mardi 6 novembre 2018

la dernière grande aventure humaine

Chronique de la dérive douce de Dany Laferrière (VLB, 1994)
Contemporaine, autobiographie, littérature québécoise
Boréal, 2012, 209 pages
Couverture: Brett Amory, Waiting n° 79
+ : rythme
- : quotidien
Thèmes: exil, pauvreté, immigration
Présentation: Dany Laferrière arrive dans la métropole montréalaise au milieu des années 1970.

Anedocte
Il semblerait que ce ne soit pas l'année de Dany Laferrière pour les participations à Québec en novembre.

Mon avis
Vous venez de le comprendre, j'ai lu ce titre pour Québec en novembre pendant le week-end, dans le but de joindre la LC sur l'auteur. Il s'est lu rapidement, mais j'ignore quoi en dire exactement. J'ai apprécié le lire, mais je ne crois pas que ce livre me restera longtemps en mémoire.
Dès le départ, j'ai été plongé dans le style de Dany Laferrière. C'est disposé sous forme de poème et ça nous entraîne donc rapidement dans l'histoire de son arrivée au Québec, à Montréal en été 1976.
On le voit donc regarder cette société riche d'un oeil nouveau, mais qui réalise rapidement que la pauvreté, les grandes questions sont les mêmes malgré la différence de pays. On le voit se chercher un emploi, se chercher dans ses relations, essayer de se définir à nouveau avec certaines pensées sur son passé, la différence de cette nouvelle société. On suit donc ses pensées à travers l'évolution de son quotidien.
Bien que je l'ai lu rapidement, il est arrivé un moment - probablement vers le trois quarts - où je me demandais pourquoi je le lisais bien que j'appréciais ma lecture, car je me rendais déjà compte qu'il ne devrait pas m'en rester grand chose dans un mois. On verra si ce sera le cas, mais je sais déjà que ce sera probablement parce qu'il s'agissait d'un quotidien simple.
C'est donc un livre court, qui se lit rapidement, et qu'on lit pour sa simplicité, mais une simplicité qui trouve le mot juste et décrit la réalité avec un bon rythme, ce qui nous donne le goût de poursuivre.

Quelques citations
Je ne suis pas déçu
mais perplexe du fait
qu'on soit obligé
de se lever si tôt
pour simplement
gagner sa vie.
Je pensais que
la pauvreté était
une des conséquences
de la dictature,
et qu'ici on était passé
à une autre étape. 
Il faut avoir traversé
l'enfer de l'hiver
pour connaître
la fièvre du printemps. 
On ment en Haïti
pour survivre,
et ça je peux le comprendre,
mais qu'on ne nous demande pas
de mentir ici aussi.  
Chacun muré dans son univers. J'ai quitté
une capitale de bavards invétérés pour tomber
dans une ville de modus du silence où les gens
préfèrent regarder la télévision plutôt
que de s'adresser à leur voisin. La distance
qui les sépare semble parfois infranchissable
et cela se reflète dans cette agitation pour esquiver
le regard de l'autre. 
Quelques flocons dansent
dans l'air
avant de se déposer
doucement
sur le toit des maisons
et des voitures.
Comme sur nos paupières. 
Quitter son pays pour aller vivre
dans un autre pays
dans cette condition d'infériorité,
c'est-à-dire sans filet
et sans pouvoir retourner
au pays natal,
me paraît la dernière grande
aventure humaine. 

Parce que je participe à quelques challenges
Challenge Snakes & Ladders

2 commentaires:

  1. C'est le billet le plus positif que j'ai lu dans cette lc quand même... Enfin pour le moment.

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  2. Il fait donc suite à celui que j'ai lu (Le cri des oiseaux fous) où le narrateur/auteur s'apprête, pas de gaité de coeur, à quitter Haïti. J'ai apprécié mais moins aimé que L'énigme du retour... Je note ton billet.

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