dimanche 2 décembre 2018

Un autre Québec en novembre terminé


Voilà, pour une autre année, Québec en novembre est terminé. Même si je n'ai pas passé à travers ce que j'espérais lire, j'ai réalisé que j'avais bien participé puisque, outre les billets que j'avais gardés sous le coude, lorsque le challenge a été entamé, j'ai lu 2 titres en octobre et 6 en novembre, bon okay, le dernier a été terminé hier matin. Puisque j'ai lu le tome 8 des Nombrils vendredi soir, et lu les dernières pages de À qui la faute hier matin, leurs chroniques ne sont pas rédigées. Et aussi, j'ai réalisé que j'ai totalement oublié le top ten que j'avais rajouté dans les journées thématiques, Oops. 

Mais je décide tout de même de vous faire mon bilan avant de rédiger ces chroniques puisque je viens de terminer mon tour de tous les billets qui ont été signalés sur le groupe ou le récapitulatif. Je sais qu'il y a d'autres billets à lire dont d'une blogueuse qui trouve qui n'a pas participé cette année, même si j'ai repéré plein de titres sur son blog. En même temps, la majorité des chroniques de ladite blogueuse qu'il me reste, ils ont aussi été chroniqué ailleurs. Donc, je les lirai une autre fois avec tous les autres billets de ceux qui ont terminé des lectures sur le fil ou qui ont profité du week-end pour les terminer. Et s'ils n'ont pas terminé, ce n'est pas grave, car lire québécois, ce n'est pas qu'en novembre! 

Avant de vous mentionner les titres que j'ai repérés, je remercie Yueyin pour l'organisation, ainsi que Karine, même si toi, ma wish ne te remercie pas. Encore merci pour ce challenge riche en découvertes. 
Et aussi, une grosse question qui s'est pointée le bout de son nez assez rapidement dans le challenge. Pourquoi la France traduit-elle les titres francophones québécois par chez elle comme on a pu le voir avec La petite et le vieux ainsi qu'Autopsie d'une femme plate, tous deux des livres de Marie-Renée Lavoie. Okay, quelqu'un m'a fait remarqué que plate n'avait probablement la même définition en France, mais pour La petite et le vieux?
De plus, cette année, on a vu que parfois, il faut que le fond nous accroche, et pas seulement la forme, car plusieurs lectures ont été mitigées sur ce point, à mon avis, dont dans des LCs. Mais c'est le jeu. 
Aussi, j'ai appris qu'il y avait des problèmes de commentaires sur mon blog, ce qui nuit aux échanges.  Le plus que j'ai trouvé, c'est que lorsque vous venez, et si vous ne voyez pas: votre commentaire a été publié, c'est que vous devez supprimer cookies et autres. 

Y'a sûrement d'autres choses que j'ai apprises, mais cette année, je n'ai pas pris le temps de tout noter puisque des billets, il y en a eu, ce qui m'amène aux titres que j'ai repérés, pour moi. Car, on a tous des goûts différents, et même si je n'ai pas noté des titres, il se peut que ces livres viennent à moi et me réservent une belle surprise. D'ailleurs, j'avais un état d'esprit lorsque je notais les livres et si j'en avais eu un autre, j'aurais sans doute noté autre chose. Donc, ce n'est pas parce que rien ne vous attire dans les titres suivants qu'il n'y a pas de livres qui vous conviennent puisque le récapitulatif regroupe je ne sais combien de titres! Voici donc quelques titres qui font enfler ma wish:

De bois debout de Jean-François Caro chez kathel
Janvier tous les jours de Valérie Forgues chez argali
C'était au temps des mammouths laineux de Serge Bouchard chez enna
L'anglais n'est pas une langue magique de Jacques Poulin chez grominou
Les écrivements de Matthieu Simard chez karine:)
Ici, ailleurs de Matthieu Simard de Nadège hébergée chez Anne
La femme aux cartes postales de Jean-Claud Eid et Claude Paiement chez karine:)
Quelques lieux de constance de Catherine Lavarenne chez karine:)
Maman veut partir de Jonathan Bécotte chez argali
Je voudrais qu'on m'efface d'Anaïs Barbeau-Lavalette chez argali
Les petites victoires d'Yvon Roy chez enna pour lequel j'ai eu un coup de cœur pour la planche partagée
Le fleuve de Sylvie Drapeau chez enna
Rêver de liberté de Raif Badawi chez aproposdelivres
Le pensionnat de Michel Noel chez aproposdelivres
Île des exclus de Sergine Desjardins chez mylene
Laure Clouet d'Adrienne Choquette chez karine:)
Le libraire de Gérard Bossette chez sylire
Betty Boob de Julie Rocheleau et Véronique Cazot chezenna
Louis Riel l'insurgé de Chester Brown chez argali

Et dire que je me suis limitée. Et ce n'est pas parce que votre nom n'est pas là que je n'ai pas vu votre enthousiasme sur votre blog. On a tous des goûts différents, des choses qu'on priorise, et ça peut même être parce que je l'ai repéré l'an dernier ou déjà noté quelque part ailleurs.

Et vous, vous avez repéré les mêmes? Lesquels êtes-vous surpris que je n'ai pas notés au vu de ce que vous connaissez de mes lectures?

