- Dracula de Bram Stoker
- Mille petits riens de Jodi Picoult
- Max de Sarah Cohen-Scali
- Gamètes de Rebecca Deraspe
- Ukraine à fragmentation de Frederick Lavoie
- La petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy
- Anne... la maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery
lundi 1 février 2021
Bilan des défis littéraires de la dernière année
samedi 28 novembre 2020
les moments auxquels on s'attache
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Auteure : Amélie Panneton
Édition: Les éditions de ta mère - 2017 - 329 p.
Couverture: Mügluck
Contemporaine, québécoise
Présentation: Une jeune documentariste fait des recherches sur des colocataires qui faisait du tricot-graffiti
+ : distrayant
- : décousu
Thèmes: amitié, tricot-graffiti
Parce que je voulais quelque chose de plus léger dans ma commande du 12 août, et que j'ai ressenti le besoin de le lire en novembre.
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans "J'aurais voulu être un artiste"
Bon, je l'avoue d'emblée, ce n'est pas le titre qui m'aura le plus réussi, quoique, puisque je me suis rendue à la fin, je n'ai pas détesté.
Bon. Les gens sont pas comme ça, c'est sûr. Marjo était pas comme ça. Marjo avait besoin - c'est ce que je pense en tout cas, vous en faites ce que vous voulez - Marjo avait besoin de s'accrocher encore un peu à ses tristesses. Elle les traînait depuis longtemps. On s'attache à ces lourdeurs-là. On finit par penser qu'il y a pas d'autre façon d'être soi-même, que ça vient avec. C'est ce que je pensais. Même si, dans ce temps-là, j'aurais pas pu vous l'expliquer comme aujourd'hui. Comme quoi il y a des avantages à vieillir.
Mais à quoi servent les souvenirs, de toute façon?À rien. À se rappeler qu'on peut pas revivre les moments auxquels on s'attache. Et il n'y a pas de refuge contre ça.
Vous venez ici pour des histoires de tricot-graffiti et vous repartez avec mes niaiseries sentimentales. Mais c'est jamais facile de se tenir loin de ses sentiments, vous savez. Même quand ils ont eu en masse le temps de s'empoussiérer. On souffle dessus et ça revient vous picoter les yeux.
Il y a des personnes qui passent leur vie à envahir votre histoire. Tous ces gens plus grands que nature sur lesquels on écrit des livres? Ils sont insupportables pour qui essaie d'avoir une vie qui ait le moindrement de sens. Je ne sais pas si vous me comprenez?
Mettre les choses en mots, c'est leur permettre de vous perforer à nouveau.
Parce que je participe à quelques challenges
? 12 thèmes
samedi 21 novembre 2020
c'est dans le désert que les bombes font le plus de bruit.
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Auteur : Matthieu Simard
Édition: Alto - 2017 - 126 p.
Illustration de la couverture: Owen Gent
Drame, littérature québécoise
Présentation: Marie et Simon s'en vont en zone rurale pour se donner un nouveau départ...
+ : invisible
- : syntaxe
Thèmes: déchirure
Parce que j'ai repéré ce titre dans une précédente édition de Québec en novembre.
Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans Tu m'aimes-tu
Tout d'abord, en plus d'avoir été repéré dans Québec en novembre, j'avais choisi cette lecture puisque le résumé parlait de se retrouver, de recommencer, et que j'avais l'impression par ces mots que ce serait l'histoire d'un nouveau départ. Bien que le couple déménage à la campagne pour oublier et justement se faire un nouveau départ, on apprend vite comment cela va se terminer, et c'était loin d'être le genre de recommencement que je souhaitais lire à ce moment.
