie. J'ai cru avoir mal entendu. Des changements dans la vie? ai-je repris. Des changements dans la vie? C'est tout ce qu'il aurait à dire à quelqu'un à qui on venait de couper les deux jambes? Ou les deux bras? Il dirait ça? Que des changements survenaient dans la vie? Pourquoi alors me réservait-il ce genre d'ineptie, d'obscénité? Samuel avait disparu avec son corps, ses gestes et sa voix. Le temps passait et je n'étais ni moins triste ni moins amoureuse de Samuel et cela devenait très handicapant dans ma vie de tous les jours. C'est pour cela que j'étais là, pas pour entendre des niaiseries pareilles. 
Cela faisait quelques jours que nous ne nous étions plus parlé au téléphone et dans sa voix j'entendis de la joie de m'entendre, une vraie envie de m'écouter. Cela m'encouragea à lui faire part de mes doutes et à oser lui dire que je prenais des notes, sur tout mais aussi notamment sur lui.  
Parce que je participe à quelques challenges

(Terre du milieu)
(Défi lecture : #59)
Challenge personnel : #21
(Multi-défis: #60)


— Pourquoi ne prend-on jamais les prophètes au sérieux?

A.N.G.E., tome 10: Obscuritas 
Auteure: Anne Robillard
Couverture: Jean-Pierre Lapointe
Édition : Wellan, 2012, 349 pages
Fantastique, espionnage, littérature québécoise

Présentation: Les agents de l'A.N.G.E. doivent délivrer les humains des puces que leur a imposées Satan afin que ce dernier ne triomphe pas sur Terre.
+ : mythologie
- : action
Thèmes: survie, agence secrète, religion



Mon avis
Voilà, j'arrive à la fin de cette saga, qui a eu des hauts et des bas selon moi. Et c'est aussi le cas dans ce livre, même si j'ai passé un agréable moment. J'ai trouvé qu'il ne s'y passait pas suffisamment d'action à proprement dite, et que cela nuit au fait de nous faire ressentir l'urgence de la situation, l'urgence de sauver le monde puisque Satan a commencé à s'en emparer et a implanté des puces afin de contrôler ses disciples. J'ai aussi trouvé que certaines situations étaient rapidement survolées, alors qu'en tant que lectrice, j'en aurais pris plus. Même si je trouvais qu'il manquait d'actions, je suis loin d'avoir trouvé cela descriptif, surtout au niveau des décors. Je trouve que les indications passent beaucoup par les dialogues dans ce tome. De plus, j'ai eu plus de facilité à m'y retrouver dans les personnages avec leurs différents noms tels que Kaylin/Jésus, ainsi que les noms de ces disciples par exemple, et j'avais beaucoup plus de facilité à voir les liens entre ces nombreux personnages. J'ai bien aimé l'univers créé, et suite à une discussion pendant ma lecture, j'ai réalisé que je trouvais l'univers  fantastique cohérent avec tous ces points de mythologie entre autres qui fait que le récit se tient. J'ai donc aimé ce mélange avec l'espionnage dans cette saga pour laquelle je trouve que ça passerait mieux à l'écran. Vous pouvez vous la procurer si vous aimez la mythologie, les complots, les créatures fantastiques. 

Quelques citations
Le paysage dévasté ne bouleversa Ahriman d'aucune façon à son retour à Jérusalem. Il marcha dans les débris sans vraiment les voir, tandis qu'il se dirigeait vers le seul monument qui n'avait pas été désintégré dans l'explosion de la base de l'ANGE: le Temple. Grâce à Phénix, son fidèle serviteur Naas, Ahriman avait pu revenir vers Satan.
Il traça alors un arc de cercle avec sa main pour dévoiler la statue du nouveau maître du monde.
— Voici celui qui vous délivrera de tous les maux!
Les fidèles examinèrent la sculpture avec circonspection, car ses traits semblaient plutôt agressifs.
Le jeune homme s'exécuta en fermant les yeux. Le Spartiate s'empressa de se joindre aux varans. Il ne possédait ni leurs armes, ni leur férocité, mais il était prêt à tout pour leur sauver la vie. Tenant fermement la pointe acérée dans une main à la manière d'un poignard, il fit un mouvement pour attirer l'attention du Shesha.  
Toutefois, le varan avait eu le temps de déceler la plus grande faiblesse du Shesha: sa vanité. Asmodeus se croyait invulnérable au point où il ne voyait pas le besoin d'utiliser sa magie contre un traqueur. 
Ciel, non! Sous sa forme reptilienne, Caritas est un dragon deux fois plus gros que cette maison!
— Pourquoi ne prend-on jamais les prophètes au sérieux?
— Je pense de plus en plus que les hommes préfèrent se cacher la tête dans le sable en refusant de faire face au danger.
— J'aurais aimé revoir Jérusalem avant qu'elle ne soit entièrement rasée.
— Le Temple est toujours debout.
— Il n'a malheureusement servi qu'à Satan depuis qu'il a été reconstruit.
— Nous possédons le pouvoir d'en changer complètement les vibrations. C'est la première chose que nous ferons lorsque nous l'aurons arraché au Prince des Ténèbres.
— Pourquoi n'es-tu pas avec Képhas? Ne serait-il pas plus utile que vous tentiez de sauver les âmes des indécis?

Parce que je participe à quelques challenges

Terre du milieu
(Défi lecture : # 33)
Challenge personnel : #6
(Multi-défis : #12)



lundi 7 janvier 2019

Qu'est-ce qu'on ajoute en challenges cette année?


Oui, oui, vous avez bien lu. Qu'est-ce que j'ajoute aux challenges que je poursuis, car il y en a d'autres puisque c'est impossible de résister. Et avant de vous présenter ceux-ci, j'en profite pour remercier les différents organisateurs qui ont eu ces idées et qui géreront ces challenges.

Membres, bienvenue!