Encore une année fort enrichissante. Merci à karine et yueyin pour l'organisation, et à toutes les participantes qui ont tenté de faire rayonner mon coin du monde. À bientôt!


vendredi 30 novembre 2018

«Vis, ma petite! Sois forte, vis!»

Prodige: polyphonie par Nancy Huston (1999)
Contemporaine, littérature canadienne, littérature française
Babel, 2002, 173 pages
Couverture: Egon Schiele Deux petites filles (détail) 1911

+ :musicalité
- :multiples surnoms...
Thèmes: musique, naissance prématurée, relations mère-fille
Présentation: Maya nait prématurément et sa mère lui insuffle l'espoir de la vie.

Je sentais se profiler une panne de lecture puisque je voyais que j'étais moins enthousiasmée par le fait de lire, puis je suis tombée sur ce livre, et si le temps me l'avait permis, je l'aurais dévoré puisque j'aimais ma lecture.

J'ai apprécié la plume de l'auteure qui était fluide et pleine de musicalité. Bien sûr, le fait que la musique soit un des thèmes aide à créer celle-ci, et j'ai aimé que les connaissances musicales soient transmises en toute simplicité.
De plus, au niveau de l'intrigue, j'ai aimé voir comment la mère décide que sa fille vivra: elle décide de lui parler de sa vie à venir. Puis, rapidement, elles sortent de l'hôpital, et on se retrouve vite avec une Maya préadolescente, véritable prodige. Parfois, on a l'impression que l'auteure s'embrouille, mais c'est loin d'être le cas puisqu'on voit qu'elle mélange passé et présent.
J'ai aussi aimé que l'auteure prenne plusieurs voix, les voix des différents personnages que l'on croise, ce qui à mon avis donne plus d'impact aux relations entre tous ces personnages. De plus, j'ai aimé voir les relations de Maya avec sa mère et sa grand-mère, ainsi qu'entre ces deux dernières. J'ai également apprécié voir comment sa mère met le fait que Maya soit une prodige sur le compte que c'est une prématurée, comment le père s'insère dans ce décor, et la personnalité joyeuse et insouciante de Maya.
J'aurais quand même aimé voir plus en profondeur l'impact plus médical du fait que Maya soit une prématurée, les conséquences ailleurs que sur la musique, mais bon...
Bref, vous comprenez que malgré cela, j'ai grandement apprécié l'histoire et les personnages, tout comme la plume. Bref, une réussite!

Quelques citations
Et de jouer le passage en question. Certes, c'est expressif, c'est impeccable, on ne peut pas dire le contraire.Mais la petite n'en démord pas.
"Pour moi, dit-elle, c'est pas comme ça.
-Mais tu ne penses pas aux auditeurs, à ce qu'ils vont ressentir en t'écoutant! La musique, c'est... comme un cadeau que tu peux leur faire...
-Je sais pas, dit Maya. Mais moi je l'entends mieux comme ça."
Et de jouer le même passage platement, sobrement, en laissant les notes dire seules ce qu'elles ont à dire, sans que des torrents de larmes les charrient, sans que la pédale en grossisse le sentiment. Et il n'y a rien à dire. C'est Maya qui a raison. Plus raison encore que Chopin, si ça se trouve. Implacable, son interprétation.
Accrochée à la vie par un fil incroyablement ténu, tu flottes dans les limbes entre ce monde-ci et l'autre - et je t'aime ma grande prématurée! Je t'aime et je te sauverai! Tu verras. Je t'ai donné la vie, je ne permettrai pas qu'on te la reprenne.
Vis! toi qui n'as pas de nom.
Il me fait pas peur le silence, c'est toi qui m'as appris comme il peut être beau, et comme la musique en a besoin.
Elle trouvait ça franchement comique, et moi aussi, peu à peu: que les femmes les plus élégantes du monde se paradent fièrement dans de la bave sécrétée par de gros vers disgracieux... c'est bidonnant, quand on y pense!
Ne te force pas à affronter tes démons. N'y va pas. C'est pas la peine.
Mais elle y va. Comme à l'abattage. D'un pas lourd. Je sais ce qu'elle est en train de penser, ma fille. Le problème, se dit-elle, c'est que la musique avance, et que moi je ne veux pas avancer. Je la joue mais je ne veux pas aller avec elle: j'ai envie de la retenir, la garder pour moi, la serrer contre moi, la transformer en boule dure et me cramponner autour, me bâillonner avec. 
Parfois, peut-être... on ne veut pas tout avoir. Parfois on repousse ce qu'on a, simplement pour ne pas tout avoir. Je ne sais l'expliquer autrement. 
Tu te rends compte? Tapage nocturne, les trios de Brahms à sept heures du soir?
Parce que je participe à quelques challenges

Chronique rédigée pour 

lundi 26 novembre 2018

«Qu'est-ce que ça veut dire psychopathe?»

Louise, tome 1: Chère voisine par Chrystine Brouillet
Policier, littérature québécoise
Édition de___ , en ____, 202 pages
Édition originale en 1982
Couverture: ___.