Je n'ai jamais réussi à [décrire, expliquer la souffrance]. C'est la douleur d'une extraction dentaire qui ne se termine jamais. On t'arrache une molaire et, attaché à ta dent, tout le reste de ta vie. Tes poumons d'abord, le souffle coupé, ta gorge brûlée, ton cœur affaissé, tes os, ton sang, c'est ton sang qui est mort, tes muscles, tes yeux ton cerveau ta langue tes nerfs tes ongles, tout ça de l'intérieur, attaché à une molaire, tout ça qui s'échappe par ta gencive tellement vite mais tellement longtemps ça n'arrête jamais, il reste toujours quelque chose à vider, il te reste une enveloppe de peau et tu cherches une béquille, Marie, tout aussi étripée, tout aussi vidée, une béquille dont tu es la béquille, les vases communicants, qui te remplit de ses larmes pendant que tu la remplis des tiennes [...(divulgâcheur)] la peur de partir et toi qui luttes pour ce que ta peur à toi ne paraisse pas ta peur qui se décuple chaque seconde la peur du vide le manque d'oxygène et ta béquille qui s'effondre, la fin d'un tout, tu seras toujours une fraction, jusqu'à ta mort une fraction.
D'autres citations
—T'sais ma belle... Je me souviens pas de ton nom... M'as-tu dit ton nom? En tout cas, t'sais, ma belle, le monde c'est comme des shocks... Des amortisseurs... Tu peux les écraser mille fois, ils vont absorber le coup, mais à m'ment donné, y cassent. Pis quand y cassent, ça se répare pas.—Je...—Casse pas ici, OK? On a assez de trouble de même avec nos affaires.
Les petits villages, nous l'apprendrons vite, sont plus étouffants que la ville. Nous venions ici chercher la paix, celle que nous croyions mériter, celle des grands espaces et de l'herbe haute et du silence et de l'absence des gens. Nous nous sommes sauvés de la foule pour enterrer nos petites peines et cultiver nos grands espoirs dans la tranquillité rurale, mais nous avions oublié que c'est dans le désert que les bombes font le plus de bruit.
Près du sol, plus loin, la clôture qui encercle l'antenne est percée, tordue, relevée d'au plus un pied. Je m'effondre dans la terre les mains dans la boue et je rampe sous la clôture, mû par le besoin de respirer, celui de me coller à l'acier pour reprendre l'air qu'il m'a volé. Je me répète que ce n'est qu'un morceau de métal, un objet. À bout de souffle, je pose ma main sur la structure d'acier. Un vent violent emplit mes poumons et, du même coup, des milliers d'images s'enflamment en moi, que je n'arrive pas à voir mais que je ressens. Je ressens les trois dernières années, instant par instant, tellement limpides qu'elles sont vraies. Ce ne sont pas des souvenirs ni le film de ma vie, en une respiration c'est la vérité qui m'habite en feux d'artifice sous ma peau. La vérité que j'essaie d'oublier parce qu'elle fait mal.[...][...]Je lui dirai que je n'ai rien appris. Ce sera faux. J'ai appris qu'il ne me sert à rien d'essayer d'oublier.
vendredi 20 novembre 2020
la chorale des gens
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Auteur : Rébecca Déraspe
Édition: Atelier10 - 2017 - 105 p.
Design de la couverture et conception typographique: Jean-François Proulx, Nicolas Raymond, Balistique
Présentation: Aude va voir son amie après avoir appris que l'enfant qu'elle porte est trisomique.
+ : vivant
- : mise en scène
Thèmes: amitié, femme, préjugé, avortement
Parce que lorsque j'ai réalisé que j'avais peu lu de livres québécois depuis le début de l'année, mon cousin m'a mentionné le nom de Rébecca Déraspe, et que, en cherchant ce qu'elle avait écrit, j'ai vu cette couverture, que j'avais déjà repéré, mais que j'avais hésité à prendre puisque je lis peu de théâtre, et que je cherchais des origines autres. Mais là, cherchant du québécois, et voulant lire aussi des genres que je lisais peu, je l'ai pris dans ma commande du 12 aout, surtout que je me rappelais que le résumé m'avait tenté.
Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je l'avais choisi pour la catégorie Fracture du crâne
Eh bien! Quelle erreur! de l'avoir laissé sur les tablettes lorsqu'il avait croisé ma route la première fois. Parce que oui, j'ai grandement aimé cette pièce.
Quelques citations
Faire du pouce jusqu'à Banff, c'était dégueulasse. Dormir dans une tente humide, c'était dégueulasse. S'égratigner les genoux dans de la roche mouillée pour gagner trois piasses, c'était dégueulasse. Mettre un enfant au monde, ça peut juste être beau.
Pis je veux qu'on chante plus fort que la chorale des gens avec des opinions
dimanche 15 novembre 2020
Dans son ombre
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Édition: Druide - 2019 - 358 p.
Policier, littérature québécoise
Présentation: Une mère est jalouse d'une de ses jumelles qui fugue.
+ : clés
- : rapidité
Thèmes: fugue, menace, trahison, rivalité
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case Dans la nuit qui tombe. Et il entre aussi dans Tu m'aimes-tu et Nos joies répétitives.
Encore une fois, j'ai pris plaisir à retrouver Maud Graham et son équipe, même si dès le départ, j'ai eu des appréhensions que ce soit une copie de la série télévisée Fugueuse. Heureusement, l'auteure a changé son approche pour s'en distinguer, ce qui a permis de trouver de l'originalité dans le traitement.
Parce que je participe à quelques challenges

samedi 14 novembre 2020
Suffit d'un petit scandale pour qu'elle vole en éclats.
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Auteure : Karine Glorieux
Édition: Druide - 2012 - 325 p.
Couverture de Paule Thibault
Chick-lit, littérature québécoise
Présentation: Alexia quitte la Californie quand un scandale la mettant au centre des tabloïds éclate dans son entreprise avec un événement dont elle était la personne ressource.
+ : fluide
- : poussé
Thèmes: famille, scandale, trentaine, sœurs
Pourquoi ce livre
Parce que je voulais quelque chose de léger, et qu'il n'y avait pas le troisième tome de Mademoiselle Tic-Tac.Anecdote de lecture
Mais c'est horrible, papa! Ces centres-là, c'est des mouroirs!
Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans N'importe quoi.Mon avis
Et désormais, quand j'étais stressée ou anxieuse, je n'allais pas trouver conseil auprès de ma grande sœur. Non. J'attrapais ma père de Nike et je courais pendant une demi-heure. Depuis quatre ans, c'était ma thérapie. Je prenais mes godasses, je mettais des écouteurs, je montais le son assez haut pour ne plus m'entendre penser Et je courais. Après, je me sentais plus calme, à peu près en harmonie avec l'humanité.Jusqu'à la prochaine fois.
Bien que moins léger que ce que j'escomptais lorsque je l'ai entamé, j'ai passé un bon moment de lecture, et je crois que le fait que j'en attendais plus de légèreté est la raison principale pour laquelle je n'ai pas adhéré à100%. Bien entendu, on retrouve encore des codes de la chick-lit, mais ce n'est pas le plus humoristique qui soit. Puisque j'ai bien apprécié la place donnée aux relations familiales, ce fut une lecture agréable et attachante qui nous fait réaliser à quel point les événements peuvent nous faire trébucher, et qu'il faut tourner sa langue...
Il y a des êtres qui nous marquent profondément. Des moments qui changent le cours de notre existence, même s'ils ne durent parfois qu'une heure, une minute, une seconde, beaucoup moins longtemps que toutes ces journées paisibles que nous finissons par oublier. Il y a des faux pas qui nous font tout simplement trébucher, d'autres, qui nous forcent à fuir d'un continent à l'autre.
D'autres citations
Ça bougeait trop vite, un humain, c'était trop rempli de vie, de désirs. De rancœur.