+ : psychologie
- : "chat"
Thèmes: voisinage, chat, tueur
Présentation: On suit les relations d'habitants d'un immeuble dans la ville de Québec où un tueur rôde.
Voilà un roman de mon auteure préférée que j'avais lu adolescente, mais que je n'avais pas du tout aimé. Or, lorsque je magasinais pour le swap que j'envoyais à Martineke, je croise ce livre et il ne cessait de m'interpeler même pendant que je continuais à chercher. Donc, je me suis dit «pourquoi pas?» puisque Martineke m'avait mentionné apprécier les romans policiers. Mais bien entendu, j'ai relu le livre pour juger à nouveau de la qualité avant de l'envoyer, et cette fois, j'ai apprécié ma lecture. 

J'ignore si c'était parce qu'on savait qui était l'assassin et qu'à l'époque, c'était quelque chose - je crois - qui me déplaisait. Ou bien si c'était à cause du rôle que, puisque j'y suis allergique, jouaient les chats - d'ailleurs, l'autre livre que je me souviens avoir détesté est Les neuf vies d'Edward, qui vous l'aurez compris met en vedette un chat. Coïncidence ou pas - je l'ignore.
Mais l'important est que cette fois, j'ai très apprécié ma lecture et d'ailleurs, je voyais toute la psychologie de Louise et c'est ce qui fait la force du récit selon moi, car le personnage est fouillé et même si on se dit que ses réactions n'ont parfois pas de sens, on sait au fond de nous qu'il y a réellement des gens avec ces attitudes. De plus, même si on connaît les responsables, j'ai trouvé que l'auteure savait nous garder captiver puisqu'on se demande si les personnages utiliseront pour leur compte certaines révélations.
Bref, j'ai aimé la construction de ces «manipulations» qui nous montrent les fonds de la psychologie humaine. Donc, une deuxième chance réussie pour ce livre que, lors de cette seconde lecture, j'avais hâte de poursuivre!

Quelques citations
Un éminent psychiatre déclarait que les mutilations infligées à la victime indiquaient qu'on avait affaire à un psychopathe ; un individu probablement impuissant que sa carence avait exacerbé. Le cas n'était pas sans rappeler celui de l'étrangleur de Boston. Cela ne voulait pas dire pour autant qu'il allait répéter son geste ; le meurtre pouvait être un instant de délire dans sa vie. Un instant unique.
Le chat la fascinait. Elle ne comprenait pas comment on pouvait aimer les êtres humains, hommes ou femmes, quand on avait vu un chat. L'humain était si lourd, si maladroit, si peu subtil, si corrompu, si peu intéressant.
Parce que je participe à quelques challenges

Chronique rédigée pour 

mercredi 21 novembre 2018

Un jour, Windigo te fera payer le prix...

Feu, tome 3: Fleur de lys de Francine Ouellette (2007)
Historique, littérature québécoise
Libre Expression, 2007, 544 pages
Couverture: Chantal Boyer

Présentation: Pierre s'enrichit à l'aide de la contrebande pour donner à sa famille leur vie rêvée, alors que se profile peu à peu la guerre de sept ans. 
+ : cohésion
- : notes
Thèmes: contrebande traite de fourrures, établissement





Anedocte
Dans les notes de fin, j'apprends que Voltaire trouvait que nous n'étions que quelques arpents de neige et que les occuper ne causerait que guerres et humiliations. :(
Mon avis
Dans ce troisième tome, on retrouve plusieurs personnages présents dans le second (beaucoup plus qu'entre les deux premiers si ma mémoire ne me joue pas de tour) et on se concentre sur Pierre et sa famille. On commence à voir prendre forme l'établissement réel des gens qui sont là pour rester, même si Pierre continue à faire de la traite de fourrures. J'ai aimé en apprendre davantage sur ces voyageurs qui me faisaient voir un autre côté de cette traite et je crois même avoir appris que les coureurs des bois étaient les illégaux. On voit donc le côté sombre de la traite de fourrure avec la contrebande et les impacts de l'eau de vie chez les Amérindiens.
De plus, cette contrebande qui se fait aussi avec les marchandises anglaises font se questionner les personnages à savoir si les Amérindiens se positionneraient d'un côté s'ils avaient à défendre le territoire. Je ne m'attendais pas à voir que la future guerre se faisait tant sentir puisqu'après tout, ce tome débute en 1735. D'ailleurs, j'ai trouvé qu'on voyait moins les Amérindiens dans ce tome, mais n'était-ce pas aussi ce qui se passait réellement à l'époque? On voit donc plus la contrebande de Pierre dans le but de pouvoir bien s'établir sur une terre et faire vivre sa famille. Pendant que je réfléchis à ma chronique, je réalise que mon sentiment mitigé vient du fait que, oui, j'ai aimé ma lecture, voir l'établissement de Pierre, mais que ce défrichage a eu des impacts négatifs puisque comme tu as récolté plus de garentaguing qu'il n'en faut pour te soigner. Un jour, Windigo te fera payer le prix... ou il fera payer le prix à tes enfants. Un jour, quand tu auras besoin de cette plante que tu n'as pas épargnée, elle n'y sera plus. Cette plante, il s'agissait du ginseng. De plus, cet établissement, bien que lointain, fait réfléchir sur nos valeurs et notre société de surconsommation ainsi que sur les valeurs amérindiennes, et j'ai aimé que l'auteure apporte indirectement des pensées là-dessus en nous faisant voir ce que ces tribus pensaient du mode de vie occidental avec par exemple la grange pleine de racines de ginseng et le bois qui brûle.
J'ai par contre trouvé que les notes de bas de page n'apportaient pas de grand éclaircissement, comme si elles n'étaient là que pour appuyer ses dires, donner le titre des personnages historiques ou dire de que tel mot est un vêtement amérindien par exemple. Donc, je ne trouvais pas que ça apportait un réel plus, même pour les vrais personnages historiques.
Parlant de personnages historiques, j'ai apprécié qu'elle mette Champlain en scène discrètement lorsque se passe la partie de la guerre de sept ans. Pendant cette partie, j'ai trouvé qu'on était plus centré sur Passerat de la Chapelle, nom qui m'était inconnu (ou dont j'espère que c'était parce qu'il ne m'avait pas marqué), que sur les personnages qu'on suivait depuis le début moins présents, à ce qu'il me semble. Peut-être est-ce pour cela que je n'embarquais moins dans cette partie, à moins que ce soit parce que je connaissais la fin. Je peux comprendre qu'il s'agit d'un souci historique puisqu'impossible de bien décrire les diverses batailles sans inventer, mais on peut aisément imaginer que des familles ont vécu les situations des personnages fictifs qu'on trouve dans ce récit.
C'est donc un récit que j'ai bien aimé pour mieux découvrir cette époque du second quart du 18e siècle en Nouvelle-France, où, malgré des différents, on voit une solidarité entre les habitants. C'est un récit dont j'ai trouvé que les éléments fictifs et réels forment une belle cohésion. Je serai donc contente de découvrir  le prochain qui est le tome qui m'avait attiré par son titre.