Une carrière... Suffit d'un petit scandale pour qu'elle vole en éclats. [...] j'avais préféré passer sous silence le fait que je n'avais désormais plus rien. Pas de maison, pas d'enfants, pas d'emploi, même pas d'ex à détester. [...] Elle a pris une rasade de vin, sans y goûter, pas tellement pour essayer de s'enivre, mais pour s'anesthésier, surtout.
—Tu dois te battre contre les gens qui t'empoisonnent la vie, Alex. Sinon, ils vont te bouffer tout rond.J'ai soupiré. S'il fallait que je me batte contre tous les imbéciles qui croisaient ma route, je n'avais pas fini. Surtout que ces temps-ci, même mes alliés potentiels semblaient se transformer en lâches ou en abrutis.
jeudi 12 novembre 2020
l'étoffe du pays
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Auteure : Francine Ouellette
Édition: Libre Expression - 2012 - 538 p.
Couverture Chantal Boyer
Historique, littérature québécoise
Présentation: Guillaume Vaillant rêve d'un pays meilleur
+ : recherché
- : centré
Thèmes: éducation, amour, liberté, rébellions patriote
Parce qu'il y a quelques années, j'avais repéré ce titre à cause de l'indication En 1837. Mais, j'ai dû lire les autres tomes auparavant, qui est presqu'un peu devenu ma lecture annuelle du défi Québec en novembre depuis que j'y participe.
Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans Nos joies répétitives. Pi on parle de patriotes, donc, aussi dans L'Amérique pleure, et vu qu'on parle d'un livre interdit aussi, «J'aurais voulu être un artiste»
Bon, c'est En 1837 qui avait attiré au départ, donc, c'était la thématique des patriotes qui m'attiraient et cela fait que j'ai eu un peu de difficulté avec la première partie, car j'ai trouvé qu'il était long avant qu'on arrive à 1837 dans cette brique. Cependant, je comprends que la première partie permettait de comprendre mieux d'où venait ce besoin de liberté, et le lien avec l'éducation que le personnage principal voit, de par l'instruction qu'il réussit à suivre, en dernier de la famille.
Quelques citations
d'autres mots qui lui disaient trop, tels «tyran» et «guerre», et ce mot sacré que la plupart du temps on enferme en soi: «liberté».
mercredi 11 novembre 2020
Je dois libérer mon peuple
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Auteur : Chester Brown
Édition: Les Éditions de la Pastèque - 2019 - 276 p. - traduction de Sidonie Van Der Dries
de Louis Riel: A Comic-Strip Biography Drawn&Quarterly, 2003
Bande-dessinée, historique, littérature québécoise
Présentation: Au début du Canada, les métis ne tiennent pas à être sous son joug: Louis Riel est une figure de la rébellion métisse
+ : rapide
- : bilinguisme
Thèmes: métis, colonie
Parce que je connais peu la rébellion métisse, et que, ayant repéré ce titre dans une précédente édition de Québec en novembre, je voulais en savoir plus.
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je crois qu'il peut entrer à la limite dans les catégories L'Amérique pleure ou Fracture du crâne.
Bon, je ressors mitigée de cette lecture, surtout parce que je crois que je n'ai pas trouvé ce pour quoi je l'avais choisie. Je crois que le fait de voir de prime abord qu'il y avait des libertés prises au fil du récit a un peu nui au fait que je réussisse à m'immerger complètement dans le récit, même si l'auteur dit avoir mis des notes à la fin pour départager certaines libertés.
Parce que je participe à quelques challenges

mardi 10 novembre 2020
Si près de soi.
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Auteure : Naomi Fontaine
Édition: Mémoire d'encrier - 2017 - 133p.
Couverture d'Étienne Bienvenu
Contemporaine, littérature québécoise
Présentation: Yammie obtient un contrat d'enseignement dans sa communauté autochtone qu'elle avait quittée.
+ : douceur
- : similarité
Thèmes: enseignement, autochtone
Parce que je voulais de la littérature autochtone.
Anecdote
Bon, je cherchais le livre autochtone que j'avais abandonné il y a quelques années, et adepte de la deuxième chance, en lisant des extraits de celui-là, je me suis dit que ce devait être le livre en question...
Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans Arnaq, et de ce fait, ça va aussi dans Fracture du crâne, grâce à la diversité culturelle.
C'est donc avec appréhension que je me suis relancée dans cette lecture, et plus j'avançais, même si le début me disait quelque chose, je n'avais pas l'impression que le style aurait été quelque chose qui me l'aurait fait abandonné, ni que le quotidien raconté ne m'aurait pas encouragé à poursuivre. Et pourtant, j'avais l'impression d'avoir déjà lu. N'était-ce qu'à cause des extraits lus? Était-ce un livre que j'aurais mis sur pause, sans m'en souvenir, n'étant pas dans le bon état d'esprit lors de ma lecture? Je ne le sais pas, surtout qu'en fouillant, j'ai retrouvé un endroit où je mentionne l'abandon d'un titre qui n'est pas celui-là!
Je crois que vous avez pu comprendre que, cette première partie, je ne la détestais pas, même si je trouvais qu'on était trop dans une description du quotidien, et qu'il me semblait y avoir une distance. De plus, je n'avais pas l'impression de lire de la littérature autochtone, mais simplement quelque chose qui se passait normalement au Québec. Et pourtant, cela ne fait que montrer, il me semble, que nous sommes tous semblables.
M'avait-on déjà humiliée parce que j'étais Innue? Peut-être une fois ou deux. Pas suffisamment du moins pour que la honte s'établisse. Et pourtant elle était là, liée à mon incapacité à m'identifier à eux. À ce eux qui auraient dû être ce nous. Le nous me glissait dans la gorge lorsque je devais expliquer mon appartenance.
Le silence s'est installé. C'était en effet la triste réalité qui nous ramènerait à la maison. Avec laquelle il faudrait continuer à avancer. La solitude, la survie, le stress et la sérénité. La sérénité d'accepter les choses que nous ne pouvions changer. Toute une semaine passée dans l'isolement nous avait fait croire que nous étions des êtres invincibles. Enveloppés par la légèreté, nous ne voulions plus la quitter.
Je les observe un à un. Leurs postures, leur manière de fixer le sol, le dos plus courbé qu'à l'accoutumée, et devant le silence, le silence incommodant, encombrant de ce cercle que j'ai formé, je me décide à parler.
[...]
Chacun prend une bouffée d'air. Que peuvent-ils bien se dire dans leur tête? Où errent leurs pensées? Pourquoi cette journée doit-elle être si sombre? Et comment fait-on lorsque la douleur nous rappelle si sauvagement que la vie est un combat?
Je ne comprends pas et je ne ferai pas semblant de comprendre pourquoi c'est arrivé, dis-je en les regardant à tour de rôle.
Je n'arrive pas à nommer cette mort-là tout haut.
Nous étions ailleurs, très loin des livres et des bureaux. Très loin des réseaux sociaux et des commérages de la réserve. Très loin de la souffrance et des drames familiaux. Plus loin encore que tous les endroits où j'avais déjà posé les pieds. Et pourtant nous étions si près. Si près de soi.


samedi 7 novembre 2020
Même histoire, lecture opposée.
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Auteur : Frédérick Lavoie
Édition: La Peuplade - 2015 - 251 p.
Couverture: Atelier Mille Mille
Essai, littérature québécoise
Présentation: Frédérick, journaliste, tente d'expliquer à Artyom, pourquoi il est décédé dans la guerre civile en Ukraine
+ : simplicité
- : aller-retour
Thèmes: Ukraine, guerre civile
Parce que je l'avais repéré lors d'une précédente édition de Québec en novembre, tout simplement!
Défi 2020
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans L'Amérique pleure.
Bien que la thématique ne soit pas des plus joyeuses, j'ai apprécié ma lecture.