Quelques citations
La richesse du paysan se trouve dans la possession du sol, croit-il, et dans la jouissance légitime des fruits d'un travail qui n'implique que lui-même et ne tracasse pas sa conscience. Ce qu'il a vu de la traite dans les Pays-d'en-Haut vient en totale contradiction avec une partie de lui-même, car il ne peut se résigner à trafiquer l'eau-de-vie, synonyme de mort et de déchéance des peuples amérindiens, donc de mort et de déchéance d'une partie de lui-même. Synonyme également de trahison envers Mingam. 
Chaque fois, il subit l'affront de l'envahisseur et l'impudence de l'intrus, renouant avec son impuissance à changer le cours des choses. 
Un bon mashhkiki-winini ne regarde pas la couleur de la peau avant d'arrêter le sang qui coule des plaies. 
Ce que tu reproches aux Yangisses, mes yeux le voient faire par les Français... Ainsi, cette pointe qui s'avance dans le lac... Les miens y levaient leurs abris quand Nipinoukhe arrivait avec sa saison chaude. Aujourd'hui, mes yeux voient ton église et les convertis qui habitent d'un côté et de l'autre... Mes yeux voient du maïs dans les champs des Iroquois, mais pas une seule poignée de cette terre ne leur appartient... Mes yeux ont vu vos canots s'emparer de la Grande Rivière qui mène au pays des fourrures... Mes yeux ne font pas la différence entre les Yangisses et les Français. 
Développer le pays est le moindre de leurs soucis. De la France, ils ont importé le pire, soit l'appât du gain et la superficialité.  
Hier, il [Pierre Passerat de la Chapelle] a visité les fortifications de Québec qu'il juge inadéquates sur bien des points. L'état des murailles et de leurs bastions laisse à désirer, alors que les fossés sont inachevés; les portes de la ville ne ferment point; le quartier de l'intendance et le faubourg Saint-Roch sont sans aucune protection et la Basse-Ville est défendue par cinq batteries de six, sept ou huit canons en mauvais état. Il appert qu'on a trop misé sur la configuration des lieux et sur l'invincibilité de la falaise. 
Ce pays de la démesure n'attribue ses récompenses qu'aux plus laborieux. Qu'aux plus opiniâtres. Et elle est là qui l'attend, sa récompense. 
Parce que je participe à quelques challenges



mardi 20 novembre 2018

Ça ne nous avance pas beaucoup.

Les grandes marées de Jacques Poulin (1978)
Contemporaine, littérature québécoise
Babel, 1995, 209 pages
Couverture:Edward Hopper The Martha McKeen of Wellfleet (détail), 1944

Présentation: Le patron d'un traducteur sur une île envoie d'autres personnages sur l'île. 
+ : visionnaire
- : parachutage
Thèmes: isolement, traduction

Anedocte
J'ai lu ce livre en novembre, après avoir reçu de la neige qui restait finalement au sol plus d'une heure (Elle y est toujours) alors que le récit commence après que toute la neige a finalement fondu. Comme quoi, des fois le hasard fait que c'est exactement le contraire.
Mon avis
Désolée, mais ce titre-ci n'a pas bien passé avec moi, mais ce sont des choses qui arrivent. Le rythme des phrases est bon, l'écriture fluide, donc ce n'est pas le style d'écriture qui m'a déplu. Il s'agit plutôt de l'histoire qui n'a pas trouvé son écho en moi. Parfois, c'est que ce n'est pas le bon moment, mais ici je doute puisque je n'arrivais pas à croire vraiment à cette histoire où des personnages débarquent un peu n'importe comment sur cette île au fil de l'histoire. Je sais que l'histoire se passe il y a plusieurs années, donc, peut-être que je manquais de référence pour croire en la crédibilité de l'histoire.
Je parais dure, mais j'ai tout de même réussi à le finir puisque je trouvais les personnages principaux tout de même bien définis. C'est vraiment l'intrigue ici qui ne m'a plu, car je n'ai rien à redire du style de l'écriture.
C'est donc le livre de l'auteur qui m'a le moins plu parmi ceux que j'ai lus jusqu'à présent. Il conviendra sans doute mieux à d'autres. Je relirai tout de même l'auteur puisque les autres lus, je les avais appréciés.