Malheureusement, Tyoma, dans les grands moments, les hommes se révèlent souvent bien petits.
À partir de ce moment, ce ne sont pas deux armées régulières qui s’affrontent, mais les citoyens d’un même pays qui s’entretuent parce qu’ils ont une conception différente de l’État dans lequel ils souhaitent habiter.
Ils auront beau dire ce qu’ils voudront, retourner ton cadavre dans tous les sens, la guerre ne sera jamais belle sur le visage de personne. Leur héroïsme n’est pas surhumain, il est antihumain. Chacune de leur victoire est une défaite de plus pour notre espèce.
Comme d’habitude, ce seront ceux qui ont tué ou ordonné de tuer qui auront le privilège de célébrer la paix et d’être célébrés pour l’avoir rétablie. Ce sera à la fois un jour de soulagement et la preuve qu’ils sont tous coupables, que cette guerre était vaine et inutile puisqu’un jour, trop tard, ils auront su s’entendre.
D'autres citations
La guerre n’y était pour rien. Ou pour si peu.
C’est que malgré tout, malgré cette peur de la mort qui me tenaille depuis l’enfance, peut-être même à cause d’elle, je ne peux m’empêcher d’aller voir ce qu’il faut voir.
L’Histoire nous léguera-t-elle un jour suffisamment de héros aux mains propres pour ne pas avoir à puiser chez les meurtriers et les destructeurs d’hier pour bâtir nos idéaux? Avec des modèles comme ceux-là, il ne faut pas s’étonner que les chamailles aboutissent à des bombes.
Même histoire, lecture opposée.
Car, pendant qu’ils accusaient l’Autre et s’efforçaient de prouver leur légitimité, ils n’essayaient pas d’empêcher la catastrophe qui se dessinait à l’horizon.
La guerre était évitable. La guerre est toujours évitable. Il arrive que les sacrifices et les concessions nécessaires pour l’empêcher soient si difficiles à avaler qu’un conflit ouvert semble la moins terrible des solutions.
Pourquoi l’Ukraine aurait-elle droit à notre attention plus que le Yémen, la Centrafrique ou le Congo? Et pourquoi plus ces guerres que les drames silencieux — famines, épidémies, sécheresses — qui tuent autant sinon plus, loin des grands enjeux géopolitiques? La vérité, c’est qu’il n’y a aucune raison valable. La couverture des grands et petits événements qui façonnent notre monde est une science inexacte, aléatoire et inéquitable. Il n’existe pas de calcul mathématique infaillible qui permette de classer les tragédies par ordre de gravité ou d’importance afin de déterminer lesquelles méritent le plus notre attention.
Bien, sois mon mal.
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Auteur : Margaret Atwood
Édition: Robert Lafont - 2019 - 532 p. - traduction de Michèle Albaret-Maatsch
Original: The Testaments, 2019
Couverture :
Science-fiction, littérature canadienne
Présentation: Qu'est-il advenu de
+ : ryhtme
- : clivage
Thèmes: régime totalitaire, mariage forcé, rôle de la femme, suicide, conditionnement
Parce qu'à la bibliothèque, je l'ai lors de la réouverture avant la fermeture pour les vacances, et que même si j'avais peur que ça surfe sur le succès de l'adaptation, j'ai demandé à le prendre pour le lire!
Cette année, il y a des catégories, et ce titre, je le case dans, vous vous en doutez, Balade à Toronto!
Bonne nouvelle! ça ne fait pas que surfer sur le succès, ce qui fait que j'ai bien aimé découvrir cette histoire, même si le style est bien différent dans ce tome. Cela donne un certain clivage avec le style beaucoup plus dense de La servante écarlate. Au début, je me demandais si ce n'était pas la traduction qui me donnait cette impression-là, mais au fil de ma lecture, j'ai vu que ce nouveau rythme convenait bien à ces témoignages, donnant un souffle différent à l'histoire.
Ma vie aurait pu être très différente. Si seulement j’avais regardé autour de moi, cherché à avoir une vision globale. Si seulement j’avais bouclé mes bagages en temps et en heure, comme certaines, et quitté le pays — ce pays que sottement je croyais encore être celui qui avait été le mien pendant si longtemps.
De tels regrets ne servent à rien J’ai fait des choix et, après, j’en ai eu moins. Deux routes divergeaient dans un bois jaunissant, et j’ai pris la plus fréquentée. Elle était jonchée de cadavres, comme le sont de telles routes. Mais, tu l’auras remarqué, le mien n’y est pas encore.
Dans mon pays disparu, les choses avaient dégringolé en spirale pendant des années. Inondations, incendies, tornades, ouragans, sécheresses, pénuries d’esau, tremblements de terre. Trop de ceci,, pas assez de cel. La décrépitude des infrastructures — pourquoi personne n’avait démantelé ces fichus réacteurs nucléaires avant qu’il ne soit trop tard? L’effondrement de l’économie, le chômage, la dénatalité.
Les gens ont commencé par avoir peur. Après, ils se sont fâchés.
Absence de solutions viables. Besoin d’avoir un coupable.
Pourquoi ai-je imaginé que rien ne changerait? Parce que ça faisait longtemps qu’on entendait ça je suppose. On ne croit pas que le ciel est en train de tomber tant qu’on n’en a pas pris un bout sur le crâne. (je mets l'emphase car on est en 2020!)
J’essaie d’assortir responsabilités et qualifications. C’est préférable, et je suis vraiment partisane du mieux. À défaut du parfait.
Car c’est ainsi que nous vivons à présent.
Mais, bon, peut-être que pour elle c’était naturel. Peut-être qu’elle connaissait rien d’autre.
On est tendus au maximum, tous autant qu’on est; on vibre, on tremble, on est perpétuellement sur le qui-vive. On parlait autrefois de règne de la terreur, mais la terreur ne règne pas, pas vraiment. Elle paralyse au contraire. D’où cette douceur anormale.
Personne ne veut mourir, m’a répondu Becka. Simplement, il y a des gens qui refusent de vivre selon les normes imposées.
Suis-je capable de pareille duplicité? Pourrais-je trahir autant? Se pourrait-il que je faiblisse alors que, armée de ma réserve de cordite, j’ai tant sapé les fondations de Galaad? Je suis humaine, c’est donc tout à fait possible.
[…]
Je balance, je balance.
Comment ai-je pu me comporter aussi mal, aussi cruellement, aussi stupidement? te demanderas-tu. Toi, tu n’aurais jamais fait ça! Mai toi, tu n’auras jamais à le faire.
— Je compte sur votre discétion. Je suis entre vos mains, chère Tante Lydia», a-t-il conclu en se levant.C’est bien vrai, ai-je songé. Et une main a tôt fait de devenir… un poing.
Il nous faut garder présentes à l’esprit les pages noires du passé afin de ne plus jamais les revivre.
Je ne vous dis pas si ce passage parle du passé de Gilead ou de la société occidentale, vous devrez le découvrir de vous-même si vous le souhaitez, surtout qu'à nouveau, grâce à son dernier chapitre, Atwood nous rappelle un peu que
Une fois qu’une histoire qu’on croyait vraie se révèle fausse, on doute de toutes les autres.
D'autres citations
Mais on ne peut fermer les yeux sur un péché pour la simple raison que le pécheur excelle dans sa partie.
C’est préférable: si je m’autorisais à vivre, je cracherais trop de vérités. […]
[…]Essaie de ne pas penser trop de mal de moi, ou pas plus que moi.
Si utile, Bébé Nicole: elle soulève les fidèles, attise la haine envers nos ennemis, témoigne des possibles trahisons au sein de Galaad, ainsi que de la duplicité et de la fourberie des Servantes, auxquelles on ne peut jamais faire confiance.
Trop bien pour être vraie, songerai-je. Trop bien pour cette terre. Bien, sois mon mal.