Quelques citations
— Je vais m'en occuper. À part ça, vous êtes certain que tout va bien? Vous êtes vraiment heureux?
— Écoutez, dit Teddy, c'est une question difficile. Comment fait-on pour savoir si on est heureux ou non?
Le patron épongea la sueur qui perlait sur son crâne dénudé.
—Regardez dans le dictionnaire, proposa-t-il de façon inattendue.
Teddy ouvrit le Petit Robert et chercha le mot «heureux». —C'est écrit: «Qui jouit du bonheur», dit-il un peu tristement.
— Alors regardez au mot «bonheur»! dit le patron en consultant sa montre une seconde fois.
Le traducteur obéit. Il lut:
— «État de la conscience pleinement satisfaite.»
— Ça ne nous avance pas beaucoup!
— Je vais chercher «conscience». Un instant...
Il tourna les pages du dictionnaire.
— Vous n'allez pas aimer ça, dit-il au patron pour le prévenir.
— Lisez toujours... dit le patron d'une voix morne.
— «Connaissance immédiate de sa propre activité psychique», lut le traducteur.
— On n'est pas des Français, coupa brutalement l'Auteur.
— Je vous l'accorde, mais diriez-vous que vous êtes des Américains?
— Non plus!
— Alors qui êtes-vous? demanda le professeur, qui avait une propension à s'échauffer rapidement.
— On cherche, répondit platement l'Auteur.
Parce que je participe à quelques challenges



dimanche 18 novembre 2018

«Que je vaux la peine d'exister.»

Comme une chaleur de feu de camp par Amélie Panneton
Jeunesse, littérature québécoise
Hurtubise, 2017, 307 pages
Couverture: Annie Carbo

+ :proximité
- :western
Thèmes:adolescence, culture du viol, relations
Présentation: Emmanuelle suit des cours de natation et apprend à connaître Thomas quand tout bascule.

Recevant ce livre dans le cadre d'un swap, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais je savais que ma swappeuse l'avait apprécié. J'étais bien contente de le recevoir puisque je crois que ce livre avait attiré mon regard en librairie, mais comme j'attendais un swap et que c'était québécois, je ne m'en étais pas approché pour éviter la tentation. Comme quoi le hasard fait bien les choses, surtout que j'ai apprécié cette lecture.

Le style d'écriture est léger, sans fioritures, mais laisse passer les émotions. On suit la narratrice, ses questionnements, ses angoisses adolescents, et on s'attache à elle. De plus, le fait que ce soit couplé avec des événements de viol amène encore plus de profondeur et de questionnement sur la société. La psychologie des personnages face à ces faits m'a paru tout à fait abouti.
On sent évoluer les personnages au gré de leurs relations, des rumeurs qui circulent parfois, des amitiés qui se tissent. De plus, j'ai aimé comment l'auteure a traité de la proximité du violeur dans l'entourage de l'héroïne, ce qui permettait d'aborder davantage de questions. Vu que cela se passe dans l'univers de la natation, je doute que cela soit une coïncidence vu les scandales des dernières années.
Je n'ai pas réussi à être convaincue par le western par contre. Même si j'aime toujours le country pour l'émotion qu'il laisse transparaître. J'essaierai d'aller écouter les titres mentionnés, voir si mon avis sur le western changera!
C'est une lecture que j'ai donc appréciée pour les émotions par lesquelles on traverse, et qui nous fait voir que malgré les situations, on ne doit pas tolérer l'inacceptable.

Quelques citations
Les lundis sont des hérissons qui se sont levés du mauvais côté du lit.
Chaque début de semaine, c'est ma conclusion : les lundis sont des hérissons. De petites choses qui s'impatientent toutes seules dans leur coin et qui se recroquevillent autour de leurs frustrations. Si vous essayez d'accomplir quoi que ce soit avec un lundi, il durcira ses épines. Il fera exprès de vous amocher le bout des doigts.
Parce que je participe à quelques challenges

Challenge Nuits étoilées 
 qui s'est transformé en 
Chronique rédigée pour 

samedi 17 novembre 2018

Mon univers de lectrice


Bonjour, au début de l'année j'ai vu la blogueuse Mypianocanta faire un article ABC et depuis ce temps, j'ai le goût d'en faire un, mais je ne prenais pas le temps de le faire. Et c'est donc en ce mois de novembre que je le fais. Je parle rarement de moi, de mon univers, donc vous pourrez peut-être mieux me découvrir à travers cette liste ABC reliée à l'univers de la lecture! 

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A comme amour
Parce que oui, la lecture, c'est un plaisir, une activité que j'aime, que j'apprécie, que j'adore! 
B comme blog
Depuis quelques années, j'ai découvert les blogs et ai créé le mien qui a subi quelques restructurations depuis ses débuts. D'ailleurs, c'est surtout parce que j'ai réalisé, également grâce à My', dernièrement que ça allait être mon bloganniversaire aujourd'hui. Oui, 7 ans, déjà. Merci à vous! 
C comme coup de poing
Okay, c'est triché, mais c'est une expression et j'adore ces livres coup de poing qui nous donnent des claques, qui viennent nous chercher au fond de nous. On vibre d'émotions à leur contact. Et je réalise qu'il me faut de plus en plus ce coup de poing pour avoir un coup de coeur. D'ailleurs, c'est un des ces livres coup de poing qui est chroniqué aujourd'hui sur le blog.
D comme discussion
J'aime lorsque je peux discuter de la lecture sur les différents forums et blogs. J'aime aussi voir différents points de vue et être confronté dans mes perceptions. J'aime aussi lire vos commentaires, et n'hésitez jamais à me signaler quand ça bug pour en laisser. - il faut d'ailleurs que je contacte blogger puisqu'on me l'a mentionné récemment, et comme j'ai créé le blog dans un but d'échange, c'est plate de ne pas avoir vos commentaires pour discuter avec vous.
E comme écriture
C'est un rêve que je caresse depuis que je suis jeune. Même si ma première idée de roman a avorté après plusieurs heures de travail et de rédaction, je crois avoir trouvé récemment, grâce à un concours, mon idée que j'espère vraiment concrétiser. Les idées de base sont là, ça se tient, il ne reste plus qu'à faire tout le travail de recherche, préciser mes personnages et rédiger dans un nouveau format, avant toutes les phases de correction! 
F comme forum
C'est grâce à eux que j'ai découvert les notions de PAL et de wish qui ne cessent d'enfler! Je ne pourrai jamais tout découvrir, à mon plus grand regret. Et c'est aussi grâce à eux que je vous ai découverts, chers copinautes! 
G comme graphisme
Oui, depuis que je suis graphiste, je fais de plus en plus attention aux couvertures des différentes éditions, aux petits détails de mise en page. Et j'en profite pour faire une petite parenthèse, lorsque vous créez des logos, bannières pour vos blogs, assurez-vous de posséder les droits d'utilisation et de diffusion de tous les éléments et ayez une bonne lisibilité. Même si je n'ai pas la science infuse là-dessus - je vois même des erreurs dans mes récents logos - ce sont des choses que je remarque de plus en plus, un peu comme les fautes de syntaxe chez les autres. 
H comme honte
Parce que j'ai parfois eu honte du temps que je passe à lire, mais c'est tellement un loisir enrichissant que j'essaie de passer outre cela et de ne plus avoir honte, peu importe ce que je lis.
I comme imagination
J'aime bien être emmenée dans l'imagination des autres.
J comme jeunesse
Je considère que ce n'est pas parce que c'est jeunesse que ça ne convient pas aux adultes. Une bonne histoire demeurera une bonne histoire peu importe la classification dans laquelle elle sera catégorisée, parfois un peu aléatoirement quand on lit un livre qui ne se retrouve pas avec lesdites caractéristiques. 
K comme kyrielle
Je procrastine pour chroniquer et me retrouve donc avec une kyrielle de chroniques à rédiger fréquemment. C'est pour cette raison que je ne chronique plus tout ce que je lis, question de m'enlever une pression que je trouve inutile. 
L comme livre
Bien oui, je cherchais un mot et ça devait être parce que c'était tellement simple que ça m'a pris quelques secondes pour qu'il me vienne à l'esprit. Les livres m'attirent comme un aimant avec tous leurs univers, toutes leurs connaissances, et j'adore la diversité qu'on peut trouver en eux. 
M comme manie
Dans mon cas, la lecture vient aussi avec quelques manies telles que lire dans le bain, et aussi corner les pages. Mais c'est pour retrouver les belles citations, les beaux passages! 
N comme nombre 
J'ai de la difficulté avec ceux qui limitent le nombre de pages et qui considèrent que des pages de BD, album, roman graphique, poésie, ce n'est pas assez fourni quand il y a des illustrations. Oui, ça m'enrage! Même si je ne suis pas censée chialer là-dessus, depuis le début de l'année, je note le nombre de pages que je lis et par curiosité, je notais aussi le nombre de pages de l'édition en ayant le moins, et celle en ayant le plus. Et même si ma feuille n'est pas complétée, je vois avec 87 lectures une différence de plus de 5000 pages. Considérant que j'ai une quinzaine de BDs là-dedans, et que donc, le nombre de planches ne changent pas, je trouve ça assez conséquent pour un peu plus de 50 livres. Et parlant de BD, ça me ramène aussi aux laissés pour compte, car je trouve ça déplorable, car après tout, y'a des pépites partout et je trouve intéressant la diversité, la découverte des différents genres et formats. Ne vous cantonnez pas!
O comme oubli ou organisation
Je voyais poindre le O et j'avais pensé à oubli, car il arrive qu'on oublie les livres aussitôt qu'on a refermés leur dernière page, même si on a passé un bon moment. Et pendant que j'écrivais le N, ma feuille non complétée m'a fait penser à tout le côté organisation que j'ai maintenant concernant mes lectures et aussi au fait que je ne suis pas la meilleure organisatrice pour rameuter du monde. Ce n'est pas plus grave qu'il faut. La lecture, il faut la prendre comme plaisir
P comme policier
Les intrigues policières ont été parmi mes premières amours de lectrices avec toutes leurs intrigues, le plaisir que j'avais à démasquer les coupables. Étrangement, il y en a peu dans ma PAL, peut-être parce que ce ne sont pas les livres qui me marquent le plus à long terme. Mais je continue à prendre plaisir à repérer les indices. 
Q comme ... Québec
J'avais trouvé un autre mot, mais le seul qui me revient à l'esprit, c'est quintessence et je doute fort que c'était ce mot. Donc, je prends la facilité pour moi, et ceux qui ne le savent pas encore ou qui ne l'aurait pas retenu, vous êtes sur un blog québécois. Et oui, la littérature québécoise est excellente. Si je ne vous convainc pas avec les articles publiés ce mois-ci, regardez celles des autres participants à Québec en novembre, j'y ai déjà repéré 5 titres, et ce dans la première semaine puisque cette semaine, le temps m'a manqué pour aller voir tous les billets.
R comme rythme
Je lis environ 50 pages par heure, et je lis environ 1 h par jour, autant que possible, et plus la fin de semaine quand je peux. 
S comme saga
C'est incroyable comment on peut en entamer sans s'en rendre compte. Cet été, je me suis rendue compte que j'avais plus de 120 séries en cours sur livraddict, et il en manque certainement.
T comme temps
Parce qu'on manque toujours de temps pour pouvoir tout faire, et la lecture n'échappe pas à ce fait. Et le blog n'échappe pas à ce manque de temps puisque ce dernier est réparti ailleurs, comme j'essaie toujours de me convaincre pour lâcher-prise face au fait qu'on a que 24 h dans une journée.
U comme unanime
J'aimerais bien rejoindre l'unanimité lorsque tous semblent enthousiastes, crient à l'excellence, mais j'ai tendance dans ces cas-là à me retrouver de l'autre côté ou à tout le moins à être beaucoup moins enthousiasme. Peut-être qu'inconsciemment je me fais des attentes énormes sur tous les points et que ça entraîne un peu de déception.
V comme variété
Vous l'avez vu plus haut, j'aime la diversité des genres. J'aime donc aussi la variété des styles, des univers, des thèmes abordés. Je considère que tous peuvent y trouver leur compte, il suffit juste de trouver quelle variété de fictions, de documentaires ou autres trouvent son écho en vous.
W comme web
Indirectement, le temps que je prends à flâner sur celui-ci, c'est du temps que je ne prends pas pour lire et avancer dans mes projets. Au moins, il a le bon côté de permettre une meilleure accessibilité à des connaissances, même s'il faut en prendre et en laisser. 
X comme xylophone
Il me reste plus qu'à trouver un lien avec la lecture! Je me souviens avoir appris à lire des partitions pour en jouer. 
Y comme yeux
J'aimerais bien lire davantage bien des fois, mais je sens la fatigue et mes yeux ont tendance à se fermer même si j'adore ma lecture. 
Z comme zen! 
Lire est une activité qui détend. Sérieusement, zen, c'est l'attitude que j'essaie d'avoir quand je réalise le nombre de défis auxquels je suis inscrite. Vous ne pensiez tout de même pas que je n'allais pas mentionner ce mot dans mon univers de lectrice. Que voulez-vous, les défis, ça permet de la diversité,  et c'est surtout cela que j'aime dans la lecture, même si je dois être réaliste et que je n'arriverai jamais au bout de ma wish puisqu'elle ne cesse d'augmenter en plus. 