Les Fondatrices et les Tantes les plus âgées étaient des coriaces. Elles avaient été formées à une époque antérieure à Galaad, elles avaient vécu des conflits qui nous avaient été épargnés, et ces conflits avaient broyé la gentillesse qui avait peut-être préexisté en elles. Nous, en revanche, n’avions pas eu à subir pareilles épreuves, ni à nous confronter à la brutalité des gens en général. Nous avions été protégées. Nous étions les bénéficiaires des sacrifices consentis par nos aïeux. On nous le rappelait constamment en nous ordonnant de nous montrer reconnaissantes. Mais il est difficile de l’être quand on ignore totalement ce à quoi on a échappé. Malheureusement, nous ne mesurions pas pleinement à quel point les représentantes de la génération de Tante Lydia s’étaient endurcies à l’épreuve du feu. Elles avaient une dureté qui nous manquait.
La vérité cause parfois beaucoup de problèmes à ceux qui ne sont pas censés la connaître.
Lire une image? Comment on fait? Les images, ce n’est pas de l’écriture.
Parce que je participe à quelques challenges
Adaptations
Chronique rédigée, possiblement pour la journée Canada, pour(oui, le titre a été lu en août!)
mercredi 4 novembre 2020
commencer à se reconstruire.
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Auteure : Magali Favre
Édition: Boréal - 2010 - 152 p.
Couverture
Historique, Jeunesse, littérature québécoise
Présentation: La tranche de vie d'un adolescent en octobre 1970
+ : sympathique
- : surface
Thèmes: crise d'octobre, enlèvement, travail, syndicalisme
Parce qu'il fait partie de ceux que j'ai remarqués dans une précédente édition de Québec en novembre
Voilà! J'ai lu ce titre et j'avoue que je suis restée sur ma faim. Je l'ai sorti à la fin octobre de la PAL constituée pour le défi, un peu parce que je voulais en savoir plus sur cette crise. Mais là-dessus, pour mieux comprendre ce qui s'est passé, ce ne fut pas le cas. Surtout parce qu'on entame le texte au moment où les mesures sont décrétées.
Quelques citations
Avoir de l'argent, mener la belle vie et voir toujours les autres dans la misère, il ne l'a pas accepté. Réussir à faire de l'argent, ce n'est pas si difficile, mais vouloir changer la vie, c'est une autre affaire.
Il découvre que d’être capable de mettre des mots sur une souffrance, c’est déjà en atténuer la douleur. C’est déjà commencer à se reconstruire.
dimanche 1 novembre 2020
Et c'est reparti!
- On jase de toi – Noir silence : nouveauté
- L’amérique pleure – Les cowboys fringants : engagé (P.S. Est-ce qu'elle gagne la chanson de l'année ce soir à force d'avoir tourné à la radio?)
- Grand champion – Les trois accords : prix littéraire
- Arnaq – Elisapie : autochtone
- Tu m’aimes-tu – Richard Desjardins : amour
- Martin d’la chasse galerie – La bottine souriante : SFFF
- Fracture du crâne – Ariane Moffat : diversité
- Plus tôt – Alexandra Stréliski : classique
- Place de la République – Coeur de pirate: se trouve facilement en Europe.
- Nos joies répétitives – Pierre Lapointe : série
- «J’aurais voulu être un artiste» : art
- Dans la nuit qui tombe – Karim Ouellet : polar, thriller...
- Tit-Cul – Les cowboys fringants: jeunesse.
- Balade à Toronto – Jean Leloup : auteur canadien, mais pas québécois.
- N’importe quoi – Éric Lapointe : catégorie qui montre que vous n'avez aucune raison de ne pas participer ;)
Nous devons notre survie à ce mouvementÀ notre faculté de suivre notre tempsApprendre du passé, profiter du présentPlanifier l'avenir puisque demain attend



