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J'espère que vous avez apprécié me découvrir davantage dans ce billet. Bien sûr, certaines lettres avaient mijoté dans ma tête depuis le temps tels que C comme chronique, E comme échange, A comme adaptation, D comme design, C comme challenges, mais c'était tellement mieux à mon avis, c comme coup de poing dans mon cas, ou voir même L comme liste alors que je ne retrouvais pas le mot pour L quand j'ai écrit pour cette lettre, et c'est après-coup que ça me revient. Et vous, votre univers ressemble à quoi? 

«briser ma famille»

Camille de Patrick Isabelle (2015)
Jeunesse, littérature québécoise
Leméac, 2015, 318 pages
Couverture: re_bekka/Shutterstock
+ : coup de poing
- : changement
Thèmes: violence conjugale
Présentation: Camille a disparu et, à travers sa recherche, on suit son parcours de l'été, sa fuite avec sa mère d'un père violent.

Ayant vu ce nom à quelques reprises dans Québec en septembre/novembre, si je ne m'abuse, lorsque j'ai lancé le swap Au-delà des océans pour l'Eldorado, je me rappelais avoir repéré un titre de cet auteur Eux l'an dernier, mais j'ai appris que c'était un peu dans le cadre d'une saga et je ne voulais pas en entamer de nouvelles. Du coup, j'ai regardé pour trouver un autre titre de l'auteur à mettre dans ma wish et c'est le résumé de Camille qui me parlait le plus. Et c'est avec plaisir que zazacaribou me l'a offert. Certains diront que c'est jeunesse et ne s'y intéresseront donc pas, mais je considère qu'il ferait l'une des plus graves erreurs à mon avis. Vous venez donc sans doute de déduire que j'ai adoré cette lecture que je prenais puisque Québec en novembre, bien qu'on était au début octobre, se mettait bien en branle. Je ne pouvais le lâcher, tellement j'étais prise dans l'histoire.

Dès le début, Camille a disparu et on sent l'inquiétude, la tension de la situation dans un style combien saisissant avec ce cousin, cet oncle entre autres qui l'ont cherché à différents endroits. Et la police cherche elle aussi, ce qui nous montre la gravité, l'urgence. Et l'auteur nous ramène en arrière dans le temps et on alternera ainsi jusqu'au dénouement final. Et on apprend rapidement que dans sa famille, la violence conjugale était bien présente au point où Camille répète à quelques fois, de mémoire, dans les premiers chapitres Et je prie. Faites qu'il meure, que je dis. Et quand on sait qu'elle a disparu, nous n'avons pas le choix de se questionner si cela en est la cause.

Et on comprend rapidement que Camille et sa mère sont parties pour l'Acadie au début de l'été, fuyant le père de Camille. Et par ces retours dans l'histoire à travers la recherche de Camille, l'auteur nous décrit avec justesse une triste réalité. On voit l'ambivalence de Camille entre l'amour qu'elle porte à sa mère et sa haine que cette dernière lui fasse vivre ce cercle vicieux en pardonnant grâce à diverses excuses. Aussi, on sent bien l'angoisse de la peur d'être retrouvées par le père.

Cependant, j'ai un peu regretté qu'il y ait eu un peu de facilité sur l'évolution d'un certain personnage, puisqu'en refermant le livre, je n'ai pas compris ce qui l'avait porté à changer, alors que ça pourrait donner une lueur d'espoir, et je regrette donc de ne pas avoir de clé. Il y a peut-être aussi certaines relations du passé que j'aurais aimé voir étoffer les raisons des conflits, mais c'est plus parce que je suis pointilleuse que je le signale plus que parce que ça m'a grandement déplu.

Donc, dans un style fluide, qui transmet grandement les émotions, la réalité nous est contée comme si on était présent. On voit le pattern dans lequel est plongé la mère. Et dans ce cas-ci, Camille est une victime collatérale de la violence conjugale, victime à son tour des violences de son père. Bref, première découverte de l'auteur, et c'est une réussite totale, une histoire coup de poing qui nous atteint droit au coeur. Dans cette lecture que j'ai adorée, on ne peut que, à l'instar de Camille, pleurer de rage, incapable de faire autrement face à cette réalité qu'on déteste.

Merci donc à zazacaribou de me l'avoir fait découvrir. P.S. Elle aussi a adoré.

Quelques citations
Il aurait aimé pouvoir se retrouver face à lui, lui parler. Essayer de comprendre ce qui peut bien pousser un homme à faire subir tout cela à la femme qu'il aime. Pire. À une petite fille sans défense. 
Il joue les séducteurs. Je connais ce visage-là, je l'ai aperçu souvent. C'est celui qui promet, qui fait espérer. Celui qui fonctionne. 
Il ne sait pas aimer, mon père. Je ne crois même pas qu'il sache ce que c'est l'amour. On ne frappe pas les gens qu'on aime. On ne les retient pas prisonniers de la peur, de la pauvreté. 
J'ai la certitude maintenant que, peu importe où nous irons, il ne nous laissera jamais vivre en paix.
[...]Je me sens légère et en sécurité.
Tant que je ne pense à rien.
Le reste est trop déprimant. 
Je dois être forte. Au-dessus de tout ça. Je dois continuer de me le répéter. Il faut que je me défasse du pouvoir qu'il a sur moi. Il faut que maman reprenne vite confiance en elle avant qu'il ne soit trop tard. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour retourner en arrière. Reculer n'est pas une option. Mais en avançant, je dois faire preuve de délicatesse. Je ne peux pas non plus briser ma famille. Si je parle... s'ils comprennent, ils me sépareront d'elle. Et ça, ce n'est pas possible.  
— Veux-tu savoir combien de fois j'ai vu la police débarquer chez nous? Combien de fois j'ai vu ma mère refuser de porter plainte, inventer des excuses, des histoires qui ont pas d'allure? Pis après coup, mon père qui pleure pis qui s'en veut, qui jure qu'y recommencera pas, pis ma mère, elle, qui le prend dans ses bras, qui comprend. Combien de fois elle m'a suppliée de rien dire!
Je crie. Je n'arrête pas de crier. Plus je parle et plus les mots sortent en gros bouillons de ma bouche, de plus en plus fort. Mathis recule, comme apeuré par ma soudaine violence, mais je ne suis pas capable de me contenir. Et plus je crie, plus j'enrage et mes yeux pleurent. Personne ici ne peut m'entendre. Juste lui. Lui et ses commentaires niaiseux.
[...] Ce n'est pas de sa faute. [Mathis] ne devrait pas voir ça. Je frappe ma tête contre la paroi du bateau, j'ai envie d'avoir mal ailleurs, que mon crâne se fissure, qu'il arrête de penser. Mathis m'arrête et se penche sur moi, me force à me laisser prendre dans ses bras. Je résiste, hystérique. Puis je me laisse aller à son étreinte et je continue de pleurer de rage, incapable de faire autrement. Il me murmure que ça va bien aller, de ne pas m'en faire. 
Anedocte
Même en recherchant les citations et les reportant ici, je pleure de rage.

Parce que je participe à quelques challenges


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